Tour des deux Amériques sur un voilier

22 septembre 2019

Découvrez en voilier la Grèce, d'Athènes à Corfou et Preveza par le Golfe de Corinthe - 21 décembre au 28 déc. - Sail with us !

Athènes- Corfou - Preveza AR Open CPN

Mon premier contact avec la Grèce a été un "one-way" de Lavrio en Mer Egée à Lefkada en passant par le Golfe de Corinthe. C'était fin juin/début juillet 2014. Depuis je suis souvent retourné naviguer en Grèce : c'est un pays que j'aime, riche d'histoire et où les gens sont accueillants. J'y ai exploré beaucoup de secteurs : Péloponèse, Cyclades, Dodécanèse, etc. 

C'est en avril 2018 que j'ai eu l'idée de cette croisière reliant Corfou au Golfe Saronique, en passant par des endroits extraordinaires, riches d'histoire et de beauté, avec le passage du Canal de Corinthe et la visite d'Epidaure, celle de Delphes et de Pargas, une nuit à Ithaque,etc. Cette croisière s'est avérée si belle que je l'ai faite une seconde fois à l'automne 2018, et que j'ai eu envie de vous la proposer pour les fêtes de Noël et du Jour de l'an 2019.

Vous pouvez passer avec nous au choix :

- la semaine du samedi 21 au samedi 28 décembre 2019 : Athènes — Canal de Corinthe — Trizonia — Vathi (Ithaque) — Pargas — Mourtos — Corfou — Gaios — Preveza (335 M), ou/et

- la semaine du samedi 28 décembre au samedi 4 janvier 2020 : Preveza — Nisis Oxia —Navpaktos —Itea — Corinthe — Epidhavros — Athènes (234 M). 

Vous trouveres ci-dessous le plan de navigation détaillé de la première semaine, d'Athènes à Preveza. Le plan de navigation détaillé de la seconde semaine sera publié dans quelques jours.  

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CorfouSatellite__auteur_Siren_at_French_Wikipedia_

Du samedi 21 décembre au samedi 28 décembre 2019 j'offre à des équipiers une superbe croisière à la découverte de la Grèce, du Golde fe Corinthe et de la Mer Ionienne. Nous aurons un Cyclades 50.5 (15,62 m) doté de tout le confort : ci!nq cabines doubles, trois cabinets WC/douches, convertisseur 220V, réfrigérateur, accès internet à bord possible, grand-voile lattée avec winch électrique et génois sur enrouleur, propulseur d'étrave, prise MP3 - iPod, etc. Depuis la marina d'Alimos-Kalamaki (Athènes) nous traverserons le canal de Corinthe, et ferons escale à Trizonia, Vathi (Ithaque, l'île d'Ulysse), Pargas (très belle citadelle bâtie par les Normands), Mourtos et les très jolies baies des îles Sivota, Corfou, puis le joli village très protégé de Gaïos et enfin Preveza, station balnéaire près de laquelle a eu lieu la bataille d'Actium entre les galères d'Octave et celles de Cléopâtre et de Marc Antoine. Nous aurons aussi quelques belles occasions pour nous baigner (la température de l'eau à Preveza en décembre est comprise entre 18,9°C et 20°C).

NB : Pour ceux qui souhaitent une croisière de deux semaines, le retour de Preveza à Athènes nous permettra de découvrir Navpaktos (l'ancienne Lépante), Delphes et Epidaure (plan de navigation publié dans quelques jours).

Nous recherchons des équipiersAmbiance cool (découvrir, se perfectionner dans une ambiance agréable et joyeuse). Participation aux frais : 450 euros pour un équipier occupant seul une cabine double, le même prix pour un couple ou deux amis (soit 225 euros par personne), plus la nourriture. On fera un peu plus de 335 M dans les paysages superbes et très variés du Golfe de Corinthe et de la mer Ionienne : ports, mouillages, visites, baignades, etc. Nous aurons deux nuits de navigation ; les quarts (facultatifs) se feront toujours à trois. Découverte de la navigation astro, de la navigation de nuit, etc. Participation aux manœuvres demandée, mais rien n'est imposé. Cette croisière d'initiation et de découverte du monde du voyage en voilier est destinée en priorité à la formation des équipiers de l'expédition T2A. Très variée, elle leur permettra de découvrir les différentes manœuvres de port, de jour comme de nuit, les prises de corps mort, les mouillages, les manœuvres d'homme à la mer à la voile comme au moteur (nous récupérerons tout ce qui flottera sur notre route), etc. Le bateau étant grand, nous ouvrons aussi cette croisière à des équipiers non membres de l'expédition. Nous serons en période de vacances scolaires, les enfants et les débutants sont les bienvenus. Naviguer en famille, c'est toujours du bonheur ! Nous participerons également à un programme de comptage d'animaux marins.

Bavaria_49

Voici le plan de navigation de la première semaine :

Samedi 21 décembre : Embarquement à Athènes (Marina Alimos-Kalamaki). Installation à bord, check-in du bateau à 14h, avitaillement à 15h30. Apéritif et dîner à la pizzeria de la marina à 18h. Départ de la pizzeria à 20h. Départ du port à 20h30. 

De la sortie du port d'Alimos-Kalamaki, cap au 255 sur 12,4 M. On passe au sud du feu de Konchi Pt (extrémité sud de l'île de Salamine) à 22h54 (fonds de 94 m). De là on oblique à tribord au 279° sur 21,1 M pour voir d'abord au 360 le Fl 6s 17m sur l'îlot à l'est de Kanakia à 23h26 (extrémité ouest de Salamine, portée non indiquée, on ne le verra peut-être pas – Salamine est le lieu de la victoire inespérée des Grecs de Thémistocle contre les Perses de Xerxès 1er, qui a marqué le point culminant de l'invasion perse et permis le développement du monde grec et occidental, 29 septembre 480 av. JC)...

L'entrée du canl de Corinthe, Posidonia 271018 IMG_8154

Canal de Corinthe 18h05 le 281018 IMG_8187

Cathy à la barre dans le canal de Corinthe, belote à la frontale dans le cockpit du Hellas Fos 281018 DSCN8556

Dimanche 22 décembre : … Une heure plus tard on voit apparaître au 259° le Fl W 10s 48m 7Nm « visually conspicuous » sur l'îlot Evraios (à 11h du bateau, 7 M, 0h56). On voit ce même feu au 180 à 2h22 (fonds entre 175 et 195m). On continue sur ce même cap...On voit ensuite au 360 le feu vert Fl G 10s 9m 12Nm de Sousaki Pt (on passe à 0,16 M, fonds de 37 m, petite agglomération, attention aux zones de mouillage des cargos, 2h40). On arrive ainsi à 3h15 légèrement à l'ouest de la tourelle verte d'entrée d'Isthmia qu'on laisse à tribord. Isthmia est l'entrée S du canal de Corinthe, côté Golfe Saronique. De là on prend au 299° sur 0,11 M pour se ranger une minute après le long du quai de la capitainerie d'Isthmia (si brouillard attention à ne pas percuter le bout du quai, poster un équipier à l'avant et obliquer toujours à tribord tant que le quai est devant l'étrave). On compte une heure pour les formalités et attendre notre tour de passer. Départ à 4h15 du quai d'Isthmia. Le canal de Corinthe fait 3,27 M de long de la capitainerie d'Isthmia jusqu'à la ligne des 10 m après la sortie de Posidonia (côté Golfe de Corinthe). Son percement a été commencé par Néron en 67 après JC, et son inauguration a eu lieu en 1893 ; sa longueur officielle est de 6,343 km pour une largeur de 25 m et un tirant d'eau maximal de 8 m. On atteint la ligne des 10 m après la sortie de Posidonia à 4h54.

Le canal de Corinthe de nuit, à bord du Bavaria 49 Hellas Fos, 281018 DSCN8557
La sortie du canal de Corinthe (Poseidonia) 281018 DSCN8558

Corinthe_010714De la sortie de Posidonia, cap au 310° sur 7 M pour passer au 270 du feu Fl 10s 60m 19Nm d'Ak Melangavi sur la ligne de fond des 100 m (6h20). On voit aussi au 258 le Fl G 5s 9m 6Nm de Kiato sur la côte sud du Golfe de Corinthe. De là, on prend au 298° sur 40,7 M. A 6h41 on voit le feu vert de Kiato au 180. On voit ensuite apparaître au 246 vers 7h41 le feu F R 8m 3Nm de Kilokastron, en limite de visibilité. On verra ce même feu au 180 à 8h42. On continue toujours sur le même cap pour relever à 8h58 au 270 le Fl (2) W 16s 17m 10Nm d'Ak Likoporia. A 10h09 on relève ce même phare au 180. A 13h29 on passe dans le 180 du phare d'Ak Psaromita (on frôle la ligne des 50 m à l'WSW de ce cap sans y rentrer), et à 13h38 on est à l'entrée de la passe entre Nisis Trizonia et l'îlot sans nom à sa droite (fonds d'environ 55 m, on voit au 090 la pointe sud de l'îlot). 10 mn pour rentrer les voiles. De là, on oblique au 316° sur 0,78 M en direction du feu à la pointe NW de la baie du port. 0,12 M avant celui-ci (13h57) on prend au 287° sur 0,30 M pour arriver devant l'entrée du port de Trizonia (3 minutes, 14h00, attention à ne pas aller trop loin par temps de brouillard, les fonds passent ensuite à 2 m).

Total depuis Athènes : 86  M. Le village de pêcheurs a peu changé, et les alentours de la baie sont verdoyants. Rod Heikell conseille d’aller prendre un café brandy ou un ouzo sur la petite place donnant sur le port.

Entre_Corinthe_et_Ithea_010714

Navigation entre Corinthe et Trizonia 291018 DSCN8573

Trizonia1__Costas78_

Départ de Nisis Trizonia à 23h. Cap 090° à 4 kt sur 0,55 M jusqu’à voir au 180 la pointe est de Nisis Trizomia (8 mn). De là on vire au 324° sur 0,57 M en visant l’extrémité nord du village de Trizonia sur le continent. Quand on voit plein sud le feu de Nisis Trizonia (il se ferme après dans la côte, 20m, 8 mn, 23h16), on oblique au 284° sur 1,03 M jusqu’à voir au 180 l’extrémité ouest de l’îlot à l’ouest de Nisis Trizonia (20m, 10 mn en passant à 6 kt entre Nisis Trizonia et le continent, 23h26). 10 mn pour hisser les voiles et on prend le cap 260° sur 10,6 M...

Lundi 23 décembre : ...A 0h54 on passe au sud du phare d’Ak Mornos, et à 1h05 au nord  du phare d’Ak Dhrepanon. 

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17 minutes après on aligne ce phare avec la bouée verte FlG 3s (fonds de 102m, 1h22). On est à 3,55 M du pont (35 mn à 6 kt), leur téléphoner pour savoir sous quelle arche passer. On prend alors au 242° sur 5,6 M pour passer sous le pont (génois roulé juste pour le passage) jusqu’à voir au sud l’entrée du port de Patrai, et la tour au nord du pont au 045 (fonds de 61m, 3h18). De là on prend au 259° sur 12 M jusqu’à laisser au nord la cardinale sud Evanos (5h18). 

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R_veil___Nisos_Oxia_040714T_te_d_Ulysse__sculpture_grecque_du_iie_si_cle_av

De là on passe au 270° sur 18,3 M jusqu’à arriver au sud de Nisis Oxia 8h21, fonds de 69 m). On vire au 296° sur 17,5 M jusqu’à voir au 180 le feu sur l’extrémité sud-est d’Ithaque (Perachorion, Ag Ioannis Pt., FlW 10s 12m 10 Nm+, 11h16). De là on prend au 270° sur 3,06 M jusqu’à découvrir au 180 le phare de Ag Andreas FlW 3s 24m 5Nm et voir s’ouvrir la cote droite de la baie (11h46, on roule le génois). On prend alors au 186° sur 1,36 M en visant le phare FlG 4s 9m 3Nm sur le petit îlot Skartsoupo island, jusqu’à couper la ligne des 50m devant lui (11h59, on amène partiellement la GV). De là on prend au 123° à 4 kt sur 1,04 M pour arriver dans la zone de mouillage (vase). Arrivée à Vathi (Ithaque) à 12h14. Total de la journée 71 M. Vathi (Bathy ou Vathy selon les cartes) est le port principal d’Ithaque, à une heure de route de Stavros, l’emplacement probable du palais d’Ulysse.

Ithaki_Vathy__originally_posted_to_Flickr_

Mardi 24 décembre : Départ de Vathi à 10h. Mettre un équipier à l’avant au début. Cap à 6 kt au 303° sur 1,04 M jusqu’à passer au nord du phare FlG 4s 9m 3Nm sur le petit îlot Skartsoupo island, en coupant la ligne des 50m (10h10). Cap ensuite au 360° sur 0,9 M jusqu’à voir plein est la bordure nord de l’île (Ithaque) à tribord (10h19). On hisse les voiles dès que possible si ce n’est déjà fait (10 mn). De là on prend au 018° sur 2,58 M jusqu’à passer à l’est d’Ag Ilias, pointe la plus à l’est de la côte d’Ithaque à bâbord (10h54, 2,5 mn auparavant on aura vu se découvrir et s’aligner tous les points significatifs de la côte nord-est d’Ithaque). On suit cette côte au 338° sur 3,58 M jusqu’à voir au 270 le feu Ag Nikolaas (ligne des 100 m, 11h29). 

Ile_de_Panagia_dans_la_baie_de_Parga__Theudbald_

On prend alors au 305° sur 2,28 M (toujours pour suivre la côte à bâbord) jusqu’à voir au 180 le clocher de l’église sur la pointe Ag Joannis (point le plus au nord d’Ithaque, 11h51). De là on prend au 293° sur 8,11 M pour passer au sud (12h46) puis à l’ouest (13h12) du phare le plus au sud de Lefkas (Doukato pt). Virer au 354° sur 43,2 M pour voir à tribord au 090 le phare sur l’îlot Nisos Sessoula (14h32) puis le nord de l’île de Lefkada (15h57), à bâbord au 270 le sud de l’île Andipaxoi (18h59, deux feux à secteur, fréquence illisible), et arriver directement à l’entrée du port de Pargas (Parga). 10 mn pour ferler les voiles. Arrivée à Pargas à 20h34. Soirée de Noël à bord. Total de la journée 62 M. Le château sur le promontoire entre les deux baies a été construit en 1337 par les Normands, et les Vénitiens le considéraient comme « l’œil et l’oreille de Corfou ». Passant de la main des Françsis à celle des Anglais puis à celle des Turcs d’Ali Pacha au XIXe siècle, Pargas ne devint grecque qu’en 1913.

Parga__panorama____________________

Mercredi 25 décembre : 8h, départ en annexe pour la plage. Visite de Pargas et de son château. Départ de Pargas à 11h45. Hisser les voiles hors du port (10 mn). Prendre au 261° sur 4,73 M jusqu’à voir le phare de Nisos Sivota au 334 à 9,3 M (visible à 12 M, 12h12). Prendre ensuite au 336° sur 8,3 M, jusqu’à arriver à l’entrée du chenal entre Nisis Sivota et l’îlot qui la sépare de Mourtos (13h35). Mouiller là ou aller avec le bateau ou l’annexe à Mourtos (043°, 0,29 M, à 4 kt 13h39). Cadre enchanteur. Visite, etc.

