Terre asséchée à Toulon (10 avril 2007, auteur:author KoS)

En Ardèche la sécheresse sévit depuis quatre saisons consécutives (source : France 3, 31 août 2020, 11h57).

Selon un article de Météo France daté du 14 août et signé Guillaume Séchet et Tristan Bergen, la situation s'aggrave : " De nombreuses régions sont touchées. L’été 2020 se montre particulièrement sec sur le pays, en plus de la canicule, le manque d’eau se fait sentir sur de nombreuses régions. Au 14 août, 83 départements sont concernés par des mesures de vigilance ou de restriction d’eau, une situation préoccupante qui continue de s’aggraver au fil des semaines. C’est notamment du Centre-Ouest au Nord-Est que les restrictions en eau sont nombreuses en raison de sols desséchés par la chaleur et le manque d’eau. La tendance depuis quelques années montre également que de plus en plus de départements et donc de surface touchée par la sécheresse, notamment depuis l'année 2015.

Le manque de pluie est récurrent depuis le printemps. Le mois de juillet 2020 s’est montré comme le plus sec depuis 1959, avec un cumul moyen de 16.38 mm à l’échelle du territoire contre 60.8 mm en temps normal. A titre de comparaison, la moyenne nationale pour Juillet 2019 était de 40.47 mm. Les précipitations ont en effet été quasiment absentes sur une grande partie du pays, notamment du Nord-Ouest au Sud-Ouest en passant par le Roussillon, la Provence et Côte d’Azur et la Corse avec des cumuls mensuels inférieurs à 20 mm sur ces zones. On a relevé localement moins de 5 mm sur la Meuse, le sud de la Champagne et l’île de France tout comme sur le Centre-Val de Loire, les Pays de la Loire, l’Occitanie et l’Ouest de la Corse. A l’inverse on a pu relever plus de 75mm sur la Savoie, les Hautes-Alpes, les Cévennes et les Pyrénées-Orientales en raison d’orages plus fréquents. Les cumuls les plus importants ont été relevés en Ardèche avec par exemple 140.2 mm à Barnas.

Ce mois de juillet exceptionnellement sec fait suite à plusieurs mois pauvres en eau sur le pays et notamment du Languedoc au Nord-Est en passant par le Centre-Est du pays. Le cumul de précipitations efficaces (représentant la quantité d'eau fournie par les précipitations qui reste disponible, à la surface du sol, après soustraction des pertes par évapotranspiration réelle) est déficitaire du Bas-Rhin au Gard en passant par l’Auvergne, Rhône-Alpes, l’Est du Massif-Central, l’Alsace, la Côte d’Or et la Loire.

Les sols sont particulièrement secs. De ce fait, l’indice d’humidité des sols est très faible sur une grande partie du territoire avec des sols extrêmement secs, notamment sur le Nord du pays, une situation qui ne cesse d’empirer depuis plusieurs mois maintenant. La sécheresse des sols superficiels se montre sévère de la Normandie aux Hauts-de-France jusqu’au Grand Est ainsi que sur la Bourgogne-Franche-Comté et le nord de la région Auvergne - Rhône-Alpes. Toute la zone située au nord d’une ligne allant de Cherbourg à Grenoble se situe à un niveau « sec décennal » (un niveau de sécheresse que l’on ne rencontre en moyenne que tous les dix ans). Les régions Grand Est, Bourgogne - Franche-Comté et Hauts-de-France sont particulièrement touchées, avec un niveau de sécheresse localement proche de 1976 qui fait office de « référence » en la matière. Sur ces régions, les précipitations se sont montrées particulièrement déficitaires depuis le printemps dernier et cette tendance se poursuit malheureusement depuis le début de l’été. Le niveau des nappes phréatiques est encore acceptable. L’hiver 2019-2020, en moyenne très humide, a permis un rechargement efficace des ressources en eau souterraines sur la majeure partie du territoire. Néanmoins la situation reste contrastée suivant les régions, si les niveaux étaient encore hauts dans le Sud-Ouest ou près de la méditerranée au 1er Juillet dernier, ceux-ci sont bas à très bas par rapport aux moyennes sur le Nord-Est du paysLa sécheresse exceptionnelle de ce mois de Juillet laisse entendre que la situation ne s’est pas améliorée dans ces secteurs.

