Le 20 mai, plus d'un mois après la réélection d'Emmanuel Macron, la liste des ministres du gouvernement Borne a été dévoilée. Le premier ministre a nommé :

  • Monsieur Bruno Le Maire, Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique

  • Madame Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

  • Monsieur Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur

 

Sont nommés ministres délégués auprès de la première ministre:

  • Monsieur Olivier Véran, chargé des Relations avec le Parlement

  • Madame Isabelle Lonvis-Rome, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes de la Diversité et de l’Égalité des chances auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique

  • Monsieur Gabriel Attal, chargé des Comptes publics auprès du ministre de l'Intérieur et de la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

  • Monsieur Christophe Béchu, chargé des Collectivités territoriales auprès de la ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Messieurs Franck Riester, chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité


Sont nommés secrétaires d'Etat auprès de la première ministre :

 

Plusieurs remarques :

1. Les affaires liées à l'environnement sont dispersées en plusieurs ministères, de manière à ce qu'aucun n'ait une réelle importance ou un réel pouvoir, et que la coordination entre les actions soit plus difficile. On a ainsi un premier ministère dit de la Transition écologique et de la cohésion des territoires dirigé par Amélie de Montchalin dont on découvre la mission sur son site : 

"Le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires élabore et met en œuvre la politique du Gouvernement en matière de décentralisation, de développement et d'aménagement équilibrés de l'ensemble du territoire national et de solidarité entre les territoires." 

Nulle part dans cette mission n'apparaît fut-ce le mot d'écologie ou d'environnement. L'écologie restera donc en transition, entre un passé inexistant et un futur incertain.

 

Agnès_Pannier-Runacher_portrait_2 (alors secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Economie et des Finances, auteur author Gézelin Grée 14 décembre 2018)

On a également un ministre de la Transition énergétique (Mme Agnès Pannier-Runacher, ci-dessus),  qui affirme : «mon premier défi c'est de protéger notre planète, il n'y a pas une minute à perdre». Le problème, c'est que Mme Agnès Pannier-Runnacher ne connaît rien aux problématiques actuelles ne l'environnement, et que toute la carrière de cette énarque a consisté à faire croître des entreprises industrielles ou autres, avec quelques passages à la Caisse des dépôts et consignations. Entre autres professions de foi elle a déclaré, alors qu'elle était chargée par Emmanuel Macron de la Reconquête industrielle et pilotait le groupe de travail consacré au volet industriel du pacte productif 2025 : " en matière de transition écologique, l'industrie française n'est pas le problème, c'est la solution !" car "les industriels s'adaptent à une demande, et la demande c'est nous" (source : Les Echos, 20 juin 2019).

On a également un ministre de l'Agriculture et de la souveraineté alimentaire, dont nous ne doutons pas qu'il va batailler ferme contre les rares propositions écologiques présentées par les précédents, un peu comme cela s'était passé à l'époque de Nicolas Hulot. Alors qu'il est évident qu'agriculture et environnement doivent être réunis dans un seul et même ministère si on veut sauver nos sols, notre air et ralentir la perte de notre climat.

Et pour terminer, afin que soit bien actée la perte d'importance de l'environnement, on a supprimé le ministère de la Mer, pour le rétrograder au rang de Secrétariat d'Etat, dépendant non pas du ministère de Transition écologique, mais directement du Premier ministre. Comme cela, on est tranquille, la mer ne fera pas de vagues.

C'est cohérent avec la stratégie d'Elisabeth Borne, qui avait annoncé clairement sa feuille de route : en premier le pouvoir d'achat des Français, en second la santé, et en troisième seulement l'environnement (comme la croissance et le pouvoir d'achat passent en général par la destruction de l'environnement, la troisième place de celui-ci ne laisse aucun doute sur l'avenir qui lui est réservé). C'est cohérent aussi avec la stratégie d'Emmanuel Macron, qui a toujours dit que l'homme passerait avant l'environnement (ce qui est profondément stupide, l'homme ne pouvant survivre sans son environnement). On souhaite bonne chance au bûcheron qui scie la branche sur laquelle il est assis - le problème, c'est que nous sommes également assis sur cette branche, et qu'on vient de reconduire pour cinq ans le bûcheron, qui fragilise de plus en plus la branche dont nous dépendons tous.

 

2. autre remarque : les origines des ministres. Pour être vraiment sûre que les choses n'avanceront pas au niveau de l'environnement et du climat, Elisabeth Borne a choisi des personnalités connues pour ne s'être jamais intéressées à l'environnement (voire ont lutté contre celui-ci), que ce soit lors de leur formation ou lors de leur carrière professionnelle.

