Tour des deux Amériques sur un voilier

03 décembre 2020

De Trogir à Primosten - Croisière d'entraînement - 24 octobre 2020 - From Trogir to Primosten - Training cruise

Trogir, samedi 24 octobre 2020. Nous sommes arrivés en fin de matinée, en provenance de Dubrovnik. Les premiers membres du nouvel équipage arrivent vers 11h sur le ponton ; d'autres nous rejoindront à la terrasse du bar de la marina, à deux pas de celui-ci. Une fois tout le monde installé, nous irons ensemble déjeuner en ville, en empruntant le pont qui relie la marina à la cité médiévale.

Trogir, accueil d'une partie des équipiers au bar de la marina, samedi 24 octobre 2020

Vers 15h, nous sommes au supermarché local, un grand Kunzum situé très près de la gare routière. Nous y sommes tous, chacun muni d'une fraction de la liste des courses : certains ont  en charge les boissons, d'autres les fruits, etc. De mon côté, j'ai la charge des eaux minérales pour notre groupe, qui remplissent à elles seules un des chariots du supermarché. A 16h17 nous passons à la caisse : 6.103 kunas (à peu près 793 euros). Nous avons raflé tout ce que le magasin pouvait nous fournir de cartons, et réquisitionné un très grand taxi. Le contenu de nos nombreux caddies y trouvera sa place, et, plus surprenant, nous arriverons aussi à nous y entasser. Le chauffeur acceptera de nous déposer avec nos emplettes juste devant l'entrée du ponton à l'extrémité duquel notre Sun Odyssey 509 est garé. Suit le moment du rangement. Par chance pour les nouveaux équipiers, tout a déjà été organisé en première semaine, et la plupart des emplettes ont déjà leur place assignée. La phase de rangement est de ce fait rapide.

Trogir, les courses au Konzum local, samedi 24 octobre 2020

A 18h30 nous quittons Trogir. Le but est de gagner ce soir Primosten, très jolie station balnéaire au nord-ouest de Trogir. Nous avons un vent faible d'est, et une mer animée par de faibles vaguelettes dune dizaine de centimètres de haut. Le temps est couvert, mais la visibilité est totale. Le baromètre du bord indique 1.017 hpa, en chute de 9 hpa par rapport à la veille. Christine et Pierre sont à la barre. La météo pour aujourd'hui et les jours qui viennent n'est guère fameuse - en rapport avec la chute du baromètre. Nous sommes heureux jusqu'ici de n'avoir pas eu une goutte de pluie.

A 19h20 nous passons au sud d'Otocik Galera, petit îlot surmonté dune tourelle blanche à l'entrée du Drvenicki Kanal ; nous naviguons plein ouest depuis quelques minutes. A 20h10 nous sommes au sud de l'îlot Murvica, à 20h34 nous passons au sud de l'îlot Muljica. A 21h30 nous sommes au 153° de Hrid Mulo et de son phare, quand nous essuyons un grain, comme on en a souvent en Méditerranée : bref et intense, avec des vents de 26 kt et des rafales plus violentes. Il a surpris Christine à la barre, dont c'était le premier grain et qui s'en est bien sortie. La voilure était adaptée (1/3 de génois, une 1/2 grand-voile et moteur à 1.500 trs/mn), et tout s'est passé pour le mieux - si ce n'est que la gaffe, stockée par le loueur sur le roof, a disparu.

A 22h30, nous sommes à Primosten, ou souffle encore pas mal de vent d'est. Nous essayons de prendre le quai sur pendille. Il y a beaucoup de monde sur le quai. Malgré nos demandes, personne ne comprend le besoin urgent qu'on nous passe une pendille pour maintenir le bateau dans l'axe du vent. Comme c'est le cas la plupart du temps dans ce cas, les gens sur le quai donnent des conseils, voire des ordres, totalement inappropriés. Pour simplifier la manœuvre, je décide de changer de stratégie et de garer le bateau le long du quai. Il y a juste la place nécessaire, mais le quai est "no safe" et le vent facilite notre manœuvre. A 22h45, la bateau est amarré sur le côté bâbord, les pointes et les gardes sont en place, et je m'attaque  à la cuisine du soir. A 23h45, nous sommes tous réunis autour de la table du carré, en train de savourer les tagliatelle carbonara ricca, dont j'ai fait flamber les lardons au whisky.

