Le glacier du Tour (à gauche) et la partie basse du glacier d'Argentière (au milieu), 28 août 2011 (auteur Philippe Bensimon)

"Le glacier d'Argentière devrait avoir disparu d'ici la fin du siècle". Voilà l'information qui vient d'être annoncée il y a quelques minutes au journal télévisé d'Antenne 2. Mais selon Bruno Boulicot, responsable d'un barrage hydro-électrique, "le glacier devrait commencer à disparaître dans les années 2030-2040, ce qui nous posera des problèmes d'exploitation, forcément". Le glacier (15 km2) perd un mètre d'épaisseur par an. En bref, son alimentation est devenue insuffisante et il s'assèche. Ses réserves d'eau alimentent les centrales hydroélectriques voisines, à la fois françaises et suisses, qui pompent 100 millions de mètres cubes d'eau par an. La disparition annoncée de ce glacier - et de plus de 80 % des glaciers dans le monde - pose le problème de la durabilité des ressources hydroélectriques, une énergie verte que l'on a longtemps cru être renouvelable.

Elle pose aussi le problème de l'alimentation des cours d'eau. Le glacier d'Argentière est l'une des sources d'alimentation en eau du Rhône. 200 kilomètres en aval, la Compagnie nationale du Rhône s'inquiète : les hauteurs d'eau du fleuve sont au plus bas à la fin de l'été et au début de l'automne, et le débit du fleuve devrait être divisé par deux d'ici la fin su siècle, en partie à cause de la disparition annoncée des glaciers (source : JT A2, 12 novembre 2020, 13h34). Avec ce problème très général d'alimentation des cours d'eau sur la planète se pose le problème épineux de l'utilisation de l'eau dans les cultures : une question de sécurité alimentaire cruciale. Comment faire dans une planète aux habitants toujours plus nombreux (on rajoute sensiblement 89 millions d'habitants chaque année sur la planète, soit l'équivalent d'un pays de la taille du Cameroun), alors que les ressources alimentaires vont décroître, victimes de la sécheresse et de la disparition d'une partie des territoires (hausse du niveau des eaux, désertification, etc.) ? 

Le problème étant le rapport entre l'eau, notre mode de vie et le nombre des habitants de la planète, il y a une urgence à modifier ce qu'on peut encore modifier. Les données concernant l'eau ne sont plus modifiables à mon sens. Il ne faut pas compter sur la géo-ingéniérie pour modifier le climat et revenir au statu quo ante. Et l'idée de faire fondre des icebergs pour alimenter en eau douce les pays secs ne ferait qu'accélérer à terme le processus du réchauffement climatique. Les données modifiables sont donc :

Aiguille_d'Argentière_and_Glacier_d'Argentière ( auteur author Panoraman at fr

 