Départ du port de Mourtos, 21 octobre 2018

Solution 1 : nuit au port de Mourtos (trouver une place le long du môle côté intérieur) et on va le lendemain à Corfou-Town en longeant la côte E de Corfou (solution non décrite ici, avec baignade et déjeuner au mouillage à Piriti sur la côte est de Corfou ; c'est la solution adoptée au cours des deux croisières précédentes et sans doute celle qu'on adoptera) ; solution 2 : départ après le dîner (22h30) pour le tour de Corfou par la côte ouest. Dans ce cas : depuis le mouillage prendre au 22° sur 5,3 M jusqu’à voir alignés et disparaître derrière la côte sud de Corfou les feux rouges de Kala Potomoulevkimmis Fl R 2s 8m 3Nm et Ak Levkimmis FlW 6s 8m 7Nm, ligne des 20m (23h23). De là on prend au 289° sur 16,5 M pour longer la côte sud-ouest de Corfou...

La_baie_de_Gouvia__auteur_Marc_Ryckaert__MJJR_

Jeudi 26 décembre : ...On passe à 1h27 au sud de l’îlot Lagoudia (Fl(3)W 14s 12m 7Nm, rester dans le secteur à plus de 50m de fond). A 3h09 on passe au 270 de ce même feu, et on oblique au 331° sur 24 M. A 4h59 on voit au 360 le feu Fl W 3s 25m 5Nm de la baie de Liapades ; à 5h53 on voit au 360le LFl W 7,5s 29m 4Nm sur Arilla pt. A 6h27 on laisse ce même feu au 090. Le jour commence. On suit le cap en gardant toujours au moins 20m de fond avec un veilleur à l’avant jusqu’à laisser la pointe nord de l’île Diaplo rk au 090 (fonds d’environ 30m, 7h09). De là on prend au 058° sur 6,5 M jusqu’à voir à 8h09 le feu qui marque la pointe nord de Corfou au 090 (St Aikaterini). On continue 5mn sur ce cap, et à 8h14 on passe au 090° sur 8,9 M pour longer la côte nord de Corfou et dépasser cette pointe. A 9h43 on prend au 128° sur 4,46 M jusqu’à voir au 180 la cardinale est sous la pointe St Stefanoy (10h27, fonds de 50m). On prend alors au 150° sur 0,90 M pour voir cette même cardinale (tourelle) au 270 (fonds de 61m, 10h36). De là virer au 196° sur 6,5 M pour descendre le Kerkyra Northern Strait jusqu’à voir au 270 Kommeno pt (ligne des 50m, peut être difficile à identifier, 11h41). On baisse les voiles (10 mn). On pique ensuite au 266° sur 3,19 M pour passer sous la pointe Foustanopidima et arriver dans des fonds de 15m (12h22). De là on aligne la première verte et la deuxième rouge pour rentrer à 4 kt au 225° sur 039 M dans le chenal sans risque (3 minutes). Le chenal mène à l’entrée de la marina de Gouvia (234°, 037 M, 12h28).  Total de la journée 81 M. Si on ralentit la vitesse à 5 kt en navigation de nuit, on arrive à Gouvia vers 15h. Taxi pour Corfou-Town (la ville est à 7 km de la marina de Gouvia), soirée dans la vieille ville de Corfou, dernière nuit à bord. 

Quelque soit la solution adoptée (longer la côte est de Corfou où en faire le tour), ce peut être intéressant d'aller voir si une place est disponible au Vieux Port de Corfou-Town, le long du côté intérieur du môle plutôt que passer la nuit à Gouvia. On passe pratiquement devant le Vieux Port si on vient du sud (après avoir longé la côte est). S'il n'y a pas de place, la marina de Gouvia est à 4,08 M (48 mn environ, compter une heure avec le temps de rentrer les voiles et la vitesse ralentie dans le chenal d'accès à Gouvia. Attention au chenal d'accès, on talonne vite dans la vase si on ne le respecte pas ; de nuit les bouées R et G du chenal ne sont pas toutes bien éclairées, mettre un équipier avec un projecteur à l'avant).

Vendredi 27 décembre : départ à 7h30. Prendre le chenal balisé au cap 057° sur 0,6 M jusqu’à couper la ligne des 10m (9 minutes). Prendre au 090° sur 3,1 M à la vitesse de croisière de 6 kt et hisser les voiles (31 mn, 10 mn pour les voiles). On arrive à 8h20 au nord de la côte est de l’île Vido. On oblique alors au 139° sur 15,8 M. A 8h49 on laisse au 270 le phare de la pointe Sideros (78m). On continue jusqu’à être au sud du phare de Pasoud Island (30m), et à l’est de celui d’Ak Levkimminis (8m), vers 10h58 et dans des fonds de 70m. On prend alors au 160° sur 8,1M jusqu’à être au sud du phare de Nisos Sivota (87m, 12h19, on n’a normalement pas encore coupé la ligne des 50m située plus à l’ouest.). On prend au 121° sur 7,2 M jusqu’à voir au 125 le phare de Lakka (64m, 13h31) au nord de Nisos Paxoi. Paxoi est une île célèbre pour la qualité de son huile d’olive ; c’est aussi près de ses côtes que le capitaine égyptien Thamus annonça la mort du dieu Pan. 

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On vire au 165° sur 1,65 M jusqu’à couper la ligne de sonde des 100M (on longe la côte ouest de Paxos qui semble abrupte sur la carte jusqu’à Lakka, 13h48 ). On suit alors la ligne des 100m en longeant la côte jusqu’à voir plein est le milieu du chenal entre Paxoi et Andipaxoi (3,7M, 14h25). On oblique au 090° pour passer au nord de la pointe d’Ak Khedros qui ferme au sud le passage (2,42M, 14h49), puis au 019° sur 0,4M (4 minutes, on doit voir se fermer la côte sud de Paxoi) avant de prendre au 321° sur 1,97 M et arriver ainsi à l’est du grand phare de Nisis Panayia (26m, 15h12). On continue sur ce même cap jusqu’à aligner l’écueil Nisos Lithari et le phare dans le 225° (une minute), puis on prend au 270° jusqu’à aligner la tourelle rouge sur la côte de Panaya et le phare (on touche la ligne des 50m à ce moment-là, 0,22 M, 2 minutes). Réduire à 4 kt. De là on aligne au 206° l’église et la tour sur Nisis Ay Nikolaos (0,24 M, 3,2 minutes) jusqu’aux fonds de 25m. A partir de là on n’a plus d’alignement. Mettre un veilleur à l’avant pour surveiller les fonds. Aller au 251° sur 0,23 M (3,1 mn) jusqu’à dépasser la tourelle bâbord rouge ; 168m au 170° nous mènent au quai de Gaios. Arrivée à Gaios (Paxoi) à 15h20. Total de la journée : 47 M. Avitaillement incertain (dimanche).

 

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Samedi 28 décembre : départ à 7h30. 166m au 347 pour rejoindre la tourelle rouge bâbord d’entrée du port. Penser à sonner de la corne de brume avant le virage. On prend ensuite au 068° sur 0,24 M jusqu’à rejoindre le back transit entre l’église et la tour d’Ay Nikolaos (3,1 mn à 4 kt) puis on suit ce même back transit jusqu’à couper la ligne des 50 m ou voir largement ouverte à l’est la côte nord de Nisos Panaya (0,24 M, 3,1 mn, on aligne alors la tourelle rouge en bord de côte et le phare de Panayia). On prend alors au 090° sur 0,21 M pour déborder largement l’écueil de Nisos Lithari jusqu’à sortir par le haut de la ligne des 20m (environ 9 à 10 mn depuis le départ, 7h40). On prend alors sur 29,8 M au 123° à 6 kt. 10 mn pour hisser les voiles. A 8h58 on voit au 270 le feu au sud d’Andipaxoi.  A 12h37 on arrive à l’entrée du chenal qui mène à Preveza. 10 mn pour baisser les voiles. 

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On suit à 4 kt l’alignement des phares au 066° sur 1,52 M – on est dans le chenal entre les bouées, 23 mn à 4 kt, 13h10. De là on sort de l’alignement au 026° sur 0,46M en visant la dernière bouée rouge (pas de verte en face) et en ne touchant jamais la ligne des 10m (6 minutes). On laisse à bâbord la bouée rouge pour viser l’entrée du port (339° sur 0,58 M, par brouillard ou de nuit transit entre la rouge et la verte d’entrée de port, laisser la verte légèrement à droite de la rouge, 8 minutes). Arrivée à Preveza à 13h25. Total de la journée 32,1 M. Avitaillement possible, pain frais. A 3 M au nord de Preveza se trouvent les ruines de Nikopolis, cité construite par Octave pour célébrer sa victoire sur Marc Antoine et Cléopâtre à la bataille d’Actium (31 av. JC), qui règle le sort des guerres civiles romaines. De cette ville importante dotée de trois ports il reste un grand théâtre, une villa, des murs et un intéressant musée.

Changement d'équipage à 14h30. Avitaillement à 15h avec le nouvel équipage. Safety brief à 18h, dîner à 20h30, nuit à bord.

Total de la semaine : 333 M en pasant par la côte est de Corfou et Piriti, 378 M en faisant le tour complet de Corfou.

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My first contact with Greece was a "one-way" from Lavrio in the Aegean Sea to Lefkada via the Gulf of Corinth. It was late June / early July 2014. Since I have often returned sailing in Greece: it is a country that I love, rich in history and where people are welcoming. I explored many sectors: Peloponnese, Cyclades, Dodecanese, etc. It was in April 2018 that I had the idea of ​​this cruise connecting Corfu to the Saronic Gulf, passing by extraordinary places, rich of history and beauty, with the passage of the Canal of Corinth and the visit of Epidaurus, that of Delphi and Pargas, a night in Ithaca, etc. This cruise was so beautiful that I made it a second time in the fall of 2018, and that I wanted to offer it for Christmas and New Year's Day 2019. You can spend with us two weeks:

- the week from Saturday 21 to Saturday 28 December 2019: Athens - Corinth Canal - Trisonia - Vathi (Ithaca) - Pargas - Mourthos - Corfu - Gaios - Preveza (335 M), and / or

- the week from Saturday, December 28 to Saturday, January 4, 2020: Preveza - Nisis Oxia - Navpaktos - Itea - Corinth - Epidhavros - Athens (234 M).

Below you will find the detailed navigation plan of the first week, from Athens to Preveza. The detailed navigation plan for the second week will be published in a few days.

Corfou-Town 3 novembre 2018

 

From Saturday, December 21 to Saturday, December 28, 2019 I offer to crew a superb cruise to discover Greece, the Golde fe Corinth and the Ionian Sea. We will have a Cyclades 50.5 (15.62 m) equipped with all comforts: ci! Nq double cabins, three cabinets WC / showers, 220V converter, refrigerator, internet access on board possible, mainsail batten with electric winch and genoa on reel, bow thruster, MP3 plug - iPod, etc. From the Marina of Alimos-Kalamaki (Athens) we will cross the Corinth Canal, and will stop at Corinth, Trisonia, Vathy (Ithaca, the island of Ulysses), Pargas (beautiful citadel built by the Normans), Mourthos and the very beautiful bays of the Sivota Islands, Corfu, then the pretty protected village of Gaios and finally Preveza, seaside resort near which took place the battle of Actium between the galleys of Octave and those of Cleopatra. We will also have some great opportunities to swim (the water temperature in Preveza in December is between 18.9 ° C and 20 ° C).

NB: For those who want a two-week cruise, the return of Preveza to Athens will allow us to discover Navpaktos (the old Lepanto), Delphi and Epidaurus (navigation plan published in a few days).

We are looking for teammates. Cool atmosphere (discover, improve in a pleasant and joyful atmosphere). Participation costs: 450 euros for a team member occupying a double cabin, the same price for a couple or two friends (225 euros per person), plus food. We will do a little over 335 M in the beautiful and varied landscapes of the Gulf of Corinth and the Ionian Sea: ports, anchorages, visits, swimming, etc. We will have two nights of navigation; shifts (optional) will always be two or three. Discovery of astro navigation, night navigation, etc. Participation in the maneuvers requested, but nothing is imposed. This voyage of initiation and discovery of the world of sailing trip is intended primarily for the training of team members of the T2A expedition. Very varied, it will allow them to discover the different maneuvers of port, day and night, the dead bodies, the anchorages, maneuvers of man with the sea with the sail as with the engine (we will recover all that will float on our way), etc. The boat being large, we also open this cruise to non-members of the expedition. We will be in school holidays, children and beginners are welcome. Sailing with your family is always happiness! We will also participate in a marine animal counting program.

Corfou, le port de Mandraki, 27 avril 2018 (Ph Bensimon)

Photos : Itinéraire de la croisière d'Athènes à Corfou puis Preveza et retour sur OpenCPN ; Maisons décorées de l'Esplanade et cruches peintes prêtes à être jetées des balcons, tradition du Samedi Saint à Corfou ; CorfouSatellite ; Le Bavaria 49 Hellas Fos utilisé lors de nos deux précédentes croisières de Corfou à Epidaure et retour (2018) ; L'entrée du canal de Corinthe côté Posidonia, 27 octobre 2018 ; Navigation de nuit dans le canal de Corinthe, 28 octobre 2018 (1 à 3) ; Canal de Corinthe, sortie de nuit côté Posidonia, 28 octobre 2018 ; Corinthe, le port 010714 ; En route vers Ak Melangavi, 1er juillet 2014 ; Navigation entre Corinthe et Trizonia 291018  ; Trizonia ; Le pont entre Rion et Andirion 020714 ; Mouillage dans la baie Est de Nisis Oxia, 4 juillet 2014 ; Lever du jour dans la baie Est de Nisis Oxia, 4 juillet 2014 ; Tête d’Ulysse, sculpture grecque du iie siècle av. J.-C., trouvée dans la Villa de Tibère à Sperlonga ; Ithaki-Vathy (Bathy) ; Ile de Panagia dans la baie de Parga ; Parga, panorama ; Départ du port de Mourtos, 21 octobre 2018 ; La baie de Gouvia ; Paxos Gaios town ; Port of Gaios in Paxos ; The Battle of Actium, by Laureys a Castro (1672), Oil Paint in National Maritime Museum of Greenwich, London (Director's Office) ; The Roman Odeon of Nicopolis .

Auteurs : Maisons décorées de l'Esplanade et cruches peintes prêtes à être jetées des balcons, tradition du Samedi Saint à Corfou : Kett ; CorfouSatellite : Siren at French Wikipedia ; Paxos_gaios_town_bgiu : Bogdan Giuşcă ; Port of Gaios in Paxos : NikoSilver ; The Roman Odeon of Nicopolis : Bgabel ; Trizonia1 : Costas78 ; Tête d’Ulysse, sculpture grecque du iie siècle av. J.-C., trouvée dans la Villa de Tibère à Sperlonga : Jastrow ; Ithaki-Vathy : originally posted to Flickr ; Ile de Panagia dans la baie de Parga : Theudbald ; Parga, panorama : Γιάννης Χουβαρδάς ; La baie de Gouvia : auteur Marc Ryckaert (MJJR). Autres photos : Philippe Bensimon.

 


20 septembre 2019

Quinze jours de réchauffement climatique — Fifteen days of global warming

2019_Pacific_typhoon_season_summary (auteur:author Meow)

Réchauffement climatique. Quelques infos glanées ces jours derniers sur les journaux télévisés (en vrac).

Trop chaud :

  • 1.500 personnes ont perdu la vie dans la canicule de cette année. C'est dix fois moins qu'en 2003 d'après la ministre de la santé. Les personnes âgées de plus de 75 ans ont été particulièrement touchées. Quelques décès ont aussi été enregistrés dans le monde du travail.
  • 328.000 hectares brûlés depuis le début de l'année : c'est en Indonésie, où une saison particulièrement sèche a favorisé les incendies. 

Trop venté :

  • Dorian : 500.000 habitants privés d'électricité samedi soir 7 septembre dans les provinces maritimes du Canada. L’ouragan Dorian, rétrogradé en puissante tempête post-tropicale juste avant de toucher terre dans la région d’Halifax, a causé d’importants dommages dans la journée de samedi et la nuit dernière (Source : Radio Canada, 8 septembre 2019). La région d'Halifax au Canada, a été touchée avec des vents pas trop violents : 140 km/h.  

