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Les élections européennes vont avoir lieu ce dimanche 26 mai (elles auront déjà commencé ce samedi outre mer). Ce blog n'est pas un blog politique, et il est hors de question dans ce blog de donner des consignes de vote à nos adhérents ou à nos lecteurs.

C'est donc à titre personnel que j'écris ces quelques lignes.

Pour avoir travaillé douze ans dans le marketing politique, je connais toute la valeur de l'adage : « plus le mensonge est gros, et plus le peuple y croira ». Il y a quand même des bornes qu'il ne faudrait pas dépasser.

J'entends depuis le début de la campagne des appels à la haine, au racisme et à la xénophobie, au rejet des migrants et de l'Islam, avec des arguments tels que l'identité européenne ou nationale, la protection de l'emploi, etc.

Les hommes politiques populistes et sans scrupules qui tentent, à Malte, en Italie, dans le nord de l'Europe, mais aussi en Suisse et en France de se créer un électorat en jouant sur la peur de l'autre et l'égoïsme, soit mentent de façon éhontée (« plus le mensonge est gros, et plus le peuple y croira »), soit font preuve d'une méconnaissance totale de la situation, et devraient être interdits d'élection, tant leur ignorance sera dangereuse pour tous – à commencer par leurs électeurs - le jour où ils seront élus.

Je m'explique.

Le réchauffement climatique - qui va en s'accélérant de façon dramatique - va créer d'ici 2050 des centaines de millions de migrants climatiques (250 d'après l'ONU, dont les chiffres sont rarement surestimés), obligés pour ne pas mourir de quitter leurs terres, victimes :

  • de l'aridité (zones subsahéliennes),

  • des inondations dans d'autres zones, 

  • de la hausse du niveau des eaux (déjà cause d'exode des populations dans le sud du Bengladesh, qui va toucher très durement les atolls du Pacifique, et petit à petit la plupart des pays et des villes côtières, Sydney, etc.), 

  • de la baisse des ressources halieutiques (80 % des poissons ont disparu de la baie de Somme en moins de trente ans), 

  • des cyclones de plus en plus violents, 

  • de la chaleur (50°C en Algérie en août dernier, et ce n'est qu'un début).

Les habitants du Texas et du Mexique vont aller vers le Canada, ceux du Bengladesh et de l'Inde vers le nord de l'Asie ; ceux issus de l'Afrique vont naturellement se tourner vers l'Europe.

Le temps n'est plus où l'on pouvait être pour ou contre les migrants, et où on pouvait s'interroger (au mépris du droit et de toute éthique) sur l'accueil des naufragés recueillis sur le pont de l'Aquarius.

On ne parle plus aujourd'hui de quelques centaines de milliers, mais bien de dizaines et de dizaines de millions de migrants, qui n'auront d'autre choix que l'Europe ou la mort.

Nous sommes face à une catastrophe sans précédent dans la mémoire humaine, et à une vague de migration que nous avons nous-même créée. Car le réchauffement climatique est bel et bien une création de l'Europe de la révolution industrielle et de son sous-produit, l'Amérique du nord – n'oublions pas que le peuplement actuel de l'Amérique est issu très majoritairement d'Européens et de leurs esclaves).

Dans ce contexte, le discours de tous ceux qui prétendent lutter contre les migrants n'a plus de sens. C'est un discours d'un autre âge, « has been », déconnecté de la réalité, qui devrait disqualifier tous ceux qui osent encore le tenir. La question n'est plus aujourd'hui « comment empêcher les migrants d'entrer » : on sait que c'est impossible. Personne ne pourra retenir soixante-dix ou quatre-vingt millions de personnes n'ayant plus rien à perdre, et sûrement pas un douanier.

De toute façon, qui veut installer à nouveau des barbelés et des bunkers sur les plages (cette fois-ci en Méditerranée), pour flinguer à la mitrailleuse les zodiacs des migrants ? Combien de morts voulez-vous avoir sur la conscience dans ce qui sera une guerre pour l'eau et pour la survie ?

