Nicolas_Hulot_2015_(cropped, auteur COP 21)

Nicolas Hulot quitte le gouvernement. La décision du gouvernement français de diviser par deux le coût du permis de chasse est mise en avant dans les médias comme la goutte d'eau qui aurait fait déborder le vase.

Un vase qui était déjà bien plein. Au début de l'été, la rumeur courrait dans les couloirs des ministères selon laquelle Nicolas Hulot prendrait à la mi-août la décision de rester ou non au gouvernement. Après avoir dû avaler tout un tas de couleuvres, certaines particulièrement ignobles - le rejet de l'interdiction du Glyphosate, au mépris du plus élémentaire principe de précaution, met en danger la vie de nombreux agriculteurs et de leurs voisins immédiats, sans parler de la destruction des abeilles, insectes et autres oiseaux - le ministre a jeté l'éponge, "après un an de doutes et de souffrances".

"C'est une décision entre moi et moi", déclarait Nicolas Hulot au micro de France Inter ce matin. Les larmes aux yeux, Nicolas Hulot, visiblement fatigué, annonce qu'il ne croît plus dans ce gouvernement, et explique sa démission : "C'est une accumulation de déceptions, mais c'est surtout parce que je n'y crois plus, pas en l'Etat, pas dans ce mode de fonctionnement. On me dit : "Mais prends ton temps, soit patient". Mais ça fait trente ans qu'on est patients, ça fait trente ans qu'on laisse les phénomènes se dérouler, ils sont en train de nous échapper. On me dit : "Fixe-toi deux ou trois objectifs". Mais tout est prioritaire" (source : JT A2 13h 28août 2018).

Pris par ses activités multiples, l'ex-ministre de la Transition énergétique et solidaire n'a sans doute pas vu le temps passer. Depuis l'appel du Club de Rome et le rapport Meadows de 1972, ce sont quarante-six années et non pas trente qui ont été perdues. Et les phénomènes ne sont pas en train de nous échapper. Ils nous ont déjà échappé. Stopper le réchauffement climatique était envisageable en 1972 au prix d'un arrêt de la croissance. Aujourd'hui, à force d'être "patients" comme l'ont été tous les gouvernements précédents et d'adopter la "stratégie des petits pas" chère à Emmanuel Macron, le réchauffement de la planète est devenu inéluctable. Tout ce qu'on peut faire désormais, c'est ralentir ce réchauffement, et s'y préparer. Encore faut-il le faire sérieusement.

Nicolas Hulot left the government. The decision of the French government to halve the cost of the hunting license is highlighted in the media as the last straw that broke the camel's back. A vase that was already full. At the beginning of the summer, the rumor ran in the corridors of the departments that Nicolas Hulot would take the decision in mid-August to stay or not to the government. After many government and deputies decisions, some particularly vile - the rejection of the Glyphosate ban, in defiance of the most basic precautionary principle, endangers the lives of many farmers and their immediate neighbors, not to mention the destruction of bees, insects and other birds - the minister decides to leave the government. "After a year of doubts and suffering". "It's a decision between me and me," said Nicolas Hulot at the microphone of France Inter this morning. Tears in his eyes, Nicolas Hulot, visibly tired, announces that he no longer grows in this government, and explains his resignation: "It's an accumulation of disappointments, but it's mostly because I do not believe it anymore, not in the state, not in this mode of operation.I am told: "But take your time, be patient." But it's been thirty years we're patient, it's been thirty years we let the phenomena unfold They are escaping me and I am told: "Set two or three goals." But everything is a priority". Occuped by his many activities, the former minister of Ecological transition has probably not seen the time pass. Since the call of the Club of Rome and the Meadows Report of 1972, it is forty-six years and not thirty that have been lost. And the phenomena are not escaping us. They have already escaped us. Stopping global warming was conceivable in 1972 at the cost of stopping growth. Today, by dint of being "patient" as all previous governments have been and adopting Emmanuel Macron's "little steps strategy", global warming has become unavoidable. All we can do now is to slow down this warming and prepare for it. Still, it must be done seriously.

Photo : Nicolas_Hulot_2015_(cropped). Auteur/author : COP 21.