Tour des deux Amériques sur un voilier

21 septembre 2017

Qu'est-ce qu'un cyclone tropical ? What is a tropical cyclone?

CaribbeanIslandsLes Caraïbes, une zone propice aux ouragans 

Les Antilles ont connu quatre cyclones majeurs (c'est-à-dire de catégorie 3, 4 ou 5) en l’espace d’un mois : Harvey, Irma, José et maintenant Maria.

Mais qu’est-ce qu’un cyclone tropical ?

Un cyclone tropical (appelé « ouragan » en Atlantique, « typhon » en extrême-orient, « hurricane » en Amérique centrale)  est avant tout une formidable machine thermodynamique qui décrit un cycle de Carnot, avec l’océan comme source chaude et la troposphère comme source froide, et qui transforme l’énergie thermique que lui procure l’océan en énergie cinétique. Les énergies mises en jeu dans les cyclones sont considérables, et peuvent atteindre jusqu’à 5 bombes nucléaires de type Hiroshima par seconde. Fort heureusement, le rendement de ces machines est très mauvais, et seulement 3% de l'énergie est restituée sous forme de vent.

L’énergie nécessaire est fournie par la chaleur latente liée à la condensation de la vapeur d’eau. Ceci explique pourquoi les cyclones ne se forment que lorsque la température superficielle de la mer est supérieure à 26° C (1) :

-       D’une part en l’absence d’une évaporation intense et de transfert de chaleur et d’humidité de l’océan vers l’atmosphère, le cyclone ne va pas avoir l’énergie suffisante pour qu’il puisse se former et perdurer ;

-       D’autre part les cumulonimbus qui le composent ont besoin d’une forte humidité pour se former. En l'absence d'humidité, pas de cumulonimbus et pas de cyclone tropical.

Il faut de plus au cyclone des eaux chaudes en profondeur pour prévenir la remontée des eaux froides vers la surface qui stopperaient la machine. On estime à 60 mètres la colonne de mélange océanique nécessaire.

La convergence dans les basses couches de l’atmosphère va créer le mouvement vertical et permettre à l’air humide de monter, tandis que la force de Coriolis va déclencher le mouvement rotatif autour d’une colonne au centre du cyclone – ce qu’on appelle « l’œil ».

Jannev, traduction d'AyackCirculation de l'air dans un cyclone tropical (Jannev, traduction d'Ayack). On remarque le mur de cumulonimbus qui entoure l'oeil. Dans celui-ci les vents ne sont pas particulièrement violents, mais c'est dans le mur que les vents sont les plus violents. Les vagues dans l'oeil, issues des vents du mur, sont des déferlantes énormes sans sens particulier.

La conséquence est que les cyclones tropicaux ne se forment normalement pas dans les eaux froides de l’Atlantique Sud et du Pacifique Sud-Est, ni entre le 5°S et le 5°N dans une zone où la force de Coriolis est insuffisante pour amorcer le mouvement rotatif, et où les tourbillons cycloniques absolus significatifs dans la basse troposphère sont rares (absents entre 4°S et 4°N).

Pour que le système se maintienne il faut de plus une absence de cisaillement vertical du vent, autrement dit un couplage entre les différentes couches de l’atmosphère, et un champ de divergence en haute altitude qui permette l’élimination de l’air accumulé.

Ces conditions se trouvent réunies à proximité de l’équateur météorologique. Celui-ci se déplace mais se trouve la majeure partie de l’année un peu au nord de l’équateur géographique (c’est ce que les marins appellent le « pot au noir », ou ZCIT). C’est peut-être ce qui explique que 70 % des cyclones tropicaux naissent dans l’hémisphère nord.

Grosso modo, un cyclone tropical est constitué d’une masse nuageuse pouvant atteindre 1000 km de rayon, formée de spirales convergeant vers un anneau central, l’œil. Hormis dans ses basses couches (où l’air est presque saturé et où on va trouver des nuages), l’œil est sec et dégagé et les vents y sont faibles ; c’est la région  la plus chaude du cyclone. C’est aussi là que les pressions sont les plus basses. Autour de cet œil qui peut mesurer quelques dizaines de kilomètres se trouve un mur de cumulonimbus, avec les vents les plus violents, qui peuvent atteindre 360 km/h. Certains oiseaux de mer trouvent refuge dans l’œil du cyclone ; ils sont alors obligés de suivre son déplacement jusqu’à l’extinction du phénomène, et meurent souvent d’épuisement dans l’aventure.

Maria_2017-09-19 (NOAA’s Suomi NPP satellite)Maria_2017-09-19 (NOAA’s Suomi NPP satellite)

Force des vents :

On caractérise les ouragans par la vitesse du vent maximum soutenu moyenné sur une minute sur l’échelle de Saffir-Simpson.

- Jusqu’à 63 km/h compris on parle de « dépression tropicale » ;

- de 63 km/h à 117 km/h on parle de « tempête tropicale » ;

Au delà commence l’échelle de Saffir-Simpson, et on parle de « cyclone » :

-       de 118 km/h à 153 km/h on parle de « cyclone de catégorie 1 » (dégâts minimes)

-       de 154 km/h à 177 km/h on parle de « cyclone de catégorie 2 » (dégâts modérés)

-       de 168 km/h à 209 km/h on parle de « cyclone de catégorie 3 » (dégâts importants)

-       de 210 km/h à 249 km/h on parle de « cyclone de catégorie 4 » (dégâts extrêmes)

-       au-delà de 249 km/h on parle de « cyclone de catégorie 5 » (dégâts catastrophiques)

Schéma général des ondes tropicales issues des côtes africaines (auteur NOAA)Schéma général des ondes tropicales issues des côtes africaines (auteur NOAA). Le sens de l'onde va de l'Afrique vers les Caraïbes en passant sous l'anticyclone le long des alizés.