Et une fois que les migrants seront là, qu'entendez-vous en faire ? Les parquer comme des bêtes dans des camps de concentration (pardon, de rétention), avec miradors et barbelés (et un petit air de déjà vu ?). A nouveau, on ne parle pas ici de « petits » camps style Seconde guerre mondiale, mais de quelque chose de beaucoup plus vaste, de l'ordre de la population totale d'un grand pays européen incarcérée.

Les menteurs qui vous parlent de « renvoyer les migrants chez eux » ont-ils seulement conscience des coûts économiques et humains de telles opérations ? Dans le nord du Kenya, les tribus se battent déjà aujourd'hui à la kalachnikov pour le contrôle des rares points d'eau. Demain ce sera bien pire. Pensez-vous que les gens vont se laisser capturer et reconduire à la mort sans violence ?

Pour asseoir leur discours, ces hommes politiques populistes tentent de jouer sur les ambiguïtés d'un concept fallacieux, flou et mal défini, celui d'identité nationale (« un des concepts les plus discutés mais les moins compris de la fin du  siècle »,McCrone (David)et Surridge (Paula): "National Identity and National Pride". In Roger Jowell, et al. :"British and European Social Attitudes, the Fifteenth Report", Ashgate, Aldershot, (1998).

L'identité nationale, un discours trompeur

Entendons-nous bien : il n'existe pas d'identité nationale, autre que celle purement juridique liée à la naissance, par le droit du sol ou celui du sang.

Bernard Cathelat a montré durant les années 1980 que le peuple français est par exemple constitué d'une mosaïque de minorités qui évoluent au gré de courants sociologiques parfois contraires (les « sociowaves »), avec pour chacune des valeurs, des comportements et des attentes très différentes, en perpétuelle évolution. Ces minorités, comme tout ce qui vit, apparaissent, se développent et disparaissent, tant et si bien que la notion d'identité comme ensemble de valeurs partagées à un instant donné est confinée, réduite à une photo de famille prise à instant et dans un espace donné.

Pour faire peur à leurs enfants, mes grands-parents disaient à leurs enfants : « si tu ne travaille pas à l'école, tu seras représentant de commerce ! ». Mes parents leur disaient : « si tu ne travailles pas, tu seras fonctionnaire ! ». Dans les années 90, une étude à montré que dans l'académie de Besançon le rêve des étudiants était d'être fonctionnaires. A une époque on parlait de « France, terre d'accueil ». Aujourd'hui, le sort que nous faisons aux étrangers fait que tous n'ont qu'une envie : passer la Manche pour quitter notre pays et aller en Angleterre. Les valeurs, les images, les façons d'être et d'agir, les modes de pensée évoluent.

Même la devise de notre pays « Liberté, égalité, fraternité » a perdu son sens : une étude a montré que les jeunes ne comprennent plus qu'un seul de ces trois mots.

Personne ne sait plus ce qui nous rassemble, pour une bonne et unique raison : l'identité nationale n'existe pas, en dehors du cadre légal. Même la langue, qui pourrait nous unir, est un concept qu'il a fallu imposer par la force, au détriment des langues locales comme l'occitan, le basque ou le breton. Et là encore, malgré Malherbe, la langue française n'est pas figée.

Nos goûts non plus ne sont pas figés, pas plus que nos canons de beauté : les femmes françaises du moyen âge devaient avoir le front haut, celles de Rubens être grassouillettes, celles des années 30 ressembler à des garçons, avant de redevenir tout à tour voluptueuses avec les pin-up américaines et filiformes (pour ne pas dire anémiques) avec les mannequins de la ligne « haricot ».

Hier n'est pas aujourd'hui, et ne sera pas demain.

Notre ADN non plus n'est pas une justification à la discrimination : l'Europe a été une terre de passage, traversée par toutes les armées du globe. Les vikings ont été aux portes de Paris, les Arabes ont occupé très longtemps l'Espagne et sont montés en France jusqu'à Poitiers. De même que nous descendons tous de Charlemagne, nous avons tous du sang arabe dans les veines, y compris les plus xénophobes de nos dirigeants et hommes politiques). Il n'y a pas plus de sang européen pur qu'il n'existe de sang arabe pur. Et notre patrimoine génétique se brasse sans cesse.