Toujours pas d'amélioration en vue : la situation ne semble pas s’améliorer dans les prochaines semaines avec un mois d’août vu comme globalement déficitaire sur le pays en terme de précipitations, tout comme le mois de Septembre. La situation pourrait néanmoins évoluer pour le début de la saison de recharge avec des prévisions saisonnières envisageant des mois d’octobre et novembre plus humidesCependant, il faudra voir si cette tendance sera suffisante pour enrayer la sécheresse accumulée durant ces derniers mois."

Les pluies de l'automne dernier suivies d'un printemps et d'un été très secs rendent la situation particulièrement difficile pour les céréaliers français. Selon les estimations au 1er août 2020 du service statistique du Ministère de l'agriculture (Agreste), "la production de blé tendre atteindrait 29,7 millions de tonnes, pour un rendement moyen de 68,3 quintaux/ha. Elle baisserait sur un an de 24,9 %, et de 15,9 % par rapport à la moyenne 2015-2019". "Il s’agit de la sole de blé tendre la plus faible depuis 1994" constate le ministère qui ajoute que "les régions de l’ouest sont très impactées par la baisse de la production : Poitou-Charentes (- 43,2 % sur un an), Pays de la Loire (- 34,9 %) ou encore Bretagne (- 21,5 %)."

De son côté, le syndicat des producteurs de blé (AGPB), affirme : "Avec une production évaluée en deçà des 30 millions de tonnes pour le blé tendre, les céréaliers français vont vivre une campagne particulièrement tendue, peut-être l'une des pires depuis 30 ans" (source : https://www.bfmtv.com/economie/les-recoltes-francaises-de-ble-et-d-orges-s-annoncent-vraiment-mauvaises_AN-202008060053.html).

Le réchauffement climatique ne faisant pas diminuer la quantité totale des précipitations sur l'ensemble de la planète (c'est tout le contraire, il accélère le cycle de l'eau), il semble que les récoltes de blé seront exceptionnelles cette année en Russie. Le pays s'apprête selon certains à la deuxième meilleure récolte de son histoire - mais les moissons s'y étalent de juillet à fin septembre-début octobre, avec en particulier la récolte tardive des blés de printemps en Sibérie, et on n'a pas encore les chiffres définitifs. La Russie, première puissance exportatrice de blé, va donc encore renforcer sa position et pourrait, en fonction de son agressivité commerciale, peser lourdement sur les cours. Encore une autre mauvaise nouvelle pour les agriculteurs français, qui de toute façon risquent de ne pas avoir grand chose à exporter cette année. Selon une info du jour, "La Russie s'attend à une production de blé de 82,8 Mt et au Canada, la récolte serait supérieure de 1,4 Mt à celle de l'année dernière" (source : pixabay, reprise par le site Terre-net le 1er septembre 2020 : https://www.terre-net.fr/marche-agricole/actualite-marche-agricole/article/ble-le-canada-et-la-russie-augmentent-leurs-previsions-de-production-1395-171688.html). A la fin de semaine dernière, les prévisions de production de blé dans le monde, principalement en Argentine et en Europe (notamment en Allemagne et en France), ont été encore revues à la baisse.

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In Ardèche, drought has been raging for four consecutive seasons (source: France 3, August 31, 2020, 11:57 a.m.