Trajectoire des cyclones :

Si l’on excepte les cyclones du Pacifique Sud-Ouest qui vont plutôt d’ouest en est, la circulation des cyclones se fait d’une part de manière équatoriale d’est en ouest, d’autre part « par inclusions dans la circulation des régions tempérées après un changement plus ou moins brutal de direction ». Grosso modo, les cyclones suivent une route sensiblement identique aux flux de grande échelle de la troposphère, avec des écarts sur la droite quand ils sont sur une route où les alizés soufflent vers l’ouest, et des écarts sur la gauche s’ils sont sur une route où les alizés soufflent vers l’est. On obtient ainsi une parabole grossière, ce que l’on constate sur les relevés des cyclones qui figurent dans cet article. Des mécanismes complexes font cependant que le cyclone peut très bien s’écarter de sa parabole, faire des ronds, des demi-tours, etc. Un peu moins de la moitié des cyclones de l’Atlantique Nord terminent leur parcours insérés dans la circulation vers l’est des moyennes latitudes (la route de retour des alizés) et provoquent des tempêtes sur les côtes européennes.

Jose_2017_track (3 au 9 septembre 2017 auteur Kiewii)Jose_2017_track (3 au 9 septembre 2017 auteur Kiewii)

Irma_2017_track (27 août au 1er septembre 2017, auteur OverlordQ)Irma_2017_track (27 août au 1er septembre 2017, auteur OverlordQ)

On comprend ainsi pourquoi des ondes tropicales nées au large de l’Afrique finissent après un début de course presque horizontal d’est en ouest par se muer en tempête tropicale, puis au contact des eaux de surface de plus en plus chaudes concentrées à l’ouest par les alizés se transforment en cyclones avant d’obliquer légèrement à droite pour remonter l’arc antillais. Quand la colonne d’eau chaude est suffisamment large et haute dans l’océan pour alimenter en énergie le cyclone et empêcher la remontée des eaux froides, on arrive aux quatre ouragans majeurs de cette saison dans les Antilles et le Golfe du Mexique (où les eaux atteignaient 30°C à la fin du mois d'août).

Tropical_surface_analysis (Tropical Prediction Center NOAA)Carte de surface. La Zone de convergence intertropicale (ZCIT ou équateur météorologique) est en rouge. Les ondes tropicales (Tropical waves) passent plus au nord, en restant au sud de l'anticyclone marqué H (auteur : NOAA).

Ouragan Maria 17 septembre 2017 (auteur NOAA)Ouragan Maria, trajectoire prévisionnelle établie le 17 septembre 2017 (auteur NOAA). La précision est bonne, le cyclone est passé le mercredi 20 sur Porto Rico dans la matinée.

Mort d’un cyclone :

Tant que le cyclone trouve de l’eau chaude en surface pour l’alimenter, il perdure. Au niveau thermodynamique, on a vu que le cyclone décrit un cycle de Carnot, avec l’océan comme source chaude et la troposphère comme source froide, et transforme l’énergie thermique que lui procure l’océan en énergie cinétique. Il est très rare qu’il puisse se maintenir longtemps en catégorie 5. Ca a été le cas d’Irma, qui a battu le record de longévité le 7 septembre dernier avec plus de 33 heures avec des vents soutenus supérieurs à 297 km/h, le précédent record à cette vitesse ayant été détenu par le super typhon Haiyan en 1966 (24 heures). Les eaux les plus chaudes se trouvent souvent près des terres (Golfe du Mexique par exemple), là où les Alizés concentrent les eaux chaudes de surface qu’ils poussent avec eux. Lorsque le cyclone passe de la mer à la terre, il perd sa source chaude, et n’est plus alimenté en énergie ; bref, soit il décrit une boucle qui le ramène au-dessus des eaux et le cycle peut redémarrer, soit il s’épuise rapidement en quelques heures et redevient une tempête tropicale. Cependant, les plus puissants peuvent perdurer plusieurs jours en oscillant d’une catégorie à l’autre tant qu’ils restent aux dessus de l’océan.

Autres causes de « mort » du phénomène : la rencontre avec des eaux froides (ce peut-être le cas lorsque le cyclone remonte vers le nord), et le cisaillement lorsque les couches de l’atmosphère se découplent et que le vent s’attaque à la structure verticale du cyclone.

A partir de là, on comprend que les cyclones les plus dévastateurs sont les cyclones « lents » - Irma avançait autour de 26 km/h -, voire stationnaires, ce qui a été le cas d’Harvey devant Huston : bloqué par un anticyclone, Harvey a continué à pomper son énergie dans le golfe du Mexique et à déverser des trombes d’eau sur Huston.

Maria_Geostationary_VIS-IR_2017 (16 septembre 2017, auteur Naval Research Laboratory)Maria_Geostationary_VIS-IR_2017 (16 septembre 2017, auteur Naval Research Laboratory)

Effets sur la mer

Trois paramètres sont à prendre en considération : la houle, les vagues et la dépression.

La houle s’écarte du cyclone en suivant un axe sensiblement à 60° de celui du vent à la périphérie du cyclone (cas d’un cyclone stationnaire), et variant  très approximativement de 30 à 100 degrés du lit du vent selon la position considérée dans le cas d’un cyclone qui se déplace.

Ceci fait que dans l’hémisphère nord, quand on se place face au vent on reçoit la houle cyclonique par tribord ; c’est l’inverse dans l’hémisphère sud.

Concernant les vagues, les vents sont violents, mais la zone de l’ouragan est limitée. Les vagues n’ont donc que peu de temps pour se former, sauf si l’ouragan se déplace avec elles – ce qui correspond, pour des vagues d’une période de 16 à 20 secondes, à une vitesse de déplacement de l’ouragan de 20 à 30 nœuds. La plupart du temps les vagues restent limitées à une dizaine de mètres ; mais avec des vents de plus de 130 km/h on peut avoir des vagues de 20m (et donc des creux de 40 m).

Enfin, la dépression qui se creuse au centre du cyclone produit une augmentation de la hauteur d’eau d’environ un mètre pour une perte de 100 hectopascals (1 hPa = 1 millibar. -1hpa = +1cm de d'hauteur d'eau (approximatif).

Le phénomène est amplifié lorsque le cyclone arrive sur des hauts fonds, avec dans l’hémisphère Nord une augmentation maximale de la hauteur d’eau un peu à droite de la route du cyclone et une diminution de la hauteur d’eau à gauche de celle-ci (c’est l’inverse dans l’hémisphère Sud). Se crée ainsi une « onde de tempête », qui peut dépasser les cinq mètres dans le cas des cyclones de catégorie 5 et qui va s’ajouter à la marée astronomique pour donner ce qu’on appelle la « marée de tempête ».

