Dimanche 18 octobre 2020. Réveil à 7h. Les personnes de quart et moi nous attaquons de suite aux manœuvres de départ ; nous prendrons notre petit déjeuner une fois en mer. Le temps est magnifique, les nuages qui avaient assombri la fin de semaine ont définitivement disparu. Je suis à la barre. Le départ est difficile, le vent arrière plutôt faible parvient tout de même à nous plaquer contre les bateaux qui nous font face lorsque je tente de sortir de notre place. Je nous dégage d'un coup de propulseur d'étrave, pas très fier de ma manœuvre. Je découvrirai plus tard que la veille lorsque nous avons ouvert la grand-voile pour vérifier son état nous avons omis de la refermer complètement. Le bimini qui est en place la masque complètement au barreur et aux personnes dans le cockpit. C'est cette grand-voile à laquelle personne n'a pensé qui a gêné considérablement la manœuvre. Un vrai gag. A 8h, après une demi-heure d'efforts, nous voici sortis des pontons ; c'est le vrai départ de la croisière.

IMG_1127 Au sud de Hrid Celice, 18 octobre 2020

IMG_1128 Petit déjeuner au sud de Ciovo, 18 octobre 2020

Nous prenons au cap 265° jusqu'au sud de Hrid Celice, le petit îlot rocheux surmonté d'un phare. Hors du port, le vent de NE est faible (nous le recevons tribord amures), les vagues font environ dix centimètres, nous hissons complètement la grand-voile et le génois. Notre voile d'avant est un petit génois (ou un grand foc), qui ne recouvre pas les barres de flèche. C'est très agréable dans le gros temps. Aujourd'hui, le vent ne suffit pas à notre propulsion, et nous réglons le moteur sur 1.700 trs/mn. Nous enroulons ainsi l'extrémité ouest de la longue île Ciovo, et, à 8h45, nous voguons plein est en suivant la côte sud très boisée de l'île.

DSCN9116 Arrivée à Split, 18 octobre 2020

DSCN9115 Split, le mausolée de Dioclétien vu de la mer, 18 octobre 2020

DSCN9117 Split, 18 octobre 2020 (1)

A 11h nous arrivons au port de Split. Nous en faisons en vingt minutes le tour dans le sens horaire, histoire de découvrir sa marina, sa belle promenade plantée de palmiers, les remparts du Palais de Dioclétien et le sommet de son mausolée, et le port des ferries. Le temps nous manque pour débarquer : nous devons ce soir porter une aussière à terre avec l'annexe, et j'aimerais éviter d'avoir à chercher dans le noir le bollard d'amarrage de Vela Garska. Le soleil se couche aujourd'hui à 18h05. Nous pourrons encore cependant utiliser pour nos manœuvres le crépuscule civil (moment où le soleil n'est pas encore à 6° sous l'horizon, environ 24 minutes durant lesquelles les activités humaines ne demandent pas d'éclairage artificiel), et le crépuscule nautique (moment où le soleil est entre 6° et 12° sous de l'horizon qui reste encore visible, soit 24 minutes plus sombres).

DSCN9120 Split, 18 octobre 2020 (3)

DSCN9119 Split, 18 octobre 2020 (2)

IMG_1130 Départ de Split, 18 octobre 2020

Nous ressortons de la rade de Split et prenons au cap 186° (Rf) pour passer entre les pointes resserrées des îles Solta et Brac, avant d'obliquer légèrement au SE en direction de la pointe ouest de Hvar. Alexia est à la barre lorsque nous atteignons celle-ci à 14h34.

En route pour la passe entre Brac et Solta, 18 octobre 2020, 13h

IMG_1136 La baie de Hvar, 18 octobre 2020

IMG_1134 Le Sun Odyssey 509 Rock Point au port de Hvar, 18 octobre 2020 (1)

Ce sera elle aussi qui, quelques minutes avant 16h, rangera le bateau sur tribord le long du quai de Hvar. Je donne quartier libre à l'équipage pour aller visiter Hvar, que le Guide du routard surnomme "le Saint-Tropez de la Croatie". Tout le monde se disperse dans la cité de marbre ; Christine et moi entamons l'ascension de la colline par des ruelles étroites. Comme partout en Croatie, la propreté est de rigueur, et pas un mégot ne vient souiller les traverses entre les maisons. Nous savons que nous n'aurons pas le temps de monter jusqu'à la forteresse qui domine la ville ; néanmoins, les points de vue sont magnifiques dès lors que l'on s'élève au-dessus des toits rouges de la cité.

DSCN9131 Hvar, 18 octobre 2020 (1)

DSCN9128 Hvar, 18 octobre 2020 (2)

DSCN9127 Hvar, 18 octobre 2020 (3)

DSCN9126 Hvar, 18 octobre 2020 (4)

IMG_1140 Hvar, 18 octobre 2020

IMG_1142 Mariage à Hvar, 18 octobre 2020

Redescendus sur la grande place, il nous reste quinze minutes, le temps de prendre un café au bar dont la grande terrasse est parsemée de parasols. Une large banquette bleue nous y tend des bras accueillants. Les journées de croisière d'entraînement sont intenses pour moi - j'ai toujours quelque chose à faire ou à expliquer, ne serait-ce que contrôler les actions des équipiers débutants auxquels je confie le bateau - et j'apprécie avec bonheur ces quelques minutes au soleil, les jambes allongées, sirotant mon café. 

