Carte de la Côte d'Opale avec la baie de Somme (auteur Bourrichon)

- 80 % de poisson en baie de Somme, c’est ce que révèle le JT de 13h de ce 6 mai 2019. En cause, la température de l’eau qui augmente de 0,3°C par décennie selon le présentateur. En soi, il ne s’agi pas à proprement parler d’une nouvelle. « En baie de Somme, les filets des pêcheurs remontent de plus en plus légers. De Fort-Mahon au nord au Tréport au sud, l'abondance de poissons diminue chaque année », révélait déjà une étude de deux chercheurs l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) publiée en octobre 2018 et reprise par France-Info fin décembre dernier. Leur densité a chuté de 80% en moins de trente ans. Ils étaient 200 000 par km2 en 1987 et seulement 40 000 en 2012.

Cette disparition coïncide avec un changement brutal de la température de l’eau. Elle augmente régulièrement en baie de Somme de 0,3°C à 0,4°C par décennie, soit quatre fois plus vite que la hausse de température moyenne de l’océan du fait des faibles profondeurs dans la baie. « Dans le même temps, la densité de poisson est, elle, en forte baisse. Pour certains spécialistes comme Stéphane Henard, responsable aquariologie de Nausicaa à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), il n'y a aucun doute, les deux phénomènes sont connectés. La pêche et les prédateurs naturels comme les phoques ne seraient pas en cause. L'étude est inquiétante, car la baie de Somme est la deuxième zone de reproduction la plus importante de la Manche. »

Les poissons à stratégie démographie « r » (petits œufs pondus en grand nombre, croissance rapide), qui ont traditionnellement une forte sensibilité aux variations environnementales mais aussi une forte résilience (capacité de s’adapter) sont les plus touchés : sprat (une sorte d’anchois), plie, limande, hareng. Cependant, leur forte résilience ne leur a pas permis de revenir aux niveaux du début des années 80, sans doute à cause de la brutalité de changements intervenus, trop rapides pour permettre une adaptation des espèces. Une autre possibilité est la migration des espèces vers le sud de la mer du Nord, en train de se réchauffer, et où l’on trouve aujourd’hui des conditions semblables à celles de la Manche il y a 30 ans. (Source : « Functional reorganization of marine fish nurseries under climate warming », paru dans Global Change biology 27 octobre 2018., repris le 25 décembre 2018 par Le Courrier Picard, et le lendemain par France-Info.)

Le Hourdel, ses vasières et son port, sur l'estuaire de la Somme (auteur OT Cayeux-sur-Mer)

- 80% of fish in the Bay of the Somme, this is what reveals the 1:00 pm news of May 6, 2019. In question, the water temperature increases by 0.3 ° C per decade according to the presenter. IIt' not really a news. "In the Bay of Somme, the nets of the fishermen go back more and more light. From Fort-Mahon in the north to Tréport in the south, the abundance of fish decreases each year ", already revealed a study of two researchers the French Research Institute for the exploitation of the sea (Ifremer) published in October 2018 and recovery by France-Info at the end of last December. Their density has dropped by 80% in less than thirty years. They were 200,000 per km2 in 1987 and only 40,000 in 2012. This disappearance coincides with a sudden change in the temperature of the water. It increases regularly in the Bay of Somme from 0.3 ° C to 0.4 ° C per decade, four times faster than the rise in average temperature of the ocean due to shallow depths in the bay. "At the same time, the density of fish is declining sharply. For some specialists such as Stéphane Henard, aquariology manager of Nausicaa in Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), there is no doubt, the two phenomena are connected. Fishing and natural predators such as seals would not be involved. The study is worrying because the Bay of Somme is the second most important breeding area of ​​the English Channel. " Fish with a "r" population strategy (small eggs laid in large numbers, rapid growth), which have traditionally a strong sensitivity to environmental variations but also a high resilience (ability to adapt) are the most affected: sprat (a kind anchovies), plaice, dab, herring. However, their strong resilience did not allow them to return to the levels of the early 80s, probably because of the brutal changes that occurred, too fast to allow species adaptation. Another possibility is the migration of species to the warming south of the North Sea, where today we find conditions similar to those of the Channel 30 years ago. (Source: "Functional reorganization of marine fish nurseries under climate warming", published in Global Change Biology 27 October 2018., taken again on 25 December 2018 by Le Courrier Picard, and the next day by France-Info.)

Photos : Carte de la Côte d'Opale avec la baie de Somme (auteur Bourrichon) ; Le Hourdel, ses vasières et son port, sur l'estuaire de la Somme (auteur OT Cayeux-sur-Mer).