Primosten, dîner tardif à bord, samedi 24 octobre 2020

Trogir, Saturday October 24, 2020. We arrived in the late morning from Dubrovnik. The first members of the new crew arrive around 11 am on the pontoon; others will join us on the terrace of the marina bar, a stone's throw from it. Once everyone is installed, we will go to lunch together in town, taking the bridge that connects the marina to the medieval city. Around 3 p.m., we are at the local supermarket, a large Kunzum located very close to the bus station. We are all there, each with a fraction of the shopping list: some are in charge of the drinks, others the fruit, etc. For my part, I am responsible for the mineral water for our group, which alone fills one of the supermarket trolleys. At 4:17 p.m. we go to the cash desk: 6.103 kuna (around 793 euros). We scooped up everything the store could provide us with boxes, and requisitioned a very large taxi. The contents of our many caddies will find their place there, and, more surprisingly, we will also manage to pile up there. The driver will agree to drop us off with our purchases just in front of the entrance to the pontoon at the end of which our Sun Odyssey 509 is parked. The moment of storage follows. Luckily for the new team members, everything has already been organized in the first week, and most of the shopping has already its assigned place. The storage phase is therefore quick. At 6.30 p.m. we leave Trogir. The aim is to win Primosten, a very pretty seaside resort north-west of Trogir, tonight. We have a weak easterly wind, and a sea animated by weak ripples about ten centimeters high. Visibility is total, and the onboard barometer indicates 1.017 hpa, a drop of 9 hpa compared to the previous day. Christine and Pierre are at the helm. The weather forecast for today and the coming days is hardly famous - related to the falling barometer. We are happy so far that we haven't had a drop of rain. At 7.20 pm we pass south of Otocik Galera, a small islet surmounted by a white turret at the entrance to Drvenicki Kanal; we have been sailing due west for a few minutes. At 8:10 pm we are south of Murvica islet, at 8:34 pm we pass south of Muljica islet. At 9:30 p.m. we are at 153 ° from Hrid Mulo and its lighthouse, when we have a squall, as we often have in the Mediterranean: short and intense, with winds of 26 kt and more violent gusts. He surprised Christine at the helm, of which it was the first squall and who did well. The sails were adapted (1/3 genoa, a 1/2 mainsail and engine at 1,500 rpm), and everything went for the best - except for the boat hook, stored by the rental company on the roof, has disappeared. At 10:30 p.m., we are in Primosten, where a lot of east wind is still blowing. We try to take the quay on the pendulum. There are a lot of people on the platform. Despite our requests, no one understands the urgent need for a mooring line to keep the boat in line with the wind. As is the case most of the time, people on the quay are giving totally inappropriate advice or even orders. To simplify the maneuver, I decide to change strategy and park the boat along the quay. There is only the necessary space, but the quay is "no safe", and the wind facilitates our maneuver. At 10:45 pm, the boat is moored on the port side, the lines and springs are in place, and I tackle the evening kitchen. At 11:45 pm, we are all gathered around the table in the saloon, enjoying the tagliatelle carbonara ricca.

Video : L'avitaillement du bateau au supermarché de Trogir, samedi 24 octobre 2020. Réalisation : © Philippe Bensimon. Photos : La terrasse du bar de la marina ACI de Trogir, samedi 24 octobre 2020 ; Avitaillement au supermarché de Trogir, samedi 24 octobre 2020 ; Primosten, dîner dans le carré du bateau, samedi 24 octobre 2020. Auteur/author : Philippe Bensimon.

