Réveil à Sali, mardi 17 mars 2020

Sali, Croatie. Réveil à 8h. Le temps est magnifique. Il n'y a pas un souffle de vent dans le port ; après deux jours en mer nous avons décidé de nous accorder une journée plutôt tranquille. Nous avons à compléter l'approvisionnement du bateau. Il nous faut aussi trouver du gaz. Nous prenons tranquillement le petit déjeuner dans le cockpit. A l'arrière du bateau, sur le tombant du quai, une étoile de mer commune s'apprête aussi à prendre son petit déjeuner en capturant des oursins.

Sali, début de matinée, mardi 17 mars 2020 (1)

Sali, l'embouchure du port, mardi 17 mars 2020 (1)

Sali, début de matinée, mardi 17 mars 2020 (2)

Sali,une étoile de mer chasse les oursins, mardi 17 mars 2020)

Peu avant onze heures nous quittons le bateau pour aller faire nos courses au supermarché, un peu plus loin sur le quai. Pour la première fois, nous voyons des vrais signes de la pandémie de covid-19. Les clients font la queue devant la porte d'entrée du magasin, et un employé les filtre, ne les laissant passer qu'un par un à mesure que d'autres clients franchissent la porte de sortie, quelques mètres plus loin. Un seul de nous trois rentrera donc dans le magasin, muni d'un masque FFP2. Pendant ce temps, les autres l'attendront dehors, devant un curieux décor composé d'un olivier et d'une jarre d'huile d'olive. 

Sali, début de matinée, mardi 17 mars 2020 (1)

Sali, devant le supermarché du port, mardi 17 mars 2020 (1)

Les courses faites, nous nous mettons en quête du gaz. Nous en profitons pour parcourir une grande partie des quais autour du port. La seule indication que nous obtenons d'une habitante est de gravir la colline, sortir de la ville et aller voir sur la nationale. Ce périple ne me dit rien qui vaille. Nous ne sommes pas encore complètement à court de gaz, et j'ai bon espoir de trouver du gaz demain à Sibenik à proximité du port. Nous retournons au bateau, c'est l'heure du déjeuner.

Sali, tomates et salade au déjeuner, mardi 17 mars 2020 (1)

Après le déjeuner, nous passerons le début de l'après-midi à faire des exercices de prise de quai sur pendille, sur le quai opposé au café Maritimo. Avec le vent de travers qui s'est levé, la tache n'est pas facile. Nous garons à nouveau le Quint II le long du quai sur tribord, le temps de faire le plein des réservoirs d'eau. Lorsque nous démarrons le moteur pour repartir vers Murter où nous passerons la nuit, surprise. Le moteur cale, une pendille vient de se prendre dans l'arbre d'hélice. L'eau fait 13°C, et Claude annonce d'emblée la couleur : son état de santé lui interdit de se mettre à l'eau. Restent donc Olivier et moi pour dégager le bateau. J'ai une petite combinaison très fine en Lycra, qui pèse moins de deux cent grammes et que j'emporte toujours avec moi. elle va me faire gagner deux ou trois degrés. Je me mets à l'eau, avec une aussière passée autour de la taille pour que mes coéquipiers puissent me remonter facilement si je perds connaissance. Le froid est saisissant. La pendille est bien entortillée autour de l'arbre d'hélice. Je suis très mauvais en apnée, mais j'arrive quand même à défaire les deux premiers tours ; puis j'ai la tête qui se met à tourner, et je réalise qu'il y a une urgence à ce que je remonte à bord. C'est Olivier qui va s'attaquer à la suite du problème. Bien meilleur que moi en apnée, il lui faudra quand même du temps pour venir à bout de la pendille rétive. Quand il remonte à bord, il est frigorifié. Emmitoufflé dans des couettes dans le carré, Olivier mettra un bon moment avant d'arriver à se réchauffer.

