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Présentation des enjeux du One Ocean Summit (du 9 au 11 février 2022 à Brest) par Jean-Yves Le Drian, Annick Girardin, Bérangère Abba. Cette présentation fait intervenir l'Ambassadeur des pôles et des enjeux maritimes Olivier Poivre d'Arvor, le ministre de l'Europe et des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, la ministre de la mer Annick Girardin,  la secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée de la biodiversité Bérangère Abba, l'ancien président de l'assemblée générale de l'ONU Peter Thomson, la représentante de Surfrider Antidia Citorès, Françoise Gail représentant à la fois la communauté scientifique et la plate-forme Océan & climat, etc. Quai d'Orsay, vendredi 28 janvier 2022, 15 h.

La présentation est intéressante et chacun y parle de ses espoirs, concernant la préservation de la biodiversité marine, la pollution par les plastiques, la nécessité de mettre un place une nouvelle gouvernance pour la haute-mer, et trouver "un océan de solutions face au changement climatique". Notamment, tous espèrent que 2022 marquera un tournant dans la lutte pour l'océan et le climat, avec notamment des réunions comme celle de Lisbonne en juin 2022.

Vous pouvez aussi consulter cette présentation sur Twitter à l'adresse : https://twitter.com/i/broadcasts/1PlKQajajWWKE. 

Néanmoins, nous restons extrêmement sceptiques concernant l'efficacité de ces grandes réunions intergouvernementales. Les accords de Paris (décembre 2015, trahis en 2017 par 190 des 195 Etats signataires) ont confirmé ce que Jacques Chirac énonçait déjà en 2002 dans le discours de Johannesburg : la maison brûle et les gouvernements refusent de regarder. Depuis 2015 et les accords de Paris, la situation n'a cessé de se dégrader, et les objectifs apparaissent de plus en plus inatteignables, sauf au prix de solutions de plus en plus dures et exigeantes au fil des années qui passent. 

"En 2021, une étude utilisant un modèle probabiliste a conclu que les taux de réduction des émissions devraient augmenter de 80 % au-delà des CDN pour atteindre probablement l'objectif des 2 , et que les probabilités que les principaux émetteurs respectent leurs CDN sans une telle augmentation sont très faibles. Elle a estimé qu'avec les tendances actuelles, la probabilité de rester en dessous de 2  de réchauffement est de 5 % — et de 26 % si les CDN étaient respectées et poursuivies après 2030 par tous les signataires" (Peiran R. Liu et Adrian E. Raftery, « Country-based rate of emissions reductions should increase by 80% beyond nationally determined contributions to meet the 2 °C target »Communications Earth & Environment, 2, 1,‎ 9 février 2021,  29, repris par Wikipedia).

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Pour comprendre la situation, il faut réaliser que le but des gouvernements n'est jamais (ou presque) d'assurer la sauvegarde des citoyens et de leur patrimoine qu'il est censé protéger. Leur seul but est de se maintenir au pouvoir et d'assurer leur réélection, en d'autres termes : ne pas mécontenter leurs électeurs. La lutte contre le réchauffement climatique passant nécessairement par "une perte des libertés individuelles" (Aurélien Barrau), on comprend l'inefficacité de toutes les réunions intergouvernementales, rassemblement de personnes représentant des gouvernants dont le seul but est de repousser les actions à une date ultérieure - toujours après les prochaines élections. On comprend aussi que "James E. Hansen, ancien scientifique de la NASA et spécialiste du changement climatique, exprime sa colère quant au fait que la majeure partie de l'accord (de Paris) se compose de « promesses » ou d'objectifs et non d'engagements fermes, et a qualifié les négociations de Paris de fraude avec « aucune action, juste des promesses » (Oliver Milman, « James Hansen, father of climate change awareness, calls Paris talks 'a fraud' »The Guardian, London, England,‎ 12 décembre 2015, repris par Wikipédia).

Deux études publiées dans Nature ont révélé que, en 2017, aucune des principales nations industrialisées ne mettait en œuvre les politiques qu'elle avait promises et qu'aucune n'atteignait les objectifs de réduction des émissions qu'elle avait promis (David G. Victor, Keigo Akimoto, Yoichi Kaya, Mitsutsune Yamaguchi, Danny Cullenward et Cameron Hepburn, « Prove Paris was more than paper promises »Nature,  548,  7665,‎ 3 août 2017,  25–27, repris par Wikipedia).