 


01 décembre 2020

La covid-19 contre le réchauffement climatique - Covid-19 against global warming

Dette_publique_France_1979-2017 (auteur Touchatou, 4 février 2018)

A l'époque où il se présentait aux élections présidentielles, le grand économiste Raymond Barre alertait déjà sur les dangers représentés par la dette publique et appelait les Français à se serrer la ceinture pour permettre le remboursement progressif de celle-ci. Avec un tel programme, pas besoin de faire appel à un fakir pour prévoir le résultat de l'élection : c'est François Mitterand qui a été élu en 1988. Au début de l'ère Mitterrand (années quatre-vingt), la dette de la France représentait environ 589 milliards de francs (12,2 % du PIB fin 1980). A l'époque, on montrait du doigt l'Italie et son déficit public abyssal. Avant la crise de la covid-19, début 2020, on était arrivés en France à environ 2.380 milliards d'euros, soit 98,40 % du PIB, 8 fois ce que Raymond Barre jugeait déjà inacceptable. On avait presque rattrapé l'Italie (2.409 Md€ fin 2019). Les gouvernements qui se sont succédé ont creusé chacun un peu plus le déficit au mépris des générations futures. Ce sont elles qui devront rembourser les sommes empruntées par les différents gouvernements, de droite comme de gauche, afin d'assurer la paix sociale et leur réélection (ils ont tous compris la leçon de 1988). Année après année, la France a ainsi trahi systématiquement ses engagements de Maastricht (pas plus de 3% de déficit annuel, et une dette publique inférieure à 60 % du PIB). En 2019, un bébé naissant en France avait déjà sur les épaules une dette supérieure à 35.500 euros à sa naissance, qui n'a cessé depuis de croître. Après seulement dix mois de crise, la dette publique française a bondi de façon effroyable à 120 % du PIB. D'ici la fin de l'année, le gouvernement aura débloqué 490 milliards d'euros sur dix mois pour soutenir l'économie, ce qui n'empêchera pas une récession annoncée de l'ordre de 11 %.

A lors que faire ? Certains suggèrent l'annulation pure et simple de la dette. Seuls deux Etats à ce jour on fait dans le monde le choix de la banqueroute (à ma connaissance) : la Russie de 1918, refusant de reconnaître et rembourser les dettes du tsar (on se souvient de l'emprunt des Chemins de fer russes), et... la France de 1797, refusant de payer les dettes de la royauté.

Le problème aujourd'hui est que la France vit à crédit (environ 400 millions d'emprunts quotidiens sur les marchés). Or, plus personne ne voudra prêter à celui qui ne rembourse pas ses dettes. Au micro d'Antenne 2, un journaliste expliquait hier soir : "Le gouvernement français compte sur la croissance pour rembourser ses dettes" (JT de 20h, 30/11/2020).

Or, la croissance, c'est l'ennemi n°1 de la lutte contre le réchauffement climatique. Alors qu'il faudrait entrer dans une décroissance impérative à tous les niveaux (être moins nombreux, consommer moins de façon générale (ce qui veut dire moins de TVA rentrant dans les caisses de l'Etat), utiliser moins de carburants d'origine fossile (ce qui veut dire moins de Taxe sur les produits pétroliers rentrant dans les caisses de l'Etat), etc., c'est exactement vers le contraire que le gouvernement français va sans doute se diriger, sacrifiant encore une fois l'avenir des générations futures (et des jeunesses actuelles) au bien être immédiat... et à sa réélection. 

On se bat actuellement dans un combat sans espoir entre des personne qui ont le pouvoir mais agissent pour leur intérêt personnel à court terme, et l'intérêt du plus grand nombre, hélas fait de gens qui n'ont ni le pouvoir politique ni le pouvoir financier pour agir sur le long terme. Personnellement, je suis écœuré de voir avec quelle facilité l'Etat français sort de l'argent pour soutenir l'économie, et avec quelle facilité les haut fonctionnaires arrivent à dire "on n'a pas d'argent" quand il s'agit de lutter contre le réchauffement climatique, beaucoup plus dangereux à terme que la covid-19.