Sali, Olivier de retour de plongée, Sali, mardi 17 mars 2020 (2)

A 17h30, nous quittons Sali alors que le jour commence à décliner. Le ciel est resté très pur, le baromètre est encore légèrement monté (1.031 hpa aujourd'hui, un hectopascal de plus qu'hier) ; les vagues font une dizaines de centimètres de haut. Nous descendons vers le sud le Lavdarski Kanal par lequel nous sommes arrivés hier. Un léger vent de nord nous pousse, et nous naviguons sous génois, moteur en appui. A 18h nous passons au sud de la tourelle Lavdara Mala. On va attaquer une navigation de nuit dans une zone peine de petits cailloux pas éclairés. Pour éviter une bonne partie de ceux qui sont les plus petits et les moins visibles, nous prenons le cap 081°. A 5 nœuds, nous gagnons ainsi en vingt-cinq minutes la passe entre Kurba Mala et Skala Vela. De là, nous prenons au cap 116° pour raser l'îlot Hr Baba. Sur ce cap, nous n'avançons plus qu'à quatre nœuds, sous génois seul. Le vent a forci. Il atteint désormais 17 kt, ce qui nous a permis il y a déjà un moment de couper le moteur. A 18h50, nous laissons à tribord la masse sombre de Hr Baba. Nous obliquons au 107°, vers la passe entre les îles Gangarol au nord et Bikarijica au sud. Au milieu de cette passe, un feu brille d'un éclat toutes les cinq secondes. Il est situé 2,4 M après la passe, sur l'île Kosara. Nous allons nous en servir pour nous guider. Nous parvenons à la passe peu avant 19h30.  Une fois celle-ci franchie, obliquons au 115° pour passer au sud de Kosara. Le vent, que nous recevons au largue, est tombé à 9 kt ; nous avançons nous-mêmes à trois nœuds, toujours sous génois. A 20h25, nous sommes au sud du phare de Kosara. Nous prenons alors au 090°. Le vent, de travers, nous procure une vitesse de 3,4 nœuds sur le fond. A 20h30, nous franchissons ainsi la passe entre les îles Zizanj au nord et Gungaro au sud, et à 22h nous arrivons au nord de l'îlot Arctica et de son feu.

Capture d’écran 2020-05-14 à 15

Le bord suivant nous mène à 22h20 à la cardinale sud Plic Kusija, que nous laissons à bâbord. Nous rentrons ainsi dans les chenaux entre le continent et les petits îlots au nord de Murter. Ce soir, nous n'irons pas jusqu'à Hrmina. La baie de Hrmina est belle, mais la marina y est chère, et avec la pandémie de covid-19 nous ne sommes pas certains que le gardien nous y laisse aborder. Nous nous arrêterons à 22h27 dans la baie de Vela Luka, juste après la pointe Rt M Zecica. Nous y mouillerons avec orin sur du sable, par 9 m de fond. Fin des manœuvres vers 23h (pose d'une main de fer, Anchor watch, récupération et extinction du spot photovoltaïque qui nous sert désormais de feu de navigation tribord, etc.).

Sali, exercices dans le port l'après-midi, mardi 17 mars 2020 (2)

Sali, début de matinée, mardi 17 mars 2020 (3)

Sali, Croatia. Wake up at 8 a.m. The weather is beautiful. There is not a breath of wind in the port; after two days at sea we decided to give ourselves a rather quiet day. We have to complete the supply of the boat. We also have to find gas. We quietly have breakfast in the cockpit, At the back of the boat, on the drop off the quay, a common starfish is also preparing to have breakfast by capturing sea urchins.
Shortly before eleven o'clock we leave the boat to go shopping at the supermarket, a little further on the quay. For the first time, we are seeing real signs of the covid-19 pandemic. Customers line up outside the front door of the store, and an employee filters them, letting them pass one by one as other customers walk through the exit door, a few meters further. Only one of the three of us will therefore enter the store, wearing an FFP2 mask. During this time, the others will wait for him outside, in front of a curious decoration composed of an olive tree and a jar of olive oil. Once the shopping is done, we start looking for gas. We take this opportunity to browse a large part of the quays around the port. The only indication that we get is to climb the hill, get out of the city and have a look on the national road. This journey tells me nothing worthwhile. We are not yet completely out of gas, and I am hopeful that I will find gas tomorrow in Sibenik near the port.

