AMOCO CADIZ grounding and oil spill, Brittany, France

Le 7 mars 1980, un peu moins de deux ans après le naufrage de l'Amoco Cadiz (échoué le 16 mars 1978 au large des côtes bretonnes, victime six ans après son lancement d'une avarie de gouvernail et de mauvaises conditions météo), c'était au tour du tanker malgache Tanio de sombrer à 25 milles nautiques au nord des côtes bretonnes, déversant 13.500 tonnes de fuel dans la Manche et faisant huit victimes. Son épave git aujourd'hui par quatre-vingt-dix mètres de fond. Le journal télévisé d'Antenne 2 révélait hier soir que du pétrole continue des années après à suinter de ses cuves, et continue à mazouter des oiseaux de mer. En effet, des cuves qui passaient pour être étanches il y a quarante ans ne le sont plus aujourd'hui et libèrent petit à petit leur contenu. On estime à 20.000 le nombre des épaves le long des côtes françaises, et à 3.000.000 le nombre des épaves dans le monde, contenant encore des centaines de milliers de tonnes de carburant. La rouille et les courants libèrent ainsi des produits toxiques qu'ingèrent les poissons qui passent à proximité ; ces produits sont ensuite disséminés par les courants marins. Un certain nombre de ces épaves sont des navires de guerre ou des cargos transportant des munitions chimiques : gaz moutarde (ypérite), etc. Pire encore, des gouvernements, au mépris des générations futures, ont sciemment décidé pour des raisons d'économie d'immerger des stocks de ces munitions dont ils voulaient se débarrasser. Ceci parfois à quelques kilomètres des côtes, comme c'est le cas en mer Baltique, au large de San Francisco ou du côté de Bari en Italie où des pêcheurs et des plongeurs ont été victimes d'émanations.  Selon Wikipedia, "Il faut environ 80 ans pour qu'une munition commence à fuir. La corrosion des munitions est source de fuite de produits toxiques « différés dans le temps et l'espace », encore mal évaluée, d'abord car la situation est en quelque sorte "nouvelle" dans l'histoire environnementale, mais aussi parce qu'en Europe le secret a longtemps concerné les décharges marines de munitions. Ce n'est qu'en 2005, que le public anglais a appris que la Fosse de Beaufort contenait plus d'un million de tonnes de munitions noyées là durant plus de 40 ans ; et concernant la France qui semble être l'un des pays plus touchés au monde par les immersions de munitions, ce n’est qu’en 2005 qu'une première carte officielle, peu précise et sans données quantitatives, a été publiée (avec cinq ans de retard car ces cartes devaient être publiées avant l'an 2000, en application de la convention de Londres et conformément aux engagements des pays membres de la commission Ospar." (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Munition_immergée). Il est évident que les munitions immergées après la Première guerre mondiale sont aujourd'hui rongées par la rouille et présentent un danger majeur pour l'environnement. Celles issues de la Seconde guerre mondiale sont sous l'eau depuis plus de soixante-dix ans et ne valent guère mieux. Aujourd'hui, 1 % seulement de ces munitions fait ou a fait l'objet d'opérations de neutralisation. 

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On March 7, 1980, just under two years after the sinking of the Amoco Cadiz (beached on March 16, 1978 off the coast of Brittany, victim six years after launching a damaged rudder and poor weather conditions ), it was the turn of the Madagascan tanker Tanio to sink 25 nautical miles north of the Brittany coast, spilling 13,500 tonnes of fuel in the English Channel and killing eight people. His wreck lies today at ninety meters deep. Antenne 2 news reported last night that oil continues to ooze from its tanks for years, and continues to oil seabirds. Indeed, tanks that were believed to be waterproof forty years ago are not more today and gradually release their content. There are an estimated 20,000 wrecks along the French coast, and 3,000,000 wrecks worldwide, still containing hundreds of thousands of tonnes of fuel. Rust and currents thus release toxic products that ingest fish that pass nearby; these products are then disseminated by ocean currents. A number of these wrecks are warships or cargo ships carrying chemical ammunition: mustard gas (yperite), etc. Worse, governments, in disregard of future generations, have knowingly decided for reasons of economy to dump stocks of these munitions which they wanted to get rid of. This sometimes a few kilometers from the coast, as is the case in the Baltic Sea, off San Francisco or on the side of Bari in Italy where fishermen and divers have been victims of emanations. According to Wikipedia, "It takes approximately 80 years for an ammunition to start to leak. Corrosion of the ammunition is a source of leakage of toxic products" delayed in time and space ", still poorly evaluated, first because the situation is in a way "new" in environmental history, but also because in Europe the secret has long concerned marine dumping of ammunition. It was only in 2005 that the English public learned that the Pit of Beaufort contained more than a million tonnes of ammunition drowned there for more than 40 years; and concerning France, which seems to be one of the countries most affected in the world by dumping of ammunition, it was not until 2005 that '' a first official map, imprecise and without quantitative data, was published (five years late because these maps were to be published before the year 2000, in application of the London Convention and in accordance with the commitments of the member countries of the Ospar commission. " (source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Munition_immergée). It is obvious that munitions dumped after the First World War are now riddled with rust and pose a major danger to the environment. Those from the Second World War have been underwater for more than seventy years and are hardly better. Today, only 1% of this ammunition is or has been the subject of neutralization operations.

Photo : Amoco Cadiz grounding and oil spill, Brittany, France. Sinking tanker. (Auteur/author : Amoco_Cadiz_1.jpg noaa.gov, derivative work Mfield (talk). L'Amoco Cadix git aujourd'hui par 30 m de fond et peut être visité par beau temps par les plongeurs.