Philippe Bensimon

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At the time when he was running for the presidential elections, the great economist Raymond Barre was already alerting to the dangers represented by the public debt and called on the French to tighten their belts to allow the gradual repayment of it. With such a program, no need to appeal to a fakir to predict the outcome of the election: it was François Mitterand who was elected in 1988. At the beginning of the Mitterrand era (1980s), the debt of France represented around 589 billion francs (12.2% of GDP at the end of 1980). At the time, we pointed out Italy and its abysmal public deficit. Before the covid-19 crisis, at the beginning of 2020, we had arrived in France at around 2.380 billion euros, or 98.40% of GDP, 8 times what Raymond Barre already considered unacceptable. We had almost caught up with Italy (€ 2.409 billion at the end of 2019). Successive governments have each widened the deficit a little more to the detriment of future generations. They are the ones who will have to repay the sums borrowed by the various governments, on the right and on the left, in order to ensure social peace and their re-election (they have all understood the lessons of 1988). Year after year, France has systematically betrayed its Maastricht commitments (no more than 3% of annual deficit, and a public debt of less than 60% of GDP). In 2019, a baby born in France already had on the shoulders a debt of more than 35,500 euros at birth, which has continued to grow since then. After only ten months of crisis, French public debt jumped appallingly to 120% of GDP. By the end of the year, the government will have released 490 billion euros to support the economy, which will not prevent an announced recession of around 11%. So what to do? Some suggest outright debt cancellation. Only two states in the world have made the choice of bankruptcy (to my knowledge): Russia in 1917, refusing to recognize and repay the tsar's debts (we remember the loan from the Russian Railways) , and ... France in 1789, refusing to pay the debts of royalty. The problem today is that France lives on credit (around 400 million daily loans on the markets). However, no one will want to lend to someone who does not repay their debts. At the microphone of Antenne 2 (8pm news), a journalist explained last night: "The French government is counting on growth to repay its debts". However, growth is the number one enemy in the fight against global warming. While it would be necessary to enter into an imperative decrease at all levels (to be less numerous, to consume less in general (which means less VAT going into the State coffers), to use less fossil fuels (which means less Tax on petroleum products entering the State coffers), etc. It is exactly the opposite that the government will undoubtedly be heading, once again sacrificing the future of future generations (and current youth) to immediate well-being ... and to his re-election. We are currently fighting in a hopeless fight between people who have power but act for their personal interest in the short term, and the interest of the greatest number, unfortunately made up of people who have neither political power nor power. financial to act in the long term.

Graphique : Dette_publique_France_1979-2017 (auteur/author : Touchatou, 4 février 2018)

30 novembre 2020

De Dubrovnik à Trogir - Croisière d'entraînement - 23 et 24 octobre 2020 - From Dubrovnik to Trogir - Training cruise

Dubrovnik, le port de Gruz, vendredi 23 octobre 2020 (4)

Dubrovnik, vendredi 23 octobre 2020. Réveil tardif, aux environs de 8h30. Le petit déjeuner est prévu à neuf heures avec l'équipage, et le départ est programmé à onze heures. Nous avons devant nous une belle journée et une nuit de navigation pour arriver demain à Trogir, aux environs de dix heures du matin. Nous y serons rejoints par quelques membres de l'équipage, qui embarqueront pour la seconde semaine de notre croisière d'entraînement.

Dubrovnik, le marché du port de Gruz, vendredi 23 octobre 2020

Dubrovnik, la caraque devant le marché, vendredi 23 octobre 2020 (2)

Pour l'heure, je fonce faire des photos du marché tout proche - je n'ai qu'à traverser a rue. Les gens s'y pressent, à première vue pas trop inquiets de la pandémie de covid-19 qui sévit en France et dans de nombreux pays. Ici, seuls les deux tiers des gens dans la rue portent un masque. A côté du marché est amarrée la caraque en bois que je vois ici depuis que j'ai découvert le port de Gruz. C'est une très belle construction en bois vernis, réplique d'un bateau traditionnel de la fin du Moyen Age, caractérisé par ses deux hauts châteaux, à l'avant et à l'arrière. La Santa Maria, le bateau de Christophe Colomb lors de son départ à la découverte des Amériques était une caraque, la Nina et la Pinta qui l'accompagnaient étant des caravelles, évolution assez révolutionnaire pour l'époque des anciennes caraques, avec un franc bord élevé pour résister aux vagues de l'Atlantique, un fond plat pour les explorations côtières, et des voiles latines permettant de remonter au vent.

