Gruz, le port de Dubrovnik, 160217 2

Gruz, le port de Dubrovnik, 160217 1

Gruz, le port de Dubrovnik, la caraque à quai 160217 1

Gruz, le port de Dubrovnik, la Policija à couple, 160217 3

Gruz, le port de Dubrovnik, 160217 3

Gruz, le port de Dubrovnik, le Bavaria 44 Alma 3 à quai 160217

Jeudi 16 février 2017. Réveil à 8h pour moi comme prévu, 8h20 pour Guillaume, 8h45 pour Mathilde et Pierre. Les enfants dorment du sommeil du juste. Nous sommes au port de Gruz (Dubrovnik), où nous sommes arrivés hier après-midi. Le ciel a le bleu profond des ciels d’hiver, la luminosité est superbe. Je suis d’abord allé acheter du pain et des croissants pour tout le monde à la boulangerie qui est derrière le marché, j’ai pris quelques photos, puis je suis rentré à bord où nous avons pris le petit déjeuner vers 9h. Une demi-heure plus tard, Mathilde, Guillaume et moi sommes allés visiter le marché tout proche dont les couleurs sont belles ; Mathilde y trouvera des épinards et quelques légumes. 

Gruz, le port de Dubrovnik, le marché 160217 1

Gruz, le port de Dubrovnik, le marché 160217 4

Gruz, le port de Dubrovnik, le marché 160217 2

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Gruz, le port de Dubrovnik, le marché 160217 3

Gruz, le port de Dubrovnik, le caffe bar Europa 160217A 10h nous sommes installés à la terrasse du Caffe bar Europa, un café sympa situé au fond du marché. J’en profite pour utiliser leurs toilettes et faire quelques ablutions. Un supermarché se trouve à une centaine de mètres : en quittant le bateau, traverser la route et l’esplanade du marché, puis en buttant contre la colline longer à main gauche. On arrive ainsi au supermarché. Ce jour-là le distributeur automatique sur la place du marché était en panne, et je me suis retrouvé à sec de liquide. Le plus proche « bankomat » m’a semblé très loin, et j’ai fini par renoncer à le trouver. C’est Mathilde qui payera au supermarché avec sa carte les allumettes, trois bidons d’eau et quelques bricoles dont nous avons besoin.

Gruz, le port de Dubrovnik 5

En route vers la Marina de Dubrovnik 160217 1

Nous larguons les amarres à 10h30, en direction de Vodice, où nous arriverons demain dans l’après-midi. Ce sera pour mon équipage leur première nuit de navigation. Notre première étape va être le quai des carburants de Gruz. Nous le trouvons dans la petite marina en rive gauche du port, un peu en aval. Le quai des carburants est exigu, il faut s’y amarrer avec des traversières (et non des pointes), et surtout pas essayer de mettre le bateau sur les côtés de la station : le fond y est insuffisant pour notre bateau qui tire 1m80. Le plein montre que nous avons consommé un peu plus de cent litres de carburant entre Vodice et Dubrovnik ; nous en avons pour 900 kunas (soit environ 1,20 euros le litre de gazole). Une consommation très raisonnable - de l’ordre de 2,5 litres par heure - sachant que nous avons la plupart du temps navigué moteur allumé. Pour l’heure, nous avons un vent de nord de 3 nœuds, très insuffisant pour notre 44 pieds.

En route vers la Marina de Dubrovnik, Kéoni à la barre 160217

En route vers la Marina de Dubrovnik 160217 2

A 11h nous quittons le petit quai des carburants ; avant de prendre vraiment la route du retour, nous allons visiter la marina de Dubrovnik, puis aller voir depuis la mer les remparts et le port médiéval. La marina est au bout d’une longue vallée, dont l’embouchure est barrée par un pont routier très haut. La mer est plate. A 11h15 nous remontons cette vallée. Kéoni (sept ans) est à la barre, tandis que Mathilde tente de faire le poirier sur l’annexe à l’avant du bateau. Nous irons jusqu’aux abords de la marina, avant de faire demi-tour et de repasser sous le grand pont suspendu.

Mathilde faisant le poirier sur l'annexe devant la marina de Dubrovnik 160217

Les remparts de Dubrovnik vus de la mer 160217 1

Les remparts de Dubrovnik vus de la mer 160217 4

Nous partons ensuite voir le vieux port médiéval. A 12h20 nous sommes en vue des remparts de Dubrovnik. Nous les longeons, et un quart d’heure après notre Bavaria 44 est en face du vieux port. Dans ma mémoire, il n’y a guère de fond dans ce port, et j’indique à mes coéquipiers que je n’engagerai pas complètement le bateau dans le port. Guillaume tourne des vidéos. Lorsque le sondeur indique 4m, je repars en marche arrière pour ne pas risquer de talonner.