  • Au même moment (dimanche 8 et lundi 9 septembre), Tokyo voyait s'abattre sur elle un violent cyclone tropical, Faxai,avec des vents à 216 km/h, tout à fait exceptionnels sur cette ville habituellement protégée des typhons. Les autorités ont mis en garde les habitants contre des vents et des précipitations qui pourraient atteindre un niveau « historique ». Les autorités ont recommandé l'évacuation de près de 340.000 personnes (sources : 20 Minutes avec AFP (8 septembre) puis Europe 1 (9 septembre).

Pas assez  d'eau: 

  • Il faut une tonne d'eau pour faire pousser un kg d'avocat. Au Chili, la culture des avocats se fait au détriment des populations locales qui manquent d'eau.

  • A Paris il n'a pas plu depuis le 10 avril (JT 13h A2 16/09/19). 

  • 85 départements français sont actuellement en restrictions sécheresse

  • La métropole Lilloise à la recherche d'eau : ses nappes phréatiques traditionnelles sont à sec et il faut aller chercher l'eau douce plus loin (JT 13h A2 16/09/19).

  • Le débit de l'Ardèche est devenu très faible, et la partie amont n'est plus ouverte à la descente en canoë (JT 13h A2 16/09/19). Le canal qui relie la Champagne à la Bourgogne a du être fermé à cause du manque d'eau pour la première fois depuis sa création en 1916 (JT 20h A2 16/09/19).

Trop d'eau :

  • Les inondations, qui frappent les régions espagnoles d’Andalousie, Valence, Murcie et Castille-La-Manche depuis jeudi 12 septembre 2019, ont déjà fait six morts le 14 septembre, tandis qu’au moins 3 500 personnes ont été évacuées. (source : La Croix (et AFP) le 14 septembre 2019). C’est « une situation dramatique », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska.3.000 militaires et membres des forces publiques restaient mobilisés pour les opérations de secours, tandis que le président de la région de Murcie, Fernando Lopez Mirasannonçait à la télévision : « La situation reste critique. Et je demande s’il vous plaît que personne ne sorte de chez soi ». Le journal La Croix rappelle que « En octobre 2018, des inondations avaient fait 13 morts sur l’île de Majorque, où des habitants avaient été surpris par la montée des eaux d’un torrent après des pluies diluviennes. ». Ce soir (15 septembre), les pluies diluviennes commencent à toucher Madrid. 

Trop de déchets :

  • 80 % des déchets arrivent en mer par les fleuves. En 2050, dans l'océan la masse du plastique dépassera celle des organismes vivants. « I clean my sea » est la start up d'un océanographe qui demande aux usagers de signaler sur l'application du même nom les zones de concentration des plastiques en mer. Trois bateaux viendront ensuite les collecter. L'appli est à télécharger (source : France 3, JT 19h35, 07/09/2019).
  • 300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde. Seules 10 % sont recyclées. L'association Plastic Attack commence des opérations de sensibilisation dans des grandes surfaces, avec un spectaculaire « Monsieur Poubelle » vêtu de déchets plastiques, histoire de sensibiliser les Français, qui jettent en moyenne 4 kg de plastique à la poubelle chaque mois. L'ONG propose aussi aux clients arrivés aux caisses de « déshabiller » leurs courses de leurs emballages de plastique et de laisser ceux-ci dans le magasin (source : A2, 14h44, 14/09/19). Mais que les plastiques finissent dans la poubelle des clients ou dans celle du magasin ne changera rien à l'affaire : les plastiques ne disparaîtront pas pour autant. La seule vraie question est celle du recyclage du plastique, très insuffisant aujourd'hui (NDR).
  • Au moment où les prix des fruits et légumes explosent (+30 % par rapport à la même période l'an dernier), on découvre que les fruits découpés sont à la fois mauvais pour la santé et mauvais pour l'environnement. Les morceaux d'ananas contiennent dix fois moins de nutriments et coûtent huit fois plus chers que le fruit initial. Ils génèrent une pollution par les plastiques (100.000 barquettes plastiques vendues tous les jours en France uniquement pour la « fraîche découpe »), et sont rincés de façon tout à fait légale (!!!) à l'eau de Javel. Problème : si l'eau de Javel est ensuite éliminée, le chlore au contact des fruits produit des dérivés dangereux qui eux restent dans le fruit découpé : chloroforme, etc. (source : « Fruits découpés, le grand gâchis », une enquête de Marie Fortunato, diffusée ce samedi 14 septembre à 14 heures sur France 2, durant le magazine hebdomadaire Tout compte fait, présenté par Julian Bugier).  

Nous avons volontairement passé sous silence tous ce qui concerne durant ce début septembre deux sujets fondamentaux :

- les migrants, sur lesquels nous reviendrons, le sujet ayant nettement évolué durant cette quinzaine

- le prochain rapport du GIEC, dont ne parlerons pas avant sa sortie le mercredi 25 septembre.

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Faxai_2019-09-08_0145Z (auteur:author Nasa)

Some news gleaned these days on the television news (in bulk):

Too hot :

1,500 people lost their lives in this heat wave. This is ten times less than in 2003 according to the Minister of Health. People over the age of 75 have been particularly affected. Some deaths have also been recorded in the world of work.
328,000 hectares burned since the beginning of the year: it is in Indonesia, where a particularly dry season has favored fires.

Too windy:

Dorian: 500,000 inhabitants deprived of electricity Saturday night September 7 in the Maritime provinces of Canada. Hurricane Dorian, downgraded into a powerful post-tropical storm just before landing in the Halifax area, caused significant damage on Saturday and last night (Source: Radio Canada, September 8, 2019). The Halifax area in Canada was hit with not too strong winds: 140 km / h.

At the same time (Sunday 8 and Monday 9 September), Tokyo was hit by a violent tropical cyclone, Faxai, with winds to 216 km / h, quite exceptional in this city usually protected from typhoons where authorities have warned residents against winds and precipitation that could reach a "historic" level. The authorities have recommended the evacuation of nearly 340,000 people. (source: 20 Minutes with AFP (September 8) then Europe 1 (September 9).

Not enough water:

It takes a ton of water to grow a kg of avocado. In Chile, avocado cultivation is detrimental to local people who lack water.

In Paris it has not rained since April 10 (JT 13h A2 16/09/19).

85 French departments are currently in drought restrictions

The Lille metropolis in search of water: its traditional water tables are dry and it is necessary to go for fresh water further (JT 13h A2 16/09/19).

The flow of the Ardèche has become very low, and the upstream part is no longer open to canoeing (JT 13h A2 16/09/19). The canal linking Champagne to Burgundy had to be closed because of the lack of water for the first time since its creation in 1916 (JT 20h A2 16/09/19).

Too much water:

The floods, which hit the Spanish regions of Andalusia, Valencia, Murcia and Castilla-La Mancha since Thursday, September 12, 2019, have already killed six people on 14 September, while at least 3,500 people have been evacuated. (source: La Croix (and AFP) on September 14, 2019). This is "a dramatic situation," said Interior Minister Fernando Grande-Marlaska.3,000 soldiers and members of the public forces remained mobilized for relief operations, while the president of the region of Murcia, Fernando Lopez Mirasannonaient on television: "The situation remains critical. And I ask that nobody leave home. " La Croix recalls that "In October 2018, floods had killed 13 people on the island of Majorca, where people had been surprised by the rising waters of a torrent after heavy rains. ". Tonight (15 September), the torrential rains begin to affect Madrid.
Too much waste:

80% of the waste arrives at sea by the rivers. In 2050, in the ocean the mass of plastic will exceed that of living organisms. "I clean my sea" is the start-up of an oceanographer who asks users to report on the application of the same name areas of concentration of plastics at sea. Three boats will then collect them. The app is to download. Source: France 3, JT 19:35, 07/09/2019).
300 million tons of plastic are produced each year worldwide. Only 10% is recycled. The association Plastic Attack begins sensitization operations in supermarkets, with a spectacular "Monsieur Poubelle" dressed in plastic waste, just to educate the French, who throw an average of 4 kg of plastic in the garbage every month. The NGO also suggests that customers arriving at the crates "undress" their errands with their plastic packaging and leave them in the store (source: A2, 14:44, 14/09/19). But that plastics end up in the trash of customers or in that of the store will not change the case: the plastics will not disappear. The only real question is the recycling of plastic, which is not enough today.

At a time when the prices of fruits and vegetables are exploding (+ 30% compared to the same period last year), we discover that the cut fruits are both bad for health and bad for the environment. Pieces of pineapple contain ten times less nutrients and are eight times more expensive than the original fruit. They generate pollution by plastics (100,000 plastic trays sold daily in France only for "fresh cutting"), and are rinsed quite legally (!!!) with bleach. Problem: If the bleach is then removed, the chlorine in contact with fruits produces dangerous derivatives that remain in the cut fruit: chloroform, etc. (source: "Fruits cut, the big mess" An investigation by Marie Fortunato, broadcast this Saturday, September 14 at 14 hours on France 2. During the weekly magazine Tout compte fait, presented by Julian Bugier.).
We have deliberately ignored all that concerns during this early September two fundamental topics:

- the migrants, to which we will return, the subject having clearly evolved during this fortnight

- the next IPCC report, which will not be discussed before its release on Wednesday 25 September.

Photos : 2019_Pacific_typhoon_season_summary (auteur/author Meow). This map shows the tracks of all tropical cyclones in the 2019 Pacific typhoon season. The points show the location of each storm at 6-hour intervals. The colour represents the storm's maximum sustained wind speeds as classified in the Saffir-Simpson Hurricane Scale, and the shape of the data points represent the type of the storm ; Faxai_2019-09-08_0145Z (auteur/author Nasa)

16 septembre 2019

Croisières d'entraînement en Grèce à Noël 2019 et au Jour de l'an - Training cruises in Greece - Christmas 2019 & New Year's Day

La phare d'Ak Melangavi 291018 DSCN8577

Le canal de Corinthe de nuit, à bord du Bavaria 49 Hellas Fos, 281018 DSCN8557

Lever de soleil sur la baie d'Epidhavros 281018 DSCN8514Deux nouvelles croisières d'entraînement : nous partirons en Grèce pour deux semaines, à Noël et au Jour de l'an. D'Athènes, nous passerons le canal de Corinthe, traverserons le golfe de Corinthe et remonterons les îles de la mer Ionienne jusqu'à Corfou, avant de revenir à Athènes avec d'autres escales qu'à l'aller. Nous en profiterons pour visiter des endroits superbes : Delphes, Epidaure, Navpaktos, etc. 

Nous aurons durant ces deux semaines un Cyclades 50.5 (15,52 m) bien équipé, avec glacière dans le cockpit, propulseur d'étrave et winch électrique. Les draps et couvertures sont fournis avec le bateau. Le bateau comporte six cabines doubles, dont quatre "à plat" et deux à couchettes superposées, trois cabinets de toilette WC/douche plus un WC dédié à la cabine avant, douche de pont, moteur inboard 100 HP, etc. 

Nous disposerons d'une réserve d'eau de 930 litres, et d'une réserve de fuel de 430 litres.

Capture d’écran 2019-09-16 à 13

Capture d’écran 2019-09-16 à 13

Two new training cruises: we will go to Greece for two weeks, Christmas and New Year's Day. From Athens, we will cross the Corinth Canal, cross the Gulf of Corinth and go up the islands of the Ionian Sea to Corfu, before returning to Athens with other stops than the first leg. We will take the opportunity to visit some beautiful places: Delphi, Epidaurus, Navpaktos, etc.

We will have during these two weeks a Cyclades 50.5 (15.62 m) well equipped, with icebox in the cockpit, bow thruster and electric winch. Sheets and blankets are provided with the boat. The boat has six double cabins, four of which are "flat" and two with superimposed berths, three WC / shower stalls plus a dedicated front cabin toilet, deck shower, 100 HP inboard engine, etc.

We will have a water reserve of 930 liters, and a fuel reserve of 430 liters.

Capture d’écran 2019-09-16 à 13

Capture d’écran 2019-09-16 à 13

Capture d’écran 2019-09-16 à 13Photos : le phare d'Ak Melangavi, 28 octobre 2018 (Auteur/Author : Philippe Bensimon) ; à la tombée du jour dans le canal de Corinthe, 29 octobre 2018 (Auteur/Author : Philippe Bensimon) ; Lever du jour dans la baie d'Epidhavros, 10 novembre 2016 (Auteur/Author : Philippe Bensimon). Le Cyclades 50.5 (1 à 5) ; Plan d'aménagement du Cyclades 50.5. Les photos du bateau et son plan d'aménagement sont publiés avec l'autorisation du loueur du bateau.

Capture d’écran 2019-09-16 à 13

 

14 septembre 2019

L'expédition Tour des deux Amériques au micro de Séquence Fm - T2A expedition at the microphone of Sequence Fm

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Philippe Bensimon, Yves Crouzet le responsable de l'émission et Virginie Duhamel, annécienne et membre active de l'expédition Tour des deux Amériques, réunis tous les trois devant un micro : c'était avant-hier et c'était à Argonay, à côté d'Annecy. La station de radio Séquence Fm ouvrait pour le seconde fois ses portes à l'expédition Tour des deux Amériques. L'occasion de parler durant une heure des derniers développements du réchauffement climatique et de l'importance des actions comme les nôtres de par le monde.

Yves Crouzet devrait nous envoyer prochainement le fichier de l'émission. Vous le retrouverez ici-même dans quelques jours.

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Philippe Bensimon, Yves Crouzet the director of the show and Virginie Duhamel, Annecy and active member of T2A expedition, gathered all three in front of a microphone: it was on September 12 and it was in Argonay, next to Annecy. The Sequence Fm radio station opened for the second time at T2A expedition. The opportunity to talk for an hour about the latest developments in global warming and the importance of actions like ours around the world. Yves Crouzet should send us the file of the show soon. You will find it here in a few days.

Photos : Virginie Duhamel, Philippe Bensimon et Yves Crouzet à Séquence Fm, 12 septembre 2019 (auteur/author : Virginie Duhamel) ; Virginie Duhamel et Philippe Bensimon à Séquence Fm, 12 septembre 2019 (auteur/author : Yves Crouzet).

09 septembre 2019

Expédition Tour des deux Amériques : 100 membres navigants - Tour expedition of the two Americas: 100 crew members and skippers

L'expédition Tour des deux Amériques porte son équipage navigant à 100 personnes : Marie Zion et Marion Martinez viennent de rejoindre l'équipe de l'expédition. Marie Zion est aussi le vingt-cinquième membre du Groupe plongée de l'expédition. Vous trouverez ci-dessous leurs profils.

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Marie Zion 

Diplômée d’un double master en biologie et océanographie, Marie (photos ci-dessus) poursuit sa passion pour l’océan en obtenant 2 niveaux de plongée (PA 20 et PE40) et 3 certifications de conservation marine sur la replantation des coraux Thaïlandais. Sauveteuse sur les plages landaises depuis 10 ans (titulaire du BNSSA), c’est aussi le secourisme, la cohésion d’équipe et l’adrénaline des interventions qui l’animent. Voyager, découvrir et informer les populations sur l’avenir de la planète est pour elle devenu une priorité. Son anglais est courant et elle détient le permis côtier.

Marion Martinez

Marion (photos ci-dessous) est dotée d'une énergie communicative, qui l'aide à embarquer son entourage professionnel et personnel dans ses projets. Toujours positive, profondément engagée, elle travaille depuis plusieurs années dans la RSE, et consacre beaucoup de son temps libre à la protection des océans, notamment avec l'association Sea Shepherd dont elle est bénévole depuis 2018. Conférencière, trois fois marathonienne, boxeuse depuis 2010, Marion est une battante qui se dépasse dans le sport, pour le climat, et pour les animaux. A bord, sa bonne humeur, sa débrouillardise et sa curiosité seront ses principales qualités.