On a vu plus haut le cursus de Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique, haut-fonctionnaire passée par l'industrie et la finance, et qui affirme que l'industrie est la solution.

Amélie_de_Montchalin_Ministre_de_la_Transformation_et_de_la_Fonction_publiques (auteur author Jonathan Sarago 04 septembre 2020)

Le ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires Amélie de Montchalin a intégré HEC en 2005. Elle détient un licence d'économie appliquée obtenue à Paris-Dauphine, une licence d'histoire (Paris-Sorbonne) et un master en administration publique à la Harvard Kennedy School (2014). Proche de Valérie Pécresse pour laquelle elle a travaillé en 2007 et de Nicolas Sarkozy, elle est la fille de Bernard Bommier, qui a occupé des postes de cadre supérieur chez Elf Aquitaine, ensuite Danone, puis Coca-Cola. Elle est mariée à Guillaume de Montchalin, consultant pour de grandes entreprises au Boston Consulting Group. 

Selon Romaric Godin de Mediapart, « Amélie de Montchalin incarne de façon chimiquement pure la pensée économique du macronisme ». 

Sa nomination par Elisabeth Borne au poste de ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires est a soulevé de nombreuses protestations : lorsqu'elle était député LaREM, Amélie de Montchalin a voté contre l'interdiction du glyphosate, contre l’arrêt de l’incitation à l’huile de palme, contre l’indemnisation des victimes de pesticides ou encore contre l’interdiction des pesticides à proximité des habitations, ainsi que le précise l'association Agir pour l'environnement au JDD. Sur le site, on peut également relever que Mme le député avait aussi voté contre l'"interdiction de production, stockage ou vente de produits phytopharmaceutiques non autorisés en Europe". Elle n'a pas voté lors du scrutin amenant à voter pour ou contre l'interdiction des perturbateurs endocriniens dans les cantines scolaires, ni sur l'interdiction d'importer des denrées produites en utilisant des substances interdites dans l'Union européenne. Selon une étude de l'association Agir pour l'environnement, elle est l'une des députés les moins écologistes de la XVe législature (classée la 594e sur 648 en fonction de ses votes). Cela explique aussi pourquoi les mots écologie et environnement n'apparaissent nulle part dans ce qu'elle considère comme ses nouvelles missions en tant que ministre de l'écologie.

Justine Bénin dans le jardin des Quatres Colonnes du Palais Bourbon durant la première semaine parlementaire de la XVe législature de la Cinquième République française (Paris, France, auteur author Antoine Lamielle 21 juin 2017

Justine Bénin, secrétaire d'Etat chargée de la mer auprès du premier ministre, a obtenu un master en droit social à l'université de Toulouse et a ensuite travaillé à la protection judiciaire de la jeunesse puis à Pôle emploi. en Elle  est surtout connue pour avoir été mise en cause en mai 2022 par Mediapart qui lui reproche une « dérive clientéliste », en raison de plusieurs versements (37 000 euros) effectués en 2019 et 2020 par le MoDem à des associations comme à un restaurant de la commune du Moule dans laquelle elle se présentait alors aux élections municipales de 2020. Pour la ministre, « ces interventions ont été faites en toute transparence » (source : Wikipédia).

Informal_meeting_of_energy_and_transport_ministers_(TTE)

Quand à Elisabeth Borne elle-même, ingénieur général des ponts et chaussée, préfet de Poitou-Charente (2013-2014), présidente de la RATP de 2015 à 2017, elle est célèbre pour avoir remplacé en 2019  François de Rugy au ministère de la Transition écologique et solidaire et s'être fermement engagée à faire passer toutes les propositions de la Commission citoyenne pour le climat, reprenant en cela à son compte la promesse d'Emmanuel Macron. ni le président ni sa ministre n'ont tenu leurs promesses : on sait le triste sort qui a été réservé à ces propositions. Un an après son passage désastreux au MTES (avec une réduction de 5.000 emplois prévue en entre 2019 et 2022, dans un ministère qui avait déjà licencié 7.200 personnes entre 2017 et 2019) on la retrouve ministre du Travail, de l'emploi et de l'insertion. Elle est l'archétype du haut-fonctionnaire auquel on a appris qu'il pouvait traiter des dossiers auxquels il ne connaissait rien - et qui (moyennant finances) a accepté d'y croire.

Dans un entretien publié hier (jeudi 2 juin 2022) dans le journal Libération, Elisabeth Borne - qui se réserve la "planification écologique" voulue par Emmanuel Macron - déclare vouloir aller "plus vite et plus fort" dans la transition écologique, mais se refuse à dire comment. Ce qui laisse supposer qu'elle-même n'en n'a aucune idée. Comme toujours en période électorale, on est dans le cadre de promesses dont on sait qu'elles n'engagent que ceux qui y croient.