Bref, l'identité définie par des critères physiques n'existe pas sinon dans les rêves de certains (celui qui rêvait d'une Europe de grands blonds aux yeux bleus était lui même petit et brun), et celle définie par des valeurs non plus. Que reste-t-il ? Une Europe de la Connaissance ? Même pas. Les mathématiques, l'astronomie, etc. ont été importées des civilisations arabes, les pâtes et la poudre à canon viennent des Chinois, etc. 

Que reste-t-il alors ? Une Europe de l'Histoire, dont nous pourrions être fiers, fiers d'être Européens ? Souvenons-nous. Sur notre sol, nous avons créé les deux Guerres mondiales, nous avons créé les guerres de religion, l'inquisition, brûlé vifs les sorcières et les roux ; à l'étranger nous avons exporté les croisades, la variole, anéanti les civilisations d'Amérique du nord et d'Amérique du sud au prix d'un vaste génocide, tout cela guidés par un appétit inextinguible d'or et de richesses. Partout ou l'Europe a mis les pieds, on ne trouve que du sang et des larmes, des peuples réduits en esclavage, des gens arrachés à leur terre et à leur famille pour aller enrichir un peu plus des européens planteurs de coton sur un autre continent. Enfin, c'est cette Europe qui, après avoir anéanti bien des peuples et des espèces animales au nom d'une prétendue supériorité de l'homme sur les autres espèces, a réussi à répandre dans le monde, les armes à la main, le pire modèle de pensée et le plus dangereux modèle économique qui soit : le matérialisme assorti d'un capitalisme reposant sur une croissance infinie. Un gamin de cinq ans réaliserait que sur une planète finie une croissance infinie n'est pas viable. Mais comme « plus le mensonge est gros et plus le peuple y croira », les gouvernements continuent à se réjouir chaque année de la croissance. Ces dernières années, c'étaient les enfants des autres qu'on assassinait. Aujourd'hui, ce sont nos enfants qui se réveillent, et qui avec Greta Thumberg nous accusent de les assassiner. 

C'est de cette Europe qu'il faut être fiers ? De cette Europe qui – comme les autres – a trahi sa parole et sa signature en ne respectant pas les Accords de Paris ? Ce sont ces valeurs qui créent notre identité, descendants de barbares qui continuent à agir avec barbarie, au point que l'astrophysicien Stephen Hawkings nous laissait 250 ans pour quitter la planète ou mourir ? Nous mourrons plus sûrement à mon avis, car Dieu a perdu l'habitude de faire des miracles, et croire en la science pour résoudre tous les problèmes relève plus de la pensée magique (celle des enfants) que de la rationalité. 

La question de l'identité nationale est régulièrement soulevée par la droite et les populistes, et sert toujours de préalable à des décisions visant à restreindre l'immigration et les droits des immigrés. En 2009, le président Sarkozy, oubliant comme d'autres avant lui ses origines, relance le débat sur l'identité nationale. « Dans un sondage Ifop-Journal du dimanche, réalisé les 26 et 27 novembre 2009, 72 % des personnes interrogées estiment que ce débat « constitue une stratégie pour gagner les élections régionales ».

Le 4 décembre 2009, vingt chercheurs publient une tribune dans Libération dans laquelle ils s'élèvent contre l'instrumentalisation politique de la notion d'identité nationale qui met selon eux la démocratie en danger. Selon Michel Wieviorka, sociologue et directeur d’études à l'EHESS, ce débat « attise les crispations sur l'immigration, car l’objectif est bien de traiter d’immigration, l’essentiel des points soumis à débat concerne cette question » et ajoute que l’existence d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale « est une catastrophe intellectuelle et politique pour l’image générale de la France » (source : Wikipédia).