Marion Martinez pour le blog

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The T2A expedition brings its crew members and skippers to 100 people : Marie Zion and Marion Martinez have joined the expedition team. Marie Zion is also the twenty-fifth member of the Expedition Diving Group. You will find their profiles below.

Marie Zion. Graduate of a double master in biology and oceanography, Marie (first two photos) continues her passion for the ocean by obtaining 2 levels of diving (PA 20 and PE40) and 3 marine conservation certifications on the replanting of Thai corals. Lifeguard on the beaches of the Landes for 10 years (holder of the BNSSA), it is also the first aid, the team cohesion and the adrenaline of the interventions that animate it. Traveling, discovering and informing people about the future of the planet has become a priority for them. Her English is fluent and she holds the coastal license.

Marion Martinez. Marion (last two photos) is endowed with a communicative energy, which helps her to embark her professional and personal entourage in her projects. Always positive, deeply committed, she has worked for several years in CSR, and devotes much of her free time to the protection of the oceans, especially with the Sea Shepherd association which she has been a volunteer since 2018. Speaker, three-time marathoner, boxer since 2010, Marion is a fighter who excels in sport, for the climate, and for animals. On board, his good humor, his resourcefulness and his curiosity will be his main qualities.

Photos : Marie Zion (1 et 2) ; auteur/author : photothèque Marie Zion. Marie Martinez (1 et 2) ; auteur/author : photothèque Marie Martinez.


06 septembre 2019

Réchauffement climatique : la forêt européenne en mutation — Global warming : European forest is changing

Incendies à la frontière entre Espagne et Portugal 5 septembre 2019 (auteur:author Sophie Mami) Resized_2-2

Les fortes chaleurs de ces derniers mois et les incendies criminels ont fait leur lot de dévastation dans les pays du sud de l'Europe, et notamment en Espagne et au Portugal. La photo ci-dessus a été prise hier à la frontière entre les deux pays par l'une des membres de notre association.

En France, les incendies sévissent également : 120 pompiers étaient mobilisés hier matin : les flammes ont menacé des habitations à Banyuls-sur-mer. L'après-midi quatre Canadair étaient toujours en rotation mais l’incendie était fixé. Dans l’Aude 150 ha de pinède ont brûlé près de Carcassonne, 350 pompiers restaient hier sur place pour éviter une reprise du feu. Des flammes qui prennent place dans des départements bien moins habitués aux incendies de l’été : en Charente-Maritime 150 ha d’une forêt de pins sont partis en fumée entre mercredi et jeudi après-midi à Bedenac où un brasier a ravagé la forêt de Lancôme ; et là aussi il faudra encore plusieurs jours pour parvenir à l’éteindre complètement.

Frederic Delport était hier après-midi l'invité du 14-17 de France Info. Voici une transcription de l'interview.

 « — Bonjour Frédéric Delport. Vous êtes le chef du département de la santé des forêts au ministère de l'agriculture c'est vrai qu'on a l'habitude d'assister à des départs de feu sur le bassin méditerranéen alors qu’en en Charente-Maritime ou l’Indre ça nous paraît plus inhabituel. Pensez-vous est-ce qu'on est là face à une situation inédite ou plus rare ? 

— Oui c’est une situation plus rare à laquelle on s’attendait parce qu’on avait des études, les chercheurs nous disaient : « avec le changement climatique le risque d’incendie va se déplacer du sud de la France où il est bien connu jusqu’au Nord ». Et c’est ça qu’on voit là, après deux années de sécheresse très fortes en 2018 et 2019.

— Donc là, on est clairement dans ls conséquences de la sécheresse de ces derniers mois ?

—Tout à fait.

— Et comment ça s’explique ? C’est parce que la forêt est fragilisée par ces fortes chaleurs ?

— Oui tout à fait. En fait les fortes chaleurs et la sécheresse déséchent la végétation, et à la fois le sous-étage et les arbres eux-mêmes sont beaucoup plus secs et donc beaucoup plus inflammables.

— Donc ça veut dire que vous vous attendez à ce que des départs de feux aient lieu dans un petit peu toutes les régions de France au cours des prochaines années ?

— C’est quelque chose à laquelle il va falloir se préparer, et adopter le genre de stratégie et d’organisation qu’on a pour l’instant dans le sud de la France ou dans les Landes, sur des territoires beaucoup plus grands.

— Ça veut dire quoi, des stratégies et une organisation, vous pensez à quoi ?

— Tout ce qui est lutte contre l’incendie, avoir des pistes pour accéder aux forêts, avoir des systèmes de stockage d’eau pour que les pompiers puissent s’approvisionner, avoir des systèmes aussi de surveillance pour détecter le plus tôt possible les départs de feux.

- Il n’y a pas de surveillance aujourd’hui adaptée à ce genre de risque lorsqu’on est dans la moitié nord de la France ? 

- La surveillance y est moins forte. On a la chance aujourd’hui qu’avec les moyens de communication et les téléphones portables le grand public peut aussi donner l’alerte très rapidement, mais il n’y a pas exactement le même système que dans le sud de la France où on a des équipes dédiées qui patrouillent en forêt pour détecter les départs de feux.

- Est-ce que toutes les forêts françaises sont menacées de la même manière ? J’imagine que ça dépend peut-être aussi du type de végétation ?

— Oui, tout à fait. Et ce qu’on voit, c’est que l’impact des sécheresses ne se traduit pas qu’en termes d’incendie. Il se traduit aussi en termes sanitaires. On a eu des gros dégâts sur les épicéas, sur les sapins, des rougissements ou des dépérissements un peu plus diffus sur le hêtre, on a aussi un effet direct de la sécheresse, c’est un peu un incendie sans feu si j’ose dire.

— Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la forêt manifeste qu’elle souffre de ces conditions climatiques ? 

— Oui, tout à fait. Et il faudra à l’avenir, quand on va la renouveler, qu’on arrive à la rendre moins vulnérable en mélangeant plus les essences, en faisant varier les provenances, en utilisant des provenances du sud de la France pour les implanter au nord, voire en introduisant des nouvelles essences. Il va falloir adapter la forêt dans le contexte du changement climatique.

— Donc ça veut dire que la forêt est en en train de changer complètement ?

— Elle va changer, oui, elle est en train petit à petit de changer et elle va changer dans les années qui viennent, c’est inéluctable. Et ce changement sera accompagné par l’homme. La forêt est très marquée par l’intervention humaine en France. Et c’est quelque part une chance parce que les chercheurs nous disent que les arbres ne se déplacent pas assez rapidement pour faire face à la rapidité du changement climatique actuel.

— Et quelles sont les essences qui sont les plus menacées ou qui pourraient à terme disparaître du territoire français à cause de ce changement climatique ? 

— C’est difficile de faire un constat national parce qu’en forêt c’est très important, le sol, les conditions micro-climatiques très locales, l’exposition. On voit bien quand on va en montagne, entre le versant exposé au sud et le versant exposé au nord on n’a pas du tout la même végétation. Mais les essences sur lesquelles il y a des inquiétudes, c’est l’épicéa en plaine par exemple, c’est le sapin à basse altitude - ça ne veut pas dire que ces deux essences sont condamnées en montagne. C’est aussi le hêtre dans les endroits les plus secs, Et ce qu’on a vu aussi cet été, ce sont des dégâts sur le pin sylvestre, et donc il va falloir vraiment être très attentifs à là où on implante les essences, et pas les mettre dans les endroits les plus secs, ou les plus exposés à la chaleur. »  (Source : 14-17 de France Info, jeudi 5 septembre 2019)

C'est en fait l'ensemble de la forêt européenne qui est en profonde mutation. En Belgique aussi on s'interroge sur la nécessité d'introduire de nouvelles essences, dont les cèdres de l'Atlas. Moins gourmandes en eau et résistant mieux à la sécheresse, on ne sait pas encore si ces espèces habituées à la chaleur résisteront correctement à des hivers plus froids que ceux auxquels elles sont habituées. Concernant les fameux cèdres de l'Atlas dont on parle beaucoup en ce moment quand il est question de reboisement, ils sont considérés par UICN comme en danger dans leur habitat naturel, en Algérie et au Maroc, où les habitants les ont utilisés longtemps pour le chauffage. Dits aussi  « cèdres bleus », ces cèdres de l'Atlas, différents des cèdres du Liban, sont présents en France dans les forêts du Lubéron.

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Cedrus_atlantica

The hot weather of recent months and the arson have caused devastation in the countries of southern Europe, especially Spain and Portugal. The photo above was taken yesterday at the border between the two countries by one of the members of our association.

In France, fires are also raging: 120 firefighters were mobilized yesterday morning: the flames threatened homes in Banyuls-sur-mer. Afternoon four Canadair were still in rotation but the fire was fixed. In Aude 150 ha of pine forest burned near Carcassonne, 350 firefighters remained yesterday on site to prevent a fire recovery. Flames that take place in departments much less used to the fires of the summer: in Charente-Maritime 150 ha of a pine forest went up in smoke between Wednesday and Thursday afternoon in Bedenac where a fire ravaged the forest Lancôme; and again it will take several days to completely extinguish it.

Frederic Delport was yesterday afternoon guest 14-17 of France Info. Here is a transcript of the interview.

 "- Hello Frédéric Delport. You are the head of the Department of Forest Health at the Ministry of Agriculture, it is true that we are used to witness fire starts in the Mediterranean while in Charente-Maritime or Indre it seems to us more unusual. Do you think we are here faced with an unprecedented or rarer situation?

- yes it is a rarer situation that we expected because we had studies, the researchers told us: "with climate change the risk of fire will move south of France where it is well known to the North and that's what we see here, after two years of drought very strong in 2018 and 2019.

- So, we are clearly in the consequences of the drought of recent months?

-Absolutely.

- And how does it explain? This is because the forest is weakened by these hot weather?

- Yes quite. In fact, the high temperatures and the dryness drain the vegetation, and both the understorey and the trees themselves are much drier and therefore much more flammable.

- So does that mean that you expect fire starts to occur in a little bit of all regions of France in the next few years?

- This is something that will have to be prepared, and adopt the kind of strategy and organization that we have for the moment in the south of France or in the Landes on much larger territories.

- What does it mean, strategies and an organization, what do you think?

- Everything that is firefighting, have tracks to access forests, have water storage systems so that firefighters can stock up, have systems also monitoring to detect as early as possible departures of fires.

- There is no surveillance today adapted to this kind of risk when one is in the northern half of France?

- The surveillance is less strong. We are lucky today that with the means of communication and mobile phones the general public can also give the alert very quickly, but there is not exactly the same system as in the south of France where has dedicated teams patrolling the forest to detect fire departures.

- are all French forests threatened in the same way? I guess it might also depend on the type of vegetation?

- Yes quite. And what we see is that the impact of droughts is not just a fire. It is also translated in sanitary terms. We had a lot of damage on the spruces, on the fir trees, redness or dieback a little more diffuse on the beech, it also has a direct effect of the drought, it is a little fire without fire if I dare say.

- What does it mean ? Does it mean that the forest shows that it suffers from these climatic conditions?

- Yes quite. And it will be necessary in the future, when we will renew it, that we manage to make it less vulnerable by mixing more species, by varying the provenances, using provenances from the south of France to implant them in the north, even introducing new species. We will have to adapt the forest in the context of climate change.

- So it means that the forest is changing completely?

- She will change, yes, she is gradually changing and she will change in the coming years, it is inevitable. And this change will be accompanied by the man. The forest is very marked by human intervention in France. And it's a bit of a chance because researchers tell us that trees are not moving fast enough to cope with the rapidity of current climate change.

- And which are the species that are most threatened or that could eventually disappear from French territory because of this climate change?

- It is difficult to make a national report because in the forest it is very important, the soil, micro-climatic conditions very local, exposure. It is clear when you go in the mountains, between the south-facing slope and the north-facing slope you do not have the same vegetation at all. But the species on which there are worries, it is the spruce in plain for example, it is the fir tree at low altitude - it does not mean that these two species are condemned in mountain. It is also the beech in the driest places, and what we saw also this summer, it is damage on the Scots pine, and so it will be necessary to be really attentive to where the implants are planted, and not put them in the driest places, or the most exposed to heat. (Source: 14-17 from France Info, Thursday, September 5, 2019)

It is in fact the whole of the European forest which is undergoing profound change. In Belgium, too, we are wondering about the need to introduce new species, including Atlas cedars. Less water-hungry and more drought-resistant, it is unclear whether these warm-weather species will withstand colder winters than they are accustomed to. Regarding the famous cedars of the Atlas, of which there is much talk at the moment about reforestation, they are considered by IUCN as endangered in their natural habitat, in Algeria and Morocco, where the inhabitants have used them for a long time heating. Also called "blue cedars", these cedars of the Atlas, different from the cedars of Lebanon, are present in France in the forests of Lubéron.

Photos : Incendies à la frontière entre Espagne et Portugal 5 septembre 2019 (auteur/author Sophie Mami) ; Cedrus_atlantica (attribution : CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=547598).jpg

05 septembre 2019

Giec - Rapport Océan et Cryosphère - fuites - informations erronées - IPCC - Ocean and Cryosphere - not validated informations

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Chers membres, 

Comme vous le savez peut-être déjà, le rapport spécial du GIEC sur l'Océan et la Cryosphère, pour lequel bon nombre d'entre nous ont porté un plaidoyer soutenu, a fuité dans la presse cet après-midi (29 août 2019, NDLR). Il ne s'agit pas de la version définitive qui est encore en cours de finalisation, et pour laquelle l'embargo sera levé le 25 septembre à 11h, au moment de la conférence de presse du GIEC à Monaco. 
Nous déplorons ce manque d'éthique professionnelle de la part des médias, qui relaient actuellement des informations non validées, et pour certaines erronées. Notre position est la suivante : malgré les nombreux appels des journalistes, nous ne commenterons pas le contenu du rapport tant que l'embargo ne sera pas levé
Nous avons dores et déjà partagé un message sur notre compte twitter @ocean_climate, que vous invitons à relayer. 
Dans le cadre de son groupe de travail DIFCO, la POC et un certain nombre de ses membres travaillent depuis plusieurs mois à la réalisation de fiches de vulgarisation de 6 grands thèmes Océan-climat abordés dans le rapport
Ces fiches seront rendues publiques le 25 septembre et seront un materiel de qualité duquel les journalistes pourront se saisir pour décrypter le contenu du SROCC. Nous reviendrons très prochainement vers vous à ce sujet afin de vous proposer une stratégie de diffusion de ces livrables.
Nous vous souhaitons une bonne fin de journée 
Bien à vous 
L'équipe de la Plateforme Océan et Climat 
-- 

Anaïs Deprez

Chargée de communication / Communication officer

 
Plateforme Océan et Climat / Ocean and Climate Platform
Maison des Océans
195 rue Saint-Jacques, 75005, Paris
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Dear members,


As you may already know, the IPCC's Special Report on the Ocean and the Cryosphere, for which many of us have made strong advocacy, leaked into the press this afternoon (August,29). This is not the final version that is still being finalized, and for which the embargo will be lifted on September 25 at 11 am, at the time of the IPCC press conference in Monaco.

We deplore this lack of professional ethics on the part of the media, which currently relays information that has not been validated, and for certain errors. Our position is that despite the many calls from journalists, we will not comment on the content of the report until the embargo is lifted.

We have already shared a message on our twitter account @ocean_climate, which you invite to relay.

As part of its DIFCO working group, the POC and a number of its members have been working for several months to produce extension sheets for six major Ocean-climate themes discussed in the report;

These cards will be made public on September 25 and will be a quality material from which journalists can seize to decrypt the content of SROCC. We will come back to you very soon on this subject in order to propose you a strategy of diffusion of these deliverables.

