Nicolas_Vanier_sur_A2__2015_

En 2005-2006, le cinéaster et musher Nicolas Vanier a traversé avec ses chiens la Sibérie. Il avait déjà alerté le monde sur le problème. En 2015, il disait au micro d’Antenne 2 : « la fonte du permafrost s’accélère, c’est une catastrophe ». Selon National Geographic, cité par Vivre demain, si le pergélisol (sols gelés couvrant la majeure partie du Groenland et de l’Alaska, et la moitié nord du Canada et de l’ex-URSS, mais qu’on trouve aussi en altitude dans certains secteurs de l’arc alpin) venait à dégeler totalement et libérer ses réserves de gaz à effet de serre, les températures moyennes de la planète pourraient alors augmenter jusqu’à 12 °C d’ici 2100, beaucoup plus que les 4,8 °C, pire scénario du Giec.

 Ce sont 1 668 milliards de tonnes de CO2 parfois très ancien (jusqu’à 20.000 ans) qui sont emprisonnées dans le pergélisol, environ deux fois la quantité totale de CO2 contenue actuellement dans l’atmosphère. Plus du méthane, gaz à effet de serre très puissant dont les poches millénaires constituent une véritable bombe à retardement.

Le pergélisol renferme également d’importantes quantités de mercure. Selon une étude publiée dans Geophysical Research Letters (février 2018), le taux de mercure prisonnier du pergélisol de l’Arctique est aujourd’hui dix fois supérieur à celui produit par l’humain les trente années passées. 1,7 million de tonnes de mercure, équivalent en volume de l'équivalent de 50 piscines olympiques pourraient y avoir été piégées pendant et depuis la dernière glaciation.

La plus grande réserve mondiale de mercure pourrait ainsi être libérée dans l’océan sous forme de méthylmercure. Facilement bioassimilable par les organismes marins qui le concentrent tout au long de la chaîne alimentaire, le méthylmercure est pour l’homme un dangereux neurotoxique, déjà largement présent dans le sang du cordon ombilical des bébés inuits.

Nicolas_Vanier_-_052 (auteur Choubruxelles 21 novembre 2011)

A few years ago, the filmmaker and musher Nicolas Vanier crossed with his dogs Siberia. He had already alerted the world to the problem. In 2015, he said at the microphone of Antenne 2: "the melting of permafrost is accelerating, it is a disaster". According to National Geographic, cited by Living Tomorrow, if permafrost (frozen soils covering most of Greenland and Alaska, and the northern half of Canada and the former USSR, but also found at higher altitudes in some areas of the alpine arc) was to fully thaw and release its reserves of greenhouse gases, the average temperatures of the planet could then increase to 12 ° C by 2100, much more than the 4.8 ° C, worse scenario of the Giec.

 These are 1,668 billion tonnes of CO2, sometimes very old (up to 20,000 years) that are trapped in permafrost, about twice the total amount of CO2 currently contained in the atmosphere. More methane, a very powerful greenhouse gas whose millenary pockets are a real time bomb.

Permafrost also contains significant amounts of mercury. According to a study published in Geophysical Research Letters (February 2018), the mercury content of Arctic permafrost is now ten times higher than that produced by humans over the last thirty years. 1.7 million tonnes of mercury, equivalent in volume to the equivalent of 50 Olympic-sized pools could have been trapped during and since the last ice age.

The world's largest mercury pool could be released into the ocean as methylmercury. Easily bioassimilable by marine organisms that concentrate it throughout the food chain, methylmercury is a dangerous neurotoxic for humans, already widely present in the umbilical cord blood of Inuit babies.

Photos : Nicolas Vanier sur Antenne 2 (2015) ; Nicolas Vanier, 21 novembre 2011 (auteur : Choubruxelles)