Newsletter SOS Méditerranée 12 mai 2021

Nous relayons l'appel de SOS Méditerranée, Cela fait plusieurs années que la Méditerranée est transformée en charnier, en cimetière pour migrants. Cela fait plusieurs années que les ONG appellent les Etats à agir pour éviter ces désastres mortels qui se répètent jour après jour. Des morts inutiles, qu'il serait facile d'éviter en ouvrant les frontières à des gens dont au demeurant nous, pays riches à faible taux de natalité, avons besoin. 

Au lieu de cela, les gouvernements se retranchent derrière des calculs bassement électoralistes et adoptent des politiques populistes inhumaines et meurtrières, avec l'espoir que celles-ci leur apporteront quelques voix issues d'électeurs de droite et d'extrême droite. Ce faisant, ils condamnent à mort des innocents qui ne sont absolument pas concernés par la carrière de ces politiciens et de devraient pas avoir à pâtir de leurs ambitions.

C'est d'autant plus dommageable que le populisme est une spirale, une drogue addictive. Les discours anti-migrants, à force d'être répétés, finissent par être crus par les électeurs, qui basculent dans le camp de la droite populiste sensée les protéger. Du coup, l'extrême droite en sort renforcée. Et les gouvernants, pour être élus ou réélus, sont obligés d'avoir des discours et des politiques de plus en plus populistes et anti-migrants. Qui sont crus par les électeurs, qui basculent encore un peu plus à droite, qui... etc. Alors qu'on a démontré qu'il n'y a aucun lien entre les migrants et la criminalité, et constaté que l'accueil des migrants, loin de coûter des emplois aux populations, fait baisser le taux de chômage en dynamisant l'économie.

Un cercle vicieux qui a fini par tuer complètement le PS en France (Hollande a pratiqué une politique et des discours de droite en lorgnant vers le FN, ce qui a complètement déstabilisé ses électeurs), et aboutit aujourd'hui à une Europe de plus en plus conservatrice et xénophobe. 

Il est temps que cela s'arrête et que les gouvernants assument leur charge et leurs responsabilités. Aujourd'hui, que ce soit pour la lutte pour le climat, pour l'environnement ou pour l'accueil des migrants, les gouvernements sont dans le déni complet de la réalité, et sacrifient l'avenir de l'Europe et de ses habitants à des considérations bassement électorales.

L'accueil des migrants n'est plus un choix politique. Ce n'est plus une option. C'est devenu une obligation. Le réchauffement climatique va imposer à des dizaines de millions de migrants africains victimes de la chaleur, du manque d'eau douce, de la désertification et de la croissance démographique un repli forcé vers l'Europe à l'horizon 2050. Si on ne valorise pas l'accueil des migrants au sein des populations européennes, on va vers un clash social, des replis communautaristes et des violences urbaines inévitables à l'horizon des trente prochaines années. Sans parler de la multiplication des "bavures" policières comme on en voit de plus en plus. On a sous les yeux l'exemple des USA, qui montrent comment quatre années de discours "trumpiste" ont suffi à développer un racisme et une xénophobie toujours latents dans le pays. Si on ne veut pas en arriver là (et ce sera encore bien pire quand l'Europe sera face aux dizaines de millions de migrants climatiques qu'elle devra bien se résoudre à accueillir), il y a une urgence à ouvrir dès maintenant largement les frontières, supprimer les camps de rétention qui sont la honte de notre pays, rouvrir l'accès aux soins aux sans-papiers - qui n'y ont aujourd'hui plus droit que s'ils sont en danger de mort, ce qui veut dire qu'on ne soigne pas des malades à un stade bénin, et que les patients doivent attendre les complications pour être pris en charge, une horreur qui a un coût financier et humain - et encourager la population à aider très largement les migrants au lieu de verbaliser ceux qui viennent en aide aux malheureux.

Bref, il faut faire de façon urgente exactement le contraire de ce qu'on fait aujourd'hui.

Tous les marins connaissent la procédure du mayday relay. Si vous avez l'impression que ce SOS n'a pas été (suffisamment) entendu des personnes compétentes, n'hésitez pas à le relayer très largement. Jusqu'à ce que des gens se bougent et que des secours soient organisés. 

Philippe Bensimon

__________________________

We are relaying the appeal of SOS Méditerranée, It has been several years since the Mediterranean has turned into a mass grave, a cemetery for migrants. For several years, NGOs have called on States to act to avoid these fatal disasters which are repeated day after day. Unnecessary deaths, which it would be easy to avoid by opening the borders to people that we, in fact, rich countries with low birth rates, need.
Instead, governments hide behind crass electoral calculations and adopt inhuman and murderous populist policies, with the hope that these will bring them a few votes from right-wing and far-right voters. In doing so, they are sentencing to death innocent people who have absolutely no stake in the careers of these politicians and should not have to suffer for their ambitions.
It is all the more damaging as populism is a spiral, an addictive drug. The anti-migrant speeches, by dint of being repeated, end up being believed by the voters, who fall into the camp of the populist right supposed to protect them. Suddenly, the extreme right emerges strengthened. And the rulers, to be elected or re-elected, are obliged to have increasingly populist and anti-migrant speeches and policies. Who are believed by the voters, who switch a little more to the right, who ... etc. While it has been shown that there is no link between migrants and crime, and noted that the reception of migrants, far from costing people jobs, lowers the unemployment rate by boosting the economy.
A vicious circle that ended up completely killing the PS in France (Hollande practiced right-wing politics and speeches while eyeing the FN, which completely destabilized his voters), and today results in an increasingly more conservative and xenophobic.
It is time for this to stop and for those in power to assume their duties and responsibilities. Today, whether it is for the fight for the climate, for the environment or for the reception of migrants, governments are in complete denial of reality, and are sacrificing the future of Europe and its inhabitants. to grossly electoral considerations.
Welcoming migrants is no longer a political choice. This is no longer an option. It has become an obligation. Global warming will force tens of millions of African migrants, victims of the heat, lack of fresh water, desertification and population growth, to retreat towards Europe by 2050. If we do not value not welcoming migrants within European populations, we are heading towards a social clash, communal retreats and inevitable urban violence over the next thirty years. Not to mention the multiplication of police "burrs" as we see more and more. We have before us the example of the USA, which shows how four years of "Trumpist" discourse were enough to develop racism and xenophobia still latent in the country. If we do not want to get there (and it will be even worse when Europe is faced with the tens of millions of climate migrants that it will have to resolve to welcome), there is an urgent need to open up now widely the borders, abolish the detention camps which are the shame of our country, reopen access to healthcare for undocumented migrants - who today are no longer entitled to it unless they are in danger of death, which means that we do not treat patients at a benign stage, and that patients must wait for complications to be taken care of, a horror that has a financial and human cost - and encourage the population to help migrants extensively instead of verbalize those who come to the aid of the unfortunate.
In short, we must urgently do the exact opposite of what we are doing today.
All sailors know the mayday relay procedure. If you have the impression that this SOS has not been (enough) heard by competent people, do not hesitate to relay it widely. Until people moved and help was organized.

Philippe Bensimon