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Samedi 29 octobre. Mis à part Benoît, le reste de l'équipage a rendez-vous à 9h au buffet du Novotel Athens pour le petit déjeuner. Je suis à l'heure, Francis et Marie Claire aussi ; Chantal et Jean-Michel ne sont pas encore là. Ils auront une vingtaine de minutes de retard. Le petit déjeuner du Novotel est toujours aussi bon. C'est l'occasion de nos premiers yaourts à la grecque avec du miel de la semaine. Les yaourts grecs sont plus égouttés, parfois enrichis avec de la crème fraîche, et les vrais yaourts grecs sont faits à partir de lait de brebis (et non de lait de vache comme ceux de nos supermarchés). Bref, ils sont plus onctueux, plus épais, plus crémeux et ont plus de goût. Ils sont aussi beaucoup plus riches en graisses saturées, en lipides et en protides, et apportent beaucoup plus de calories.

DSCN3723DSCN3722Nous prendrons avec une vingtaine de minutes de retard les taxis pour nous rendre à l'arrêt du car Ktel qui va à Lavrio. Benoît nous y attend déjà. Là, les tickets s'achètent dans les cars. La caisse de bord ouverte hier soir paiera pour chacun 5,30 euros. Nous montons dans le car qui démarre à 10h45 (il y a à peu près un car par heure qui démarre à 45) ; nous en aurons pour environ 1h30 de route. Le car nous dépose près du bar L'Everest à Lavrio. Nous allons immédiatement au bureau du loueur HDM sur le port de plaisance ; j'y retrouve avec plaisir l'équipe à laquelle j'ai loué à deux reprises un bateau en 2014. Tandis qu'Eveline et Chantal vont à la découverte du bateau garé un peu plus loin je remplis les formalités et je verse la caution du bateau (2500 euros). J'ai fait assurer cette caution par un contrat Force 9 chez Ouest Assurances pour 4 % du montant de la location plus 25 euros de frais de dossier, horriblement cher ! D'autant plus que subsiste une franchise de 150 euros et que le dossier a été rempli par moi sur internet sans intervention de qui que ce soit).

DSCN3724Le Sun Odyssey 45 Nena nous attend à main droite au fond du ponton. Il est très équipé, avec un propulseur d'étrave - dont nous ne nous servirons jamais en quinze jours - un grand écran TV équipé pour la lecture des DVD et des clés USB - qui ne servira pas non plus - et une belle batterie de casserolles, dont une cocotte minute dont il faudra réclamer la soupape. L'annexe est équipée d'un moteur hors-bord Honda quatre temps avec refroidissement à air, qui démarre bien et est vif dans l'eau. Après l'indispensable check-in effectué avec Dyonisos - marin très sympathique - le Nena semble prêt à partir. Nous n'avons plus qu'à faire l'avitaillement. Nous commençons par aller nous restaurer. La rue qui mène au supermarché regorge de petits restaurants, et nous trouvons un kebab où nous déjeunerons pour une dizaine d'euros chacun (kebab servi à l'assiette et une boisson, bière ou coca selon les convives). Il est déjà 16h. Je profite de cette pause pour donner quelques infos supplémentaires, et proposer les menus de la semaine. Personne à bord ne faisant d'allergie ou de régime particulier, j'ai proposé à midi des salades de riz, tomates, maïs, comcombres et thon, et pour les soirs spaghetti bolognaise (le premier soir pour éviter de conserver de la viande hachée), tagliatelles carbonara ricca avec lardons flambés au whisky, hachis parmentier de thon (nous disposons à bord d'un four avec un grand plat en Pyrex), menemen (ce sont des oeufs brouillés à la tomate, aux oignons et aux poivrons, une recette que j'ai découverte en Turquie), penne rigate napolitaines, et poulet au curry. Le vendredi du retour de la croisière, je propose de dîner au restaurant à Lavrio et je ne prévois pas de plat du soir. Cette base satisfaisant tout le monde, je valide la liste de courses que j'ai préparée la veille. J'ai prévu des ravitaillements en cours de croisière, et notamment à Serifos et Mykonos ; nous aurons tous les jours ou tous les deux jours la possibilité de prendre du pain frais.

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A 16h30 nous prenons la direction du supermarché, visible en haut de la rue. Le patron est adorable, son frère aussi. Ils se mettent en quatre pour nous trouver le contenu impressionnant de notre liste de courses (pour sept, tout prend vite des proportions importantes, à commencer par les 36 litres d'eau minérale, 4 litres de yoghourts à la grecque, les kilos de fromages, 24 canettes de bière Amstel, etc.). Lorsque quelque chose manque dans son magasin il envoie un commis le chercher ailleurs et c'est bien rare qu'il revienne les mains vides. Il nous a même proposé une ristourne de 7% si nous le payions en cash, offre que j'ai dû décliner : le loueur du bateau m'a déjà fait payer en cash la location du hors-bord et le nettoyage final du bateau, et il ne me reste pratiquement plus de liquide.