According to an article from Météo France dated August 14 and signed Guillaume Séchet and Tristan Bergen, the situation is worsening: "Many regions are affected. The summer of 2020 is particularly dry in the country, in addition to the heatwave, the water shortage is felt in many regions. As of August 14, 83 departments are affected by vigilance or water restriction measures, a worrying situation that continues to worsen over the weeks. from the Center-West to the North-East that water restrictions are numerous due to soils desiccated by heat and lack of water. The trend in recent years has also shown that more and more departments and therefore areas affected by drought, especially since 2015. The lack of rain has been recurrent since spring. July 2020 proved to be the driest since 1959, with an average cumulative total of 16.38 mm across the country compared to 60.8 mm in normal times. For comparison, the national average for July 2019 was 40.47 mm. Precipitation was in fact almost absent over a large part of the country, in particular from the North-West to the South-West via Roussillon, Provence and Côte d'Azur and Corsica with monthly accumulations of less than 20 mm on these areas. Less than 5 mm were found locally on the Meuse, the south of Champagne and the Ile de France as well as in the Center-Val de Loire, the Pays de la Loire, Occitanie and the west of Corsica. Conversely, we were able to raise more than 75mm in Savoie, Hautes-Alpes, Cévennes and Pyrénées-Orientales due to more frequent storms. The most significant accumulations were recorded in Ardèche with, for example, 140.2 mm at Barnas. This exceptionally dry month of July follows several poor water months in the country and in particular from Languedoc to the North-East via the Center-East of the country. The cumulative effective precipitation (representing the quantity of water supplied by the precipitation which remains available, at the surface of the soil, after subtracting the losses by real evapotranspiration) is in deficit from Bas-Rhin to Gard via Auvergne, Rhône -Alps, eastern Massif-Central, Alsace, Côte d'Or and Loire. The soils are particularly dry. As a result, the soil moisture index is very low over a large part of the territory with extremely dry soils, especially in the north of the country, a situation that has been worsening for several months now. The dryness of the superficial soils is severe from Normandy to Hauts-de-France to the Grand Est as well as in Bourgogne-Franche-Comté and the north of the Auvergne - Rhône-Alpes region. The entire area to the north of a line from Cherbourg to Grenoble is at a "ten-year dry" level (a level of drought that is only encountered on average every ten years). The Grand Est, Bourgogne - Franche-Comté and Hauts-de-France regions are particularly affected, with a level of drought locally close to 1976 which serves as a “benchmark” in this area. In these regions, rainfall has been particularly poor since last spring and this trend has unfortunately continued since the beginning of summer. The water table level is still acceptable. The winter 2019-2020, on average very wet, allowed an efficient recharge of groundwater resources over most of the territory. Nevertheless the situation remains contrasted according to the regions, if the levels were still high in the South-West or near the Mediterranean on July 1st, they are low to very low compared to the averages over the North-East of the country. The exceptional drought in July suggests that the situation has not improved in these areas. Still no improvement in sight: the situation does not seem to improve in the coming weeks with August seen as a general deficit in the country in terms of precipitation, just like the month of September. However, the situation could change for the start of the recharge season with seasonal forecasts considering wetter October and November. However, it will be necessary to see if this trend will be sufficient to stem the drought accumulated in recent months. "

The rains of last autumn followed by a very dry spring and summer make the situation particularly difficult for French grain producers. According to the estimates as of August 1, 2020 from the statistical service of the Ministry of Agriculture (Agreste), "the production of common wheat would reach 29.7 million tonnes, for an average yield of 68.3 quintals / ha. It would drop on a year of 24.9%, and 15.9% compared to the 2015-2019 average ". "This is the weakest common wheat sole since 1994" notes the ministry, which adds that "the western regions are very affected by the drop in production: Poitou-Charentes (- 43.2% on one year), Pays de la Loire (- 34.9%) or Brittany (- 21.5%). " For its part, the union of wheat producers (AGPB), affirms: "With a production estimated below 30 million tonnes for soft wheat, French cereal growers are going to experience a particularly tense campaign, perhaps one of the worst for 30 years "(source: https://www.bfmtv.com/economie/les-recoltes-francaises-de-ble-et-d-orges-s-annoncent-vraiment-mauvaises_AN-202008060053.html).

As global warming does not decrease the total amount of precipitation on the whole planet (quite the opposite, it accelerates the water cycle), it seems that the wheat harvests will be exceptional this year in Russia. . According to some, the country is preparing for the second best harvest in its history - but the harvests are spread there from July to the end of September-beginning of October, with in particular the late harvest of spring wheat in Siberia, and we have not yet final figures. Russia, the leading wheat exporter, will therefore further strengthen its position and could, depending on its commercial aggressiveness, weigh heavily on prices. Yet another bad news for French farmers, who may not have much to export this year anyway. According to an info of the day, "Russia expects a wheat production of 82.8 Mt and in Canada, the harvest would be 1.4 Mt higher than last year" (source: pixabay, reported by the Terre-net site on September 1, 2020: https://www.terre-net.fr/marche-agricole/actualite-marche-agricole/article/ble-le-canada-et-la-russie-augmentent-leurs- production-forecasts-1395-171688.html). At the end of last week, forecasts for wheat production in the world, mainly in Argentina and Europe (especially Germany and France), were further revised downwards.

 

Photo : Terre asséchée à Toulon (10 avril 2007, auteur/author KoS)