Dubrovnik, la caraque, vendredi 23 octobre 2020

Christine profitera du marché pour acheter quelques tomates, on y prendra aussi du raisin. La nuit au port de Gruz nous coûte 95 euros, qu'un employé du port est venu nous demander ce matin. C'est cher, mais le bateau fait plus de quinze mètres de long, et nous sommes huit à bord. Mettre le bateau à la marina au fond de la rivière voisine n'aurait pas eu de sens. Les tarifs auraient peut-être été moins élevés, mais auraient été compensés par les deux taxis que nous aurions du prendre à l'aller et au retour (tarif de nuit) pour aller passer hier la soirée dans la cité médiévale de Dubrovnik. Et le cadre aurait été moins beau. Se réveiller dans le port de Gruz est toujours un enchantement.

Dubrovnik, petit déjeuner à bord, vendredi 23 octobre 2020 (2)

Dubrovnik, petit déjeuner à bord, vendredi 23 octobre 2020 (3)

Dubrovnik, petit déjeuner à bord, vendredi 23 octobre 2020

A 10h, mon petit déjeuner terminé, je m'attaque à la réparation des déchirures du génois. Pour le moment, ce sont de minces lignes qui courent le long des coutures horizontales, mais il ne faut pas leur laisser le temps de prendre de l'ampleur. J'ai emporté avec moi deux rouleaux d'adhésif dacron pour voile, des bandes qui chacune font deux mètres de long par dix centimètres de large. Je descends dans le carré les récupérer, ainsi que la chaise de calfat qui se trouve sous la banquette. Michel et Pierre vont utiliser la drisse de spi pour me hisser dans la mâture. Par chance, il n'y a pas de vent. Nous ouvrons le génois, Pierre et Michel me hissent avec le winch, et m'amènent au niveau de la déchirure la plus haute. En utilisant la chute de la voile pour me bloquer avec les jambes, je peux avoir les mains libres pour découper mes bandes d'adhésif aux dimensions requises et les plaquer sur le tissu de la toile en les croisant pour plus de solidité. Je note au passage que mon couteau Leatherman semble moins tranchant qu'à l'accoutumée. Peut-être faudra-t-il un jour que je le fasse réaffûter. Je mettrai à peu près quarante-cinq minutes pour réparer cette déchirure, puis celle située sur la couture horizontale un peu plus bas, et faire quelques photos. Quand j'ai fini, il ne reste plus grand-chose de mes bandes d'adhésif - mais la réparation devrait tenir correctement jusqu'à la fin du mois. 

Dubrovnik, réparations dans le génois, vendredi 23 octobre 2020 (2)

Dubrovnik, réparations dans le génois, vendredi 23 octobre 2020 (1)

Dubrovnik, le pont Fanjo-Tudman vu de la sortie du port, vendredi 23 octobre 2020

A 11h je demande à Laurence d'organiser le départ. Nous quitterons le quai de Dubrovnik contre une garde arrière, Laurence à la barre. A 11h12 nous laissons à bâbord les haubans du grand pont Fanjo-Tudman, et vingt minutes plus tard, nous sommes au sud de Kolocep, une des îles voisines de Dubrovnik. Nous avons envoyé toute la toile dont nous disposons, et réglé le moteur sur 1.800 tours/minute, pour une vitesse sur le fond de 7,3 nœuds. La mer est calme, d'abord plate puis animée par des vagues d'une dizaine de centimètres. Le ciel est superbe, j'estime à environ trois nœuds le vent de SW que nous recevons. Le baromètre du bord s'est stabilisé depuis hier à 1.024 hpa (contre 1.027 avant-hier). Nous avons commencé à tirer un long bord d'une dizaine heures au cap 271° ; Laurence, qui est de quart avec Christine et Pierre, a choisi de mettre le pilote automatique en marche.