Les dégâts causés par les cyclones relèvent donc :

-       du vent, qui d’une part détruit (peu de constructions et d’infrastructures résistent à des vents de plus de trois cents km/h si elles n’ont pas été spécialement prévues pour), d’autre part transforme les objets qu’il soulève en projectiles eux-mêmes susceptibles de faire d’importants dégâts ;

-       de la pluie et de ses conséquences : inondations, glissements de terrain, routes coupées, etc. Un pluviomètre installé à Caguas au sud de San Juan, la capitale de Porto Rico, a entregistré mercredi matin (20 septembre 2017) entre 8 heures et 9 heures 36 cm de pluie au passage de Maria, un record mondial. Le précédent record (30,5 cm) datait de 1947.

-       de la marée de tempête qui va submerger les terres les plus basses du rivage.

De manière indirecte – mais on ne peut en faire abstraction – se surajoutent :

-       les erreurs humaines (les vents faibles à l'intérieur de l’œil du cyclone peuvent faire croire à certains que l’ouragan est passé et leur faire abandonner toute prudence, alors que l’autre côté du mur de l’œil se rapproche)

-       les inévitables scènes de pillage qu’on constate durant les heures suivant le passage du cyclone (une vingtaine dans la journée suivant le passage d'Irma sur Saint-Martin et Saint-Barthélémy, 3 le jour suivant).

Hurricane_Irma_on_Sint_Maarten_(NL)_05 (Ministery of Defense, Netherlands)Hurricane_Irma_on_Sint_Maarten_(NL)_05 (Ministery of Defense, Netherlands)

Attitude à avoir pour les marins :

Dans de nombreux cas, il est préférable de quitter le port et tenter de s’éloigner de la route du cyclone. Si on se trouve déjà dans la zone cyclonique, la route que suit le cyclone détermine deux demi-cercles : un demi-cercle dangereux à sa droite (où le vent accompagne les vagues, en particulier si la vitesse de déplacement du cyclone est de 20 à 30 nœuds (2)), et un demi-cercle maniable à sa gauche. Dans le demi-cercle dangereux on s’enfuit en prenant le vent au près tribord amures ; dans le demi-cercle maniable (comme dans l’axe du cyclone) on s’enfuit au portant tribord amures, dans les deux cas le plus vite possible. Ceci est vrai dans l’hémisphère Nord. Si on est dans l’hémisphère Sud, les zones dangereuse/maniable sont inversées, et on s’enfuit bâbord amures, au près de la zone dangereuse, et au portant de la zone maniable.

Le radar du bateau peut aussi permettre de déterminer la position du centre du cyclone en détectant les très fortes pluies qui se produisent dans un rayon de 100 à 150 milles autour de celui-ci

Signes précurseurs :

Des cirrus dans le ciel, précédant une diminution de la marée barométrique sont souvent le premier signe. Si des cirrostratus provoquent un voile avec un halo, le cyclone est sans doute déjà assez conséquent. L’attraction du Soleil provoque des variations 1 à 2 hPa, avec un maximum en milieu de journée et un minimum en fin d’après-midi, ce qu’on appelle la « marée barométrique ».  On doit donc normalement enregistrer un début de remontée en début de matinée et en début de nuit. L’arrivée d’un cyclone  à moins d’un millier de milles va diminuer l’amplitude de la marée barométrique, et provoquer une baisse du baromètre de 1 à 3 hPa par jour. L’inversion de la marée barométrique (baisse en début de matinée et début de nuit) indique que le cyclone sera sur la zone dans les 48 heures à venir. Surveiller la vitesse à laquelle descend le baromètre peut aider à prédire la distance à laquelle se trouve le cyclone :

-       de 1 à 2 millibars à l’heure : 150 à 220 milles

-       de 2 à 3 millibars à l’heure : 100 à 150 milles

-       de 3 à 4 millibars à l’heure : 80 à 100 milles

-       de 4 à 5 millibars à l’heure : 50 à 80 milles

Enfin, l’attitude des animaux qui ressentent bien avant nous l'arrivée des cyclones et tentent de trouver des refuges à terre est un signe précurseur dont tenaient compte les anciens. Ceux-ci disaient : « Bandes d’oiseaux des mers se réfugient à terre, Tempête va venir de forte manière (2) ».

 

(1)    Théorie parfois contestée. (2)  Citation extraite de l’ouvrage « Météorologie générale et maritime » de Jean-Yves Le Vourc’h, Claude Fons et Marcel Le Stum, Météo France, Toulouse 2002.

 

What is a tropical cyclone? What is a tropical cyclone? The Caribbean experienced four major cyclones within a month (Harvey, Irma, José and now Maria). But what is a tropical cyclone?

A tropical cyclone (called a "hurricane" in the Atlantic) is above all a formidable thermodynamic machine that describes a cycle of Carnot, with the ocean as a hot spring and the troposphere as a cold source, and which transforms the thermal energy it provides in kinetic energy. The energies involved in the cyclones are considerable, and can reach up to 5 Hiroshima nuclear bombs per second. Fortunately, the efficiency of these machines is very bad, and only 3% is restored in the form of wind. The necessary energy is provided by the latent heat associated with the condensation of water vapor. This explains why cyclones are formed only when the surface temperature of the sea is above 26 ° C (1):

- On the one hand, in the absence of intense evaporation and heat and moisture transfer from the ocean to the atmosphere, the cyclone will not have sufficient energy to form and continue ;

On the other hand, the cumulonimbus composing it needs a high humidity to form. In the absence of moisture, no cumulonimbus and no tropical cyclone.

In addition, the cyclone needs warm water at depth to prevent the cold water from rising towards the surface to stop the machine. The required oceanic mixing column is estimated at 60 meters.

Convergence in the lower layers of the atmosphere will create vertical movement and allow humid air to rise, while the Coriolis force will trigger rotating motion around a column in the center of the cyclone - calls the "eye".

 Air circulation in a tropical cyclone (Jannev, Ayack translation). One notices the wall of cumulonimbus which surrounds the eye. In it the winds are not particularly violent, but it is in the wall that the winds are the most violent. The waves in the eye, coming from the winds of the wall, are enormous surges with no particular meaning.

