Nous sommes 40 associations, entreprises et personnalités engagées pour l’environnement et l’économie circulaire cosignataires de cette tribune publiée dans Ouest France, à l’initiative de l’association No Plastic in My Sea et de la start-up française Gifts for change. Nous nous mobilisons pour une action publique claire et incitative pour lutter contre le recours massif au plastique à usage unique.Face à la crise, il s’agit d’alerter sur l’urgence de mieux concilier protection des personnes et protectionde l’environnement. Le hashtag officiel de cette opération est #StopPollutionPlastique. Notre tribune collective est à lire dans Ouest France ce matin #StopPollutionPlastique (https://www.ouest-france.fr/environnement/pollution/point-de-vue-retour-de-la-pollution-plastique-pour-une-action-publique-claire-et-incitative-6871865).

 

Des déchets problématiques en volume et en nature

Avant toute chose, de quoi parlons-nous ? Nous parlons d’un retour en force des plastiques et de l’usage unique dans des dispositifs mis en place dans l’urgence : masques, gants, parois en plexiglas, équipements de protection jetables… La protection des personnes doit évidemment être une priorité, mais le recours trop systématique à la facilité de l’usage unique, à la plastification et au suremballage génère des volumes soudains de déchets, des difficultés de tri et de traitement, et enfin des pollutions et des risques de contamination. Prenons le seul exemple du masque : si chaque Français utilise 2 à 3 masques jetables par jour, ces masques étant composés de plus de 5 g de plastique, 60 millions de Français pourraient générer en un an plus de 300 000 tonnes de déchets plastiques supplémentaires.

Nous parlons ensuite d’une dramatique banalisation et d’une confusion autour du « jetable », de ce fameux « usage unique » : masques toujours, mais aussi lingettes nettoyantes, bouteilles… Confusion reposant sur l’idée souvent fausse que le jetable offrirait une meilleure protection. Nous saluons la position ferme du gouvernement et de l’Europe face à l’opportunisme de certains lobbies de l’industrie plastique qui voulaient profiter de cette confusion pour obtenir un recul des réglementations environnementales. Mais, le recul est déjà là ! Dans les commandes d’objets de protection individuelles qui se sont tournées massivement vers l’usage unique alors que des alternatives réutilisables, normées, performantes et accessibles existent, dans le suremballage en grande distribution, dans le recours massif aux solutions “à emporter” ou à la livraison.

On peut protéger en générant moins de déchets et moins de pollution

Pourtant les solutions existent, fondées sur la réduction des déchets et le réemploi. Notre pays dispose d’un écosystème entrepreneurial et associatif riche, particulièrement engagé et innovant sur les questions liées à l’économie circulaire. Nous avons su réagir rapidement et produire en France en un temps record des masques lavables conformes au cahier des charges Afnor. Les magasins de vrac ont réorganisé leurs modes de vente et renforcé leurs règles d’hygiène. Les acteurs du secteur de l’eau ont poursuivi leur travail, permettant d’écarter tout risque de contamination, et des entreprises innovantes développent des solutions pour éviter les bouteilles en plastique jetables. Des pharmacies proposent de re-remplir les contenants de gel hydro alcoolique, des startups et associations imaginent enfin des solutions consignées, particulièrement utiles avec le recours massif aux repas “à emporter”…

Nous appelons l’État et les collectivités à communiquer sur ces initiatives, à rassurer sur la qualité de l’eau du robinet, à mettre en place des leviers de persuasion et d’incitation, à privilégier les offres réutilisables dans la commande publique, et notamment les masques lavables dans le cadre de la constitution de nouveaux stocks ! Nous souhaitons que certaines fiches métiers de déconfinement publiées par le Ministère du travail soient révisées, car trop axées sur l’usage unique. Enfin, nous appelons les fédérations professionnelles et la grande distribution à travailler sur des pratiques moins génératrices de déchets, tout en protégeant autant leurs équipes que les consommateurs.

(*) Signataires :

Alexis Kryceve, Gifts for Change

Muriel Papin, No Plastic in My Sea

Jean Moreau, Phenix

Laetitia Van De Walle, Lamazuna

Stéphane Le Diraison, TIME FOR OCEANS

Tanguy de Lamotte, Navigateur

Xavier Parenteau, Herry Conseil

Gérard Bellet, Jean Bouteille

Flore Berlingen, Zero Waste France

Hélène de la Moureyre, Bilum

Emery Jacquillat, Camif

Florence Baitinger, Gobi

Béatrice Eastham, Green Evénements

Shu Zhang, Pandobac

Pierre-Emmanuel Saint-Esprit, Hellozack

Joffrey Peltier, Opération Mer Propre

Stéphane Champion et Dominique Bizaoui, Citizen Wave

Alexandre Mounier, 1 déchet par jour

Bruno Dumontet, Expédition med

Tania Pacheff, Cantine sans plastique France

Thibault Lamarque, Castalie

Simon Bernard, Plastic Odyssey

Christian Laplaud, Altereo

Philippe Bensimon, Expédition Tour des deux Amériques solidaire en voilier

Romain Pillard, Use it again

Fabrice Faurre, Société Coopérative d’Intérêt Collectif TÉO

Antoine Gillain, BUBBLeIT !

Justine Laurent et Brieuc Saffré, Circulab

Patrick Deixonne, Expedition 7eme continent

Celia Rennesson, Réseau vrac

Véronique Moreira, WECF France

Arthur Le Vaillant, Navigateur

Romain Troublé, Fondation Tara Océan

Antoine Dedobbeler, Sodastream

Antoine Lemarchand, Fondation Nature & Découvertes

Antidia Citores, Surfrider Foundation Europe

Eric Boël et Antoine Saint Pierre, Les Tissages de Charlieu

Guillaume Gibault, Le Slip Français

Stéphane Guis, Hudi

Elizabeth et Nicolas Soubelet, Squiz

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