 

Aujourd'hui, les réductions de gaz à effet de serre dans les pays signataires sont toujours sans commune mesure avec les engagements pris. 

Pour conclure, notre crainte est que Brest, Lisbonne, etc. ne valent pas mieux que Glasgow (Cop 26 en 2021), Madrid (Cop 25, 2019), Katowice (Cop 24, 2018), Bonn (Cop 23, 2017), Marrakech (Cop 22, 2016). A chaque fois on présente ces réunions comme "la conférence de la dernière chance". A chaque fois, on suscite beaucoup d'espoir. Et à chaque fois on obtient beaucoup de désillusions. A Glasgow personne n'est parvenu à se mettre d'accord, à Katowice le président polonais a osé affirmer qu'il utiliserait jusqu'à épuisement de ses mines le charbon de son pays... Ces conférences sont de grandes capes rouges qu'on agite pour distraire l'attention du taureau qu'on s'apprête à abattre : ce ne sont que des apparences, sans aucune réalité ou volonté politique derrière. 

 

En France, la Convention citoyenne sur le climat (autre grande cape rouge) a eu au moins le mérite de forcer le président de la République et sa majorité à abattre leur jeu : Emmanuel Macron a affirmé publiquement que l'homme (entendez l'électeur) passerait toujours avant l'environnement, et son Premier ministre a annoncé le 6 juillet 2021 l'abandon du projet d'inscription à l'article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 le principe selon lequel la France "garantit la préservation de l'environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique". Les 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat - pourtant bien modestes - ont pour la plupart été soit rejetées par Emmanuel Macron (par exemple l'abaissement de la vitesse sur les autoroutes à 110 km/h, jugé impopulaire), soit rejetées par son gouvernement (c'est le cas de 28 d'entre elles d'après le journal Le Monde), soit détricotées par la loi "Climat-résillience" du 22 août 2021. A ce sujet, le Haut commissariat pour le climat dénonce le manque de vision stratégique de la loi, tandis que "certains députés, comme Matthieu Orphelin, rapportent que les discussions parlementaires étaient marquées par un manque de débat, la majorité législative LREM n'adoptant que peu d'amendements, ne s'écartant que peu du projet de loi initial et n'écoutant pas les propositions de l'opposition" (Télérama, 11 mars 2021, repris par Wikipedia).

 

Un espoir cependant : "Dans une affaire qui était la première du genre, le tribunal de district de La Haye s'est prononcé contre la compagnie pétrolière Shell en mai 2021 dans l'affaire Milieudefensie et al c. Royal Dutch Shell. Le tribunal a jugé qu'elle devait réduire ses émissions mondiales de 45 % par rapport aux niveaux de 2019 d'ici 2030, car elle violait les droits de l'homme. Cette action en justice a été considérée comme la première application majeure de l'accord de Paris à l'égard d'une entreprise (Daniel Boffey, "Court orders Royal Dutch Shell to cut carbon emissions by 45% by 2030", The Guardian, 26 mai 2021, repris par Wikipedia)". Restent à voir si Shell s'exécutera, et quelles seront les sanctions en cas de non exécution. Jusqu'à présent, les quelques Etats qui ont été condamnés pour "inaction climatique" (dont la France, par le tribunal administratif de Paris) l'ont été au versement aux plaignants d'un euro symbolique. Pas de quoi faire vraiment bouger les choses.

Voici le compte-rendu de cette présentation. Nous remercions Anaïs Duprez de la POC de nousl'avoir transmis :

Présentation des enjeux du One Ocean Summit : 

Un sommet d’engagements pour un océan plus durable

 Description de l'événement 

Organisé par les ministères de l'Europe et des Affaires étrangères, de la Mer et de la Transition écologique, cet événement a permis de présenter les grands enjeux du One Ocean Summit. Diverses parties prenantes engagées pour l’océan ont également pris la parole lors d’une table ronde de haut niveau — modérée par Olivier Poivre d’Arvor, envoyé spécial du président de la République pour le One Ocean Summit et ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes.