The consequence is that tropical cyclones do not normally form in the cold waters of the South Atlantic and the South-East Pacific, nor between 5 ° S and 5 ° N in an area where the Coriolis force is insufficient for and where the significant absolute cyclonic vortices in the lower troposphere are rare (absent between 4 ° S and 4 ° N).

In order to maintain the system, there is also a lack of vertical wind shear, in other words a coupling between the different layers of the atmosphere, and a field of high altitude divergence which permits the elimination of accumulated air.

These conditions are found near the meteorological equator. It moves but is most of the year a little north of the geographical equator (this is what seafarers call the "black pot," or ZCIT). This may explain why 70% of tropical cyclones originate in the northern hemisphere.

Roughly, a tropical cyclone consists of a cloud mass up to 1000 km radius, formed by spirals converging towards a central ring, the eye. Except in its lower layers (where the air is almost saturated and where clouds are to be found), the eye is dry and clear; this is the hottest region of the cyclone. This is also where the pressures are lowest. Around this eye that can measure a few tens of kilometers is the wall of cumulonimbus, with the most violent winds, which can reach 360 km / h. Some seabirds find refuge in the eye of the cyclone; they are then obliged to follow its displacement until the extinction of the phenomenon, and often die of exhaustion in the adventure.

Strength of the winds:

Hurricanes are characterized by the maximum sustained wind speed averaged over one minute on the Saffir-Simpson scale.

- Up to 63 km / h inclusive, we speak of "tropical depression";

- from 63 km / h to 117 km / h, the term "tropical storm" is used;

Beyond this begins the scale of Saffir-Simpson, and we speak of "cyclone":

- from 118 km / h to 153 km / h we speak of "category 1 cyclone" (minimal damage)

- from 154 km / h to 177 km / h is referred to as "category 2 cyclone" (moderate damage)

- 168 km / h at 209 km / h is referred to as "category 3 cyclone" (significant damage)

- from 210 km / h to 249 km / h is referred to as "category 4 cyclone" (very important damage)

- above 249 km / h, the category "cyclone category 5" (catastrophic damage)

Vue de l'intérieur de l'œil de l'ouragan Katrina, 40 km de diamètre lors de son acmé, depuis un avion (NOAA)Vue de l'intérieur de l'œil de l'ouragan Katrina, 40 km de diamètre lors de son acmé, depuis un avion (auteur NOAA). On voit bien le mur de cumulonimbus.


17 septembre 2017

Nathalie Picard assure la traduction en anglais de la "newsletter" de l'expédition T2A

Nathalie Picard 2

L'accueil reçu par le numéro de septembre de la "newsletter" de l'expédition Tour des deux Amériques solidaire en voilier nous incite à en faire une version en anglais. Après avoir parcouru le monde pour des raisons professionnelles, Nathalie Picard vient de lancer son entreprise de traduction, et de finir la traduction d'un premier ouvrage scientifique.

Nathalie a accepté de superviser "pro bono" la traduction de notre newsletter, ce dont nous la remercions chaleureusement. Elle est basée en région parisienne, à Clichy.

Cette traduction anglaise de notre newsletter est un premier pas vers la création d'une version anglaise du blog, suivi d'une version espagnole et d'une version en portugais du Brésil. Nous souhaiterions beaucoup rencontrer des personnes désireuses de s'investir dans la protection des océans et la lutte contre le réchauffement climatique parlant courament l'espagnol et/ou le portugais du Brésil, qui pourraient superviser nos traductions dans ces deux langues. Avis à la population !

The reception received by the September issue of the "newsletter" of the expedition Tour of the two Americas in sailing boat encourages us to make a version in English. After having traveled the world for professional reasons, Nathalie Picard has just launched her translation company, and finished translating a first scientific work. Nathalie has agreed to oversee "pro bono" the translation of our newsletter, which we thank her warmly. She is based in the Paris region, in Clichy.

Photo : Nathalie Picard et Evelyne Chadaigne, Nantes 2017. 

13 septembre 2017

Le géologue Pierre Thomas rejoint le comité scientifique de l'Expédition Tour des deux Amériques solidaire en voilier

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Pierre Thomas est géologue, professeur à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, établissement où il est en poste depuis 1987, après avoir été quelques années au CNRS. L’essentiel de ses recherches a porté sur la géologie du système solaire, en particulier de Mercure, Mars et les satellites de Jupiter. Outre la planétologie, il enseigne aussi l’histoire de la Terre et des climats, l’origine de la vie … Il est surtout connu pour son implication dans la diffusion des connaissances auprès du Grand Public et dans la formation (initiale et continue) des enseignants de lycée. Il est le responsable scientifique du site planet-terre.ens-lyon.fr, site du Ministère de l’Education Nationale destiné à la formation permanente des professeurs de SVT. Son laboratoire de référence est le Laboratoire de Géologie de Lyon : Terre, Planète, Environnement (source : http://www.encyclopedie-environnement.org).

Pierre Thomas est également un excellent conférencier, dont l'humour et l'esprit acéré tiennent l'auditeur en éveil sur les sujets les plus divers. Vous trouverez sur le site Planet-Terre plusieurs de ses conférences ayant trait aux sujets qui nous intéressent : cycle du CO2, réchauffement climatique, effet de serre, gaz de schiste, etc. Vous trouverez un lien en colonne de droite de ce site vers "Les variations climatiques à travers les temps géologiques", une conférence passionnante que Pierre Thomas a donnée en 2015. Pierre Thomas enrichit désormais notre comité scientifique de la vision et des échelles de temps d'un géologue.

Pierre Thomas is a geologist, a professor at the Ecole Normale Supérieure in Lyon, where he has been in post since 1987, after a few years at the CNRS. Most of his research has focused on the geology of the solar system, especially Mercury, Mars and Jupiter satellites. Besides planetology, he also teaches the history of the Earth and climates, the origin of life.
Pierre Thomas is also an excellent speaker, able to captivate listeners with humor on a wide variety of subjects. He has just joined the Scientific Committee of the Expedition Tour of the Americas in solidarity in sailboat.