We wish you a good end of the day

Yours truly

The team of the Ocean and Climate Platform

-
Anais Deprez

Communication Officer / Communication Officer

Photo : Fécamp, janvier 2019. Auteur/author : Sophie Mami

01 septembre 2019

Réchauffement climatique : Le prix de la tranquillité — Global Warming: The price of tranquility

Views of Hurricane Dorian from the International Space Station - August 31, 2019 Dorian est passé ce dimanche 1er septembre en catégorie 5 et menace la Floride.

Un très court flash au JT de 13h d'Antenne 2 ce mercredi 28 août a dévoilé le contenu de la future « Convention citoyenne pour le climat », annoncée par Emmanuel Macron après le grand débat national.

250.000 appels téléphoniques sur des numéros tirés au sort sont passés en ce moment pour recruter 150 Français qui deviendront membres de cette convention. Le panel sur lequel les citoyens sont tirés au sort devra être représentatif de la société française. Ces citoyens seront grassement indemnisés : 

  • 86 € par jour pour chacun des six week-ends de deux jours et demi (vendredi après-midi inclus) prévus à Paris entre octobre et février,

  • frais de transport payés

  • frais d'hébergement

  • frais de restauration payés

  • indemnités de garde d'enfants payées

 Selon la journaliste d'Antenne 2, « Les citoyens auront toute latitude pour réfléchir à la question mais ils seront accompagnés par le comité de pilotage ». Une phrase qui en dit long sur l'indépendance et la créativité attendues de cette convention. Le co-président du Comité de gouvernance de la convention citoyenne, Thierry Puech confirme cette mauvaise impression : « Les citoyens qui composent cette convention citoyenne pour le climat pourront demander à rencontrer, auditionner, questionner des experts, des scientifiques, des académies, des acteurs et bien sûr on leur proposera des noms pour cela ». La journaliste d'Antenne 2 finit le flash en affirmant : « Les propositions citoyennes seront soumises au Gouvernement qui s'est engagé à en tenir compte ».

Petit calcul :

  • indemnités : 86 x 150 x 6 x 3 : 232.200 €

  • frais de transport : un petit calcul faux mais globalement correct montre que le territoire français est en moyenne situé à 310 km par la route de Paris (moyenne divisée par deux des distances à Paris de Bayonne, Dunkerque, Strasbourg et Nice). Cela représente pour nos 150 citoyens A 0,543 € par kilomètre (base véhicule moyen de 5 CV), on arrive à 558.000 km parcourus et un budget pour l'Etat de 302.994 euros.

  • Frais d'hébergement. En tenant compte du prix moyen d'une chambre d'hôtel à Paris, évalué à 138 € par Statista Research Department (mise à jour du 18 juillet 2019), et de deux nuits par week-end on arrive à un budget de 240.400 euros.

  • Frais de restauration. À Paris, un dîner complet pour deux, service inclus coûtait 60 euros, sans les boissons en 2015. (Statista Research Department (mise à jour du 1er septembre 2015). Le site Combiençacoute.net estime qu'en 2019 un dîner à Paris coûte bien 30 euros et un déjeuner 15 euros. Ce qui nous donne pour trois déjeuners et deux dîners par personne et par week-end un budget de 94.500 euros.

  • Indemnités de garde d'enfants. En 2016/2017, le tarif net moyen de garde d'enfants s’élève à 8,99€/heure en France selon une étude Yoopies portant sur 650 000 baby-sitters. 

  • D'après l'Insee (2019) 27 % des Familles sont monoparentales. A 9h de l'heure, tarif moyen d'une nounou à domicile, on arrive à 578 € par week-end de trois jours, soit 140.454 €.

Budget de l'opération pour les seuls membres de la convention : 1.018.546 €.

Ces chiffres sont bien sûr très approximatifs, mais estimer le budget alloué aux participants autour du million d'euros est correct. Est-ce tout ? Eh bien non. La société de sondage Harris Interactive, chargée de recruter les 150 participants, ne travaille pas gratuitement. Le comité, et tout un tas de personnes et de structures gravitent autour de la convention : experts, etc. Selon Le Point, repris le 29 août par Boulevard Voltaire, le budget total de l'opération est de quatre millions d'euros.

A quoi sert cette convention citoyenne sur le climat ?

On peut légitimement s'interroger sur l'intérêt de cette convention extrêmement coûteuse.

Nicolas_Hulot_-_Assemblée_nationale_16 mai 2018 Auteur:author Jacques Paquier

Nicolas Hulot, dont on peut penser qu'il a une bonne connaissance du dossier « Réchauffement climatique » de par son rôle de ministre de la Transition écologique et d'auteur du « Plan Climat » rédigé au début de son mandat, disait le 28 avril 2019 au micro de « 20h30 » : « On a tous les outils sur la table, technologiques, économiques, intellectuels, historiques ».

Le médecin et explorateur Jean-Louis Etienne, au micro de « 28 '» disait la même chose en d'autres termes : « Le temps n'est plus à la recherche, il faut agir » (cité de mémoire, Arte 11 septembre 2017).

Qu'attend-t-on donc de cette convention ? 

De nouvelles connaissances ? Certainement pas. Les membres de la convention ne sont pas des scientifiques, et ils n'ont ni le temps, ni les compétences, ni les moyens à leur disposition pour cela.

De stratégies d'action ? Sûrement pas. D'une part on a déjà tous les outils et on sait ce qu'il faut faire – hélas depuis longtemps. D'autre part, demander à cent cinquante personnes de réfléchir sur un sujet qu'ils ne connaissent pas et de se prononcer dessus, en les abreuvant de connaissances forcément parcellaires et tronquées – par le manque de temps et par la sélection annoncée des sources de connaissances – est la pire des façons de procéder. Dans le meilleur des cas on va arriver à réinventer la roue, une roue dont on connaît parfaitement l'existence. Dans l'immense majorité des autres cas on va aboutir à une roue carrée, un outil bancal et inefficace, voire contre-productif. Le grand public en France n'a qu'une vision très parcellaire du réchauffement climatique, et n’a aucune idée de l'horreur absolue que représente l'ensemble de ses effets. Si 150 personnes peu ou mal formées pouvaient faire mieux en dix-huit jours que des armées de scientifiques et d'ONG qui réfléchissent au problème depuis plusieurs lustres, ça se saurait.

Alors ? Pourquoi sacrifier quatre millions d'euros pour mettre en place un outil coûteux, dont on sait l'inefficacité certaine, et la probable dangerosité  – le gouvernement s'étant engagé à tenir compte d'avis sans doute du niveau de la roue carrée ? Sans compter le temps perdu alors que tout le monde sait l'urgence qu'il y a à agir sans attendre ? Les dernières réunions sont prévues en février, le temps que le rapport soit effectué et entre les mains du gouvernement, plusieurs mois vont encore s'écouler et le printemps sera largement passé.

Justement. Tout l'intérêt du gouvernement est là. Nous savons tous que la meilleure façon d'enterrer un projet est de dire à celui qui le présente : « faites-moi un rapport ». 

Alors qu'on se rapproche des élections (plus que deux ans et demi avant les prochaines présidentielles, cela va aller très vite), le gouvernement est pris entre deux feux : 

  • agir, avec la certitude de n'être pas réélu – car les mesures drastiques qu'il faut absolument prendre de façon de plus en plus urgente touchent aux libertés individuelles et sont très impopulaires, ou

  • ne pas agir, et se mettre à dos toute une vague d'ados, nourris des discours de Greta Thumberg et de Brune Poirson, qui en 2022 vont voter pour la première fois. Ces ados seront soutenus par tous les Français qui, pour la première fois, auront été touchés dans leurs bien et dans leur chair par le réchauffement climatique : ostréiculteurs de l'Etang de Thau, détenteurs de parcelles boisées en Alsace et dans les Vosges, acteurs du transport fluvial, viticulteurs et maraîchers, victimes d'épisodes cévenols qui réalisent qu'il y a un lien entre les catastrophes dont ils sont victimes et la température de la Méditerranée, apiculteurs dont la cire des ruches commence à fondre sous l'effet de la chaleur, retraités qui voient leurs maisons se fissurer, retraités dont les interdictions d'arroser mettent à mal jardins et potagers, etc.

Agir sans agir, ne rien faire tout en faisant semblant, c'est devenu le credo de tous les gouvernements de la planète, ou presque. Les Accords de Paris en sont la preuve, vaste pantalonnade organisée à l'échelon mondial dans laquelle 190 pays se sont empressés de trahir leur signature et leurs engagements vis à vis du climat – à commencer par la France qui a nettement augmenté ses émissions de gaz à effet de serre au lieu de les diminuer. 

C'est tout le sens du message que Greta Thunberg a lancé devant les députés de l'Assemblée nationale, le mardi 23 juillet 2019 : « Je suis convaincue que le plus grand danger ce n’est pas le fait d’être inactif. Le plus gros danger c’est lorsque les entreprises, les politiques, font semblant d’agir alors que rien n’est fait, sauf de belles campagnes de communication.

Aucun gouvernement (ou presque, seuls 5 pays sur 195 ont respecté les accords de Paris) ne veut que les consommateurs consomment moins (ce serait la fin de leurs recettes de TVA, des taxes professionnelles, des impôts sur les sociétés, etc. alors que tous ont contracté une dette énorme et ont besoin d'argent pour la rembourser. Et aucun gouvernement (ou presque) ne peut se permettre une baisse des rentrées fiscales liées aux taxes sur les produits pétroliers, notamment sur les carburants.

Taxes sur les carburants et taxe carbone :  

D'après Total, cité par Quentin Guéroult le 8 août 2019, les taxes représentent « la part la plus importante du prix du carburant ». L'an dernier, selon l'entreprise, les taxes perçues par l'Etat représentaient par exemple «63% du prix du Sans Plomb 95-E10 et 60% de celui du gazole » (in "Prix de l'essence : nouvelle hausse en août après la baisse de juillet", linternaute.com).

Lorsque vous achetez votre carburant, vous payez deux taxes différentes : la TVA, et la taxe intérieur de consommation sur les produits énergétiques (TICPE, ex-Taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers dont le nom a changé fin 2010 pour pouvoir taxer les agriculteurs qui mettaient de l'huile de colza dans leurs tracteurs). La TICPE est plus importante sur l'essence que sur le gazole. En mars 2019, la TICPE représentait près de 70 centimes sur l'essence, 60 centimes sur le prix d'un litre de gazole. La TICPE est la 4e recette de l’État après la TVA, l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés. En 2016, les recettes de TICPE (hors TICGN) se sont élevées, pour les produits pétroliers, à près de 28,5 milliards d’euros selon le ministère en charge de l'énergie. 

Enfin, d'autres taxes, payées celles-ci par les exploitants, finissent inéluctablement par se retrouver dans les prix des carburants : le,surcoût d’incorporation des biocarburants ou TGAP (Taxe générale sur les activités polluantes) par exemple.

La taxe carbone (aussi appelée Contribution Climat-Énergie ouCCE)

Depuis le 1er avril 2014, une contribution climat-énergie (CCE) est intégrée dans la TICPE. Elle s'élèvait à 44,6 € par tonne de CO2 émise en 2018 et à 55 /t CO2 en 2019. Le problème de cette taxe – comme de toutes les taxes en France – réside dans la règle dite de la « non affectation des recettes ». Issue du Principe d'universalité budgétaire et apparue sous la Restauration, cette règle est affirmée à l'article 18 de l'ordonnance du 2 janvier 1959. 

Elle interdit l'utilisation d'une recette déterminée pour le financement d'une dépense déterminée.

La célèbre « vignette automobile » a été ainsi créée en 1956 et annoncée pour garantir un revenu minimum à toutes les personnes âgées de plus de 65 ans, via un nouveau « Fonds national de solidarité ». Les personnes âgées ont très peu perçu des énormes recettes de cette taxe, ces recettes étant parties au « pot commun ». Il en va de même de la Taxe carbone. Ainsi, sur les recettes issues de la Taxe carbone qui ont été estimées à 3,8 Mds € en 2016, 3 Mds ont été affectés au financement du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), et ont été ainsi soustraits à leur objectif initial de lutte contre le réchauffement climatique. En 2018, la CCE a représenté 9,1 Mds €.

L'augmentation de 3 % de la Taxe carbone sur les carburants prévue à l'automne dernier était donc doublement de la poudre aux yeux.

D'une part on expliquait que cette augmentation était destinée à financer la lutte contre le réchauffement climatique (alors qu'on vient de voir que ce n'est pas le cas) ; d'autre part on expliquait que la hausse des prix allait entraîner une diminution des consommations d'énergies fossiles – alors que là non plus ce n'est pas le cas. Toutes les études montrent que l'élasticité des ventes de carburants par rapport au prix est extrêmement faible, d'autre part, l'exemple de l'Italie où les prix des carburants ont toujours été élevés montre que les italiens se sont toujours serré la ceinture à chaque hausse des prix du carburant mais n'ont jamais réduit leur consommation de façon significative, au motif qu'il faut bien mettre de l'essence dans le réservoir pour aller travailler, faire les courses, etc. Bref, double mensonge. 

Un mensonge intéressant et des Français peu motivés

Mensonge donc, mais mensonge intéressant. Car la révolte des Gilets jaunes n'a pas pris naissance dans la haine d'un gouvernement manipulateur, mais dans le refus des Français de payer quelques centimes de plus pour lutter contre le réchauffement climatique, dont ils perçoivent mal l'ampleur des dégâts présents et à venir. 

Ce sont ces mêmes Français peu motivés et peu informés auxquels on va demander leur avis sur la meilleure façon de lutter contre le réchauffement climatique. On a envie de dire : « De qui se moque-t-on ? ».

On en est donc là : pour gagner trois trimestres de « paix climatique » et se donner bonne conscience vis-à-vis des électeurs, le gouvernement français est prêt à dépenser quatre millions d'euros dans une manœuvre dilatoire. Et continuer à sacrifier en toute impunité des millions de personnes qu'on aurait pu sauver si on s'était donné la peine d'agir à temps.

Dans le même temps notre expédition scientifique et pédagogique Tour des deux Amériques peine à trouver les fonds pour acheter son bateau, toutes les instances gouvernementales contactées ayant toutes le même discours introductif : « on ne peut pas vous aider, on n'a pas d'argent ».

Lamentable.

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Emmanuel Macron at the Phare de Biarritz in Biarritz, France 24 août 2019 (Official White House Photo by Andrea Hanks)

A very short flash at the 1:00 pm newscast on Wednesday August 28 revealed the content of the future "Citizen Convention for the Climate", announced by Emmanuel Macron after the big national debate.

250,000 phone calls on drawn numbers have now been sent to recruit 150 French people who will become members of this convention. The panel on which citizens are drawn by lot will have to be representative of French society. These citizens will be highly compensated: € 86 per day for each of the two and a half day (Friday afternoon included) weekends planned in Paris between October and February, paid freight charges, accommodation costs, paid catering expenses, paid child care benefits.

 According to the Antenne 2 journalist, "Citizens will be free to think about the issue but they will be accompanied by the steering committee". A sentence that says a lot about the independence and creativity expected from this convention. The co-chair of the governance committee of the citizens' convention, Thierry Puech, confirms this bad impression: "The citizens who make up this citizen convention for the climate can ask to meet, audition, question experts, scientists, academies, actors and of course we will propose names for them. " The Antenne 2 reporter ends the flash by saying: "Citizens' proposals will be submitted to the Government which has undertaken to take them into account".