Interventions ministérielles 

 M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a rappelé la place centrale qu’occupent les mers et l’océan dans les défis globaux du 21e siècle. Après avoir évoqué les tensions et rivalités qui existent entre pays pour bénéficier des nombreuses richesses de l’océan, il a insisté sur les nombreuses pressions qu’il subit et qui le mettent en danger. Face à ce constat, M. Le Drian a rappelé l’engagement de la France, deuxième territoire maritime au monde, pour protéger l’océan. Il a alors appelé à un élan collectif, au sein de l’Union Européenne, pour faire vivre un multilatéralisme de l’action et de la preuve en développant des actions concrètes, efficaces et immédiates permettant d’avancer sur les sujets. Cette mobilisation européenne est, selon lui, essentielle pour parvenir à maintenir une forte dynamique en faveur de l’océan lors des rendez-vous internationaux à venir en 2022.

 Mme Annick Girardin, ministre de la Mer, s’est quant à elle réjouit de l’importance donnée à l’océan par le Président de la République, à l’origine de la création du Ministère de la Mer et de ce sommet. Elle a ainsi appelé à la création de ministères similaires dans les autres États européens. La ministre a ensuite identifié 4 défis prioritaires : (1) la mise en place d’un cadre international pour les marins et les ressources halieutiques; (2) l’accélération des efforts de verdissement du transport maritime; (3) l’investissement dans l’océanographie opérationnelle; et (4) la dynamisation du vivier d’emploi maritime. Annick Girardin a conclu son discours en annonçant la tenue, en février prochain, à La Rochelle, du sommet ministériel de la mer dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE).

 Mme Bérangère Abba, Secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée de la Biodiversité, a appelé à un équilibre entre la conservation et les activités humaines pour préserver l’océan des menaces qui pèsent sur lui. Dans un premier temps, Mme Abba a évoqué la lutte contre les pollutions et leurs impacts sur la biodiversité, appelant ainsi à l’adoption d’un traité international contre la pollution plastique. Elle s’est positionnée, dans un second temps, en faveur d’un traité pour la haute-mer (BBNJ) ambitieux. Bérangère Abba a finalement rappelé la multiplicité des engagements de la France pour la biodiversité.

Table ronde 

  • M. Peter Thomson, envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Océan, a invité les Etats à (1) mettre fin aux subventions néfastes à la pêche; (2) mettre un terme à la pollution plastique; (3) adopter un traité robuste pour la haute-mer; (4) s’engager en faveur de la protection de 30% de l’océan sous juridictions nationales d’ici à 2030; (5) atteindre l’Objectif de Développement Durable (ODD) 14 et (6) mobiliser la finance. Il a affirmé que Brest ferait partie de la solution en faveur de la mise en œuvre de l’ODD 14.

  • Mme Françoise Gaill, directrice de recherche émérite au CNRS, a rappelé la nécessité d’avoir un “océan en bonne santé” pour avoir un “climat protégé”. Invitant à une meilleure prise en compte du triptyque océan-climat-biodiversité, elle appelle à renforcer la connaissance scientifique. Elle a présenté le projet d’un panel de scientifiques, appelé Panel Intergouvernemental sur les changements de l'Océan (IPOC), qui aurait pour objectif d’évaluer les changements de l’océan afin d’informer la prise de décision en faveur d’un océan durable.

  • M. Jimmy Pahun, député de la 2ème circonscription du Morbihan et membre de la Commission Développement durable et aménagement du territoire, a présenté les deux résolutions sur Parlement, portant sur la finalisation du traité sur la haute-mer (BBNJ) et l’adoption d’un traité international sur la pollution plastique. Il a mis l’accent sur la capacité de l’océan à rassembler et à fédérer une communauté autour d’un même message. 

  • M. Teva Rihfritsch, sénateur de la Polynésie française, a insisté sur le lien étroit entre l’océan et les polynésiens, appelant à protéger l’océan comme patrimoine culturel. Il a affirmé l’importance d’une prise de conscience mondiale des enjeux ‘océan’. La venue du Président de la Polynésie française, M. Edouard Fritch, a été confirmée par l’ambassadeur Olivier Poivre d’Arvor.