3. enfin Emmanuel Macron impose à ses ministres de se présenter aux législatives et d'y gagner un poste de député. Il y a quelques décades, on avait réalisé l'impossibilité de cumuler deux emplois dont chacun demandait un investissement total de la part de l'employé. C'est aujourd'hui interdit dans pratiquement tous les métiers. Aujourd'hui, tout député nommé membre du gouvernement perd son siège au bout d’un mois et se voit alors remplacé par son suppléant. Cette incompatibilité est de plus une application stricte du principe de séparation des pouvoirs. A l'issue des législatives, les ministres seront donc soit battus et limogés, soit députés et obligés de céder leur place à leur suppléant, ce qui est une véritable arnaque vis à vis des électeurs qui en toute bonne foi auront voté pour une personne et non son suppléant.

Cela reste toutefois une ingérence inacceptable dans le principe de séparation des pouvoirs : les membres du gouvernement n'ont pas à s'immiscer de près ou de loin dans le fonctionnement du législatif, dans une manoeuvre qui contribue à fausser les élections, les électeurs n'ayant pas conscience pour la plupart que leurs élus vont les laisser tomber à peine les élections terminées.

Quelque soit le résultat des législatives, les nouveaux ministres auront ainsi perdu près d'un mois de travail en s'occupant de se faire élire à des postes auxquels ils n'ont de toute façon pas droit. Il est vrai que perdre un mois de travail, quand on est nommé ministre avec pour mission de ne rien faire avancer, ce n'est pas obligatoirement très grave.

Philippe Bensimon

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Several remarks:

1. Environmental affairs are dispersed in several ministries, so that none has real importance or real power, and coordination between actions is more difficult. We thus have a first ministry called Ecological Transition and Territorial Cohesion headed by Amélie de Montchalin, whose mission we discover on her site: "The Ministry of Ecological Transition and Territorial Cohesion develops and implements the Government's policy in terms of decentralization, development and balanced planning of the entire national territory and solidarity between the territories." Nowhere in this mission does the word ecology or environment appear. Ecology will therefore remain in transition, between a non-existent past and an uncertain future.

We also have a Minister for Energy Transition, who affirms: “my first challenge is to protect our planet, there is not a minute to lose”. The problem is that Mrs. Agnès Pannier-Runnacher knows nothing about current environmental issues, and that the entire career of this enarque has consisted of growing industrial or other companies, with a few stints at the Caisse des dépôts and consignments. Among other professions of faith, she declared, when she was in charge of industrial reconquest by Emmanuel Macron and led the working group devoted to the industrial aspect of the 2025 productive pact: "in terms of ecological transition, French industry does not is not the problem, it is the solution! because "manufacturers adapt to demand, and the demand is us" (source: Les Echos, June 20, 2019). We also have a Minister of Agriculture and Food Sovereignty, whom we have no doubt will fight hard against the rare ecological proposals presented by the previous ones, a bit like it happened at the time of Nicolas Porthole. While it is obvious that agriculture and environment must be united in one and the same ministry if we want to save our soils, our air and slow down the loss of our climate. And finally, so that the loss of importance of the environment is well recorded, we have abolished the Ministry of the Sea, to demote it to the rank of Secretary of State, depending not on the Ministry of Ecological Transition, but directly of the Prime Minister. Like that, we are calm, the sea will not make waves.

This is consistent with the strategy of Elisabeth Borne, who had clearly announced her roadmap: first the purchasing power of the French, second health, and third only the environment (such as growth and power of purchase generally go through the destruction of the environment, the third place of this one leaves no doubt on the future which is reserved for him). It is also consistent with the strategy of Emmanuel Macron, who always said that man would come before the environment (which is profoundly stupid, man cannot survive without his environment). We wish good luck to the woodcutter who saws the branch on which he is sitting - the problem is that we are also sitting on this branch, and that we have just renewed for five years the woodcutter, who weakens more and more the branch on which we all depend.

2. another remark: the origins of the ministers. To be really sure that things will not progress at the level of the environment and the climate, Elisabeth Borne chose personalities known to have never been interested in the environment (or even fought against it), that either during their training or during their professional career.