Côte sud de Kolocep, vendredi 23 octobre 2020 (0)

Côte sud de Kolocep, vendredi 23 octobre 2020 (2)

Laurence à la barre, 12h30 vendredi 23 octobre 2020

A 13h45 nous arrivons à l'extrémité SE de la très longue île de Mljet. Le vent s'est un peu levé (6 kt de WSW. A 17h35, nous profitons de la fin du jour pour faire des exercices de récupération de l'homme à la mer à la voile. Avec la nuit qui tombe, tout le monde ne peut pas faire l'exercice aujourd'hui (il ne faut pas seulement le faire, il faut surtout le réussir, et cela prend parfois un peu de temps). Nous le continuerons demain matin - les conditions sont bonnes, et nous devrions avoir de l'avance sur notre horaire.

bateau à l'est de Sv Andrija, vendredi 23 octobre 2020

A 20 h nous passons au sud du feu Fl 10s de la pointe Struga, sur la côte sud de l'île Lastovo ; quarante minutes plus tard nous relevons au 176° le feu de Mrcaru, situé sur un écueil juste à l'ouest de Lastovo. A 21h20 nous obliquons au cap 327°; puis à 22h45 au cap 337°. A 22h45 le vent à tourné, et nous sommes passés de bâbord amures à tribord amures ; pour conserver notre vitesse de 6 nœuds, sous naviguons sous grand-voile, génois et moteur à 1.800 tours/minutes. 

A 1h10 du matin, nous réduisons le moteur à 1.200 trs/mn, pour ne pas arriver trop tôt à destination. Après le repas du soir, je me suis confortablement installé sur la banquette bâbord du cockpit, où je somnole pendant que mes équipiers de quart assurent la veille. A 3h10 nous passons à proximité immédiate d'Otok Vodnjak, que nous laissons à tribord. C'est le dernier îlot qui prolonge à l'ouest l'archipel de Sv Klement, lui même très proche de Hvar. Michel décide de remonter le régime du moteur à 1.500 trs/mn. 

A 6h30, nous voyons plein est le feu vert sur Otok Polib, qui marque la fin des dangers à l'ouest de la grande île Solta. Le sondeur indique des fonds de 72 mètres. C'est le moment pour nous de prendre au 045°, en direction du danger isolé Plicina Milin. Pierre est à la barre, de quart avec Christine et Laurence. Une demi-heure plus tard, nous sommes à bâbord du danger isolé. Nous prenons presque deux heures pour travailler dans ce secteur les manœuvres de récupération de l'homme à la mer à la voile.

 

A 8h45, nous mettons le cap à vue sur le chenal d'accès à la baie de Trogir ; vingt-cinq minutes plus tard nous passons entre les marques rouges et vertes sur les îlots d'Okuld. Arrivés en baie de Trogir, nous prenons plein est vers la cité médiévale. Durant la nuit, j'ai fait les comptes de la caisse de bord. Il ne me manque plus que le coût du carburant consommé pour la compléter. Plutôt que de faire une estimation, nous allons profiter de ce que nous avons un peu d'avance pour aller faire le plein de carburant. Il y a deux quais des carburants à l'entrée de Trogir, l'un à l'entrée est de la marina à bâbord, l'autre au fond de celle située à tribord. C'est là que nous irons faire  le plein. Peu après 10h30, le Sun Odyssey Rock Point est revenu à son point de départ, amarré sur pendilles au ponton de la marina ACI de Trogir.

Dubrovnik, le port de Gruz, vendredi 23 octobre 2020 (2)

Dubrovnik, le Rock Point au quai de Gruz, vendredi 23 octobre 2020 (2)

Dubrovnik, Friday October 23, 2020. Waking up late, around 8:30 am. Breakfast is scheduled for 9am with the crew, and departure is scheduled for 11am. We have a beautiful day and a night of navigation ahead of us to arrive in Trogir tomorrow, around ten in the morning. We will be joined there by some members of the crew, who will embark for the second week of our training cruise.