Les remparts de Dubrovnik vus de la mer 160217 6

Le port médiéval de Dubrovnik 160217 1

Le port médiéval de Dubrovnik 160217 2

Les remparts de Dubrovnik vus de la mer 160217 8A 12h38 je fais demi-tour, et prends – cette-fois-ci pour de bon – la route du retour à Vodice. Le cap (278°) nous fait revenir sur nos pas le long de la côte. J’ai pris l’habitude de dire à mes amis que les Croates avaient eu la chance de découvrir tardivement le tourisme, et avaient su tirer les leçons des erreurs que d’autres – la France la première – avaient commises avant eux : destruction des sites, bétonnage massif du littoral, etc. Il y a quand même quelques exceptions pour confirmer cette règle, et l’une d’elles défile devant nos yeux : un bloc de béton et de verre étagé sur une quinzaine de niveaux défigure ce qui aurait pu être une petite crique paisible dans un faubourg à l’ouest des remparts de Dubrovnik.

Les remparts de Dubrovnik vus de la mer 160217 9

Béton près de Dubrovnik 160217 1

Par chance la pinède abrite d’autres trésors, dont une chapelle aux murs blancs et au toit de tuile qui, vue de la mer, semble reliée à ce qui pourrait être un monastère voisin. A12h50 nous passons au sud de la maison blanche au sommet de la falaise Velika Petka ; nous prenons au cap 278°. Le vent à tourné, c’est désormais un vent de sud de quatre nœuds environ que nous recevons par le travers ; le moteur tourne à 1600 tours/minute pour une vitesse surface de 5,77 nœuds. 

Chapelle près de Dubrovnik 160217 2

Chapelle près de Dubrovnik 160217 3

A 14h15 nous sortons les voiles. Le vent a un peu forci : six à huit nœuds de vent apparent, que nous recevons désormais au près, à 55 degrés du lit du vent ; cela me permet de réduire le moteur à 1200 tours/minute, tout en conservant la vitesse moyenne de 5 nœuds que je me suis fixée. A 14h23 je débute une observation attentive de seize minutes pour le programme Cybelle Méditerranée ; mais il n’y a rien, absolument rien de vivant à la surface de l’eau. Juste un déchet en plastique blanc, qui flotte trop loin pour que je puisse le récupérer. On a une houle longue, qui vient de OSO, avec une amplitude comprise entre quatre-vingt centimètres et un mètre. Evelyne vient de me téléphoner, inquiète. Elle n’a toujours pas reçu le SMS que je lui ai envoyé il y a plusieurs heures de cela, la prévenant de notre départ de Dubrovnik.

Pêcheur entre Lopud et Mljet, 160217

A 14h32 nous passons à quelques milles au sud d’Otok Sipan ; nous voyons la côte sud de Mljet à 12h30 du bateau. Je prends le cap pour suivre la route fond 271°. Nous entamons un très long bord de plus de soixante-quatre milles, qui devrait nous amener dans la nuit vers 3h20 au sud d’Otok Susac. Sept minutes plus tard, nous croisons le chalutier Alga, qui fait route en direction de Lopud. Sans doute avec l’espoir de dépeupler un peu plus cette mer désespérément vide.

Mljet, côte sud-estMljet, côte sud-estMljet, côte sud-estMljet, côte sud-est

Nous sommes sensiblement au milieu entre la pointe sud de Mljet et la côte sud de Lopud. Nous atteignons aux environs de 15h30 la pointe sud de Mljet, et commençons à longer la très longue côte sud de cette île toute en longueur. Nous n’avons pas encore déjeuné, et Guillaume s’attaque dans le cockpit à la préparation de l’omelette, tandis que défile sous nos yeux la côte boisée de Mljet. Plus haut, sur les collines de l’île, les arbustes laissent place à une garrigue de plus en plus pierreuse.

Mljet, côte sud-est 160217 3

Mljet, côte sud-est 160217 2

Initiation au sextant 160217 2

Initiation au sextant 160217 1

A 17h nous sommes sensiblement au sud d’U Duboka ; nous avons dépassé depuis un quart d’heure l’îlot Ogiran, puis le clocher de Babino Polje. Je profite de ce que le soleil baisse sur l’horizon pour sortir mon sextant et faire voir à mes équipiers comment fonctionne l’instrument. Chacun fait une mesure de la hauteur du bas du soleil sur l’horizon ; j’explique le principe de la droite de hauteur, mais nous n’irons pas jusqu’à faire les calculs pour obtenir l’azimut et la distance par rapport à Dubrovnik.

Initiation au sextant 160217 3

A 18h24 je fais un point GPS (42°42’N, 17°22’E). Nous sommes toujours au cap 271° (Rf), corrigé au 274° pour tenir compte des trois degrés de la déclinaison magnétique. Je m’attaque au menu du soir : hachis Parmentier de thon. Le four du bord paraît de bonne qualité, j’espère qu’il tiendra ses promesses. De son côté, Mathilde nous cuisine des épinards qu’elle a achetés ce matin sur le marché, et qui viendront accompagner mon hachis. 

Hachis parmentier de tthon à bord de l'Alma 3 160217 3

Dîner en route pour Vodice à bord de l'Alma 3 160217 1

A 20h40, nous sommes à un peu plus de cinq milles au sud du phare de Glavat, et à l’est de Lastovo. Nous nous apprêtons à passer sous cette île, toujours en route sur le même bord pour un point au sud d’Otok Susac. Nous avons pris une petite demi-heure d’avance sur notre plan de route ; il reste 29 milles à parcourir avant le changement de cap. Le hachis est sur la table du carré ; il a correctement gratiné dans le four. 