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Je coupe court et reviens à mon propos. J'ignore ce qu'a donné la visite à huis-clos de la douzaine de philosophes et écrivains européens organisée ce mardi par Bernard-Henri Levy auprès d'Emmanuel Macron, dans le but de dénoncer la montée des nationaux-populismes en Europe. Selon toute vraisemblance, rien. Depuis 1972 et le rapport Meadows, on sait ou on va, et on ne fait rien. Nicolas Hulot le rappelait il y a un mois de cela, on a tous les outils pour agir contre le réchauffement climatique, et on ne fait rien. C'est la volonté qui manque. Je crains qu'il en soit de même ici, et que le poids de BHL, même accompagné de grands noms de l'intelligentsia européenne, ne soit insuffisant (« BHL, combien de divisions ? »).

Les seuls qui aient du poids, c'est vous. C'est vous, et seulement vous, et seulement durant un bref instant, celui de votre vote.

Ce dimanche, pensez très sérieusement que vos enfants n'auront pas d'autre choix que de vivre avec des migrants africains, travailler avec eux, les côtoyer dans la rue, les bars, les restaurants, les discothèques, partout. Voulez-vous que les choses se passent bien, en douceur et dans l'harmonie ? C'est possible. Accueillez-les avec bienveillance, et avec la compassion due à des gens qui ont beaucoup souffert. Accueillez-les comme une force économique, dans des pays à faible natalité qui manquent de bras (le BTP sans les migrants, il ne reste plus grand chose...). Accueillez-les comme des consommateurs, sans lesquels vos entreprises ne tourneraient pas. Accueillez-les comme des porteurs de nouvelles idées, dans un continent qui se fait désespérément vieux. Accueillez-les comme des médecins, des dentistes qui viendront repeupler les déserts médicaux qui finiront par vous tuer. Regardez les enquêtes de Lepers et Cayatte, et tordez le cou aux idées reçues selon lesquelles il y a un lien entre taux d'immigrés et criminalité. Tordez le cou aux idées des politiciens populistes selon lesquelles les migrants volent vos emplois : c'est l'inverse, ils en créent. L'Allemagne a accueilli plus d'un million de migrants. Son taux de chômage en 2019 est de 4,9 %, le plus bas enregistré depuis la réunification en 1990. La France qui n'accueille pas ou très peu de migrants est à 8,8 %, son plus faible taux... depuis 10 ans. 

Si vous ouvrez les frontières le plus largement possible, vous supprimerez les passeurs et les criminels de tous bords qui exploitent la misère des migrants, vous favoriserez le retour au pays de ceux qui pourraient le souhaiter, vous permettrez un meilleur contrôle sanitaire et un accès aux soins de ces populations, vous doperez vos économies et vous vivrez en paix dans un pays où chacun aura le droit de vivre librement et de pratiquer librement le culte de ses ancêtres, ou celui de son choix. 

Agissez différemment, fermez les frontières, considérez les migrants comme des ennemis, et vous aurez inévitablement des guerres et des violences. Vous n'aimez pas l'Islam, vous considérez que « la Suisse n'est pas une terre de minarets » ou que « la France n'est pas une terre d'Islam » ? pourquoi voulez-vous qu'en face, les gens soient plus tolérants que vous ? Votre dieu vaut-il mieux que celui de votre voisin ? Au nom de quoi vous permettez-vous cette opinion ? La Terre de demain ne sera irrémédiablement plus celle d'hier, ni même celle actuelle, et c'est aujourd'hui qu'il faut nous préparer à ces changements inévitables. Dans le respect de l'autre et de ses convictions. La cohabitation inévitable avec des gens que nous avons contribué très largement à chasser de chez eux nous invite à l'accueil et aux compromis. Refuser le changement de société, refuser le mélange des valeurs, des coutumes, le multiculturalisme, et la coexistence des cultes, c'est rentrer dans un monde de violences et de sang dont vos enfants ne sortiront pas tous vivants.

Le réchauffement climatique nous met aujourd'hui face à la réalité : nous n'avons qu'une planète sur laquelle nous devons tous vivre en bonne intelligence ou mourir. 

