tomates de marque D'Albenga (marque déposée, propriété de L'Ortofrutticola Societa Cooperativa) commercialisées légalement sous l'appellation «cœur de bœuf» au marché d'Épône (France) 17 mars 2009 auteur Spedona

L'épidémie de covid-19 a un impact direct sur l'alimentation. Les prix ont flambé depuis le début de la crise : 10 à 12 % d'augmentation sur les fruits et légumes, +18 % pour les tomates classiques, +25 % pour les tomates bio. La pénurie de main d'œuvre met des exploitations agricoles en péril. Dans le sud de l'italie, les fortes chaleurs de cet hiver ont fait prendre de l'avance aux céleris, qui n'ont pas pu être récoltés du fait du confinement et sont restés sur les champs (Source : A2, JT, 22 avril 2020). Sont mis en cause : la baisse de la consommation, qui oblige à répercuter les charges fixes des producteurs sur un nombre inférieur de produits, l'augmentation des coûts du transport - les camions n'étant pas pleins les coûts unitaires sont plus élevés -, etc. Plusieurs choses sont intéressantes à remarquer dans cette crise qui nous plonge contraints et forcés de façon très violente dans une décroissance que nous aurions du aborder depuis très longtemps et en douceur. Je vous en livre deux. La première est que ce sont les plus démunis qui vont en être les premières victimes, du fait de l'augmentation des prix des produits de première nécessité. La seconde a trait au prix du pétrole, passé hier durant quelques heures pour la première fois de son histoire à un cours négatif (les producteurs payant pour être débarassés de leurs excédents de production, impossibles ou trop coûteux à stocker). Normalement, l'impact de cette baisse vertigineuse aurait du compenser largement la hausse des coûts du transport. Il n'en est rien, car la majorité du coût des carburants est composé non de pétrole, mais de taxes, auxquelles les Etats n'ont pas voulu renoncer. Pour tragique que soit cette crise, elle va être un véritable laboratoire de test, un banc d'essai grandeur nature. Elle va avoir le mérite de montrer aux gens ce qu'est une période de décroissance économique. A partir de là, les solutions à la crise du réchauffement climatique (dont la pandémie covid-19 partage l'origine) seront je l'espère plus claires aux yeux des populations. Toutes passent par une forme de décroissance, mais une seule peut préserver un (certain) niveau de vie.

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The covid-19 epidemic has a direct impact on diet. Prices have soared since the start of the crisis: 10 to 12% increase on fruit and vegetables, + 18% for classic tomatoes, + 25% for organic tomatoes. The labor shortage puts farms at risk. In southern Italy, the hot weather during this winter caused celery to get ahead, which could not be harvested due to the confinement and stayed on the fields. Several things are interesting to note in this crisis which plunges us constrained and forced in a very violent way in a decrease which we should have approached for a very long time and smoothly. I'll give you two. The first is that it is the poorest who will be the first victims, due to the increase in the prices of basic necessities. The second relates to the price of oil, passed yesterday for a few hours for the first time in its history at a negative price (producers paying to be rid of their production surpluses, impossible or too expensive to store). Normally, the impact of this vertiginous drop should have more than offset the increase in transport costs. This is not the case, because the majority of the cost of fuels is made up not of oil, but of taxes, which the States have not wanted to give up. However tragic this crisis may be, it will be a veritable test laboratory, a life-size test bench. She will have the merit of showing people what a period of economic decline is. From there, the solutions to the global warming crisis (which the covid-19 pandemic shares the origin of) will hopefully be clearer in the eyes of the populations. All go through some form of decay, but only one can maintain a (certain) standard of living.

Photo : tomates de marque D'Albenga (marque déposée, propriété de L'Ortofrutticola Societa Cooperativa) commercialisées légalement sous l'appellation «cœur de bœuf» au marché d'Épône (France), 17 mai 2009. Auteur/author : Spedona.