Hachis parmentier de tthon et épinards à bord de l'Alma 3 160217 2

Nous le dégustons avec les épinards de Mathilde, et une bouteille de Plavac Hvar 2013, un vin rouge « presque » local : à vol d’oiseau, nous ne sommes qu’à 26 milles de l’extrémité la plus proche de Hvar, l’île où nous avons mouillé lundi soir. Le Plavac Mali est un cépage autochtone de la Croatie, qui pour s’épanouir a besoin de vent et de fortes températures. A Hvar il donne sa meilleure expression, dans un vin de garde puissant à la robe sombre, qui rappelle par certains côtés les Côtes-du-Rhône.

Guillaume prend le premier quart de 22h à 1h du matin. Ses fils sont partis dormir en début de soirée et ont demandé à leur père de les réveiller pour participer au quart ; mais Guillaume préfèrera les laisser dormir. De mon côté je m'installe confortablement pour la nuit dans le cockpit ; je la passerai ainsi avec les équipiers de quart, alternant périodes de veille et de somnolence. J'aime bien cette technique, qui me permet de me reposer complètement, et d'être immédiatement disponible en cas de besoin. Elle me permet aussi de bavarder une partie de la nuit avec mes équipiers, c'est souvent sympa et rassurant pour ceux qui n'ont pas l'habitude des nav' de nuit.

Gruz, le port de Dubrovnik, la caraque à quai 160217 2

Thursday 16th February 2017: wake up at 8am at the port of Gruz (Dubrovnik). Purchase fresh bread and croissants in the bakery in front of the boat, breakfast on board, then visit the market (very beautiful colors). The weather is superb; We have little wind (3 knots). We leave the quay at 11 am to go and refuel, then go to the Dubrovnik marina nestled at the end of a long valley, and finally the old medieval port. At 1:38 pm I take the road back: we should arrive in Vodice tomorrow afternoon, after a night of sailing. At 15.30 we reached the southern tip of Mljet, and Guillaume began to prepare the omelette that would serve us lunch. 

Mathilde faisant le poirier sur l'annexe devant la marina de Dubrovnik 160217 2

At 5 pm the sun is falling on the horizon; I take out my sextant and show my team how to use this instrument. At 6:24 pm I picked up the GPS coordinates of the boat, then I began preparing the evening meal: a chopped parmentier of tuna, served with fresh spinach that Mathilde bought this morning in the Dubrovnik market. At 8:40 pm we are a little over five miles south of the lighthouse of Glavat, and east of Lastovo. The meal is served in the saloon. We will drink with this meal a local red wine made in Hvar, Plavac Hvar 2013. It is made with a grape specific to Croatia, Plavac Mali. It is a grape that likes warm temperatures and strong winds, and which provides wines somewhat similar to those of the Côtes-du-Rhône.At 10 pm Guillaume and I start the first watch of the night.

Hachis parmentier de tthon à bord de l'Alma 3 160217 2

Photos : Gruz, le port de Dubrovnik, 160217 (1 et 2) ; Gruz, le port de Dubrovnik, la caraque à quai, 160217 1 : Gruz (le port de Dubrovnik), la Policja à couple 160217 ; Gruz, le port de Dubrovnik, 160217 3 ;  Gruz (le port de Dubrovnik), le Bavaria 44 Alma 3 à quai 160217 ; Gruz (le port de Dubrovnik), le marché 160217 (1 à 5) ; Gruz (le port de Dubrovnik), le Caffe bar Europa 160217 (1 et 2) ; Gruz (le port de Dubrovnik), à la recherche du quai des carburants 160217 ; En route pour la marina de Dubrovnik 160217 1 ; En route pour la marina de Dubrovnik, Kéoni à la barre 160217 ; En route pour la marina de Dubrovnik 160217 2 ; Mathilde fait le poirier sur l'annexe devant la marina de Dubrovnik 160217 1 ; Les remparts de Dubrovnik vus de la mer 160217 (1 à 3) ; L'entrée du port médiéval de Dubrovnik 160217 (1 et 2) ; Les remparts de Dubrovnik vus de la mer 160217 (4 et 5) ; Horreur de béton près de Dubrovnik 160217 ; Chapelle et monastère près de Dubrovnik 160217 (1 et 2) ; Le chalutier côtier Alga entre Mljet et Lopud, 160217 ; Mljet, côte sud-est. Guillaume prépare l'omelette 160217 (1 à 4) ; Mljet côte sud-est 160217 (1 et 2) ; Initiation au sextant 160217 (1 à 3) ; Dîner dans le carré de l'Alma 3 160217 (1 à 3) ; Mathilde fait le poirier sur l'annexe devant la marina de Dubrovnik 160217 2 ; Le hachis Parmentier de thon, 160217 ; Gruz, le port de Dubrovnik, 160217 4. Auteurs : Mathilde fait le poirier sur l'annexe devant la marina de Dubrovnik 160217 (1 et 2) : Guillaume Lenormand. Autres photos : Philippe Bensimon

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