En résumé : dimanche, vous votez pour qui vous voulez... Mais ! (il y a un mais). Si vous choisissez de voter pour ceux qui vous parlent d'identité nationale, de préférence nationale, de renvoyer les migrants chez eux, de lutter contre l'immigration, de valeurs européennes et autres sornettes, souvenez-vous :

  1. Face au réchauffement climatique, ils n'auront jamais le dernier mot et seront dans l'incapacité de tenir leurs promesses ; 

  2. Ils vont précipiter notre monde dans un univers de violences sans précédent dont vous ne sortirez pas indemnes.

                                                Philippe Bensimon

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The European elections will take place this Sunday, May 26 (they will have already started this Saturday overseas). This blog is not a political blog, and it is out of the question in this blog to give voting instructions to our members or our readers. It is therefore in my personal capacity that I write these few lines. For having worked twelve years in political marketing, I know the value of the adage: "the bigger the lie, the more the people will believe it". There are still limits that should not be exceeded. Since the beginning of the campaign I have heard calls for hatred, racism and xenophobia, the rejection of migrants and Islam, with arguments such as European or national identity, job protection etc. The populist and unscrupulous politicians who try, in Malta, Italy, in northern Europe, but also in Switzerland and France to create an electorate by playing on the fear of the other and selfishness, either lie shamelessly ("the more the lie is big, and the more the people will believe"), or show a total ignorance of the situation, and should be banned from election, as their ignorance will be dangerous for all - to start with their constituents - the day they will be elected.

Let me explain. Global warming - which is going to accelerate dramatically - will create by the year 2050 hundreds of millions of climatic migrants (250 according to the UN, whose figures are rarely overestimated), forced not to die of to leave their lands, victims: aridity (subsahelian zones), floods in other areas, rising water levels (already causing population exodus in southern Bangladesh, which will hit the Pacific atoll very hard, and gradually most countries and coastal cities, Sydney, etc.), the decline in fisheries resources (80% of fish disappeared from the Bay of Somme in less than 30 years), cyclones more and more violent, heat (50 ° C in Algeria last August, and this is just the beginning). The inhabitants of Texas and Mexico will go to Canada, those of Bangladesh and India to the north of Asia; those from Africa will naturally turn to Europe.

The time is no longer when one could be for or against migrants, and where one could question (in defiance of the law and all ethics) on the reception of the castaways gathered on the bridge of Aquarius. We do not talk today about a few hundred thousand, but tens and tens of millions of migrants, who will have no choice but Europe or death. We are facing an unprecedented disaster in human memory, and a wave of migration that we ourselves have created. Because global warming is indeed a creation of the Europe of the industrial revolution and its by-product, North America - let us not forget that the current settlement of America is issued mainly from Europeans and their slaves). In this context, the speech of all those who claim to fight against migrants no longer makes sense. It is a speech of another age, "has been", disconnected from reality, which should disqualify all those who still dare to hold it. The question is no longer today "how to prevent migrants from entering": we know that it is impossible. Nobody will be able to retain seventy or eighty million people who have nothing left to lose, and certainly not a customs officer. Anyway, who wants to install again barbed wire and bunkers on the beaches (this time in the Mediterranean), to fire with the machine gun the zodiacs of the migrants? How many deaths do you want to have on the conscience in what will be a war for water and for survival? And once the migrants are there, what do you mean to do with them? Park them like animals in concentration camps (forgiveness, retention), with watchtowers and barbed wire (and a little air of déjà vu?). Again, we are not talking here about "small" World War II style camps, but about something much larger, on the order of the total population of a large incarcerated European country. Do liars who tell you about "sending migrants home" are only aware of the economic and human costs of such operations? In northern Kenya, tribes are already fighting Kalashnikovs today to control the few water points. Tomorrow it will be much worse. Do you think people will be caught and lead to death without violence?  To base their discourse, these populist politicians try to play on the ambiguities of a fallacious, vague and ill-defined concept, that of national identity ("one of the most discussed but least understood concepts of the end of the century", McCrone (David) and Surridge (Paula): "National Identity and National Pride." In Roger Jowell, et al .: "British and European Social Attitudes, the Fifteenth Report", Ashgate, Aldershot, (1998).

