Elixir à Kapsali

Le but était de continuer le tour du Péloponnèse entamé fin juin, cette fois-ci en ramenant un bateau - le Sun Odyssey 37 "Elixir" - de Lefkas à Lavrio par le sud et Cythère, l’île près de laquelle Aphrodite est sortie des flots. 

Arrivés le vendredi après-midi à Athènes, nous avons passé la nuit au Novotel : baignade et apéritif à la piscine de l’hôtel, sur le toit en terrasse qui domine la ville, puis, séduits par le cadre, nous y avons dîné en admirant le coucher du soleil. Le samedi matin on a pris un taxi pour la gare routière, puis un car à 7h, qui nous a déposés vers 12h30 à Lefkas. Le temps de déjeuner, récupérer des cartes marines (merci à Andréas de KTEL de nous les avoir gardées depuis début juillet), puis faire les formalités et l’avitaillement, nous voici partis à 18h30 sur le Sun Odyssey 37 Elixir, à deux avec Franck, mon coéquipier habituel. On arrive juste à temps pour passer à 19h le pont tournant qui donne accès au large (il s’ouvre aux heures pleines). Dix minutes après, on est malades comme des chiens, alors que les dernières lueurs du jour disparaissent. Les vagues ne dépassent pas 1,5m, et la cause sera vite identifiée : les sandwiches avalés au déjeuner. C’est la fin de saison à Lefkas (le bureau du loueur ferme le soir même), et le petit café de la gare routière n’a plus guère de clients. Dieu sait depuis combien de temps les sandwiches attendaient un amateur… Heureusement, la serveuse avait un joli sourire ! On mettra la nuit au large à s’en remettre, en longeant à distance respectueuse les îles du royaume d’Ulysse.

Elixir à Zante

Le dimanche à 15h, après la traversée (très belle mais qui nous a parue interminable) du passage entre Céphalonie et Zakynthos, l’Elixir est amarré sur ancre et aussières au quai de Zante, la ville principale de Zakynthos. L’île fait partie de l’Heptanese avec Corfou, Paxos, Leucade (Lefkada), Ithaque, Céphalonie et Cythère. Elle est très belle, et les Vénitiens la surnommaient « Fior di Levante »… Un agent de la ville viendra prélever sa dîme, très correcte ; il est vrai qu’on a refusé l’électricité et l’eau disponible sur le quai. Dîner sur le quai, non loin du bateau, avec une moussaka sympa.

Le lendemain réveil à 7h et départ à 7h30, en route pour Methoni où on arrive de nuit. Un léger clair de lune nous aide bien à repérer l’île Sapienza qui ferme la baie et qu’on laisse à tribord… au bout d’un moment, un coup d’œil en arrière nous montre les lumières de Methoni : on est presque en train de quitter la baie. Retour en arrière ! Ce qu’on voit de la jetée éclairée devant la vieille tour turque et les fortifications ne m’inspire pas confiance – je crains qu’il n’y ait pas de fond – et je décide de mouiller dans la baie. A 20h30, l’ancre est bien crochée, et Franck s’est mis aux fourneaux… Miam-miam.

On quitte la baie de Methoni au petit matin 300914

Poisson volant à Methoni 300914

 

