Le Choucas à Ajaccio 231215

Vendredi 18 décembre 2015. J’ai contacté au début de l’été dernier Daniel, le propriétaire d’un joli Rêve d’Antilles de 40 pieds, avec en tête de refaire à Noël une très belle croisière d'une semaine que j’avais faite avec une amie à la mi-septembre 2012 : partir de Port-Grimaud, aller à Calvi, faire étape ensuite dans le golfe de Porto, puis aller à Ajaccio et revenir à Port-Grimaud en passant par Porquerolles (cf. le plan de navigation publié sur ce blog le 18 août 2015). Le « Choucas » étant disponible, j’avais envisagé d’enchaîner deux croisières, une durant la semaine de Noël et une durant la semaine du réveillon, et passé des annonces dans ce sens pour trouver des équipiers. Benjamin, Valérie et leur fils Enzo ont rapidement répondu présent pour la semaine de Noël – ce devait être début août - ce qui m’a permis de bloquer le bateau. Fin septembre, n’ayant aucune réponse concernant la croisière du nouvel an j’ai laissé tomber le projet d’enchaîner les deux semaines. Au demeurant, le propriétaire du Choucas nous offrait en cas de mauvais temps la possibilité de rester quelques jours de plus en Corse, sécurité qui n’aurait pas été compatible avec l’obligation de récupérer de nouveaux équipiers le samedi 26 décembre. Par la suite, j’ai eu plusieurs demandes pour la croisière de Noël que j’ai du refuser, ne tenant pas à être plus de cinq sur un bateau de douze mètres.

Le Choucas dans le Golfe d'Ajaccio 231215

Daniel nous offrant de prendre possession du bateau le vendredi soir, Evelyne et moi sommes arrivés à Port-Grimaud aux alentours de 16h le 18 décembre. Daniel qui venait lui aussi d’arriver à Port-Grimaud nous a indiqué où garer nos voitures pour la semaine, la route à prendre pour arriver au Leclerc de Cogolin pour faire l’avitaillement, puis nous a fait les honneurs de son bateau. Construit en acier à bouchains en 1974, son bateau a fière allure : plan de pont large et dégagé – les manœuvres ne reviennent pas au cockpit mais à des winches et des taquets sur le mât – cockpit central avec une position de barre donnant une bonne vue sur l’avant du bateau, génois tout neuf et antifouling datant de la semaine précédente, dorades pour l’aération, antidérapant en-veux-tu-en-voilà, balcons de sécurité en pied de mât et GV à trois ris, bulle panoramique au-dessus du siège navigateur et commandes du pilote automatique à l’intérieur du bateau, grand placard à cirés au pied de la descente, c’est un vrai bateau de voyage conçu pour affronter des belles mers. A la barre, on sentira l’inertie des neuf tonnes de déplacement pour 2,5T de lest : l’étrave fend l’eau et, lorsqu’on lâche la barre, le bateau file sur son erre sans dévier d’un pouce. Vers 19h, Daniel en est encore à nous présenter les particularités de son bateau – réfrigérateur mixte gaz et électricité, pas de chariot d’écoute de génois mais deux grands rails sur lesquels on pose des poulies de renvoi à volonté, etc. – quand arrivent Benjamin, Valérie et Enzo. Ils ont réussi à gagner une demi-heure sur l’horaire prévu, et Valérie apporte une daube de sanglier qui fera notre repas du soir. Daniel nous quitte. Il dispose de notre plan de navigation, et on lui promet de l’appeler le lendemain matin avant de partir. Evelyne et moi avons déjà installé nos affaires dans la pointe avant, sur les deux couchettes superposées du côté tribord. A bâbord, la couchette supérieure de la pointe avant a été dédiée au Zodiac et à son gonfleur, et la couchette inférieure divisée en deux casiers, l’un pour les planchers de l’annexe et l’autre pour les deux spis, le radial de 110m2 et l’asymétrique de 90m2.

Première soirée à bord du Choucas, 181215

Benjamin et Valérie occuperont la grande cabine propriétaire à l’arrière du bateau, tandis que leur fils de dix ans aura la couchette placée à bâbord au-dessus de la banquette du carré. Benjamin possède un bateau à moteur d’un peu plus de cinq mètres doté d’un moteur puissant, et a l’habitude de naviguer à la limite des possibilités de son embarcation. Tous sont des montagnards, que l’absence de douche intérieure du bateau et l’absence de four sous la gazinière à cardans ne traumatisent pas outre mesure. Nous espérons trouver des douches à la capitainerie de Calvi, puis à Ajaccio et à Porquerolles. Daniel nous a installé un petit chauffage électrique à bord, que nous n’utiliserons pas : le temps est doux, et nous fermerons seulement le carré le soir, pour permettre à Enzo qui y loge de ne pas avoir froid durant la nuit.

La doube de sanglier aux tagliatelles de Valérie, 181215

Benjamin et Valérie ont apporté avec eux des produits artisanaux de leur village des Hautes-Alpes et des environs. Nous nous régalons à l’apéritif de terrines et de foie gras ; de mon côté j’ai apporté un Côte du Jura Savagnin du Château Gréa pour l’apéritif, avant la daube de sanglier aux tagliatelles que nous accompagnerons d’un vieux Chassagne-Montrachet. Ce premier repas sera déjà un vrai repas de fête. La météo est bonne pour la semaine : peu de nuages, aucune averse, et des hautes pressions allant de 1030 à 1024 mb sur l’ensemble de notre zone de navigation, avec des vents ne dépassant pas cinq à dix nœuds ; la traversée à l’aller se fera plutôt au près. Je propose une petite modification à notre plan de navigation : faire demain l’escale de Saint-Tropez plutôt que le vendredi au retour de la croisière. Deux raisons à cela : partir demain de bonne heure pour Calvi ne nous apportera rien, et j’ai le souvenir d’un retour de Porquerolles à Port-Grimaud qui avait pris du temps.

Photos : Le Choucas au port Tino Rossi d'Ajaccio 231215 ; Le Choucas dans le Golfe d'Ajaccio 231215 ; Première soirée à bord du Choucas, 181215 ; La daube de sanglier aux tagliatelles de Valérie, 181215 ; Le Choucas à Port-Grimaud 261215. Auteur : Philippe Bensimon

Le Choucas à Port-Grimaud 261215