DSCN3727Le supermarché dispose d'une fourgonnette et livre gratuitement. C'est une bonne nouvelle : dans mon souvenir nous avions en 2014 charriè des caddies jusqu'au port avant de les ramener au supermarché. A la fin de nos courses le patron nous offre un gros pot de miel, et trois bouteilles d'une eau-de-vie maison (nous la goûterons plus tard, elle est délicieuse). J'embarque avec lui dans sa fourgonnette pour le guider jusqu'au bateau ; pendant ce temps une petite équipe s'occupe d'acheter quatre grosses boules de pain à la boulangerie voisine du supermarché, tandis qu'Evelyne et Chantal partent à la recherche d'une boucherie où prendre la viande hachée et les lardons, et aussi du salami pour l'apéritif. Arrivés au ponton où se trouve amarré le Nena, le patron du supermarché m'aide à tout amener jusqu'à la passerelle de notre Sun Odyssey 45. Rien que pour cela, nous reviendrons dans une semaine faire nos courses chez lui. Peu après son départ mes premiers équipiers arrivent avec le pain, suivis de peu par Evelyne. Elle a trouvé une boucherie qui ne vendait pas de lardons mais de la poitrine fumée ; cela fera très bien l'affaire pour les carbonara de demain soir. Pendant que les uns s'occupent à ranger l'avitaillement, les autres s'occupent à préparer le départ. J'explique à chacun ce qu'il aura à faire, et notamment le fonctionnement de la pendille qui retient l'avant du bateau.

 

DSCN3728A 18h, nous sortons du port de Lavrio. Pour beaucoup à bord, c'est leur première véritable sortie en mer. Marie-Claire, âgée, a une peur bleue de l'eau, et il lui a fallu beaucoup de courage pour suivre son compagnon Francis dans cette aventure. Le ciel est légèrement voilé, des petites vagues de 20, puis 40 cm animent la mer entre le continent et la longue île de Makronisos. Nous avons environ quatre noeuds de vent. Sortis du bord, nous avons quelques difficultés à extraire la grand-voile du mât. Je pense qu'elle a du être mal rentrée, et a fait des plis sur son enrouleur. Nous partons au vent arrière, plein sud sur 3 M, puis au 229° (largue) sur 4M. JDSCN3729'ai fait installer une retenue de bôme avec un cordage qui est toujours dans mes bagages ; nous laisserons cette retenue fixée à poste sous la bôme et l'utiliserons systématiquement, frappée aux taquets du maître bau. La nuit tombe à 19h ; nous admirons à bâbord le temple de Poséidon éclairé au sommet du cap Sounio. Peu avant 20h nous pénétrons dans la baie à l'ouest du temple. Nous mouillons l'ancre non loin de la côte, dans le secteur nord-ouest de la baie, par 5,9 mètres de fond. La nuit s'annonce paisible, la météo annonce un vent du nord en baisse, convenant parfaitement à ce mouillage. Par précaution, je demande aux deux équipiers à l'avant de filer 30 mètres de chaîne avec l'orin ; avant le départ de Lavrio j'ai fixé sur l'ancre mon orin personnel, emporté lui aussi dans mes bagages. NB : faire attention dans cette partie de la baie à ne pas s'approcher plus près de nuit de la côte, une jetée en pîerre avance dans la mer.

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Pendant que je m'attaque à la préparation des spaghetti bolognaise, l'équipage dresse l'apéritif et ouvre la petite bouteille d'Ouzo qui fait partie du kit de bienvenue que nous avons trouvé à bord du bateau. Chantal a apporté de France une bouteille d'un excellent Pineau des Charentes (son pays), et nous disposons aussi de l'incontournable bouteille de Ballantine's. Tout le monde semble appécier mes spaghettis bolognaise, faites à l'huile d'olive avec 500 g de spaghettis, autant de viande hâchée, trois très grosses tomates et trois énormes oignons, et une poignée d'origan. Je cuisine sans sel, les spaghettis, la viande et le fromage rapés étant déjà largement salés. Le pain que nous avons acheté aujourd'hui est excellent lui aussi. Le temps est loin où le pain français était le meilleur ; tout au long de notre périple en Grèce nous trouverons partout des pains délicieux.

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Sailing boat cruise in Greece in the Cyclades. Saturday, October 29th, 2016, departure from Athens to Lavrio by bus, formlalities, check-in of the boat, lunch, victualing, departure from Lavrio with the Sun Odyssey 45 Nena, arrival and anchorage at Cap Sounio where we spend the night.

Photos : Cap Sounio et le temple de Poséidon depuis le mouillage dans la baie, 301016 ; Le car Ktel pour Lavrio et l'équipage, Athènes 291016 ; Chargement des bagages dans le car Ktel à Athènes, 291016 ; Kebab à 16h à Lavrio, 291016 ; L'équipage déjeune à Lavrio, 291016 ; Départ de Lavrio, Benoît range les pare-battages, 291016 ; Départ de Lavrio, 291016 1 ; Départ de Lavrio, 291016 2 ; Apéritif à bord, l'Ouzo de bienvenue, 291016 ; Le temple de Poséidon au petit jour, Cap Sounio 301011 ; Cap Sounio, départ en milieu de journée vers Serifos, 301016. Auteur : Philippe Bensimon.

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