Photo : Pierre Thomas à Lyon, 6 septembre 2017. Auteur : Philippe Bensimon

11 septembre 2017

Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires (Convention BWM)

Vue dans un ballast latéral du pétrolier-chimiquier Chassiron (auteur Hervé Cozanet)

La généralisation des coques acier en permettant l'utilisation de l'eau comme ballast, combinée à l'augmentation constante du trafic commercial maritime, a permis au cours des dernières décennies à de nombreuses espèces aquatiques invasives de se déplacer et de conquérir de nouveaux territoires. l'introduction de ces espèces envahissantes fragilise, modifie ou détruit les écosystèmes existants, avec des effets dévastateurs dans beaucoup de secteurs de la planète.

Sigle de l'OMI

C'est une menace majeure, d'autant plus que l'intensification des échanges maritimes cause d'année en année une augmentation du taux d'envahissement des écosystèmes. L'OMI a évalué que pour la seule année 2004, ce sont environ 10 milliards de mètres cubes d'eau qui ont été transportés par les 45 000 navires de commerce mondiaux dans leurs ballasts (source : Wikipédia).

Pour lutter contre cette menace, la Convention sur la gestion des eaux de ballast a été adoptée en 2004. Elle "vise à empêcher la propagation d'organismes aquatiques nuisibles d'une région à une autre, en établissant des normes et procédures pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires" (source : OMI). Dans le texte de la convention, "Eaux de ballast" désigne les eaux et les matières en suspension prises à bord d'un navire pour contrôler l'assiette, la gîte, le tirant d'eau, la stabilité ou les contraintes". 

Cette convention est entrée en vigueur le 8 septembre 2017, c'est à dire vendredi dernier. Elle prévoit notamment l'obligation pour tous les navires effectuant des voyages internationaux de disposer d'un plan de gestion des eaux de ballast, et de disposer à bord d'un registre des eaux de ballast et d'un certificat international de gestion des eaux de ballast. Dans un premier temps, les navires auront la possibilité de renouveler les eaux de ballast en haute mer, de préférence à plus de 200 milles des côtes et par 200 m de fonds au moins ; une tolérance sera admise à l'extérieur de la ligne des 50 milles si besoin est. Cela dit, la portée de ces recommandations est considérablement amoindrie par les lignes qui suivent : "Un navire n'est pas tenu de s'écarter de la route prévue ou de retarder son voyage pour satisfaire à une prescription particulière du paragraphe 1". 

A terme, le but est que la grande majorité des navires disposent à bord d'un système autonome de traitement des eaux de ballast.

Plusieurs systèmes existent actuellement pour traiter ces eaux avant de les rejeter dans la mer : l'électrolyse, la désoxygénation, les rayons ultra-violets, l'ozonisation, la cavitation par ultrasons, et l'injection de produits chimiques. Ces méthodes peuvent être éventuellement utilisées de façon simultanée.

The generalization of steel hulls allowing the use of water as ballast combined with the steady increase in maritime commercial traffic has made it possible in recent decades for many invasive aquatic species to move and conquer new territories. The introduction of these invasive species weakens, alters or destroys existing ecosystems, with devastating effects in many areas of the planet. This is a major threat. The IMO estimated that in 2004 alone, about 10 billion cubic meters of water were transported by the 45,000 merchant ships in their ballasts (source: Wikipedia). To combat this threat, the Ballast Water Management Convention was adopted in 2004. It "aims to prevent the spread of harmful aquatic organisms from one region to another by establishing standards and procedures for control and the management of ballast water and sediments of ships "(source: IMO). The agreement entered into force on 8 September 2017, ie last Friday.

Photo : Vue dans un ballast latéral du pétrolier-chimiquier Chassiron. Auteur : Hervé Cozanet.

 

09 septembre 2017

Conférence "Les gaz de schiste, nouvel Eldorado, impasse ou catastrophe à venir ?" à l'ENS de Lyon le 18 septembre 2017

Capture d’écran 2017-09-09 à 19

 

Nous relayons cette conférence de l'excellent conférencier Pierre Thomas, professeur émérite à l'ENS de Lyon. Pierre m'a invité mardi à venir la voir dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, et c'est avec regret que je décline son invitation, étant retenu en Loire-Atlantique le 18 septembre. Son savoir, son humour et sa culture font de ses conférences un vrai régal ! Nous espérons que cette conférence sera mise en ligne ultérieurement sur le site Planet-Terre.

Si vous décidez d'aller voir cette conférence "Les gaz de schiste, nouvel Eldorado, impasse ou catastrophe à venir ?" le 18 septembre à Lyon, pensez à vous inscrire à l'avance auprès de l'ENS de Lyon :

ENS Lyon
15 parvis René Descartes - BP 7000
69342 Lyon Cedex 07 - FRANCE
Tél. : Site René Descartes (siège) : +33 (0) 4 37 37 60 00


03 septembre 2017

Newsletter de l'Expédition Tour des deux Amériques solidaire en voilier - numéro de septembre 2017

Newsletter V3 avec edito 250817 4 1

Newsletter V3 avec edito 250817 4 2

Newsletter V3 avec edito 250817 4 3

Newsletter V3 avec edito 250817 5Le numéro de septembre de la newsletter de l'expédition Tour des deux Amériques solidaire en voilier (T2A) est paru. Il sera envoyé ce soir ou demain à notre liste de diffusion. Si vous souhaitez recevoir régulièrement cette newsletter dans votre boîte mail au format pdf (la qualité est évidemment bien meilleure que ci-dessus, et c'est plus facile à lire), vous pouvez inscrire vos noms, prénoms et adresse e-mail en commentaire de ce message. Nous ajouterons votre adresse mail à notre liste de diffusion - qui ne sera jamais communiquée à un tiers, nous nous y engageons. Vous pourrez vous désabonner de cette liste de diffusion sur simple demande faite sur ce blog.

The September issue of the newsletter of the expedition Tour of the two Americas solidaire in sailboat (T2A) was published. It will be sent this evening or tomorrow to our mailing list. If you wish to receive this newsletter regularly in your mailbox in pdf format (it is still easier to read), you can enter your surnames, first names and e-mail address in comment of this message. We will add your email address to our mailing list - which will never be communicated to a third party, we commit ourselves. You can unsubscribe from this mailing list on simple request made on this blog.