DSCN9125 Hvar, 18 octobre 2020 (5)

Quelques minutes avent cinq heures je prends le chemin du bateau. Faty et Michel y arrivent en même temps que moi, rejoints très vite par Christine et le reste de l'équipage. Le quai de Hvar est "no safe" (le vent nous plaque contre le quai), et Laurence va prendre la barre pour un premier départ sur garde arrière. 

A 18h, nous sommes à Vela Garska, au milieu de la calanque bifide, sur la ligne de sonde des 12m. Une première tentative de mouillage va avorter : le guindeau électrique tombe en panne alors que nous descendons l'ancre, et, bloqué, refuse tout usage manuel. Pierre, Michel et moi finissons par remonter l'ancre à la main. Je suis ennuyé car nous avons encore un second mouillage sur ancre prévu le lendemain soir ; pour l'heure, la seule solution est de regagner le quai de Hvar, et d'y examiner au calme la situation. Je donne l'ordre de rebrousser chemin en direction du port, et je continue à explorer les causes potentielles de la panne du guindeau. Au bout de dix minutes je découvre qu'il est protégé par un coupe-circuit dans la cabine arrière tribord, qui fait aussi office de différentiel : dès qu'on tire trop sur le guindeau (même moteur en marche, et même en respectant des pauses), le différentiel saute pour protéger les batteries de service sur lesquelles il doit être branché. On voit clairement les batteries descendre rapidement à 11,5 V dès qu'on actionne l'engin.

Le problème identifié, je donne l'ordre de revenir sur la zone de mouillage, avec pour consigne de surveiller le différentiel, et de laisser un peu de temps entre deux coupures pour permettre aux batteries de revenir à leur tension normale. A 18h30 le mouillage est effectué, et l'ancre testée en marche arrière. Après l'avoir regonflée, nous mettons l'annexe à l'eau, la munissons de ses rames et de son moteur, et y embarquons nos trois aussières les plus longues mises bout-à-bout, une extrémité de celles-ci frappée sur le taquet arrière bâbord du voilier. Pierre et moi allons porter l'aussière ainsi formée à terre pour sécuriser notre mouillage. Le moteur de l'annexe démarre sans trop se faire prier. Sa puissance est suffisante pour nous amener à la côte en faisant pivoter l'arrière du voilier (sans quoi notre aussière n'aurait pas été suffisamment longue), et Pierre descend sur les rochers. Il va amarrer le bateau sur un bollard situé deux mètres plus haut, au moyen d'un tour mort et de deux demi-clefs. Nous rentrons au bateau sans allumer le moteur, en téléphérique à une allure record. Je retournerai ensuite, toujours en téléphérique, installer un pare-battage entre la côte et notre bateau pour signaler le danger que représente notre aussière pour la navigation. A 19h, tout est en ordre.

A 21h30 je sers le dîner dans le vaste carré : spaghetti bolognaise, fromages locaux et tarte aux pommes et aux poires. 

DSCN9133 Dîner à Vela Garska, 18 octobre 2020

DSCN9134 Tarte aux pommes et aux poires au mouillage de Vela Garska (Hvar), 18 octobre 2020

Sunday 18 October 2020. Wake up at 7 am in Trogir. The watchmen and I immediately tackle the departure maneuvers from the ACI marina pontoon; we will have our breakfast once at sea. The weather is magnificent, the clouds which had darkened the weekend have definitely disappeared. I am at the helm. The start is difficult, the rather weak tailwind still manages to tackle us against the boats facing us when I try to get out of our place. I free us with a stroke of the bow thruster, not very proud of my maneuver. I will find out later that the day before when we opened the mainsail to check its condition we failed to close it completely. The bimini that is in place completely hides it from the helmsman and people in the cockpit. It was this mainsail, which no one had thought of, that considerably hampered the maneuver. A real joke. At 8 am, after half an hour of effort, here we are out of the pontoons; this is the real start of the cruise.
We take a heading of 265 ° to the south of Hrid Celice, the small rocky islet topped by a lighthouse. Out of the harbor, the NE wind is weak (we received it on starboard tack), the waves are about ten centimeters, we completely hoist the mainsail and the genoa. Our headsail is a small genoa (or a large jib), which does not cover the spreaders. It is very pleasant in heavy weather. Today, the wind is not sufficient for our propulsion, and we set the engine to 1,700 rpm.In this way, we wind the western end of the long Ciovo island, and at 8.45 am, we sail due east along the heavily wooded south coast. At 11 am we arrive at the port of Split. In twenty minutes, we go around it clockwise, to discover its marina, its beautiful promenade planted with palm trees, the ramparts of Diocletian's Palace and the top of his mausoleum, and the ferry port. Unfortunately, we are running out of time to disembark: we have to carry this evening a hawser ashore with the tender, and I would like to avoid having to look in the dark for Vela Garska's mooring bollard. The sun sets today at 6:05 p.m. However, we can still use civil twilight for our maneuvers (when the sun is not yet 6 ° below the horizon, about 24 minutes during which human activities do not require artificial lighting), and nautical twilight. (when the sun is between 6 ° and 12 ° below the horizon which is still visible, ie 24 minutes darker).
We come out of the harbor of Split and take a heading 186 ° (Rf) to pass between the narrow points of the islands Solta and Brac, before turning slightly to the SE towards the western point of Hvar. Alexia is at the helm when we reach it at 2:34 pm. She will also be the one who, a few minutes before 4 p.m., will park the boat on starboard alongside the quay of Hvar. I give the crew free time to visit Hvar, which the Guide du routard calls "Croatia's Saint-Tropez". Everyone disperses in the city of marble; Christine and I begin to climb the hill through narrow lanes. As everywhere in Croatia, cleanliness is essential, and not a butt stains the sleepers between the houses. We know that we will not have time to go up to the fortress which dominates the city; nevertheless, the views are magnificent as soon as you rise above the red roofs of the city.
Back down to the main square, we have fifteen minutes left, time to have a coffee at the bar, whose large terrace is strewn with parasols. A large blue bench extends welcoming arms to us. The training cruise days are intense for me - I always have something to do or to explain, even if only to control the actions of the novice crew members to whom I entrust the boat - and I happily enjoy these few minutes. in the sun, legs stretched out, sipping my coffee.
DSCN9124 Hvar, 18 octobre 2020 (6)