- notre rapport à l'eau et notre mode de consommation de celle-ci. Il y a une urgence à consommer moins d'eau lorsque cette consommation est liée à notre plaisir et non à notre survie. Arrêter les piscines, arrêter de remplir nos baignoires (les douches telles que les prennent les occidentaux consomment déjà moins du quart de la consommation d'eau d'une baignoire, et on peut faire mieux), arrêter d'arroser des jardins d'agrément aux plantes gourmandes en eau et les remplacer par des jardins de rocailles et des plantes grasses, interdire les pelouses (c'est déjà le cas dans certaines villes des USA), etc. Equiper les pommeaux de nos douches d'indicateurs à Led montrant le débit d'eau (cela existe déjà et ne coûte pas cher) et s'obliger à fonctionner à l'économie, accepter de ne prendre qu'une douche un jour sur deux (c'est déjà le mode de fonctionnement dans les hôpitaux), préférer le lave-vaisselle à la vaisselle faite à la main, laver moins souvent notre voiture - pour ceux qui en possèdent encore, etc. Préserver la ressource en eau, cela veut dire aussi moins la polluer. Il y a deux siècle, on pouvait se baigner dans la plupart des fleuves de France. Aujourd'hui, ces fleuves sont devenus l'exception. En particulier, ils charrient nos détergents, posant des problèmes ensuite en mer. L'invention du Teepol et autres détergents, la mise en avant exagérée des notions d'hygiène et le souhait par les producteurs de détergents de vendre toujours plus sans aucun respect pour l'environnement (les doses prescrites de lessive peuvent être divisées au moins par deux sans perte notable d'efficacité) conduisent à une pollution de l'eau jamais atteinte dans le passé. Il faut savoir qu'avec un peu de bicarbonate de soude et de vinaigre d'alcool vous pouvez obtenir un liquide vaisselle que vous pouvez aussi employer pour vos sols, additionné au besoin de quelques gouttes d'une huile essentielle de votre choix si vous aimez les liquides parfumés. Utilisé avec parcimonie, ce sera bon à la fois pour la planète et pour votre portefeuille. Vous pouvez aussi changer votre mode d'alimentation : lorsque vous mangez un kilo de viande de bœuf, vous consommez entre 550 et 700 litres d'eau qui auront été nécessaires à sa production (source : Inra, février 2017). Réduire de façon drastique notre consommation de bœuf et l'élevage des bovins qui va avec est donc non seulement bon pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (recommandation du Giec), mais va dans le sens d'une préservation des ressources en eau.

Cleaning tools, auteur Nordelch novembre 2007

- notre nombre : nous sommes trop nombreux sur la planète. Ce que nous pouvons faire ? Faire moins d'enfants. Chaque jour qui passe, nous rajoutons sur la planète une ville de la taille de Saint-Etienne. Cela n'a pas de sens, et c'est la base de notre problème actuel. A l'époque où vivait Jésus-Christ, la population entre l'Espagne et l'Asie mineure devait s'établir selon les auteurs entre 45 et 90 millions de personnes. Certains auteurs relatent que les Romains pêchaient à la main en Méditerranée. Aujourd'hui, la machine démographique s'est emballée. Il n'a fallu que treize ans pour passer du cinquième milliard d 'habitants (1987) au sixième milliard (1999). Face à la disparition des terres, il y a urgence à baisser drastiquement notre natalité pour faire revenir notre nombre au seuil permettant de partager et de conserver de manière durable notre niveau de vie : un millard d'habitants. Cette réduction ne se fera pas de gaîté de cœur : certains européens estiment qu'un enfant élevé seul est malheureux, dans d'autres parties du monde certains pensent que ce sont leurs enfants qui s'occuperont d'eux lorsqu'ils seront vieux et ne veulent pas entrendre parler de la politique de l'enfant unique, etc. C'est pourtant vers cette politique malthusienne de l'enfant unique qu'il faut que le monde entier s'achemine, et en particulier l'Inde, la Pakistan, le Nigéria, la République Démocratique du Congo, le Bangladesh, l'Ouganda, les Etats-Unis, l'Ethiopie et la Chine. Sur la période 2005-2050, ces neuf pays vont à eux seuls contribuer à la moitié de la croissance mondiale et des problèmes qui vont avec.

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"The Argentière glacier should have disappeared by the end of the century". Here is the information which has just been announced a few minutes ago on the Antenne 2 newscast. But according to Bruno Boulicot, responsible for an hydroelectric dam, "the glacier should start to disappear in the 2030s. -2040, which will cause us exploitation problems, necessarily ". The glacier (15 km2) loses one meter in thickness per year. In short, his diet has become insufficient and he is drying up. Its water reserves supply neighboring hydroelectric power stations, both French and Swiss, which pump 100 million cubic meters of water per year. The announced disappearance of this glacier - and of more than 80% of the glaciers in the world - poses the problem of the sustainability of hydroelectric resources, a green energy that has long been believed to be renewable.