  • Mme Antidia Citorès, porte-parole et responsable de campagne de Surfrider et vice-présidente de la Plateforme Océan & Climat, a présenté l’initiative Eurocean’s Youth — réseau qui relie les jeunes européens au monde maritime. Deux jeunes ambassadeurs, Lila Costes et Arnaud Arches, sont venus présenter des recommandations, appelant les Etats participants au One Ocean Summit à mettre en place des actions concrètes pour l’océan.

  • M. François Gabart, navigateur, a rappelé que ce sommet ne concernait pas uniquement les amoureux de l’océan ou les pays maritimes puisque les enjeux océan nous concernent tous. Il affirme que l’océan doit être préservé et en paix, gardant ainsi sa place dans notre imaginaire.

  • M. Erik Orsenna, écrivain occupant le fauteuil de Jean-Yves Cousteau à l’Académie Française, a conclu la table ronde en comparant l’écriture à la navigation. Pour lui: “Écrire et naviguer c’est pareil. Sur la mer, il n’y a pas de chemin, il faut l’inventer. C’est ce qu’on appelle la vie.”

Clôture de l’événement 

Avant de conclure l’événement, M. Poivre d’Arvor a donné la parole à la salle. L’ambassadeur du Portugal en France, Jorge Torres Pereira, a alors affirmé (1) qu’il n’y avait pas de climat sans océan; (2) qu’il n’y avait pas de vert sans bleu; et (3) qu’il n’y aurait pas de Brest sans Lisbonne, de Lisbonne sans Brest. L’événement a été clôturé par Jean-Yves Le Drian qui, empruntant les mots de Peter Thomson, a rappelé que 2022 serait une année cruciale pour l’océan. 

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Presentation of the challenges of the One Ocean Summit (from February 9 to 11, 2022 in Brest) by Jean-Yves Le Drian, Annick Girardin, Bérangère Abba. This presentation involves the Ambassador of the poles and maritime issues Olivier Poivre d'Arvor, the Minister for Europe and Foreign Affairs Jean-Yves Le Drian, the Minister of the Sea Annick Girardin, the Secretary of State for the Minister for Ecological Transition, in charge of biodiversity Bérangère Abba, the former President of the UN General Assembly Peter Thomson, the representative of Surfrider Antidia Citorès, Françoise Gail representing both the scientific community and the platform shape Ocean & climate, etc. Paris, Quai d'Orsay, Friday 28 January, 3:00 pm.

The presentation is interesting and everyone talks about their hopes, concerning the preservation of marine biodiversity, plastic pollution, the need to put in place a new governance for the high seas, and find "an ocean of solutions to the climate change". In particular, everyone hopes that 2022 will mark a turning point in the fight for the ocean and the climate, with meetings such as the one in Lisbon in June 2022.

You can view it on Twitter at: https://twitter.com/i/broadcasts/1PlKQajajWWKE

Nevertheless, we remain extremely skeptical about the effectiveness of these large intergovernmental meetings. The Paris agreements (December 2015, betrayed in 2017 by 190 of the 195 signatory states) confirmed what Jacques Chirac already stated in 2002 in the Johannesburg speech: the house is burning and the governments refuse to look. Since 2015 and the Paris agreements, the situation has continued to deteriorate, and the objectives appear increasingly unattainable, except at the cost of increasingly harsh and demanding solutions over the years.

“In 2021, a study using a probabilistic model concluded that emission reduction rates would need to increase by 80% beyond NDCs to likely meet the 2 target, and that the odds of major emitters meeting their NDCs without such increases are very small. She estimated that with current trends, the probability of staying below 2 warming is 5% — and 26% if the NDCs were met and continued after 2030 by all signatories." (Peiran R. Liu and Adrian E. Raftery, “Country-based rate of emissions reductions should increase by 80% beyond nationally determined contributions to meet the 2°C target”, Communications Earth & Environment, February 2, 1, 9, 2021 , 29, taken from Wikipedia).

To understand the situation, we must realize that the goal of governments is never (or almost) to ensure the safeguard of citizens and their heritage that it is supposed to protect. Their only goal is to stay in power and ensure their re-election, in other words: not to upset their voters. The fight against global warming necessarily going through "a loss of individual freedoms" (Aurélien Barrau), we understand the ineffectiveness of all intergovernmental meetings, gatherings of people representing governments whose sole purpose is to postpone actions to a date later - always after the next election. We also understand that "James E. Hansen, former NASA scientist and climate change specialist, expresses his anger that the bulk of the (Paris) agreement consists of 'promises' or targets and no firm commitments, and called the Paris talks a fraud with "no action, just promises" (Oliver Milman, "James Hansen, father of climate change awareness, calls Paris talks 'a fraud'", The Guardian, London, England, 12 December 2015, reprinted by Wikipedia).