A few minutes before five o'clock I set off for the boat. Faty and Michel arrive there at the same time as me, joined very quickly by Christine and the rest of the crew. The Hvar quay is "no safe" (the wind pushes us against the quay), and Laurence will take the helm for a first start on stern spring. 

At 6 p.m., we are in Vela Garska, in the middle of the bifid calanque, on the 12m sounding line. A first attempt at mooring will fail: the electric windlass breaks down as we lower the anchor, and, blocked, refuses any manual use. We end up raising the anchor by hand. I am annoyed because we still have a second anchorage on anchor scheduled for tomorrow evening; For the time being, the only solution is to return to the Hvar quay, and examine the situation there in peace. I therefore give the order to turn back towards the port, and I continue to explore the potential causes of the windlass failure. After ten minutes I discover that it is protected by a circuit breaker in the starboard aft cabin, which also acts as a differential: as soon as you pull too much on the windlass (same engine running, and even respecting breaks), the differential jumps to protect the service batteries to which it must be connected. You can clearly see the batteries drop quickly to 11.5 V as soon as you activate the machine.

Once the problem has been identified, I give the order to return to the mooring area, with the instruction to monitor the differential, and to leave a little time between two cuts to allow the batteries to return to their normal voltage. At 6.30 p.m. the anchorage was carried out, and the anchor tested in reverse. After having re-inflated it, we put the dinghy in the water, fitted it with its oars and its engine, and embarked our three longest hawsers placed end-to-end, one end of these struck on the aft port cleat of the boat. Pierre and I are going to carry the hawser thus formed on land to secure our anchorage. The engine in the dinghy starts up without much being asked. Its power is sufficient to bring us to the coast by rotating the stern of the sailboat (otherwise our hawser would not have been long enough), and Pierre descends on the rocks. He will moor the boat on a bollard located two meters higher, by means of a dead tower and two half hitches. We return to the boat without turning on the engine, by cable car at a record speed. I will then return, still by cable car, to install a fender between the coast and our boat to signal the danger that our hawser represents for navigation. At 7 p.m., everything is in order.

At 9:30 p.m. I serve dinner in the large square: spaghetti bolognese and apple and pear pie.

IMG_1133 Le Sun Odyssey 509 Rock Point au port de Hvar, 18 octobre 2020 (2)

Vidéo : De Trogir à Vela Garska, 18 octobre 2020. Réalisation : Philippe Bensimon. Photos : Au sud de Hrid Celice, 18 octobre 2020 ; Petit déjeuner au sud de Ciovo, 18 octobre 2020 ; Arrivée à Split, 18 octobre 2020 ; Split, le mausolée de Dioclétien vu de la mer, 18 octobre 2020 ; Split, la promenade et le mausolée, 18 octobre 2020 ; Split, 18 octobre 2020 (1) ; Split, 18 octobre 2020 (2) ; Départ de Split, 18 octobre 2020 ; En route pour la passe entre Brac et Solta, 18 octobre 2020 ; La baie de Hvar, 18 octobre 2020 ; Le Sun Odyssey 509 Rock Point au quai de Hvar, 18 octobre 2020 ; Hvar, 18 octobre 2020 (1 à 5) ; Mariage à Hvar, 18 octobre 2020 ; Le quai de Hvar, 18 octobre 2020 (1) ; Tarte aux pommes et aux poires au mouillage de Vela Garska, 18 octobre 2020 (1 et 2) ; Le quai de Hvar, 18 octobre 2020 (2 et 3). Auteur/author : Philippe Bensimon