It also poses the problem of feeding rivers. The Argentière glacier is one of the Rhône's water sources. 200 kilometers downstream, the Compagnie Nationale du Rhône is worried: the water levels of the river are at their lowest at the end of summer and at the beginning of autumn, and the flow of the river should be halved by the end of the century (source : JT A2, november 12, 2020, 13h34). Along with this very general problem of supplying waterways on the planet arises the thorny problem of the use of water in crops: a question of crucial food security. How to deal with a planet with ever-increasing inhabitants (we add significantly 89 million inhabitants each year on the planet, i.e. the equivalent of a country the size of Cameroon), while food resources will decrease, victims of drought and the disappearance of part of the territory (rising water level, desertification, etc.)?

The problem being the relationship between water, our way of life and the number of inhabitants of the planet, there is an urgent need to modify what we can still modify. The data concerning water are no longer editable in my opinion. We should not count on geoengineering to modify the climate and return to the status quo ante. And the idea of ​​melting icebergs to supply dry countries with fresh water would ultimately accelerate the process of global warming. The modifiable data are therefore:

- our relationship to water and our way of consuming it. There is an urgent need to consume less water when this consumption is linked to our pleasure and not to our survival. Stop swimming pools, stop filling our bathtubs (showers such as Westerners consume less than a quarter of the water consumption of a bathtub), stop watering pleasure gardens with water-intensive plants and replace with rock gardens and succulents, ban lawns (this is already the case in some cities in the USA), etc. Equip the heads of our showers with Led indicators showing the water flow (this already exists and does not cost much) and force yourself to operate economically, agree to take only one shower every other day (this is already the way of operation in hospitals), to prefer the dishwasher to the dishes made by hand, to wash our car less often - for those who still have them, etc. Preserving water resources also means polluting it less. Two centuries ago, you could bathe in most of the rivers of France. Today, these rivers have become the exception. In particular, they carry our detergents, posing problems then at sea. The invention of Teepol and other detergents, the exaggerated emphasis on the notions of higyène and the desire by the detergent producers to sell more and more without any respect for the environment (the prescribed doses of washing powder can be halved at least without noticeable loss of efficiency) lead to water pollution never reached in the past. You should know that with a little baking soda and alcohol vinegar you can get a dishwashing liquid that you can also use for your floors, added if necessary with a few drops of an essential oil of your choice if you like. perfumed liquids. Used sparingly, it will be good for both the planet and your wallet. You can also change your diet: when you eat a kilo of beef, you consume between 550 and 700 liters of water that will have been necessary for its production (source: Inra, February 2017). Drastically reducing our consumption of beef and the cattle breeding that goes with it is therefore not only good for the reduction of greenhouse gas emissions (recommendation of the IPCC), but goes in the direction of preserving resources. in water.

- our number : there are too many of us on the planet. What can we do? Have fewer children. With each passing day, we add a city the size of Saint-Etienne to the planet. It does not make sense, and it is the basis of our current problem. At the time when Jesus Christ lived, the population between Spain and Asia Minor was to establish it according to the authors between 45 and 90 million people. Some authors relate that the Romans fished by hand in the Mediterranean. Today, the demographic machine has taken off. It took only thirteen years to go from the fifth billion (1987) to the sixth billion (1999). Faced with the disappearance of land, there is an urgent need to drastically reduce our birth rate to bring our number back to the threshold allowing us to share and sustainably maintain our standard of living: one billion inhabitants. This reduction will not be done cheerfully: some Europeans consider that a child raised alone is unhappy, in other parts of the world some think that their children will take care of them when they are old and don't want to hear about the one-child policy, etc. Yet it is towards this Malthusian one-child policy that the whole world must move, and in particular India, Pakistan, Nigeria, the Democratic Republic of Congo, Bangladesh, Uganda, the United States, Ethiopia and China. Over the period 2005-2050, these nine countries alone will contribute half of global growth and the problems that go with it.

Photos : Aiguille_d'Argentière_and_Glacier_d'Argentière (auteur/author : Panoraman at fr.wikipedia, 16 septembre 2010) ; Le glacier du Tour (à gauche) et la partie basse du glacier d'Argentière (au milieu), 28 août 2011 (auteur/author : Philippe Bensimon) ; Cleaning tools (auteur/author : Nordelch, novembre 2007).