Small calculation: allowances: 86 x 150 x 6 x 3: 232.200 €. Transport costs: a false but generally correct calculation shows that the French territory is on average located 310 km by road from Paris (average divided by two distances to Paris from Bayonne, Dunkerque, Strasbourg and Nice). This represents for our 150 citizens A € 0.543 per kilometer (average vehicle base of 5 HP), we arrive at 558,000 km traveled and a budget for the state of 302,994 euros. Accommodation costs. Taking into account the average price of a hotel room in Paris, valued at 138 € by Statista Research Department (updated July 18, 2019), and two nights per weekend we arrive at a budget of 240,400 euros . Catering expenses. In Paris, a full dinner for two, service included cost 60 euros, without drinks in 2015. (Statista Research Department (updated 1 September 2015) .The site Quelleçacoute.net estimates that in 2019 a dinner in Paris costs well 30 euros and a lunch 15 euros which gives us for three lunches and two dinners per person and per week a budget of 94,500 euros. Childcare benefits. In 2016/2017, the average net childcare rate is € 8.99 / hour in France according to a Yoopies survey of 650,000 baby-sitters. According to INSEE (2019) 27% of families are single parents. At 9am, the average price of a nanny at home, we arrive at € 578 per weekend of three days, or € 140,454. Total of the operation (for the membrers of the convention): € 1,018,546. These figures are of course very approximate, but estimating the budget allocated to participants around one million euros is correct. Is that all ? Well no. The Harris Interactive polling firm, responsible for recruiting the 150 participants, does not work for free. The committee and a whole lot of people and structures revolve around the convention: experts, etc. According to Le Point, taken again on August 29 by Boulevard Voltaire, the total budget of the operation is four million euros.

What is the purpose of this citizen convention on climate?

One can legitimately wonder about the interest of this extremely expensive convention. Nicolas Hulot, who we can think that he has a good knowledge of the file "Global Warming" by his role as minister of ecological transition and author of the "Climate Plan" written at the beginning of his term, said April 28 2019 at the microphone of "20:30": "We have all the tools on the table, technological, economic, intellectual, historical". The doctor and explorer Jean-Louis Etienne, at the microphone of "28" said the same thing in other words: "Time is no longer in search, we must act" (Cité de mémoire, Arte September 11, 2017 ).

What is the expectation of this convention? New knowledge? Certainly not. The members of the convention are not scientists, and they have neither the time nor the skills nor the means at their disposal for that. Action strategies? Surely not. On the one hand we already have all the tools and we know what to do - alas for a long time. On the other hand, ask one hundred and fifty people to reflect on a subject they do not know and to decide on it, by watering them with knowledge necessarily fragmented and truncated - by the lack of time and the announced selection of sources of knowledge - is the worst way to proceed. In the best case we will succeed in reinventing the wheel, a wheel whose existence we know perfectly well. In the vast majority of other cases we will end up with a square wheel, a wobbly and ineffective tool, even counterproductive. The general public in France has only a very fragmented view of global warming, and has no idea of ​​the absolute horror of all its effects. If 150 people with little or poor training could do better in eighteen days than armies of scientists and NGOs who have been thinking about the problem for several decades, that would be known. So ? Why sacrifice four million euros to put in place an expensive tool, whose inefficiency is certain, and the probable dangerousness - the government having committed itself to take into account opinions of the level of the square wheel? Not to mention the time lost while everyone knows the urgency to act without delay? The last meetings are scheduled for February, the time the report is done and in the hands of the government, several months will still pass and the spring will be over. Exactly. All the interest of the government is there. We all know that the best way to bury a project is to tell the person who presents it: "report to me". As we approach the elections (more than two and a half years before the next presidential elections, it will go very quickly), the government is caught between two fires: act, with the certainty of not being re-elected - because the drastic measures that must be taken in an increasingly urgent way affect individual freedoms and are very unpopular, or not to act, and to set back a whole wave of teens, fed speeches of Greta Thumberg and Brune Poirson, who in 2022 will vote for the first time. These teens will be supported by all the French who, for the first time, have been affected in their good and in their flesh by the global warming: oyster farmers of the Etang de Thau, holders of wooded parcels in Alsace and in the Vosges, actors river transport, winemakers and market gardeners, victims of episodes Cevennes who realize that there is a link between the disaster of which they are victims and the temperature of the Mediterranean, beekeepers whose bee wax begins to melt under the effect of the heat, retirees who see their homes crack, retirees whose prohibitions to water undermine gardens and vegetable gardens, etc.

To act without acting, to do nothing while pretending, has become the credo of almost every government in the world. The Paris Agreements are proof of this, a vast global gathering in which 190 countries are eager to betray their signature and their commitment to the climate - starting with France, which has significantly increased its gas emissions. greenhouse effect instead of reducing them. This is the meaning of the message that Greta Thunberg made to the deputies of the National Assembly on Tuesday, July 23, 2019: "I am convinced that the greatest danger is not being inactive. The biggest danger is when companies, politicians, pretend to act when nothing is done, except beautiful communication campaigns. No government (or almost only 5 out of 195 countries have complied with the Paris agreements) wants consumers to consume less (this would be the end of their VAT revenues, business taxes, corporate taxes, etc. while all have incurred a huge debt and need money to repay it, and no government (almost) can afford a drop in tax revenues from taxes on petroleum products, including fuels.

Taxes on fuel and carbon tax:

According to Total, quoted by Quentin Guéroult on August 8, 2019, taxes represent "the most important part of the price of fuel". Last year, according to the company, the taxes collected by the State represented for example "63% of the price of lead-free 95-E10 and 60% of that of diesel" (in "Price of gasoline: new increase in August after the fall of July ", linternaute.com). When you buy your fuel, you pay two different taxes: the VAT, and the domestic consumption tax on energy products (TICPE, formerly the domestic tax on consumption of petroleum products whose name changed at the end of 2010 to be able to tax farmers who put rapeseed oil in their tractors). The TICPE is more important on gasoline than on diesel. In March 2019, the TICPE accounted for nearly 70 cents on gasoline, 60 cents on the price of a liter of diesel. The TICPE is the fourth state revenue after VAT, income tax and corporation tax. In 2016, TICPE revenues (excluding TICGN) amounted to nearly € 28.5 billion for petroleum products, according to the ministry in charge of energy. Finally, other taxes, paid by farmers, inevitably end up in fuel prices: the additional cost of incorporating biofuels or TGAP (General Tax on Polluting Activities) for example. 

The carbon tax (also called Climate-Energy Contribution or CCE) : Since 1 April 2014, a climate-energy contribution (CCE) has been integrated into the TICPE. It amounted to € 44.6 per tonne of CO2 emitted in 2018 and to 55 / t CO2 in 2019. The problem of this tax - as of all taxes in France - lies in the so-called "non-allocation" rule. recipes ". Resulting from the principle of budgetary universality and appeared under the Restoration, this rule is affirmed in Article 18 of the Ordinance of 2 January 1959. It prohibits the use of a given revenue to finance a particular expense. The famous "vignette automobile" was thus created in 1956 and announced to guarantee a minimum income for all people over 65, via a new "National Solidarity Fund". Older people have received very little revenue from this tax, as these receipts are part of the "common pot". The same is true of the carbon tax. Thus, of the revenue from the carbon tax that was estimated at € 3.8 billion in 2016, € 3 billion was allocated to the financing of the Competitiveness and Employment Tax Credit (CICE), and were thus away from their original goal of fighting global warming. In 2018, the CEC accounted for € 9.1 billion.The 3% increase in the carbon tax on fuels planned for last fall was therefore doubly powder.

On the one hand it was explained that this increase was intended to finance the fight against global warming (whereas we have just seen that this is not the case); on the other hand it was explained that the rise in prices would lead to a decrease in fossil fuel consumption - whereas that is not the case either. All the studies show that the price elasticity of fuel sales is extremely low, on the other hand, the example of Italy where fuel prices have always been high shows that Italians have always every fuel price increase but have never significantly reduced their fuel consumption, on the grounds that you have to put fuel in the tank to go to work, do the shopping, etc. In short, double lie.

An interesting lie and poorly motivated French

So lie, but interesting lie. Because the revolt of the Yellow Vests did not originate in the hatred of a manipulative government, but in the refusal of the French to pay a few cents more to fight against global warming, which they perceive badly the extent of the damage present and to come. It is these same French people who are not very motivated and uninformed and who will be asked their opinion on the best way to fight against global warming. We want to say: "Who are we laughing at? ". So we are here: to win three quarters of "climate peace" and to have a good conscience vis-à-vis the voters, the French government is ready to spend four million euros in a delaying maneuver. And continue to sacrifice with impunity millions of people who could have been saved if we had taken the trouble to act in time. At the same time our expedition is struggling to find the funds to buy his boat, all the government authorities contacted all having the same introductory speech: "we can not help you, we have no money".

Lamentable.

Sources : « https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/structuration-des-prix-de-l-essence-et-du-gazole-france », A2 JT 13h 28 août 2018,https://www.linternaute.com/auto/magazine/1419061-prix-de-l-essence-nouvelle-hausse-en-aout-apres-la-baisse-de-juillet-08-08-2019/, etc.

Vidéo : "Des caméras situées à l'extérieur de la Station spatiale internationale ont capturé des vues de l'ouragan Dorian le 31 août à 11 h 28, heure de l'Est, alors qu'il se retournait au-dessus de l'océan Atlantique. Selon le National Hurricane Center, la tempête, qui se déplace dans une direction généralement ouest avec des vents de 145 km / h, pourrait approcher du statut d’ouragan de catégorie 5, alors qu’elle se dirige vers la côte est de la Floride et peut éventuellement remonter la côte. côte sud-est la semaine prochaine. Téléchargez ces images: https://images.nasa.gov/details-jsc2019m000804_Hurricane_Dorian_190831.html Pour obtenir les dernières mises à jour des vues orbitales de l'ouragan Dorian depuis la NASA, visitez le site: https://blogs.nasa.gov/hurricanes/tag/dorian-. 2019 /" Auteur : Nasa

"Cameras outside the International Space Station captured views August 31 of Hurricane Dorian at 11:28 a.m. Eastern time as it churned over the Atlantic Ocean. The storm, which is moving in a generally westerly direction with winds of 145 miles an hour, may approach Category 5 hurricane status, according to the National Hurricane Center, as it makes its way toward the east coast of Florida and a possible ride up the southeastern seaboard next week. Download this footage: https://images.nasa.gov/details-jsc2019m000804_Hurricane_Dorian_190831.html For the latest updates on orbital views of Hurricane Dorian from NASA, visit: https://blogs.nasa.gov/hurricanes/tag/dorian-2019/" Author : Nasa.

Photos : Nicolas_Hulot_-_Assemblée_nationale_16 mai 2018 Auteur/author Jacques Paquier ; Emmanuel Macron at the Phare de Biarritz in Biarritz, France 24 août 2019 (Official White House Photo by Andrea Hanks) ; Dorian, 31 août 1019 (auteur/author : Nasa)

Dorian, 31 août 2019

 

26 août 2019

Macron à Biarritz : objectifs du président - place du climat dans le G7 - President's objectives and place of climate in the G7

Biarritz-Plage, 15 August 2011 (auteur:author Florian Pépellin)

Présentation du G7 de Biarritz par Emmanuel Macron, ce samedi 24 août 2019 à 13 heures :

« Quels sont à mes yeux les enjeux de ce G7 ? D'abord je crois que ce que légitimement vous attendez de nous est de pouvoir assurer la stabilité, la sécurité, la paix dans le monde. Nous allons discuter des grands conflits : l'Iran, la Syrie, la Libye, l'Ukraine. Ces sujets peuvent parfois vous paraître très loin, mais ils vous touchent au quotidien. Lorsque la France a été frappée par les attentats en 2015, ils avaient été préparés en Syrie par des djihadistes. Si demain l’Iran se dote de l’arme nucléaire nous serons directement concernés. Si le Moyen-Orient s’embrase nous serons touchés. Si nous n'arrivons pas à régler la situation en Libye nous continuerons à subir collectivement ce scandale des migrations à travers la Méditerranée et le déséquilibre de toute une partie de l'Afrique. Et donc sur ces sujets je veux que nous puissions obtenir des accords utiles : défendre la paix, éviter des escalades et nous mettre d'accord. Le deuxième grand enjeu de ce G7, ce sera la situation de l'économie mondiale, et là-dessus aussi ça vous concerne directement. Nous devons œuvrer pour avoir plus de croissance, créer davantage d'emplois et donc de mieux-être dans notre société. J'ai deux objectifs en votre nom durant ces quelques jours : d'abord convaincre tous nos partenaires que les tensions, en particulier les tensions commerciales, sont mauvaises pour tout le monde. Nous devons réussir à avoir une forme de désescalade, c'est-à-dire stabiliser les choses et éviter cette guerre du commerce qui est en train de s'installer partout. Ensuite je crois que nous devons aussi trouver les nouveaux moyens de faire de la vraie relance, c'est-à-dire de relancer cette croissance. Regardez nos taux d'intérêt, ils sont faibles partout dans le monde. Regardez pourtant cette croissance qui est de plus en plus faible, en particulier en Europe. Nous devons donc être innovants, et savoir trouver des accords pour que des pays qui le peuvent puissent faire de la relance, réinvestir, réinvestir dans l'avenir, dans l'éducation, et dans la création d’emplois. Et puis le troisième sujet, c'est comment rendre ce monde en quelque sorte plus habitable, meilleur, comment lutter contre les inégalités. C'est ce sujet que j'ai mis au cœur de ce G7. Et je veux qu'il soit utile par des actions concrètes. Alors les chefs d'État et de gouvernement vont s'engager, mais j'ai voulu aussi associer d'autres pays comme l'Inde, l'Australie, l'Afrique du Sud, le Chili, qui sont des grandes puissances démocratique qui ne sont pas dans le G7 mais engagés dans ces sujets avec nous. Nous avons associé la société civile, les entreprises, les associations, les O.N.G. pour avoir des vraies actions. Alors nous aurons des avancées très concrètes, on les a préparées d'ailleurs hier à Paris en matière de lutte contre les inégalités entre les femmes et des hommes. En prenant des lois nouvelles, en s'engageant chacun à le faire, en investissant pour l'entrepreneuriat féminin en Afrique, nous aurons des initiatives fortes et nouvelles pour l'Afrique. Parce que j'ai aussi voulu mettre l'Afrique au cœur de ce G7. L'Afrique c'est notre voisin le plus proche. C'est notre quotidien d'aujourd'hui et de demain et donc nous allons aussi investir fortement sur ce sujet avec nos partenaires africains. Nous aurons des initiatives en matière de numérique pour protéger l'information et les démocraties, et cette ère du numérique, nouvelle, vous en faites l'expérience chaque jour. Nous aurons des initiatives également pour rendre l'économie plus juste. On a réussi à engager des dizaines de grandes entreprises et d'investisseurs pour que le but de l'entreprise ce ne soit pas simplement faire du profit pour les actionnaires mais qu'elles s'engagent elles-mêmes dans leur quotidien à œuvrer pour plus d'égalité, pour préserver l'égalité entre les femmes et les hommes, ou la reconstruire lorsqu'elle n'est pas là, mais aussi pour mieux partager la valeur ajoutée. Et au cœur, au cœur de ce G7 pour lutter contre les inégalités il y aura le sujet du climat, de la biodiversité. Là aussi vous savez nos désaccords entre certains pays, en particulier avec les États-Unis d'Amérique. Mais j'ai voulu que ce G7 souhaite utile, et donc nous devons répondre à l'appel de l'océan qui est derrière moi ici à Biarritz et à l'appel de la forêt qui brûle, aujourd'hui en Amazonie. De manière là aussi très concrète. Et donc nous allons agir. Pour l'océan, de manière très solennelle, pour la première fois nous allons nous engager avec les transporteurs maritimes pour réduire la vitesse, ce qui est un des moyens les plus efficaces pour réduire les émissions. C'est la première fois qu'on le fait. Et c'est un vrai changement. Avec les producteurs de textile, les plus grands du monde entier, presque la moitié de l'industrie, et bien ils vont avec nous s'engager pour là aussi réduire les émissions et les déchets. 30 % des déchets que vous avez dans l'océan viennent de l'industrie textile. 8 % des émissions de gaz carbonique que vous avez dans le monde viennent de l'industrie textile. C'est plus que l'ensemble des vols internationaux et des transports maritimes. Pour la première fois ils vont s'engager à agir avec des dates, avec des objectifs. Et nous allons œuvrer aussi pour la biodiversité. Et puis l'appel de la forêt, c'est l'Amazonie. L'Amazonie, c'est notre bien commun. Nous sommes tous concernés. La France l’est sans doute encore plus que d'autres autour de cette table puisque nous sommes Amazoniens. La Guyane est en Amazonie. Et donc sur l'Amazonie nous allons lancer pas simplement un appel, mais une mobilisation de toutes les puissances qui sont là, mais en partenariat avec les pays de l'Amazonie pour investir, d'abord pour lutter contre les feux qui sont en cours, et aider le Brésil et tous les autres pays qui sont touchés, ensuite pour investir dans la reforestation, partout, pour permettre aux peuples autochtones, aux O.N.G., aux habitants de développer les bonnes activités en préservant cette forêt, dont nous avons besoin parce qu'elle est un trésor de biodiversité, et parce qu'elle est un trésor pour notre climat, grâce a l'oxygène qu’elle émet et grâce au carbone quelle capture. Voilà quelques uns des grands sujets et des enjeux. Nous ne réussirons sans doute pas sur tout et ne m'en voulez pas si parfois n'y arrivons pas. La France doit faire le maximum, mais ne pouvons pas faire tout tout seul. Et je veux que ce G7 soit utile, et autour de ces trois grands sujets, la sécurité, l'économie et la lutte contre les inégalités, je crois que nous pouvons en faire un rendez-vous essentiel. Notre monde est à un moment de bascule. Je crois que notre vocation à nous, Français, c'est d'être dans la proposition, l'inspiration. D'essayer de réduire les désaccords, de ne pas céder aux faiblesses du temps présent, d'avoir cet esprit de résistance qui fait se dire qu'il n'y a pas de fatalité. On doit se battre et conduire les autres à se battre avec nous contre ces injustices et ces absurdités. Alors je vous promets en votre nom de faire le maximum pour mettre mes collègues d'accord sur ces sujets pour qu'on arrive à faire bouger les choses ensemble. Je sais que d'autres aussi sont complètement en désaccord avec nous et font parfois des sommets alternatif. J'écouterai aussi ce qu'ils disent comme j'ai écouté ce matin les propositions ici des villes, des départements et de la région. Mais je veux vraiment les appeler ainsi au calme, à la concorde. Nous avons aussi des désaccords, parfois il y a des caricatures, Mais je pense que les grands défis qui sont les nôtres, le climat, la biodiversité, les transformations technologiques, l'inquiétude de notre société, la lutte contre les inégalités, cette insécurité qui est partout dans le monde, nous ne les résoudront qu'en agissant ensemble. Qu'en étant davantage réconciliés. Donc je les appelle vraiment au calme, et en leur promettant que j'essaierai d'apporter aussi une part de leur vérité autour de cette table. » 