National identity, a misleading speech

Let us understand well: there is no national identity, other than the purely legal one linked to birth, by the right of the soil or of the blood. Bernard Cathelat showed during the 1980s that the French people, for example, are made up of a mosaic of minorities that evolve at the mercy of sometimes contrary sociological currents (the "sociowaves"), each with its own values, behaviors and expectations. different, in perpetual evolution. These minorities, like everything that lives, appear, develop and disappear, so much so that the notion of identity as a set of shared values ​​at a given moment is confined, reduced to a family photograph taken at a moment and in a given space. To scare their children, my grandparents told their children, "If you do not work at school, you'll be a sales representative! ". My parents told them, "If you do not work, you will be a civil servant! ". In the 90s, a study showed that in the academy of Besançon the dream of the students was to be civil servants. At one time there was talk of "France, land of welcome". Today, the fate we are doing to foreigners means that all have only one desire: to cross the Channel to leave our country and go to England. Values, images, ways of being and acting, ways of thinking evolve. Even the motto of our country "Freedom, Equality, Fraternity" has lost its meaning: a study has shown that young people understand only one of these three words. Nobody knows what brings us together, for one good reason: national identity does not exist, outside the legal framework. Even language, which could unite us, is a concept that has had to be imposed by force, to the detriment of local languages ​​such as Occitan, Basque or Breton. And again, despite Malherbe, the French language is not frozen. Neither are our tastes fixed, any more than our canons of beauty: the French women of the Middle Ages were to have a high forehead, those of Rubens to be plump, those of the 30s to look like boys, before becoming again in turn voluptuous with pin-up American and filiform (not to say anemic) with the models of the line "bean".

Yesterday is not today, and will not be tomorrow.

Nor is our DNA a justification for discrimination: Europe has been a land of passage, crossed by all the armies of the globe. The Vikings were at the gates of Paris, the Arabs occupied very long Spain and went to France to Poitiers. Just as we all descend from Charlemagne, we all have Arab blood in our veins, including the most xenophobic of our leaders and politicians). There is no more pure European blood than there is pure Arab blood. And our genetic heritage is constantly brewing. In short, the identity defined by physical criteria does not exist except in the dreams of some (the one who dreamed of a Europe of big blond blue eyes was itself small and brown), and that defined by values ​​either . What's left? A Europe of Knowledge? Not even. Mathematics, astronomy, etc. were imported from Arab civilizations, pasta and gunpowder come from Chinese, etc. What is left then? A Europe of History, of which we could be proud, proud to be Europeans? Let's remember. On our soil, we created the two World Wars, we created wars of religion, inquisition, burned alive witches and redheads; Abroad we have exported crusades, smallpox, wiped out the civilizations of North America and South America at the price of a vast genocide, all guided by an unquenchable appetite for gold and wealth. Wherever Europe has set foot, there is only blood and tears, peoples enslaved, people torn from their land and their families to enrich a little more European cotton planters on another continent. Finally, it is this Europe which, having annihilated many peoples and animal species in the name of an alleged superiority of man over other species, has succeeded in spreading weapons in hand, the worst model of thought and the most dangerous economic model: materialism accompanied by capitalism based on infinite growth.

A five-year-old would realize that on a finite planet infinite growth is not sustainable. But as "the bigger the lie, the more people will believe it," governments continue to celebrate each year with growth. In recent years, it was the children of others who were being murdered. Today, it is our children who wake up and who with Greta Thumberg accuse us of murdering them. Is this Europe to be proud of? From this Europe which - like the others - has betrayed its word and its signature by not respecting the Paris Agreements? It is these values ​​that create our identity, descendants of barbarians who continue to act barbarically, to the point that the astrophysicist Stephen Hawkings left us 250 years to leave the planet or die? We die more surely in my opinion, because God has lost the habit of doing miracles, and believing in science to solve all problems is more of a magical thought (that of children) than rationality. The question of national identity is regularly raised by the right and populists, and is still used as a prerequisite for decisions to restrict immigration and the rights of immigrants. In 2009, President Sarkozy, forgetting as others before him his origins, revives the debate on national identity. "In an Ifop-Journal du dimanche poll, conducted on November 26 and 27, 2009, 72% of respondents believe that this debate" is a strategy to win the regional elections. " On December 4, 2009, twenty researchers published a tribune in Libération in which they protested against the political instrumentalization of the notion of national identity which, according to them, puts democracy at risk. According to Michel Wieviorka, sociologist and director of studies at the EHESS, this debate "fuels tensions on immigration, because the purpose is indeed to deal with immigration, the main points under discussion concerns this issue" and adds that the existence of a Ministry of Immigration and National Identity "is an intellectual and political catastrophe for the general image of France" (source: Wikipedia).