For now, I'm heading to take pictures of the nearby market - I just have to cross the street. People flock there, at first glance not too worried about the covid-19 pandemic which is raging in France and in many countries. Here, only two-thirds of the people on the street wear a mask. Next to the market is the wooden carrack that I have seen here since I came to the port of Gruz. It is a very beautiful construction in varnished wood, a replica of a traditional boat from the end of the Middle Ages, characterized by its two high castles, at the front and at the rear. The Santa Maria, the boat of Christopher Columbus when he left to explore the Americas was a carrack, the Nina and the Pinta which accompanied it being caravels, a fairly revolutionary development for the time of the old caraques, with a freeboard high to withstand the waves of the Atlantic, a flat bottom for coastal explorations, and Latin sails to go upwind.

Christine will take advantage of the market to buy some tomatoes, we will also take grapes. The night at the port of Gruz costs us 95 euros, which a port employee came to ask us this morning. It's expensive, but the boat is over fifteen meters long, and there are eight of us on board. Putting the boat at the marina at the bottom of the nearby river wouldn't have made sense. The prices would perhaps have been lower, but would have been compensated by the two taxis that we should have taken on the outward and return journey (night rate) to go to spend the evening in the medieval city of Dubrovnik yesterday. And the setting would have been less beautiful. Waking up in the port of Gruz is always a delight. 

Dubrovnik, sur la chaise de calfat, vendredi 23 octobre 2020

At 10 am, my breakfast finished, I tackle the repair of the tears in the genoa. At the moment, these are thin lines that run along the horizontal seams, but they should not be given time to gain momentum. I brought with me two rolls of dacron sail tape, strips each two meters long by ten centimeters wide. I go down to the saloon to retrieve them, as well as the caulking chair which is under the bench. Michel and Pierre will use the spinnaker halyard to hoist me up the masts. Luckily, there is no wind. We open the genoa, Pierre and Michel hoist me with the winch, and bring me to the level of the highest tear. By using the leech of the sail to block myself with the legs, I can have my hands free to cut my strips of adhesive to the required dimensions and press them onto the fabric of the canvas, crossing them for added strength. I note in passing that my Leatherman knife seems less sharp than usual. Maybe someday I will have to re-sharpen it. I will take about forty-five minutes to repair this tear, the one on the horizontal seam a little lower, and take some pictures. When I'm done, I don't have much of my tape left - but the repair should hold up well until the end of the month.
At 11 am I ask Laurence to organize the departure. We will leave the Dubrovnik quay against a rear guard, Laurence at the helm. 

Côte sud de Kolocep, vendredi 23 octobre 2020 (1)

At 11:12 am we leave the shrouds of the large Fanjo-Tudman bridge on the port side, and twenty minutes later, we are south of Kolocep, one of the neighboring islands of Dubrovnik. We sent all the canvas we have, and set the engine to 1,800 rpm, for a ground speed of 7.3 knots. The sea is calm, initially flat then animated by waves of ten centimeters. The sky is superb, I estimate the SW wind we are receiving at around three knots. The onboard barometer has stabilized since yesterday at 1024 hpa (against 1027 the day before yesterday). We started hauling a ten hour long tack at heading 271 °; Laurence, who is on watch with Christine and Pierre, chose to put the autopilot on.

Dubrovnik vue de la côte sud de Kolocep, vendredi 23 octobre 2020

At 13:45 we arrive at the SE end of the very long island of Mljet. The wind picked up a bit (6 kt from WSW. At 5.35 pm, we took advantage of the end of the day to do some man-overboard recovery exercises under sail. With night falling, everyone can't do the exercise today (you don't just have to do it, you have to pass it above all, and it sometimes takes a little while) .We will continue it tomorrow morning - conditions are good, and we should have ahead of our schedule.