Two studies published in Nature found that, in 2017, none of the major industrialized nations were implementing the policies they had promised, and none were meeting the emission reduction targets they had promised (David G. Victor, Keigo Akimoto, Yoichi Kaya, Mitsutsune Yamaguchi, Danny Cullenward and Cameron Hepburn, “Prove Paris was more than paper promises”, Nature, 548, 7665, 3 August 2017, 25–27, reprinted by Wikipedia).

Today, greenhouse gas reductions in the signatory countries are still out of step with the commitments made.

To conclude, our fear is that Brest, Lisbon, etc. are no better than Glasgow (Cop 26 in 2021), Madrid (Cop 25, 2019), Katowice (Cop 24, 2018), Bonn (Cop 23, 2017), Marrakech (Cop 22, 2016). Each time these meetings are presented as "the conference of the last chance". Each time, we raise a lot of hope. And each time we get a lot of disappointments. In Glasgow no one managed to come to an agreement, in Katowice the Polish President dared to affirm that he would use the coal of his country until his mines were exhausted... These conferences are great red capes that we wave to distract the attention of the bull we are about to slaughter: these are only appearances, without any reality or political will behind them.

In France, the Citizens' Climate Convention (another big red cape) had at least the merit of forcing the President of the Republic and his majority to play their game: Emmanuel Macron publicly affirmed that the man (meaning the voter ) would always come before the environment, and its Prime Minister announced on July 6, 2021 the abandonment of the project to include in Article 1 of the Constitution of October 4, 1958 the principle according to which France "guarantees the preservation of the environment and biological diversity and the fight against climate change". The 149 proposals of the Citizen's Convention for the climate - however very modest - have for the most part been either rejected by Emmanuel Macron (for example the lowering of the speed on the motorways to 110 km / h, considered unpopular), or rejected by its government (this is the case for 28 of them according to the newspaper Le Monde), or unraveled by the "Climate Law" of 2021. On this subject, the High Commissioner for the Climate denounces the lack of strategic vision of the law, while "some deputies, such as Matthieu Orphelin, report that the parliamentary discussions were marked by a lack of debate, the legislative majority LREM adopting only a few amendments, deviating only slightly from the bill initial and not listening to the proposals of the opposition" (Télérama, March 11, 2021, taken up by Wikipedia).

There is hope though: "In a case that was the first of its kind, The Hague District Court ruled against oil company Shell in May 2021 in Milieudefensie et al v. Royal Dutch Shell. The court ruled ruled that it must reduce its global emissions by 45% below 2019 levels by 2030 because it violated human rights. This legal action was considered the first major application of the agreement of Betting on a company (Daniel Boffey, "Court orders Royal Dutch Shell to cut carbon emissions by 45% by 2030", The Guardian, May 26, 2021, quoted by Wikipedia)". It remains to be seen whether Shell will comply, and what the penalties will be for non-compliance. So far, the few states that have been condemned for “climate inaction” (including France, by the administrative court of Paris) have been condemned to pay the plaintiffs a symbolic euro. Not enough to really shake things up.

Here is the report of this presentation. We would like to thank Anaïs Duprez (Ocean & climate platform) for sending it to us:

Presentation of the main objectives of the One Ocean Summit:

A summit of commitments for a more sustainable ocean

Event description

Organised by the French Ministries of Europe and Foreign Affairs, of the Sea and of the Ecological Transition, this press conference was organised to present the main objectives of the One Ocean Summit (9-11 February, Brest, France). A panel of ocean experts were also invited to take the floor during a high-level roundtable — moderated by Olivier Poivre d’Arvor, French President’s Special Envoy for the One Ocean Summit and Ambassador for the Poles and Maritime Issues.