Après avoir salué la ville de Biarritz et ses efforts pour accueillir le sommet, le chef de l'État a terminé son discours en promettant de faire ce lundi 26 août en fin de journée un bilan de ce G7.

Ce discours a duré exactement dix minutes.

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Emmanuel_et_Brigitte_Macron (auteur:author Presidencia de la República Mexicana, 6 juillet 2017)

Presentation of the G7 Biarritz by Emmanuel Macron, this Saturday at 13 hours:

"What are, in my opinion, the stakes of this G7? First, I believe that what you legitimately expect from us is to be able to ensure stability, security, peace in the world. We will discuss major conflicts: Iran, Syria, Libya, Ukraine. These topics can sometimes seem very far away, but they affect you on a daily basis. When France was hit by the attacks in 2015, they were prepared in Syria by jihadists. If tomorrow Iran adopts the nuclear weapon we will be directly concerned. If the Middle East flares up we will be affected. If we fail to resolve the situation in Libya we will continue to collectively suffer the scandal of migration across the Mediterranean and the imbalance of a whole part of Africa. And so on these subjects I want us to get useful agreements: to defend peace, to avoid escalations and to agree. The second major challenge of this G7 will be the state of the world economy, and that also concerns you directly. We must work to have more growth, create more jobs and therefore better people in our society. I have two goals on your behalf during these few days: first, to convince all our partners that tensions, especially trade tensions, are bad for everyone. We must succeed in having a form of de-escalation, that is to say, stabilize things and avoid this trade war that is spreading everywhere. Then I believe that we must also find new ways to make real recovery, that is to say to revive this growth. Look at our interest rates, they are low all over the world. But look at this growth, which is becoming weaker, especially in Europe. So we have to be innovative, and we have to find agreements so that countries that can do it can revive, reinvest, reinvest in the future, in education, and in creating jobs. And then the third topic is how to make this world somehow more livable, better, how to fight inequality. This is what I put at the heart of this G7. And I want it to be useful through concrete actions. Then the heads of state and government will commit, but I also wanted to associate other countries like India, Australia, South Africa, Chile, which are great democratic powers that are not in the G7 but engaged in these topics with us. We have associated civil society, businesses, associations, O.N.G. to have real actions. Then we will have very concrete advances, we prepared them yesterday in Paris in the fight against inequalities between women and men. By taking new laws, committing ourselves to doing so, investing in women's entrepreneurship in Africa, we will have strong and new initiatives for Africa. Because I also wanted to put Africa at the heart of this G7. Africa is our closest neighbor. This is our daily life today and tomorrow and so we will also invest strongly on this topic with our African partners. We will have digital initiatives to protect information and democracies, and this new digital age will be experienced every day. We will also have initiatives to make the economy fairer. We have managed to engage dozens of large companies and investors so that the purpose of the company is not just to make a profit for the shareholders but that they commit themselves in their daily lives to work for more equal, to preserve equality between women and men, or to rebuild it when it is not there, but also to better share the added value. And at the heart, at the heart of this G7 to fight against inequalities will be the subject of climate, biodiversity. Here too, you know our disagreements between some countries, especially the United States of America. But I wanted this G7 to be useful, and so we have to answer the call of the ocean that is behind me here in Biarritz and the call of the forest that burns today in the Amazon. In this way also very concrete. And so we will act. For the ocean, very solemnly, for the first time we will engage with shipping companies to reduce speed, which is one of the most effective ways to reduce emissions. This is the first time we do it. 

And it's a real change. With the textile producers, the largest in the world, almost half of the industry, and they go with us to commit to reduce emissions and waste. 30% of the waste you have in the ocean comes from the textile industry. 8% of the carbon dioxide emissions you have in the world come from the textile industry. It's more than all international flights and shipping. For the first time they will commit to acting with dates, with goals. And we will work for biodiversity as well. And then the call of the forest is the Amazon. Amazonia is our common good. We are all concerned. France is probably even more than others around this table since we are Amazonians. Guyana is in the Amazon. And so on the Amazon we will not just launch a call, but a mobilization of all the powers that are there, but in partnership with the countries of the Amazon to invest, first to fight against the fires that are underway , and help Brazil and all the other countries that are affected, then to invest in reforestation, everywhere, to enable indigenous peoples, NGOs, people to develop the good activities by preserving this forest, which we need because 'it is a treasure of biodiversity, and because it is a treasure for our climate, thanks to the oxygen it emits and thanks to the carbon that captures. These are some of the big topics and issues. We will probably not succeed on everything and do not blame me if sometimes we do not succeed. France must do the maximum, but can not do everything alone. And I want this G7 to be useful, and around these three big topics, security, the economy and the fight against inequality, I think we can make it an essential meeting place. Our world is at a tipping point. I believe that our vocation to us, French, is to be in the proposal, the inspiration. To try to reduce disagreements, not to give in to the weaknesses of the present time, to have that spirit of resistance which makes one say that there is no inevitability. We must fight and lead others to fight with us against these injustices and absurdities. So I promise you on your behalf to do my utmost to get my colleagues to agree on these topics so that we can get things moving together. I know that others too are completely at odds with us and sometimes make alternate highs. I will also listen to what they say as I listened this morning to the proposals here from cities, departments and the region. But I really want to call them calm and concord. We also have disagreements, sometimes there are caricatures, But I think that the great challenges that are ours, the climate, the biodiversity, the technological transformations, the worry of our society, the fight against the inequalities, this insecurity which is everywhere in the world, we will solve them only by acting together. Only by being more reconciled. So I really call them to calm, and promising them that I will try to bring some of their truth around this table as well. "

After greeting the city of Biarritz and his efforts to host the summit, the head of state ended his speech by promising to do Monday at the end of the day a review of the G7.

The objectives presented in this speech of exactly ten minutes are both ambitious and very disappointing. We will come back to this analysis in a future article, or in a commentary to this article. This speech lasted exactly ten minutes.

Emmanuel Macron au Forum économique mondial, Davos 24 janvier 2018 (auteur:author Foundations World Economic Forum

Photos : Biarritz-Plage, 15 August 2011 (auteur/author Florian Pépellin) ; Emmanuel_et_Brigitte_Macron (auteur/author Presidencia de la República Mexicana, 6 juillet 2017) ; Emmanuel Macron au Forum économique mondial, Davos 24 janvier 2018 (auteur/author Foundations World Economic Forum).

 

25 août 2019

Bolsonaro dans la tourmente de l'Amazonie - Réchauffement climatique - Bolsonaro in the turmoil of the Amazon - Global warming

L'Amazonie en flammes, ça fait des années que cela dure et que le monde entier laisse faire ce qui est un véritable crime contre l'humanité. Car ces feux ne sont pas liés à la sécheresse, mais bien à la cupidité d'hommes et d'entreprises qui au nom du profit détruisent la plus grande forêt tropicale de la planète, et aussi celle qui abrite le plus de biodiversité (pour une surface donnée où on trouve dix espèces dans une forêt française, on en trouve 150 dans la forêt amazonienne). C'est aussi celle où on trouve les plus gros arbres, et aussi celle qui abrite trois millions d'hommes répartis en 420 tribus, des populations humaines dont on détruit l'habitat naturel sans leur demander leur avis. Pour le nouveau président du Brésil – mais sans doute aussi pour ses prédécesseurs – ces Brésiliens ne doivent sans doute pas êtres des hommes à part entière, mais peut-être des sous-hommes dont respecter les droits est une option très facultative. La doctrine affichée par Bolzonaro est sans ambiguïté : « La politique environnementale ne peut pas entraver le développement du Brésil. Nous voulons préserver l'environnement, mais pas de la façon dont on le fait actuellement ». Le Point International, dans un article du 24 août 2019 rappelle que « avant même la campagne électorale, en mai-juin dernier, il (Bolsonaro) avait sillonné les régions de l'Amazonie en faisant des discours « montrant qu'il allait tout changer, que les producteurs étaient des victimes et les ONG environnementales des êtres dangereux qui gênaient l'activité économique ». Selon l'homme politique, ces ONG auraient même contribué à un complot international visant à empêcher le développement du Brésil. »

Incendies de la forêt amazonienne images Nasa Capture d’écran 2019-08-24 à 17

Ce vendredi 23 août 2019, on compte 10.000 foyers d'incendie, en très grande majorité d'origine criminelle. En effet, en Amazonie il ne fait pas plus chaud cette année que l'année dernière, et le réchauffement climatique n'a rien à voir avec ces feux.

 

En cause : le climato-scepticisme du président brésilien Jair Bolsonaro qui encourage les éleveurs et agriculteurs à la déforestation et a allégé les contrôles sur les déforestations sauvages. En un an, on a multiplié par quatre la déforestation de l'Amazonie : +278 % entre juillet 2018 et juillet 2018. Méthode utilisée : le brûlis : on coupe le bois, on le fait sécher et on le brûle ensuite, les cendres devant fertiliser les sols. Le 10 août, se sentant intouchables, des éleveurs de bovins du Brésil se sont rassemblés pour allumer ensemble de gigantesques incendies pour agrandir le territoire de leurs élevages. De leur côté les planteurs de soja font la même chose sous le regard bienveillant des autorités. Rien qu'au Brésil on compte 2.500 nouveau incendies allumés au cours des dernières quarante-huit heures. Aujourd'hui, c'est l'équivalent d'un terrain de football qui disparaît chaque minute dans les flammes en Amazonie (source : Institut de recherche spatiale du Brésil). La fumée de ces incendies est telle qu'à Sao Paulo, située à plus de 2.500 km de là, le ciel est devenu obscur ce lundi 19 août en milieu d'après-midi, le soleil masqué par un halo d'une épaisse fumée : c'est « la nuit en plein jour », une nuit qui est tombée en l'espace de quelques minutes. Une situation qui a provoqué le réveil de la capitale économique du Brésil, qui jusque-là regardait brûler l'Amazonie sans s'y intéresser vraiment.

19-03-2019_Encontro_com_o_Senhor_Donald_Trump,_Presidente_dos_Estados_Unidos_da_América (auteur:author Palácio do Planalto)

De son côté, Jair Bolsonaro, au centre d'un scandale écologique sans précédent, accusait il y a quelques jours les ONG qui se battent pour l'Amazonie d'avoir elles-mêmes allumé ces feux : « Concernant les feux en Amazonie, j’ai l’impression qu'ils ont été allumés par ces ONG parce qu'elles ont demandé de l'argent ». Bolsonaro leur ayant coupé les subventions, elles se vengeraient en détruisant ce pourquoi elles se battent ? Hypothèse peu crédible. Mais Bolsonaro n'est pas à cela près, lui qui a réussi à dire que le nuage de fumée qui a plongé dans le noir Sao Paulo était un « fake », au mépris des 12,18 millions de témoins qui ont vécu sur place la situation.

Le problème est que les 390 milliards d'arbres de la forêt amazonienne stockent une énorme quantité de carbone, et que ces incendies relâchent ce carbone dans l'atmosphère, accentuant un peu plus le réchauffement climatique. Si le Brésil vivait sous une cloche et avait sa propre atmosphère, le problème serait simplement entre Bolsonaro et sa population qu'il extermine (les tribus) ou condamne à respirer un air pollué. Le malheur est que nous partageons tous la même atmosphère sur l'ensemble de la planète, et que les désastres créés par Bolsonaro nous touchent tous où que nous soyons : « ces incendies n'affecteront pas seulement le Brésil ou les villes du Brésil mais ils touchent le monde entier », déclare le scientifique canadien Robert Muggah, directeur de recherche à l'Institut Igarapé. L'influence de l'incendie de l'Amazonie sur le réchauffement climatique semble inévitable.

Les premiers touchés sont les pays voisins du Brésil : les incendies se propagent du côté Bolivien de la forêt amazonienne. 45.000 hectares de la forêt bolivienne sont déjà détruits par les flammes, et les fumées des incendies arrivent jusqu'à la capitale La Paz. La Bolivie a décrété l'état d'urgence. « Ça ne sert à rien de lutter contre les incendies en Bolivie si au Paraguay et au Brésil ils ne sont pas maîtrisés » se plaignent les Boliviens. Le Pérou est également touché par les incendies. En un mois, c'est vingt fois la surface de Paris qui a été dévastée en Amazonie.

Le problème touche aussi l'eau, polluée par les fumées.