31 août 2017

Harvey contre Donald (Trump) - Cyclones et réchauffement climatique - conditions de formation - remontée vers le nord des zones

Hurricane Harvey near the coast of Texas at peak intensity late on August 25, 2017 (NOAA)

« Les cyclones tropicaux, aussi nommés « ouragans » dans l'Atlantique nord, le golfe du Mexique et l'est du Pacifique nord ou « typhons » dans l'ouest du Pacifique nord et la Mer de Chine méridionale, se forment au-dessus des eaux chaudes des mers tropicales et puisent leur énergie dans la chaleur latente de condensation de l'eau. Plusieurs conditions sont nécessaires à la formation d'un tel cyclone :

 

  • La température de la mer doit être supérieure à 26 °C, sur une profondeur d'au moins 50 mètres, à l'endroit de la formation de la dépression qui deviendra cyclone.
  • Être suffisamment éloigné de l'équateur pour que la force de Coriolis puisse agir (5 à 10° de latitude).
  • Les vents aux différents niveaux de l'atmosphère doivent être de direction et de force homogènes dans la zone de formation du cyclone. Si les vents de haute altitude soufflent de manière très différente des vents de basse altitude, la formation du cyclone sera contrariée. » (Source : Wikipédia).

Cette semaine, les conditions étaient réunies dans le Golfe du Mexique.

Harvey est né d’une onde tropicale africaine, qui après avoir traversé l’Atlantique s’est d’abord transformée en tempête tropicale au large des côtes vénézuéliennes, puis en ouragan majeur au contact des eaux chaudes du Golfe du Mexique (30°C actuellement). La particularité d’Harvey est qu’une fois arrivé sur les côtes du Texas, il s’est retrouvé bloqué par un front anticyclonique qui lui a barré le passage. Redescendu au niveau de tempête tropicale, il n’a plus trouvé les vents nécessaires à son déplacement, mais a continué à être alimenté en carburant par les eaux chaudes de la côte qu’il surplombait. D’ou les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le Texas, et le paradoxe d’un ouragan en panne de vent.

 

Allen's Landing après la tempête tropicale Allison en juin 2001 (NOAA)

S'il n'est pas possible d'attribuer la paternité d'Harvey au réchauffement climatique anthropique (les ouragans et les tempêtes tropicales n'ont pas attendu la révolution industrielle pour se produire, et les données météo manquent de recul historique), UN Climate Action, le compte Twitter du United Nation Climate Change secretariat, a noté sur Twitter : "Des océans plus chauds signifient des tempêtes plus humides". En d'autres termes, s'il avait fait moins chaud, les précipitations auraient été moins importantes (jusqu'à 1,27 mètres d'eau par endroits à Huston), et les dégats aussi. Logique.

L’anticyclone l’ayant partiellement libéré, Harvey est arrivé ce matin en Louisianne, comme la tempête tropicale Allison l’avait fait en 2001.

Triste anniversaire, la Nouvelle-Orléans commémorait hier le passage il y a douze ans de l’ouragan Katrina, qui avait en grande partie détruit la ville.

 

Interviewé par le journal Le Monde sur l’influence du réchauffement climatique sur la fréquence des cyclones, le prévisionniste de Météo-France Olivier Proust estime : « S’il ne faut pas forcément s’attendre à davantage de phénomènes cycloniques dans le futur, les cyclones devraient être potentiellement plus puissants, notamment au niveau des précipitations. Avec le réchauffement, c’est un peu comme si on ajoutait un additif dans le carburant : cela accélère et amplifie les phénomènes. ». La paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, membre du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) partage cet avis, étayé par une étude publiée en 2005 dans le journal Nature : le nombre des cyclones serait resté stable au cours de la seconde moitié du XXe siècle, mais l’énergie totale dissipée par ces cyclones de l’Atlantique nord et du Pacifique ouest aurait bondi de 70% entre 1970 et 2000.

La zone cyclonique remonte aussi vers les pôles, s’écartant progressivement de l’équateur depuis 35 ans. D’ici quelques dizaines d’années, le Golfe du Mexique pourrait ainsi devenir une région plus calme, aux dépens de la côte est des Etats-Unis.

Jean_Jouzel_2010

Autre problème lié au réchauffement climatique, la hausse du niveau des océans. Pour Jean Jouzel, ancien vice-président du Giec interrogé par Le Parisien, « avec un niveau de la mer en hausse de 50 centimètres à un mètre d'ici la fin du siècle, un moins bon écoulement des eaux venues du continent et une augmentation des précipitations » sera un facteur aggravant. D’autant plus que les cyclones lèvent sur leur passage des « marées de tempête », fortes houles qui contribueront à inonder les régions côtières.

 

Ce ne sont pas de bonnes nouvelles pour le président climato-sceptique Donald Trump. Arrivé au Texas tardivement en compagnie de son épouse partie visiter les zones inondées avec des talons aiguilles et des Ray-Ban d’aviateur, il a promis une aide sans précédent, en brandissant le drapeau texan. Il lui reste tout de même à convaincre le Congrès d’accorder cette aide. Certains se souviendront peut-être que parmi ceux qui avaient refusé l’aide fédérale aux sinistrés de l’ouragan Sandy figurait… le sénateur républicain du Texas.

Certains aussi se souviendront – ce n’est pas vieux – que le 15 août Donald Trump venait de signer un décret assouplissant les procédures d’examen des permis de construire, et simplifiant les procédures rigoureuses de construction des infrastructures bénéficiant de fonds fédéraux mises en place par Barak Obama pour répondre aux risques climatiques, et notamment aux inondations. C’était tout juste douze jours avant qu’Harvey ne déverse ses pluies diluviennes sur Huston.

 

L’économiste Kevin Simmons, cité par Libération, parle aujourd’hui de 325 milliards de dollars d’atteinte aux propriétés immobilières dans Huston et sa banlieue. L’inondation des raffineries de pétrole de Huston risque d'accroître ce bilan en créant une pollution sans précédent dans la région. Cette catastrophe survenant dans le deuxième Etat le plus peuplé des Etats-Unis va sans doute conduire certains à ré-interroger Donald Trump sur sa position vis-à-vis du réchauffement climatique et sa volonté de maintenir les USA en dehors des accords de Paris.

