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Nous avons rencontré Gilles Reverdin le 11 mars, à la suite d'une présentation qu'il faisait de son travail au sein du laboratoire d'Océanographie et du climat  Locean (Unité Mixte de Recherche 7159, CNRS / IRD / Université Pierre & Marie Curie / MNHN / Institut Pierre-Simon Laplace).

Gilles Reverdin travaille actuellement à la mesure de la salinité des océans pour établir un modèle mathématique mettant en relation climat et courants marins. Pour faire court, l'idée est que l'évaporation de surface liée à l'augmentation de la température provoque localement dans les zones chaudes une augmentation de la salinité, laquelle modifie la densité de l'eau de mer et la manière dont les courants s'enfoncent dans les couches profondes de la mer. Pour construire le modèle, Locean a besoin de données, et notre expédition est à même d'en fournir durant cinq ans. Les mesures seront réalisées à partir d'une sonde soudée sous notre coque, mesurant la conductivité de l'eau de mer. Autoalimentée en énergie, cette sonde devra enregistrer sur sa puce les données d'environ une année, et la puce sera changée régulièrement lors des carénages du bateau. Le laboratoire Locean est devenu cette semaine partenaire officiel de notre expédition Tour des deux Amériques solidaire en voilier.

Gilles Reverdin 110317

Nous nous sommes permis de reproduire le texte suivant, extrait du site du laboratoire Locean, jugeant qu'il était le plus à même de décrire le travail du laboratoire et de ses équipes.

Pourquoi une Plateforme « Océan et Climat » ?

Bien qu’il soit un élément-clé de la machine climatique planétaire, l’océan a jusqu’ici été relativement absent des discussions sur le changement climatique. Intégrer l’océan parmi les enjeux et les défis discutés dans le cadre des négociations climatiques apparaît aujourd’hui, pour l’ensemble des acteurs réunis au sein de la Plateforme Océan et Climat, comme une réelle nécessité.

Couvrant 71 % de la surface du globe, l’océan mondial est un écosystème complexe qui fournit des services essentiels au maintien de la vie sur la Terre. Plus de 25 % du CO2 émis chaque année par l’Homme dans l’atmosphère est absorbé par l’océan et il est également le premier fournisseur net d’oxygène de la planète, jouant un rôle tout aussi important que les forêts. L’océan constitue donc le principal poumon de la planète et se trouve au coeur de la machine climatique planétaire.

Si l’océan continue à limiter le réchauffement climatique global, depuis plusieurs décennies, la pression anthropique, principalement les émissions de CO2, la surexploitation des ressources et les pollutions, ont dégradé les écosystèmes marins. L’océan risque donc de voir son rôle de régulateur du climat perturbé. Il est donc urgent de maintenir la qualité fonctionnelle des écosystèmes marins et de restaurer ceux qui se dégradent.

L’activité du LOCEAN est centrée sur l’étude des processus physiques et biogéochimiques qui contrôlent la dynamique et la variabilité de l’océan et du climat sur une large gamme d’échelles de temps et d’espace pour une meilleure compréhension du système climatique et de son évolution présente, passée et future. Ses priorités s’organiseront autour de trois grands thèmes qui illustrent la fusion aujourd’hui accomplie entre les sciences de la mer et du climat incluant une dimension temporelle permettant d’évaluer l’impact du changement climatique et la vulnérabilité des milieux. Ils s'organisent autour de l'étude de l’océan dont le laboratoire explore les mécanismes physiques et biogéochimiques à de multiples échelles ainsi que leur couplage avec les autres compartiments du système Terre :

(1) la dynamique océanique  pour identifier les processus en jeu et les échelles pertinentes intervenant dans la variabilité océanique et les interactions océan-glace-atmosphère ;

(2) les cycles biogéochimiques pour mieux comprendre, quantifier et prédire les interactions et rétroactions entre le changement climatique, les cycles biogéochimiques et le fonctionnement des écosystèmes marins ;

(3) l’étude de la variabilité climatique pour mieux en comprendre les causes physiques, mieux cerner le rôle des téléconnexions et des forçages externes (notamment le rôle de l’océan), et pour mieux comprendre la vulnérabilité des milieux (présents et passés) et des populations au changement climatique.

L’étroite synergie entre les équipes scientifiques du laboratoire et les services d’observations labellisés par l’INSU et Allenvi (CARAUS/OISO et NEMO, Carbone et gaz réactifs, CTDO2, MOOSE), la mise au point d’une instrumentation spécifique et le développement de modèles numériques (NEMO) permettent au LOCEAN de mener des recherches qui le placent en position clé non seulement dans la communauté scientifique réunie au sein de l’Institut Pierre Simon Laplace en région parisienne (IPSL) mais plus largement dans l’ensemble de la communauté Océan-Atmosphère. L’expertise du LOCEAN est soutenue par un équipement exceptionnel identifié au laboratoire et au sein de plateformes mutualisées de l'OSU que le LOCEAN anime, comme la plateforme ALYSES (Pôle d’expérimentation et d’analyse des sols et sédiments tropicaux mis en place dans le cadre d’un programme SESAME de la région Ile-de- France et cofinancé par l’IRD et l’UPMC. Ce pôle est localisé sur le site de l’IRD France Nord à Bondy et les plateformes UPMC du site de Jussieu. Le LOCEAN est également co-porteur de l’Equipex IAOOS.

Gilles Reverdin examine un projet de sonde, 11 mars 2017