Les sargasses sont des algues brunes qui ont la particularité de vivre en flottant à la surface de l’eau, agglomérées en radeaux parfois très épais. Elles ont donné leur nom à la Mer des Sargasses, décrite pour la première fois par Christophe Colomb (le terme Sargasse viendrait d’un mot portugais signifiant varech).

Ces algues asexuées forment des écosystèmes appréciés des poissons et des tortues qui ont pris l'habitude de loger dans leurs radeaux, un peu à la manière des DCP (dispositifs concentrateurs de poissons). La décomposition des sargasses produit de l’amoniac et de l’hydrogène sulfuré, deux gaz neurotoxiques pouvant, à partir d’une certaine concentration, bloquer le système nerveux et entraîner la mort.

Depuis 2011, ces algues s’échouent de façon massive dans l’arc antillais, notamment dans les archipels de Guadeloupe et de Martinique, posant d’importants problèmes de ramassage et de stockage. Outre des problèmes de santé chez les plus fragiles, les gaz issus de la décomposition sur les plages des sargasses attaquent les métaux, mettant à mal l’électroménager et les instruments électriques/électroniques à proximité. L’odeur nauséabonde écarte aussi les touristes, et les passages répétés des buldozers chargés du ramassage des algues écrasent les œufs des tortues marines qui viennent pondre sur les plages.

L’augmentation des sargasses dans ce secteur a plusieurs causes :

-       d’une part la déforestation au Brésil, où on « liquide » la forêt amazonienne pour faire place à des plantations destinées à produire de l’éthanol. La forêt n’étant plus là pour les protéger, l’eau de pluie ruisselle sur les sols, entraînant avec elle les pesticides, fongicides, engrais, phosphore, azote et autres produits phytosanitaires employés massivement. Ces eaux de ruissellement rejoignent les rivières, et, notamment à l’embouchure de l’Amazone, l’abondance des nutriments favorise la croissance des sargasses.

-       d’autre part, il semble que le courant des Guyanes, qui longe les trois Guyanes avant de bifurquer vers les petites Antilles, passe désormais un peu plus à l'Ouest, embarquant désormais avec lui les radeaux d'algues présents à l'embouchure de l’Amazone. «L'augmentation des basses couches de l'atmosphère et de la température des eaux ont fait varier la trajectoire de ce courant. Ce changement semble être une des conséquences du réchauffement climatique» estime le géographe Pascal Saffache dans un article du Figaro.fr (1erjuin 2018, Les sargasses, la "catastrophe sanitaire et économique" qui paralyse la Guadeloupe).

Sargassas are brown algae that have the particularity of living floating on the surface of the water, agglomerated rafts sometimes very thick. They gave their name to the Sargasso Sea, described for the first time by Christopher Columbus (the term Sargasse comes from a Portuguese word meaning kelp). These asexual algae form popular ecosystems for fish and turtles that have become accustomed to lodge in their rafts, a little like the FADs (concentrating devices of fish). The decomposition of Sargassum produces ammonia and hydrogen sulfide, two neurotoxic gases that can, from a certain concentration, block the nervous system and cause death. Since 2011, these algae are stranded in a massive way in the West Indian arc, especially in the archipelagos of Guadeloupe and Martinique, posing significant problems of collection and storage. In addition to health problems in the most fragile, the gases from the decomposition on the beaches Sargassas attack the metals, damaging the household appliances and electrical / electronic instruments nearby. The nauseating smell also spreads the tourists. The increase of sargasses in this sector has several causes: - on the one hand, deforestation in Brazil, where the Amazon rainforest is "liquidated" to make way for plantations intended to produce ethanol. The forest is no longer there to protect, rain water runs off the land, taking with it pesticides, fungicides, fertilizers, phosphorus, nitrogen and other plant protection products used massively. These runoff waters reach the rivers, and especially at the mouth of the Amazon, the abundance of nutrients promotes the growth of Sargassum. - secondly, it appears that the power of the Guianas, which runs along the three Guianas before turning the Lesser Antilles, has undergone changes and moved a little to the west, carrying with him now rafts of algae present at the mouth of the Amazon. "The increase of the lower layers of the atmosphere and the temperature of the waters have varied the trajectory of this current. This change seems to be one of the consequences of global warming "says geographer Pascal Saffache in an article Figaro.fr (June 1, 2018, Sargassum, the" health and economic catastrophe "that has paralyzed Guadeloupe).

Vidéo : Sargasses la peste des Antilles: valorisation? :Sargasses : algues brunes, idées vertes, reportage oct 2018 avec Teddy Albert, Laure Martin, Frédéric Tyrode Saint Louis, lycée de Port Louis.