Photos et auteurs : Hurricane Harvey near the coast of Texas at peak intensity late on August 25, 2017 (NOAA) ; Allen's Landing après la tempête tropicale Allison en juin 2001 (NOAA) ; Jean Jouzel en 2010 (Siren-com) ; Itinéraire d'Hervey en août 2017 (OverlordQ)

Itinéraire d'Hervey en août 2017 (OverlordQ)

Photo : Track map of Hurricane Harvey of the 2017 Atlantic hurricane season. The points show the location of the storm at 6-hour intervals. The colour represents the storm's maximum sustained wind speeds as classified in the Saffir–Simpson scale (see below), and the shape of the data points represent the nature of the storm, according to the legend below. Saffir–Simpson scale Tropical depression ≤38 mph ≤62 km/h Category 3 111–129 mph 178–208 km/h Tropical storm 39–73 mph 63–118 km/h Category 4 130–156 mph 209–251 km/h Category 1 74–95 mph 119–153 km/h Category 5 ≥157 mph ≥252 km/h Category 2 96–110 mph 154–177 km/h Unknown Storm typeTropical cyclone Subtropical cyclone Extratropical cyclone / Remnant low / Tropical disturbance

 
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des Etats-Unis va sans doute conduire certains à ré-interroger Donald Trump sur sa position vis-à-vis du réchauffement climatique et sa volonté de maintenir les USA en dehors des accords de Paris.

 

30 août 2017

Nicolas Hulot a lancé le 6 juillet le Plan Climat, avec pour ambition de faire de la France le n°1 de l'économie verte

Nicolas Hulot : « Les enjeux climatiques sont la pierre angulaire de la solidarité universelle. Il est de notre devoir de dépasser nos objectifs, d’aller plus loin, plus vite. Je souhaite que la transition écologique et solidaire, cette formidable opportunité tant économique, environnementale que sociétale, puisse améliorer le quotidien de tous Français. Et cette solidarité, nous devons aussi la partager à l’international ». Fort de cette déclaration publiée sur le site du Ministère de la Transition écologique et solidaire qu’il dirige, le ministre a lancé le 6 juillet dernier son Plan Climat.

Plan Climat, couverture

Préparé à la demande d’Emmanuel Macron et de son Premier Ministre, ce plan comporte six axes :

-    Rendre irréversible la mise en œuvre de l’Accord de Paris ;
-    Améliorer le quotidien de tous les Français ;
-    En finir avec les énergies fossiles et s’engager dans la neutralité carbone ;
-    La France n°1 de l’économie verte ;
-    Encourager le potentiel des écosystèmes et de l’agriculture ;
-    Intensifier la mobilisation internationale sur la diplomatie climatique.

 

Nicolas_Hulot_2015_(cropped)

Une première lecture laisse une bonne impression : le plan indique les structures qui financeront les actions. Reste à savoir de quels moyens disposeront ces structures. D’autre part, l’axe 4 de ce plan (« La France n°1 de l’économie verte ») confirme ce qu’on avait déjà pressenti depuis quelques mois : Emmanuel Macron reprend pour le compte de la France le positionnement que le gouverneur Schwartzenegger avait voulu en son temps donner à la Californie, celui de leader de la lutte pour l’environnement et contre le réchauffement climatique. Une part très importante du ce plan climat est d’ailleurs consacrée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Un positionnement stratégique très intéressant, qu’auraient pu occuper les Etats-Unis de Barak Obama à la fin de son dernier mandat (moratoire sur les forages dans l'Arctique, etc.), et laissé vacant par Donald Trump.

Le lien ci-dessous vous donne accès au texte du Plan Climat :

2017 

Nicolas Hulot: "Climate issues are the cornerstone of universal solidarity. It is our duty to go beyond our objectives, to go farther, faster. I hope that the ecological and solidarity transition, this tremendous economic, environmental and societal opportunity, can improve the daily life of all French people. And this solidarity, we must also share it internationally ". With this declaration published on the site of the Ministry of Ecological and Solidarity Transition he runs, the Minister launched on July 6 his Climate Plan.

Photo : Nicolas Hulot 2015 (cropped). Auteur : COP PARIS 

28 août 2017

Expédition Tour des deux Amériques solidaire en voilier - L'axe pédagogique - Des vidéos pour comprendre le climat et agir

 

Isunnguata-sermia-greenland (Algkalv, 27 juin 2008)

Lutter contre le réchauffement climatique, c’est se battre sur deux fronts : 1. celui de la connaissance des mécanismes en jeu, car c’est la connaissance qui permet de modéliser, de prévoir et d’anticiper, et de prendre par la suite les décisions les plus adaptées. 2. celui de l’information, de la diffusion de la connaissance et de la sensibilisation, sans laquelle on se rend compte qu’il n’y a pas d’action. Ce sont aussi les deux axes de l’Expédition Tour des deux Amériques solidaire en voilier (T2A).

Tout le monde est aujourd’hui au courant du réchauffement climatique, et a entendu dire que la température moyenne de la planète augmentait. Beaucoup moins connaissent les causes de l’augmentation de cette température, et très peu de gens savent quelles vont en être les conséquences au niveau social, économique et politique. Par exemple, si quelques gouvernements îliens travaillent dès à présent à préparer l’exode inévitable de leurs populations, je ne connais pas d’exemple d’un gouvernement européen ayant rendu public un plan d’action en cas de grande migration climatique.

L’exemple récent des migrants venus de Lybie ou de Syrie a montré l’incapacité des gouvernants européens à venir en aide à des gens dans le besoin. En dehors de l’Allemagne d’Angela Merkel dont il faut saluer l’humanisme, le courage et la clairvoyance, les autres pays se sont contentés de fermer de façon totale ou partielle leurs frontières à ceux qui demandaient de l’aide. Or, ces déplacements de population du sud vers le nord vont sans doute s’intensifier au cours de ce siècle, en lien avec le climat provoquant la désertification et l’assèchement des sols. Ce qu’on voit aujourd’hui n’est qu’une répétition d’un mouvement beaucoup plus vaste en lien avec le climat débouchant sur des guerres civiles dans les pays dépourvus d’eau et des exodes des populations vers des pays plus au nord et plus arrosés, possédant l’eau, les vivres et les richesses mais pas forcément disposés à partager celles-ci.