We saw above the course of Ms. Agnès Pannier-Runacher, Minister for Energy Transition, a senior civil servant with a background in industry and finance, and who affirms that industry is the solution. Minister of Ecological Transition and Territorial Cohesion Amélie de Montchalin joined HEC in 2005. She holds a degree in applied economics from Paris-Dauphine, a degree in history (Paris-Sorbonne) and a master's degree in administration public at Harvard Kennedy School (2014). Close to Valérie Pécresse for whom she worked in 2007 and to Nicolas Sarkozy, she is the daughter of Bernard Bommier, who held senior management positions at Elf Aquitaine, then Danone, then Coca-Cola. She is married to Guillaume de Montchalin, consultant for large companies at the Boston Consulting Group. According to Romaric Godin of Mediapart, "Amélie de Montchalin embodies in a chemically pure way the economic thought of macronism". Her appointment by Elisabeth Borne to the post of Minister for Ecological Transition and Territorial Cohesion has raised many protests: when she was a LREM deputy, Amélie de Montchalin voted against the ban on glyphosate, against the cessation of the incitement to palm oil, against the compensation of victims of pesticides or against the banning of pesticides near homes, as specified by the association Agir pour l'environnement at the JDD. On the site, we can also note that the deputy had also voted against the "ban on the production, storage or sale of unauthorized plant protection products in Europe". She did not vote in the ballot leading to a vote for or against the ban on endocrine disruptors in school canteens, nor on the ban on importing foodstuffs produced using substances banned in the European Union. According to a study by the association Agir pour l'environnement, she is one of the least ecological deputies of the 15th legislature (ranked 594th out of 648 according to her votes). This also explains why the words ecology and environment do not appear anywhere in what she considers to be her new missions as Minister of Ecology.

Justine Benin, Secretary of State in charge of the sea to the Prime Minister, obtained a master's degree in social law at the University of Toulouse and then worked in the judicial protection of youth and then at Pôle emploi. She is best known for having been questioned in May 2022 by Mediapart who accuses her of a "clientelist drift", due to several payments (37,000 euros) made in 2019 and 2020 by the MoDem to associations such as a restaurant of the commune of Le Moule in which she was then running for the municipal elections of 2020. For the minister, "these interventions were made in complete transparency" (source: Wikipedia).

As for Elisabeth Borne herself, general engineer of bridges and roadways, prefect of Poitou-Charente (2013-2014), president of the RATP from 2015 to 2017, she is famous for having replaced François de Rugy in 2019 at the Ministry of Ecological and solidarity transition and to have firmly committed to passing all the proposals of the Citizens' Commission for the Climate, taking on board the promise of Emmanuel Macron. neither the president nor his minister kept their promises: we know the sad fate that was reserved for these proposals. A year after her disastrous stint at MTES (with a reduction of 5,000 jobs planned between 2019 and 2022, in a ministry that had already laid off 7,200 people between 2017 and 2019) we find her Minister of Labour, Employment and 'insertion. She is the archetype of the high-ranking civil servant to whom we learned that he could deal with files of which he knew nothing - and who (for a fee) accepted to believe in it. In an interview published yesterday (Thursday June 2, 2022) in the newspaper Liberation, Elisabeth Borne - who reserves the "ecological planning" wanted by Emmanuel Macron - declares that she wants to go "faster and stronger" in the ecological transition, but refuses to say how. Which suggests that she herself has no idea. As always during an election period, we are within the framework of promises which we know only bind those who believe in them.

3. Finally, Emmanuel Macron requires his ministers to stand for legislative elections and win a post as deputy. A few decades ago, we realized the impossibility of combining two jobs, each of which required a total investment on the part of the employee. It is now forbidden in practically all professions. Today, any deputy appointed member of the government loses his seat after one month and is then replaced by his deputy. This incompatibility is also a strict application of the principle of separation of powers. At the end of the legislative elections, the ministers will therefore either be beaten and dismissed, or deputies and obliged to give up their place to their deputy, which is a real scam vis-à-vis voters who in all good faith will have voted for a person and not his deputy. However, this remains an unacceptable interference in the principle of separation of powers: the members of the government do not have to interfere directly or indirectly in the functioning of the legislature, in a maneuver which contributes to distorting the elections, the voters not being aware for the most part that their elected officials will let them down as soon as the elections are over. Whatever the outcome of the legislative elections, the new ministers will thus have lost nearly a month of work in getting themselves elected to positions to which they are not entitled anyway. It is true that losing a month of work, when one is appointed minister with the mission of making nothing progress, it is not necessarily very serious.

Philippe Bensimon

Photos :

Agnès Pannier-Runacher portrait 2 (alors secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Economie et des Finances, auteur author Gézelin Grée 14 décembre 2018) ; Amélie de Montchalin Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques (auteur author Jonathan Sarago 04 septembre 2020) ; Justine Bénin dans le jardin des Quatre Colonnes du Palais Bourbon durant la première semaine parlementaire de la XVe législature de la Cinquième République française (Paris, France, auteur author Antoine Lamielle 21 juin 2017 ; Informal meeting of energy and transport ministers (TTE). Arrivals, transport ministers Elisabeth Borne (37190062412) (cropped, auteur author EU2017EE Estonian Presidency 21 septembre 2017).