Mardi, découverte d’un poisson volant qui a atterri durant la nuit dans le cockpit. Le spectacle de l’aube sur la baie et le fort vénitien est splendide. A 7h30 on est en route pour Cythère, et on sort de la baie de Methoni, accueillis avec les premiers rayons du soleil. Dans l’après-midi on construit avec succès un loch à bateau multifonction (il nous servira aussi d’orin) basé sur un bidon d’huile et un bout 30m de 6mm… ca marche bien. Arrivée à Kapsali, le port de Kithera (Cythère) au sud de l’île à 21h30 : on se met au quai. On est seuls, hormis un voilier qui a mouillé dans le port sans feu de mat, peut être pour éviter de payer les 2,18 euros que coûte la nuit… Direction le bistrot pour le repos du marin : la patron du bar Fox Anglais parle un peu français et nous prépare des Irish Coffees qui ont un goût un peu exotique. On réalisera après qu’il a du les préparer avec un café grec, très proche (et pour cause) du café turc. Le lendemain nous voit de bonne heure émerger dans le cockpit, puis en train de remorquer à la main le bateau le long du quai : un garde-côte nous signale qu’il faut faire de la place pour un gros bateau de plongeurs qui est attendu, et nous invite à passer le voir pour les formalités après le petit-déjeuner. Très gentiment, il nous appellera depuis son bureau un livreur de fuel pour compléter notre plein de carburant : il n’y a aucun quai des carburants sur notre route avant Lavrio. Le livreur arrive vers 11h avec son petit camion citerne. Il est très gentil lui aussi – à 1,62 euros le litre il peut l’être – et refuse très gentiment de nous faire une facture. Il est pratiquement midi, et notre planning est déjà mis à mal. Nous décidons malgré tout de visiter la Chora de Cythère (la vieille ville) et la château qui la domine, où on accède par un sentier et une source plus sympas que la route. De là-haut la vue est superbe sur les deux calanques de Kapsali, et notre bateau à quai en contrebas.

La chora est la première ville grecque que je vois qui ressemble vraiment aux photos touristiques, bleu, blanc, soleil et mer au loin. Superbe ! Et désert… Pas un restaurant ouvert, juste deux bars sur la place du village et un magasin de souvenirs qui brade des T-shirts splendides. On redescend déjeuner près de la plage de Kapsali. Tant qu’à arriver de nuit ce soir, autant en profiter : Cythère offre une douceur de vivre incomparable, et je resterai bien quelques jours à regarder la plage allongé dans un transat. A 14h15 on se déhale du quai en tournant autour de la pointe avant (un gros yacht à moteur s’est installé devant nous, et pas question de reculer, il n’y a plus de fond derrière), et en route pour Monemvasia, « la petite Gibraltar » et sa marina « disripaired » selon le pilote de Rod Heikell.

Le quatre-mâts Star Clipper 011014

En fin d’après-midi on voit l’épave d’un cargo, et surtout le grand quatre-mâts Star Clipper, toutes voiles dehors. On espère arriver à Monemvasia vers 22h30. On n’y voit pas grand’chose, il y a peu de feux visibles, et on essaye de se repérer sur la grande masse noire que forme la presqu’ile vue du large. Le manque de fond à proximité de la digue, invisible de nuit, nous inquiète un peu et je suis prêt à mouiller dès que je vois le fond remonter à 5m. En fait, on découvre un feu rouge à l’entrée de la vieille marina, et on se met le long du bout du môle, presque entièrement rempli par des voiliers. Sympa. On file au dernier bistrot ouvert boire l'équivalent du Perrier-rondelle local sur la terrasse, puis dodo. Quand je me réveille, Franck toujours matinal s’est déjà baigné dans le port. On va visiter la très belle vieille ville byzantine au bout de la presqu’ile, que le ministère de la culture grec retape petit à petit. La ville haute et le fort sont fermés en ce moment pour cause de travaux ; on se régale d’une fabuleuse soupe de poissons chez To Katoni.

Le temps de faire quelques courses au supermarché de la ville nouvelle, s’étonner du prix des maquereaux (19 € le kilo), admirer une grande tortue caretta caretta qui se prélasse majestueusement près du quai de la marina, et faire le plein des réservoirs d’eau, vers 16h on reprend la mer, direction Lavrio. Belle traversée d’un peu plus de 75M, vent debout, 35 nœuds durant la nuit, avec un bateau qui remonte très mal. On pensait se baigner au Cap Soumion vers 7h du matin le samedi, on passera devant vers 13h et on sera vers 14h15 à Lavrio… où on clôt la croisière en testant nos hamacs sur le pont. Total : 379 M, un vrai bonheur. Une dernière nuit à bord et le lendemain matin prenons un car semi-direct pour l’aéroport d’Athènes (environ 5 euros par personne avec un changement à Marco Polo). La Grèce est belle, et nous y reviendrons peut-être l’an prochain… Pour plus de photos, voir l'album "Tour du Péloponnèse, 27 septembre - 4 octobre 2014" sur ce blog. 

 

La seconde baie de Kithera 011014