Ministerial interventions

 M. Jean-Yves Le Drian, French Minister for Europe and Foreign Affairs, underlined the central role of seas and the ocean in the global challenges of the 21st century. After highlighting the tensions and rivalries among countries to harness the ocean’s resources, he insisted on the many pressures it faces and that put it at risk. M. Le Drian reaffirmed the commitment of France, the world’s second largest maritime territory, to protect the ocean. He then called for collective action within the European Union to sustain effective and action-driven multilateralism, developing concrete, efficient and immediate actions to move forward. This European mobilisation is indeed essential to maintain a strong momentum for the ocean during the international meetings to come in 2022. 

 Ms. Annick Girardin, French Minister for the Sea, welcomed the importance given to the ocean by the French President, who is at the origin of the creation of the French Ministry of the Sea and this summit. She called for the creation of similar ministries in other European States. The Minister then identified four priorities: (1) implementing an international framework for fishermen and fishery resources; (2) accelerating the greening efforts of the shipping sector; (3) investing in operational oceanography; and (4) stimulating maritime jobs. Annick Girardin concluded by announcing the convening, next February in La Rochelle (France), of the EU Informal Ministerial Meeting for the Sea, taking place under the French Presidency of the Council of the European Union.

 Ms. Bérangère Abba, Secretary of State responsible for Biodiversity, attached to the Minister of the Ecological Transition, urged to find a balance between conservation and human activities to protect the ocean from the threats it faces. Firstly, Ms. Abba mentioned the fight against plastic pollution and its impacts on biodiversity, calling for the adoption of a global treaty on plastic pollution. She highlighted the need for an ambitious High Seas Treaty (BBNJ). Bérangère Abba lastly pointed out the number of French commitments for biodiversity.


Roundtable:  

  • M. Peter Thomson, UN Secretary General’s Special Envoy for the Ocean, urged countries to (1) put an end to harmful fisheries subsidies; (2) stop plastic pollution; (3) adopt a robust High Seas treaty; (4) commit to the protection of 30% the ocean under national jurisdiction by 2030; (5) achieve Sustainable Development Goal (SDG) 14; and (6) mobilise finance. He stressed that Brest would be part of the solution to implement SDG14.

  • Ms. Françoise Gaill, Emeritus Research Director of CNRS and Vice-President of the Ocean & Climate Platform, reminded us of the need for a “healthy ocean for a protected climate”. Encouraging a better consideration of the ocean-climate-biodiversity nexus, she called for increased scientific knowledge. She presented the project of a scientific panel, referred to as Intergovernmental Panel on Ocean Change (IPOC), which sets out to assess ocean changes to inform decision-making in favor of a sustainable ocean.  

  • M. Jimmy Pahun, Morbihan’s Deputy to the French National Assembly and member of the National Commission on Sustainable Development and Planning, presented two parliamentary resolutions, relating to the completion of the High Seas Treaty (BBNJ) and the adoption of a global treaty on plastic pollution. He put an emphasis on the ocean’s capacity to bring together and unite a community around a common message. 

  • M. Teva Rihfritsch, Senator for French Polynesia, highlighted the close connection between the ocean and Polynesians. He stated the importance of a greater global awareness of ocean challenges. He recalled the attendance of the President of French Polynesia, M. Edouard Fritch, to the summit.

  • Ms. Antidia Citorès, Spokesperson and Lobbying Manager at Surfrider Europe and Vice-president of the Ocean & Climate Platform, presented the Eurocean’s Youth initiative — the network that connects young Europeans to the maritime world. Two Youth ambassadors, Lila Costes and Arnaud Arches, came to present recommendations, urging States participating in the One Ocean Summit to implement concrete actions for the ocean.

  • M. François Gabart, professional sailor, recalled that this summit did not only concern ocean lovers or maritime nations, since ocean challenges affect us all. He stated that the ocean must be preserved and at peace.

  • M. Erik Orsenna, Author and member of the Académie Française, closed the roundtable by comparing writing and sailing. For him: Writing and sailing are the same. As on the sea, there is no path, it has to be invented. That’s what we call life”.

Closing of the event

Before closing the event, Ambassador Poivre d’Arvor opened the floor to the audience. The Ambassador of Portugal to France, Jorge Torres Pereira, stated that (1) there would be no climate without the ocean; (2) there would be no green without blue; and that (3) there would be no Brest without Lisbon, and no Lisbon without Brest. The event was concluded by Jean-Yves Le Drian who recalled that 2022 would be a crucial year for the ocean.