Mollo sur le cabillaud !

"Blanc et sans arêtes, le cabillaud, au goût peu prononcé, est le poisson préféré des Français. C'est la deuxième espèce la plus consommée dans l'Hexagone après le saumon. Les familles en ont fait un met de choix. À cela s'ajoute la restauration collective et la production destinée à être incorporée aux plats préparés. Pour satisfaire cette demande, la pêche, autrefois traditionnelle, s'est industrialisée. La ressource, elle, se raréfie. La Norvège fournit une grande partie des importations françaises. Mais là-bas aussi, le poisson est menacé de surexploitation. https://www.loceanalabouche.com"

Dans les années 1980, on a pêché sans limite le cabillaud au large des côtes de Terre-Neuve, jusqu'à provoquer l'extinction de l'espèce dans ce qui était jusque là le plus gros stock de cabillaud au monde. Les français, à la fois pêcheurs et développeurs avec l'Ifremer de la technique du chalut, ont une large part de responsabilité dans ce massacre. Quand le gouvernement canadien a décidé d'arrêter celui-ci, il était trop tard, et la morue de Terre-neuve n'est plus qu'un lointain souvenir : les stocks trop affaiblis n'ont pas pu se reconstituer et le poisson a définitivement disparu. 

On pourrait croire que des leçons ont été tirées de ce désastre écologique. il n'en n'est rien. En dix ans, l'homme a multiplié par deux sa consommation de cabillaud, apprenant à ses enfants à manger du cabillaud, panné ou non. Les zones de pêche ont seulement changé, et le cabillaud est désormais pêché là où il en reste encore, c'est à dire dans les eaux froides de l'Atlantique nord-est. Là, dans de nombreuses zones comme les côtes norvégiennes, le cabillaud est gravement menacé. Mais cela n'empêche pas la pêche de continuer dans ces zones, avec certes des quotas, mais très peu de contrôles : un bateau contrôleur pour mille embarcations de pêche à surveiller, aucun contrôle de nuit, aucun contrôle le week-end, et, pour des raisons de sécurité, les bateaux contrôlés sont prévenus une heure à l'avance du contrôle qui va se produire. 

Le cabillaud est-il devenu un aliment toxique ? Pour des raisons liées comme toujours à la rentabilité des opérations, les cabillauds pêchés dans l'Atlantique nord-est vont ensuite prendre l'avion. Direction la Chine, où la main d'œuvre est moins chère que le kérosène consommé durant ces quinze mille kilomètres de voyage aller-retour. Là, on injecte de l'eau dans leur chair pour les rendre plus lourds et pouvoir ainsi les vendre plus chers, et des phosphates pour les rendre plus blancs. Des phosphates qui se retrouvent ensuite dans votre assiette, accroissant (même très faiblement) les risques de maladies rénales et cardiovasculaires. Certains scientifiques estiment aussi que les additifs injectés dans les cabillauds, même s'ils sont autorisés par l'Union Européenne, peuvent accrôitre chez les jeunes les risques d'hyperactivité.

L'enquête est signée Lucille Berland et Laura Cappai, le film a été écrit et réalisé par Julie Lotz en 2018.

Bon appétit !

Cabillaud d'élevage