 

Raoni place des droits de l'homme au Trocadéro de Paris, tenant la pétition internationale contre le barrage de Belo Monte, qu'il a lancé avec d'autres chef indiens kayapos (auteur:author Gert-Peter Bruch 9 juin 2011)

Avec 2.400 départs de feux en 48 heures (1.663 rien qu'entre jeudi et vendredi, 78.383 incendies depuis janvier 2019, source INPE), les indiens ont de quoi être inquiets. Connu dans le monde entier depuis ses tournées avec le chanteur Sting pour sensibiliser la communauté internationale aux problèmes de l'Amazonie, le chef kayapo Raoni Metuktire (ci-dessus) avertit : « Si le blanc continue à détruire l'Amazonie, le monde entier n'aura plus d'oxygène ». Parmi les propos recueillis auprès d'indiens vivant là-bas, « Dans dix ou quinze ans, on ne pourra plus vivre comme aujourd'hui » ; « pour nous c'est de la destruction. Ce qui se passe ici c'est une atrocité. Personne n'aurait pu imaginer que cela puisse arriver » ; « chaque jour qui passe la destruction de notre forêt avance avec le déboisement, les scieries... On est tristes parce que c'est notre forêt qui meurt ».

Crise diplomatique

Emmanuel Macron tweet Capture d’écran 2019-08-24 à 18

Jair Bolzonaro tweet Capture d’écran 2019-08-24 à 18La crise a débuté avant-hier vendredi 23 août avec un tweet d'Emmanuel Macron. Reprenant les termes de Jacques Chirac (2 septembre 2002 à Johannesburg), le président français écrit : « Notre maison brûle littéralement. L'Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C'est une crise internationale ». Jair Bolsonaro riposte – également sur Tweeter – en accusant Emmanuel Macron d'avoir « une mentalité colonialiste dépassée au XXIe siècle ». Avec quelques heures de décalage, estimant que Jair Bolsonaro n'a pas respecté ses engagements en matière climatique pris à Osaka (« le président Bolsonaro a menti lors du Sommet d'Osaka »), Emmanuel Macron a riposté à son tour en dénonçant avant-hier les accords commerciaux pris récemment par l'Union Européenne avec le Mercosur. L'Irlande a suivi, annonçant quelle ne signerait pas les accords tant que le Brésil n'aurait pas envoyé un signal fort concernant l'environnement. A noter : l'Espagne, qui s'est battue pour ces accords qui sont restés sur la table durant vingt ans, a refusé de sanctionner Bolsonaro en les dénonçant. 

De leur côté, l'Allemagne et la Norvège ont annoncé la suppression d'une subvention de 65 M€ octroyée au Brésil pour la protection de l'Amazonie.

Angela Merkel déclarait que la crise amazonienne devait être une des priorités du G7.

Jair Bolsonaro disait il y a quelques jours « réfléchir à envoyer l'armée ». Le président brésilien a enfin pris sa décision ce vendredi d'envoyer l'armée, en affirmant « ces feux ne peuvent pas servir de prétexte à des sanctions internationales ».

En France, Ségolène Royal et l'ensemble de la classe politique ont pris de façon quasi unanime position contre l'attitude de Bolzonaro.

Vers un tribunal climatique

Brune Poirson

On a notamment pu voir sur le plateau d'Antenne 2 la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson (ci-dessus) déclarer : « Je suis prise de dégoût quand j'entends certaines déclarations de certains responsables politiques. Et je me console en me disant que peut-être un jour ces responsables politiques auront à répondre de leur inconséquence, de leurs actes aussi irresponsables devant un tribunal ».

Il apparaît de plus en plus évident que les responsables politiques qui par leur inaction, le non respects de leurs engagements, voire même le déni de la réalité du réchauffement climatique et le non respect d'un principe de précaution élémentaire auront porté atteinte aux biens et à la vie de centaines de millions de personnes devront un jour être jugées et condamnées.

La notion juridique de « crime contre l'humanité » dans son acception actuelle n'est pas adaptée à cela. Mais c'est bien d'un crime contre l'humanité toute entière et contre les générations futures dont nous parlons ici. Il n'est pas possible de continuer à laisser agir impunément des politiciens conscients de leurs actes qui sont responsables depuis quarante ans de la disparition désormais inéluctable de pays entiers (les atolls du Pacifique, le sud du Bangladesh par exemple sont désormais condamnés de façon irréversible à être recouverts par les eaux). Alors que la population ne cesse de croître (on va passer de 7,5 millards d'habitants à 9 milliards en 2050), le réchauffement climatique va se traduire par une raréfaction des terres utilisables et une baisse des ressources halieutiques. Bref, des famines et l'apparition de zones de violence et de déstabilisation politique. Ce sacrifice de l'humanité entière au profit de quelques uns qui se battent sur le court terme pour assurer leur réélection aurait déjà du être sanctionné il y a bien longtemps. La Sibérie ne serait pas en train de brûler, nous n'aurions pas à craindre des canicules de plus en plus violentes et la question de l'accueil des migrants climatiques – que tout le monde occulte mais qui est bien un des enjeux majeurs de ce siècle – ne se poserait pas. S'il est aujourd'hui trop tard pour sauver notre climat, nous pouvons au moins tenter de ralentir le réchauffement. Sanctionner par des peines extrêmement lourdes et dissuasives le « crime climatique » semble un premier pas pour éviter des situations telles que celles que nous vivons aujourd'hui.

Le chef Raoni Metuktire demande a à la communauté internationale de se mobiliser pour obtenir le départ de Bolsonaro « le plus vite possible ». « C'est une catastrophe ce qu'il est en train de faire avec nous » a t-il déclaré à l'AFP depuis Rio. « Il veut en finir avec la forêt, avec nous (les indigènes), c'est vraiment  terrible ce qu'il fait ». (Sources : JT A2 22, 23 et 24 août 2019)

Curieusement, c'est le nuage de fumée noire qui a englouti Sao Paulo qui va peut-être venir en aide au cacique de 89 ans, qui se bat inlassablement pour les droits des indigènes. En provoquant la colère des habitants d'une des villes les plus populeuses du monde et un buzz international, il amène les Brésiliens à se désolidariser de leur président. De leur côté les milieux agro-alimentaires brésiliens craignent les retombées internationales : sanctions étatiques, mais aussi atteinte à l'image de marque du Brésil et de ses produits. Ainsi Marcelo Britto, président de l'Association brésilienne de l'agrobusiness a déclaré dans le quotidien économique Valor que cette politique de déforestation donne une mauvaise image du Brésil à l'extérieur et que cela pourrait lui « coûter cher de regagner la confiance de certains marchés internationaux ».

Après Sao Paulo, le nuage de fumée de l'Amazonie pourrait-il engloutir Jair Bolsonaro ?

Carte géographique des écorégions de la forêt amazonienne délimitées par le WWF

 

The burning Amazon has been going on for years and the whole world is letting go of what is a real crime against humanity. Because these fires are not related to the drought, but to the greed of men and companies who in the name of profit destroy the largest tropical forest on the planet, and also the one that harbors the most biodiversity (for a given area where there are ten species in a French forest, there are 150 in the Amazonian forest). It is also the one where one finds the largest trees, and also that which shelters three million men distributed in 420 tribes, human populations of which one destroys the natural habitat without asking them their opinion. For the new president of Brazil - but probably also for his predecessors - these Brazilians probably do not have to be men in their own right, but perhaps sub-men who respect the rights is a very optional option. The doctrine displayed by Bolzonaro is unambiguous: "Environmental policy can not hinder the development of Brazil. We want to preserve the environment, but not in the way we currently do it. " The International Point, in an article of August 24, 2019 recalls that "even before the election campaign, last May-June, he (Bolsonaro) had traveled the regions of the Amazon by making speeches" showing that he was going to change everything , that producers were victims and environmental NGOs dangerous beings that hindered economic activity ". According to the politician, these NGOs have even contributed to an international conspiracy to prevent the development of Brazil. " This Friday, August 23, 2019, there are 10,000 fireplaces, overwhelmingly of criminal origin. Indeed, in the Amazon it is not hotter this year than last year, and global warming has nothing to do with these fires. At issue is the climate-skepticism of Brazilian President Jair Bolsonaro, who encourages farmers and farmers to deforestation and has eased controls on wild deforestation. In one year, the deforestation of Amazonia has been multiplied by four: +278% between July 2018 and July 2018. Method used: burning: the wood is cut, it is dried and then burned, the ashes before fertilize the soil. On August 10th, feeling untouchable, cattle farmers from Brazil gathered to light gigantic fires together to expand the territory of their farms. For their part, soybean planters do the same under the benevolent eyes of the authorities. In Brazil alone there are 2,500 new fires on during the last forty-eight hours. Today, it is the equivalent of a football field that disappears every minute in the flames in the Amazon (source: Institute for Space Research of Brazil). The smoke from these fires is such that in Sao Paulo, located more than 2,500 km away, the sky became dark Monday, August 19 in the middle of the afternoon, the sun masked by a halo of smoke: it is "night in broad daylight", a night that has fallen in a matter of minutes. A situation that caused the awakening of the economic capital of Brazil, which until then looked to burn the Amazon without really interested in it. For its part, Jair Bolsonaro, at the center of an unprecedented environmental scandal, accused the NGOs fighting for the Amazon of lighting these fires a few days ago: "Concerning the fires in Amazonia, I have the impression that they were turned on by these NGOs because they asked for money ". Bolsonaro having cut the subsidies, they would revenge themselves by destroying what they are fighting for? Hypothesis not credible. But Bolsonaro is not that close, he who managed to say that the cloud of smoke that plunged into the black Sao Paulo was a "fake", in defiance of the 12.18 million witnesses who lived on the spot. situation.

The problem is that the 390 billion trees of the Amazon rainforest store a huge amount of carbon, and that these fires release this carbon into the atmosphere, accentuating a little more global warming. If Brazil lived under a bell and had its own atmosphere, the problem would be simply between Bolsonaro and its population that exterminates (the tribes) or condemns breathing a polluted air. The misfortune is that we all share the same atmosphere all over the planet, and that the disasters created by Bolsonaro affect us all wherever we are: "these fires will not only affect Brazil or the cities of Brazil but they the world, "says Canadian scientist Robert Muggah, research director at the Igarapé Institute. The first affected are the neighboring countries of Brazil: fires spread on the Bolivian side of the Amazon rainforest. 45,000 hectares of the Bolivian forest are already destroyed by the flames, and the fumes from the fires reach the capital La Paz. "There is no point in fighting fires in Bolivia if in Paraguay and Brazil they are not under control," complain Bolivians. Peru is also affected by fires. In a month, it's twenty times the surface of Paris that has been devastated in the Amazon. The problem also affects the water, polluted by fumes. With 2,400 fires in 48 hours (1,663 just between Thursday and Friday, 78,383 fires since January 2019, source INPE), the Indians have something to be worried about. Known around the world since his tours with singer Sting to educate the international community about the problems of the Amazon, Kayapo leader Raoni Metuktire (above) warns: "If the white continues to destroy the Amazon, the whole world will have no more oxygen. Among the remarks collected from Indians living there, "In ten or fifteen years, we will not be able to live like today"; "For us it's destruction. What is happening here is an atrocity. Nobody could have imagined that this could happen "; "Every day that passes the destruction of our forest advances with the deforestation, sawmills ... One is sad because it is our forest which dies".

Diplomatic crisis

The crisis began the day before yesterday, August 23 with a tweet from Emmanuel Macron. Echoing the words of Jacques Chirac (September 2, 2002 in Johannesburg), the French president writes: "Our house burns literally. The Amazon, the lung of our planet that produces 20% of our oxygen, is on fire. It's an international crisis. Jair Bolsonaro retorts - also on Tweeter - accusing Emmanuel Macron of having "an outdated colonialist mentality in the twenty-first century". With a few hours' lag, considering that Jair Bolsonaro did not respect his commitments in terms of climate in Osaka ("President Bolsonaro lied at the Osaka Summit"), Emmanuel Macron retaliated by denouncing before yesterday the trade agreements recently taken by the European Union with Mercosur. Ireland followed, announcing that it would not sign agreements until Brazil sent a strong signal about the environment. To note: Spain, which fought for these agreements which remained on the table during twenty years, refused to sanction Bolsonaro while denouncing them. For their part, Germany and Norway have announced the withdrawal of a grant of € 65 million granted to Brazil for the protection of the Amazon. Angela Merkel said the Amazon crisis should be one of the priorities of the G7. Jair Bolsonaro said a few days ago "think about sending the army". The Brazilian president finally made his decision on Friday to send the army, saying "these fires can not serve as a pretext for international sanctions." In France, Segolene Royal and the whole of the political class took almost unanimous stance against the attitude of Bolzonaro.

Towards a climatic tribunal

On the Antenne 2 stage, Secretary of State for Environmental Transition Brune Poirson said: "I am disgusted when I hear some statements by some politicians. And I console myself by saying that perhaps one day these politicians will have to answer for their inconsistency, for their irresponsible acts in a court of law ".  On the Antenne 2 stage, Secretary of State for Environmental Transition Brune Poirson said: "I am disgusted when I hear some statements by some politicians. And I console myself by saying that perhaps one day these politicians will have to answer for their inconsistency, for their irresponsible acts in a court of law ". It is becoming more and more obvious that politicians who, by their inaction, the neglect of their commitments, or even the denial of the reality of global warming and the non-respect of a basic precautionary principle, have harmed the property and to the lives of hundreds of millions of people will one day be judged and condemned. The legal concept of "crime against humanity" in its current meaning is not suited to that. But it is a crime against humanity as a whole and against future generations that we are talking about here. It is not possible to continue to allow politicians aware of their actions, who have been responsible for the last forty years, for the disappearance of whole countries (the atolls of the Pacific, southern Bangladesh, for example, are now irreversibly condemned). to be covered by water). While the population continues to grow (we will go from 7.5 billion inhabitants to 9 billion in 2050), global warming will result in a scarcity of usable land and a decline in fisheries resources. In short, famine and the appearance of areas of violence and political destabilization. This sacrifice of the whole humanity for the benefit of some who are fighting on the short term to ensure their re-election should already have been sanctioned a long time ago. Siberia would not be burning, we would not have to worry about ever more violent heatwaves and the issue of welcoming climate migrants - that everyone is hiding but that is one of the major issues of this century - would not arise. If it is too late today to save our climate, we can at least try to slow down the warming. Sanctioning with extremely heavy and dissuasive penalties the "climate crime" seems a first step to avoid situations such as those we are experiencing today. Chief Raoni Metuktire calls on the international community to mobilize for the departure of Bolsonaro. (Sources: JT A2 22, 23 and 24 August 2019). Curiously, it is the cloud of black smoke that has engulfed Sao Paulo who will perhaps come to the aid of the 89-year-old cacique who fights tirelessly for the rights of the natives. By provoking the anger of the inhabitants of one of the most populous cities of the world and an international buzz, he leads the Brazilians to dissociate themselves from their president. For their part, Brazilian agri-food circles fear the international fallout: state sanctions, but also undermine the image of Brazil and its products. For example, Marcelo Britto, president of the Brazilian Agribusiness Association, told the business daily Valor that this deforestation policy is giving Brazil a bad image abroad and that it could "cost him dearly to regain the confidence of some international markets ".

After Sao Paulo, could the smoke cloud of Amazonia engulf Jair Bolsonaro?

Photos : Les incendies de l'Amazonie vus de l'espace (auteur/author Nasa) ; 19-03-2019 Encontro com o Senhor Donald Trump, Presidente dos Estados Unidos da América (auteur/author Palácio do Planalto) ; Raoni place des droits de l'homme au Trocadéro de Paris, tenant la pétition internationale contre le barrage de Belo Monte, qu'il a lancé avec d'autres chef indiens kayapos (auteur/author Gert-Peter Bruch 9 juin 2011) ; Emmanuel Macron tweet Capture d’écran ; Jair Bolzonaro tweet Capture d’écran ; Brune Poirson "Je suis prise de dégoût" Capture d’écran 2019-08-25 à 03.52.11 ; Carte géographique des écorégions de la forêt amazonienne délimitées par le WWF. Les lignes en blanc délimitent les contours de la forêt amazonienne. Le bassin de l'Amazone est indiqué en bleu (auteur/author Aymatth2).