Tracé du gazoduc Yamal-europe (auteur:author Samuel Bailey (sam

Le Parlement européen a réclamé dans une résolution adoptée ce jeudi 7 avril 2022 l'imposition d'un embargo "total et immédiat" sur les importations "de pétrole, de charbon de combustible nucléaire et de gaz" russes. La résolution a été votée par 513 eurodéputés (22 voix contre, 19 abstentions). Cette résolution est cependant non contraignante (ce n'est qu'un "voeu pieux") et certains Etats très dépendants du gaz russe, comme l'Allemagne, risquent de se faire tirer l'oreille pour l'appliquer.

Certes, les économies européennes vont souffrir de cela. Certes, des entreprises vont faire faillite, des gens vont se retrouver au chômage, le gaz va coûter plus cher et peut-être même finira-t-il par être rationné. Cependant, tout cela n'est rien qu'une période d'inconfort. Aujourd'hui les Ukrainiens payent de leur vie la situation confortable dans laquelle nous vivons, en finançant la guerre de Poutine via les énergies fossiles russes à raison d'une somme comprise entre 650 M€ et 1 Md€ par jour.

L'Europe envisage aujourd'hui d'aider l'Ukraine en lui fournissant 1 Md€ d'armes et de munitions. C'est la somme qu'elle verse chaque jour à Poutine depuis le début du conflit, ce qui est inadmissible. Depuis le début de ce conflit notre position est qu'il faut aider les Ukrainiens par tous les moyens, y compris une couverture aérienne demandée par le président Zelensky. Si on ne stoppe pas Poutine, ses ambitions affichées depuis longtemps rendront de toute manière inévitable un conflit généralisé en Europe. En attendant, chaque atermoiement de l'Europe se traduit par des morts supplémentaires chez les civils ukrainiens, sans parler des problèmes écologiques et environnementaux créés par cette guerre. Celle-ci au demeurant n'a pas que des effets circonscrits à l'Europe : l'Ukraine est le cinquième producteur de céréales du monde, et la guerre qui y sévit rapproche chaque jour un peu plus de la disette certains pays, notamment au Maghreb, avec les effets qu'on connaît (violences et déstabilisations politiques, etc.). 

Il y a donc une urgence - on le rappelle ici une fois encore - a aider l'Ukraine par tous les moyens possibles et imaginables, et le faire sérieusement. Geler les avoirs des 177 oligarques russes, et continuer à financer la guerre de Poutine et ses crimes de guerre, ce n'est pas sérieux. Continuer à acheter du gaz à la Fédération de Russie, ce n'est pas sérieux ; pire encore, c'est criminel. Les massacres d'Ukrainiens par les troupes russes ont été avant tout financés par l'argent fourni par les Européens. Il est grand temps que cela s'arrête et que les gens sortent dans la rue pour réclamer la fin des importations d'énergies en provenance de la Russie. J'habite dans le Jura et cela fait déjà quelques jours que je n'ai pas chauffé chez moi. Certes, cela m'oblige à garder une veste et une surveste au moment où j'écris ces lignes. Mais si je veux pouvoir continuer à me regarder sans honte dans une glace, il est hors de question pour moi de consommer de l'énergie dans un pays qui - même s'il est moins dépendant que l'Allemagne - continue à financer une guerre ignoble.

Une dernière fois, il y a une urgence, pour les Ukrainiens, pour les Européens, pour l'environnement et pour l'ensemble de la planète à stopper cette guerre, rétablir l'Ukraine dans ses frontières, et à juger Poutine en tant que criminel de guerre. Ne pas le faire, c'est ouvrir la voie à d'autres guerres bien plus désastreuses encore que celle-ci.

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The European Parliament called in a resolution adopted Thursday for the imposition of a "total and immediate" embargo on imports of "oil, nuclear fuel coal and gas" from Russia. The resolution was voted in by 513 MEPs (22 votes against, 19 abstentions). However, this resolution is non-binding (it is only a "pious wish") and certain States very dependent on Russian gas, such as Germany, risk having their ears pulled to apply it.

Of course, European economies will suffer from this. Certainly, companies will go bankrupt, people will find themselves unemployed, gas will cost more and perhaps it will even end up being rationed. However, all this is nothing but a period of discomfort. Today the Ukrainians are paying with their lives for the comfortable situation in which we live, by financing Russian fossil fuels at a rate of between €650m and €1bn per day.

Europe is now planning to help Ukraine by supplying it with €1 billion in arms and ammunition. This is the amount she has paid Putin every day since the start of the conflict, which is unacceptable. Since the beginning of this conflict our position has been that the Ukrainians must be helped by all means, including air cover requested by President Zelensky. If Putin is not stopped, his long-held ambitions will in any case make generalized conflict in Europe inevitable. In the meantime, each procrastination of Europe results in additional deaths among Ukrainian civilians, not to mention the ecological and environmental problems created by this war. This, moreover, does not only have effects confined to Europe: Ukraine is the fifth largest producer of cereals in the world, and the war raging there brings certain countries a little closer to famine every day, particularly in Maghreb, with the effects we know (violence and political destabilization, etc.).

It is therefore urgent - we are reminded here once again - to help Ukraine by all possible and imaginable means, and to do so seriously. Freezing the assets of the 177 Russian oligarchs, and continuing to finance Putin's war and his war crimes, is not serious. Continuing to buy gas from the Russian Federation is not serious; even worse, it's criminal. The victims of the massacres of Ukrainians by Russian troops were primarily financed by money provided by Europeans. It is high time for this to stop and for people to take to the streets to demand an end to energy imports from Russia. I live in the Jura and it's been a few days since I last heated my home. Admittedly, this requires me to keep a jacket and an outer jacket as I write these lines. But if I want to be able to continue to look at myself in a mirror without shame, it is out of the question for me to consume energy in a country which - even if it is less dependent than Germany - continues to finance a war despicable.

One last time, there is an urgent need, for the Ukrainians, for the Europeans, for the environment and for the whole planet to stop this war, to restore Ukraine to its borders, and to judge Putin as war criminal. To not do so is to open the way to other wars even more disastrous than this one.

Photo : Tracé du gazoduc Yamal-europe (auteur/author Samuel Bailey (sam.bailus@gmail.com) 15 novembre 2009.

PS : j'apprends à l'instant que  la République tchèque a décidé de livrer des chars T-72 de fabrication soviétique ainsi que des véhicules de combat d’infanterie BVP-1 aux forces ukraniennes. C'est la première fois que de l'armement lourd est fourni par un pays européen à l'Ukraine. L'Europe se réveille enfin... Un peu tardivement pour tous les civils Ukrainiens déjà morts, victimes de cette guerre, et un peu tard aussi pour Marioupol et pour toutes les villes en cendre qu'il faudra bien reconstruire un jour, un peu tard aussi pour tous les sites extraordinaires définitivement détruits, un peu tard aussi pour l'environnement, dans certains cas à jamais pollué ; mais l'Europe sort enfin de sa létargie.