Sali, tomates et salade au déjeuner, mardi 17 mars 2020 (3)

We return to the boat, it's lunch time.After lunch, we will spend the early afternoon doing pendulum docking exercises on the platform opposite the Maritimo cafe. With the cross wind that has risen, the task is not easy. We park the Quint II again along the quay on the starboard side, enough time to fill up the water tanks. When we start the engine to go back to Murter where we will spend the night, surprise. The engine stalls, a pendulum has just been caught in the propeller shaft. The water is 13 ° C, and Claude immediately announces the color: his state of health prevents him from getting into the water. So Olivier and I remain to clear the boat. I have a very thin little Lycra jumpsuit, which weighs less than two hundred grams and which I always carry with me. it will make me gain two or three degrees. I put myself in the water, with a hawser passed around the waist so that my teammates can easily lift me up if I lose consciousness. The cold is striking. The pendulum is well twisted around the propeller shaft. I'm very bad at freediving, but I still manage to defeat the first two laps; then my head starts to turn, and I realize that there is an emergency that I go back on board. It is Olivier who will tackle the rest of the problem. Much better than me in freediving, it will still take time to overcome the restive pendulum. When he comes back on board, he is refrigerated. Bundled up in duvets in the saloon, Olivier will take a long time before getting to warm up.

 

Sali, Olivier de retour de plongée, Sali, mardi 17 mars 2020 (1)

At 5.30 p.m., we leave Sali as the day begins to decline. The sky remained very pure, the barometer is still slightly mounted (1031hpa today, one hectopascal more than yesterday). The waves are ten centimeters high, and we descend to the south the Lavdarski Kanal by which we arrived yesterday. A light north wind pushes us, and we sail under genoa, engine in support. At 6 p.m. we pass south of the Lavdara Mala turret. We are going to attack a navigation at night in a penalty area of ​​small stones not lit. To avoid a good part of those who are the smallest and the least visible, we take the course 081 °. At 5 knots, we win in twenty-five minutes the pass between Kurba Mala and Skala Vela. From there, we take heading 116 ° to raze the Hr Baba islet. We are going at four knots, under genoa only. The wind has strengthened. It has now reached 17 kt, which has enabled us to shut down the engine for a while now. At 6:50 pm, we leave to starboard the dark mass of Hr Baba. We turn at 107 °, towards the pass between the Gangarol Islands to the north and Bikarijica to the south. In the middle of this pass, a fire shines brightly every five seconds. It is located 2.4 M after the pass, on Kosara Island. We will use it to guide us. We arrive at the pass shortly before 19:30. Once it has been crossed, let us turn at 115 ° to pass south of Kosara. The wind, which we are receiving, dropped to 9 kt; we advance ourselves at three knots, always under genoa. At 8:25 p.m., we are south anal, i Kofkars the Kosara lighthouse. We then take 090 °. The crosswind gives us a speed of 3.4 knots over the bottom. At 8:30 p.m., we cross the pass between the Zizanj islands in the north and Gungaro in the south, and at 10 p.m. we arrive north of the Arctica islet and its light. The next edge leads us at 10:20 pm to the cardinal south Plic Kusija, which we leave to port. We thus enter the channels between the continent and the small islets north of Murter. Tonight we will not go to Hrmina. Hrmina bay is beautiful, but the marina is expensive, and with the covid-19 pandemic we are not sure that the warden will let us approach it. We will stop at 10:27 p.m. in Vela Luka bay, just after the Rt M Zecica point. We will anchor there with skiff on sand, by 9 m deep. End of the maneuvers around 11 p.m. (laying an iron fist, Anchor watch, recovery and extinction of the photovoltaic spot which now serves as starboard navigation light, etc.).

 

Sali, exercices dans le port l'après-midi, mardi 17 mars 2020 (1)

Photos : Le port de Sali, mardi 17 mars 2020 (1 à 4) ; Etoile de mer commune et oursins dans le port de Sali, mardi 17 mars 2020, Le port de Sali, mardi 17 mars 2020 (5) ; Olivier de décoration dansd le port de Sali, mardi 17 mars 2020, Tomates et salade au déjeuner à Sali, mardi 17 mars 2020 (1) ; Olivier se réchauffe doucement,  mardi 17 mars 2020 (1) ; Le port de Sali, mardi 17 mars 2020 (6 et 7) ; Tomates et salade au déjeuner à Sali, mardi 17 mars 2020 (2) ; Olivier se réchauffe doucement,  mardi 17 mars 2020 (2) ; La sortie du port de Sali, mardi 17 mars 2020 ; Meules décoratives au port de Sali, mardi 17 mars 2020. Auteur/author : Philippe Bensimon. Vidéo : Le port de Sali, mardi 17 mars 2020. Réalisation : © Philippe Bensimon.

Sali, devant le supermarché du port, mardi 17 mars 2020 (2)