Il ne s’agit pas aujourd’hui de faire du catastrophisme. Dans des termes simples et sans ambigüité, il faut expliquer aux gens les mécanismes du climat, ses interactions avec l’océan, et les effets combinés que climat et océan ont sur les sociétés humaines. Il faut donner aux gens les moyens de comprendre : 1. Pourquoi la vie de demain ne sera plus celle d’hier ; 2. Pourquoi il faut agir pour ralentir le réchauffement climatique (le limiter à deux ou trois degrés d’ici la fin du siècle sera déjà extraordinaire, vouloir l’endiguer est utopique) et lutter contre ses effets ; 3. Pourquoi il faut se préparer à ses conséquences en modifiant nos habitudes de vie.

 

C’est le but des liens de la rubrique « courants océaniques et climat », que nous développons en ce moment en colonne de droite de ce site. Vous y trouverez des vidéos pédagogiques destinées aux jeunes (les dossiers de L’Esprit sorcier consacrés au climat) et aux moins jeunes, des conférences données par des scientifiques, des documentaires et des films long métrages, etc.

Nous enrichissons régulièrement cette section du site. Si vous connaissez une ou des vidéos qui vous semblent dignes d’y figurer, merci de recopier leurs adresses dans un commentaire de cet article. Après les avoir visionnées, nous publierons leurs liens dans la section « courants océaniques et climat ».

D’autre part, si vous êtes une association ou un comité d'entreprise et que vous souhaitez que nous présentions une conférence « Océan et Climat » devant vos membres, contactez-nous au 06 81 34 65 31. C’est gratuit, cela fait partie de nos missions.

Fighting against climate warming means fighting on two fronts: 1. knowledge of the mechanisms at stake, because it is knowledge that makes it possible to model, foresee and anticipate, and then take on The most appropriate decisions. 2. that of information, the dissemination of knowledge and awareness, without which one realizes that there is no action. These are also the two axes of the Expedition Tour of the two Americas in solidarity in sailboat (T2A). The world is now aware of global warming, and has heard that the average temperature of the planet is increasing. Much less know the causes of the increase in temperature, and very few people know what the consequences will be at the social, economic and political level.

Photos : Les calottes glaciaires jouent un rôle majeur dans la régulation du climat ; elles sont mises en danger par la fonte due au réchauffement climatique. En haut : Isunnguata-sermia-greenland (Algkalv, 27 juin 2008) ; en bas : Image satellite du Vatnajökull en Islande en septembre (NASA, septembre 2004 ou antérieur)

Image satellite du Vatnajökull en Islande en septembre (NASA, septembre 2004 ou antérieur)

 

25 août 2017

Vers une gouvernance mondiale de l'Océan ? Une résolution sera présentée en septembre à l'ONU, affaiblie par les USA + la Russie

Chilean_purse_seine

La haute mer, territoire maritime en dehors des eaux territoriales gérées par les nations côtières, souffre d’un vide juridique et d’une absence de protection. Elle est aujourd’hui attaquée de toute part par le plastique, par les hydrocarbures, par le chalutage profond. Les abysses ne sont pas épargnées : on chalute à 3.000 mètres de profondeur pour trouver les derniers poissons, on fore à 7.000 mètres pour tenter d’extraire de la planète ses dernières réserves de pétrole, alors que les eaux peu profondes sont déjà gravement menacées par le réchauffement climatique et la pollution. On jette allègrement 6 milliards de kilos de déchets plastiques par an dans les mers, et en 2012 400 zones marines étaient déclarées mortes, parfois impropres à abriter la vie sans qu’aucun dispositif contraignant ne vienne s'opposer aux divers types de pollution. 

En 2012 à “Rio+20” les Etats s’étaient engagés à se doter d’un tel outil pour protéger la biodiversité marine et ses écosystèmes, sans que la parole ne soit suivie d’effet. Le 21 juillet dernier un petit pas a été fait dans le bon sens. Une résolution de l’ONU a accepté le principe d’une Conférence Internationale sur la gestion de la biodiversité marine, premier pas vers une gouvernance mondiale de l’Océan. On parle ici d’un « accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité au-delà des zones maritimes sous juridiction nationale » (Beyond Biodiversity National Juridiction).

L’ambassadeur brésilien Carlos Duarte a bataillé dur pour y arriver. Les USA, la Russie, le Japon et l’Islande ne sont pas chauds pour cela ; même les pays de l’UE ont du mal a accepter que l’océan soit considéré comme un “bien commun”. La résolution, qui prévoit une conférence mais pas de date ni de dispositif pour limiter la pêche hauturière sera transmise en septembre à l’Assemblée Générale pour signature.

Un traité international pourrait alors être négocié, 35 ans après la Convention sur le droit de la mer de Montego Bay. Signée en 1982, celle-ci n’aborde pas ou peu les problèmes liés à l’environnement. Les accords de Montego Bay avaient été négociés durant vingt ans. Les négociations portant sur une gouvernance mondiale des océans veillant au respect de la biodiversité et des écosystèmes marins, avec des contraintes et les fonds nécessaires pour les faire respecter, risquent d'être très longues avant d'aboutir tant les gouvernements ont peur de perdre les voix des quelques centaines de millions d'électeurs qui vivent aujourd'hui tant bien que mal de la mise à sac des océans. 

Il y a néanmoins une urgence pour la planète et l'humanité à voir au-delà de la prochaine élection : plus du tiers de l'humanité dépend aujourd'hui directement de l'océan pour sa nourriture. A court terme, quand le dernier poisson aura été pêché, les famines et les guerres deviendront inévitables. Les problèmes d'enrichissement des armateurs de chalutiers seront dès lors relégués au niveau des livres d'histoire, les gens ayant bien d'autres chats à fouetter.

Photo : Environ 360 tonnes de chinchard du Chili (Chilean jack mackerel) dans les filets d'un senneur au large du Pérou (NDR : on les réduira en farine pour nourrir des dorades d'élevage plus chères à la vente, 4 kg de chinchard du Chili permettant d'élever 1 kg de dorade). Auteur : C. Ortiz Rojas