Yakoutsk_Construction_d'immeuble sur pergélisol (auteur author Lulu97417 25 mai 2014)

Reporterre avait déjà alerté le 22 mai sur les premiers incendies de l'année en Sibérie, qui avaient débuté quelques semaines auparavant, et sur la situation anormale en Russie à la mi-mai : 30 °C à Moscou le 17 mai, 31 °C à Nijni Novgorod, 32 °C à Tambov, 34 °C à Ulyanovsk... Reporterre écrivait alors : « Les oblasts de Tioumen et Omsk, à l’Ouest, sont particulièrement touchés, ainsi que l’Oural du Sud. Selon les autorités locales de Tioumen, la région connaît actuellement les incendies les plus importants depuis dix ans. Le 17 mai, 1 300 personnes ont dû être évacuées de leur domicile et de cinq établissements médicaux en raison de la menace d’un incendie de forêt à proximité. Depuis le début de l’année, 233 feux de forêt y ont été enregistrés sur une superficie totale de plus de 171 000 hectares, indiquait le 19 mai l’agence de presse russe Tass. 

Conséquence des incendies qui ont lieu dans la région d’Omsk : fin avril, les fumées se sont déplacées vers l’Est jusqu’à Novossibirsk, plongeant la troisième ville du pays et ses plus de 1,6 million d’habitants dans le brouillard pendant plusieurs jours. La ville a été contrainte de déclarer le régime d’alerte aux particules fines. »

Depuis, ces incendies se sont développés, et la Sibérie brûle à nouveau. 800.000 hectares viennent de partir en fumée, suite à des températures anormalement hautes : 30°C ces jours-ci (28°C ce mardi 20 juillet), soit "Dix fois la température normale en cette saison" selon un journaliste de France-info, repris par Antenne 2 (JT, 19 juillet, 20h28). Toujours selon France-Info (19 juillet 2021) « l'armée russe déploie des moyens pour lutter contre les flammes ». Iakoutsk baigne aujourd'hui dans un épais nuage de fumée opaque, et les lampadaires y restent allumés toute la journée. Les habitants contraints de respirer cette fumée sont inquiets pour leur santé. Le reste de la Russie n'est pas épargné par le réchauffement climatique et connaît aussi des températures très élevées.

S'il est exact que les températures à Iakoutsk sont anormalement hautes par rapport à la moyenne habituelle de juillet (20°C selon Climate-data.org), l'affirmation selon laquelle les températures en Sibérie seraient dix fois supérieures à leur normale saisonnière apparaît comme fantaisiste, ou en tout cas ne reflète pas l'intégralité du territoire sibérien, y compris dans les îles Kouliles où la température en juillet atteint en moyenne 15°C. Reste qu'un écart de +8°C est préoccupant et confirme que l'influence du réchauffement augmente au fur et à mesure que l'on se rapproche des hautes latitudes.

Ce réchauffement pourrait poser d'autres problèmes aux villes de Sibérie. Iakoutsk par exemple est construite sur du pergélisol (ou permafrost, des sols gelés en permanence). Pour éviter que la chaleur des maisons ne les fasse s'enfoncer dans un sol qu'elles feraient dégeler, on les construit sur pilotis, en gardant une bonne hauteur (plus d'un mètre d'après ce que j'ai pu voir) entre le sol gelé et les planchers. Si la température extérieure monte trop avec le réchauffement du climat, que va devenir la résistance du sol ? Si elle devenait trop faible, ne pourrait-on pas craindre un effondrement des maisons et des immeubles ? Je pose la question sans avoir la réponse.

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Reporterre had already alerted on May 22 to the first fires of the year in Siberia, which had started a few weeks earlier, and to the abnormal situation in Russia in mid-May: 86 ° F in Moscow on May 17, 87,8 ° F in Nizhny Novgorod, 89,6 ° F in Tambov, 93,2 ° F in Ulyanovsk .... Reporterre then wrote: “The oblasts of Tyumen and Omsk in the west are particularly affected, as well as the Southern Urals. According to local authorities in Tyumen, the region is currently experiencing the largest fires in ten years. On May 17, 1,300 people had to be evacuated from their homes and five medical facilities due to the threat of a nearby forest fire. Since the beginning of the year, 233 forest fires have been recorded there over a total area of ​​more than 171,000 hectares, the Russian news agency Tass reported on May 19.

Consequence of the fires in the Omsk region: at the end of April, the smoke moved eastwards to Novosibirsk, plunging the third city of the country and its more than 1.6 million inhabitants in the fog during many days. The city was forced to declare the fine particulate matter alert regime. "

Since then, these fires have developed, and Siberia is on fire again. 800,000 hectares have just gone up in smoke, following abnormally high temperatures: 86 ° F these days (28 ° C this Tuesday, July 20), or "Ten times the normal temperature in this season" according to a journalist from France-info , picked up by Antenne 2 (News, July 19, 8:28 p.m.). Still according to France-Info (July 19, 2021) “the Russian army is deploying means to fight against the flames”. Yakutsk is bathed in a thick cloud of opaque smoke today, and the streetlights stay on all day. The inhabitants forced to breathe this smoke are worried about their health. The rest of Russia is not spared by global warming and also experiences very high temperatures.

While it is true that temperatures in Yakutsk are abnormally high compared to the usual July average (68 ° F according to Climate-data.org), the claim that temperatures in Siberia are ten times their seasonal normal appears as fanciful, or in any case does not reflect the entire Siberian territory, including in the Kulil Islands where the temperature in July reaches an average of 59 ° F. Still, a difference of + 14,4 ° F is worrying and confirms that the influence of warming increases as we get closer to high latitudes.

This warming could pose other problems to the cities of Siberia. Yakutsk, for example, is built on permafrost (or permafrost, permanently frozen soils). To prevent the heat of the houses from making them sink into a ground that they would thaw, we build them on stilts, keeping a good height (more than a meter from what I could see) between frozen ground and floors. If the outside temperature rises too much with the warming of the climate, what will become of the resistance of the ground? If it became too weak, could we not fear a collapse of houses and buildings? I ask the question without having the answer.

Photo : Yakoutsk Construction d'immeuble sur pergélisol (auteur/author Lulu97417 25 mai 2014)