I cut short and come back to my subject. I do not know what was the closed-door visit of dozens of European philosophers and writers organized by Bernard-Henri Levy on Tuesday to Emmanuel Macron, with the aim of denouncing the rise of national-populism in Europe. In all likelihood, nothing. Since 1972 and the Meadows Report, we know where we are going, and we are not doing anything. Nicolas Hulot reminded him a month ago, we have all the tools to act against global warming, and we do nothing. It is the will that is missing. I fear that it is the same here, and that the weight of BHL, even accompanied by big names of the European intelligentsia, is insufficient ("BHL, how many divisions?").

The only ones that matter are you. It is you, and only you, and only for a brief moment, that of your vote.

This Sunday, think very seriously that your children will have no choice but to live with African migrants, work with them, rub shoulders with them in the street, bars, restaurants, discos, everywhere. Do you want things to go well, smoothly and in harmony? It's possible. Welcome them with kindness, and with the compassion due to people who have suffered a lot. Welcome them as an economic force, in low-birth-rate countries that lack their arms (construction without the migrants, there is not much left ...). Welcome them as consumers, without whom your businesses would not run. Welcome them as carriers of new ideas, in a continent that is desperately old. Welcome them like doctors, dentists who will repopulate the medical deserts that will eventually kill you. Look at the Lepers and Cayatte surveys, and twist the misconception that there is a link between immigrant rates and crime. Strain the populist politicians' ideas that migrants steal your jobs: it's the opposite, they create them. Germany has welcomed more than one million migrants. Its unemployment rate in 2019 is 4.9%, the lowest recorded since reunification in 1990. France which does not accept or very few migrants is at 8.8%, its lowest rate ... since 10 years.

If you open the borders as widely as possible, you will remove smugglers and criminals of all stripes who exploit the misery of migrants, you will encourage the return to the country of those who might wish, you will allow better sanitary control and access to care of these populations, you will boost your savings and you will live in peace in a country where everyone has the right to live freely and freely practice the worship of his ancestors, or that of his choice.

Act differently, close borders, consider migrants as enemies, and you will inevitably have wars and violence. You do not like Islam, you consider that "Switzerland is not a land of minarets" or that "France is not a land of Islam"? why do you want people to be more tolerant than you? Is your god better than your neighbor's? In the name of what do you allow this opinion? Tomorrow's Earth will not be irretrievably the same as yesterday's, or even today's, and it is today that we must prepare for these inevitable changes. In respect of others and their convictions. The unavoidable cohabitation with people that we have helped to hunt from home invites us to welcome and compromise. To refuse the change of society, to refuse the mixture of values, customs, multiculturalism, and the coexistence of cults, is to enter a world of violence and blood that your children will not all come out alive. Global warming puts us face to face with reality today: we have only one planet on which we must all live in good intelligence or die.

In summary: Sunday, you vote for who you want ... But! (There is a but) If you choose to vote for those who talk to you about national identity, preferably national, to send migrants home, to fight against immigration, European values ​​and other nonsense, remember: 1. In front of global warming, they will never have the last word and will be unable to keep their promises; 2. They will rush our world into a universe of unprecedented violence that you will not escape unscathed.

                                                Philippe Bensimon

Photos : La "une" de 20 minutes le vendredi 24 mai 2019 (auteur : Philippe Bensimon) ; Bernars-Henri Levy, 12 janvier 2019 (auteur : The Nexus Institute)