At 8 pm we pass south of the Fl 10s traffic light at Struga Point, on the south coast of Lastovo Island; Forty minutes later we raised the Mrcaru light to 176 °, located on a reef just west of Lastovo. At 9:20 pm we veered off to heading 327 °; then at 10:45 p.m. on course 337 °. At 10:45 pm the wind turned, and we went from port tack to starboard tack; to maintain our speed of 6 knots, under sail under mainsail, genoa and engine at 1800 rpm. At 1:10 am, we reduce the engine to 1,200 rpm, so as not to arrive too early at our destination. After the evening meal, I settled down comfortably on the port side bench seat of the cockpit, where I dozed off while my crew on duty the day before. At 3:10 am we pass in the immediate vicinity of Otok Vodnjak, which we leave to starboard. It is the last islet which extends to the west the archipelago of Sv Klement, itself very close to Hvar. Michel decides to revive the engine speed to 1,500 rpm. At 6.30 am, we see the green light on Otok Polib, which marks the end of the dangers west of the large island Solta. The depth sounder indicates depths of 72 meters. It's time for us to take 045 °, towards the isolated danger Plicina Milin. Pierre is at the helm, on watch with Christine and Laurence. Half an hour later, we are on the port side of the isolated danger. We take almost two hours to work on man overboard recovery maneuvers under sail. At 8.45 am, we set sail for the access channel to the bay of Trogir; Twenty-five minutes later we pass between the red and green marks on the islets of Okuld. Arrived in the bay of Trogir, we head east towards the medieval city. During the night, I made the accounts of the cash register. All I need now is the cost of the fuel consumed to complete it. Rather than making an estimate, we will take advantage of what we have a little early to go and fill up with diesel. There are two fuel docks at the entrance to Trogir, one at the eastern entrance to the port marina, the other at the end of the starboard marina. This is where we will go to refuel. Shortly after 10:30 am, the Sun Odyssey Rock Point returned to its starting point, moored on mooring lines at the ACI Marina pontoon.

Dubrovnik, le port de Gruz, vendredi 23 octobre 2020 (3)

Vidéo : Vendredi 23 octobre 2020, départ de Dubrovnik. Réalisation : © Philippe Bensimon.Photos : Dubrovnik, le port de Gruz, vendredi 23 octobre 2020 (1) ; Dubrovnik, le marché du port de Gruz, vendredi 23 octobre 2020 (1 et 2) ; Dubrovnik, la caraque, vendredi 23 octobre 2020 ; Dubrovnik, petit déjeuner à bord, vendredi 23 octobre 2020 (1 à 3) ; Dubrovnik, réparations dans le génois, vendredi 23 octobre 2020 (1 et 2) ; Dubrovnik, le pont Fanjo-Tudman vu de la sortie du port de Gruz, vendredi 23 octobre 2020 ; La côte sud de Kolocep, vendredi 23 octobre 2020 (1 et 2) ; Laurence à la barre au sud de Kolocep, vendredi 23 octobre 2020 ; Voilier entre Sv Andrija et Kolocep, vendredi 23 octobre 2020 ; Dubrovnik, le port de Gruz, vendredi 23 octobre 2020 (2) ; Le Sun Odyssey 509 Rock Point au port de Gruz, vendredi 23 octobre 2020 ; Philippe hissé dans la chaise de calfat, vendredi 23 octobre 2020 ; La côte sud de Kolocep, vendredi 23 octobre 2020 (3) ; Dubrovnik vue de la côte sud de Kolocep, vendredi 23 octobre 2020 ; Dubrovnik, le port de Gruz, vendredi 23 octobre 2020. Auteurs/authors : Dubrovnik, petit déjeuner à bord, vendredi 23 octobre 2020 (1) ; Voilier entre Sv Andrija et Kolocep, vendredi 23 octobre 2020 ; Philippe hissé dans la chaise de calfat, vendredi 23 octobre 2020 ; Dubrovnik vue de la côte sud de Kolocep, vendredi 23 octobre 2020 : Christine Marpot. Autres photos : Philippe Bensimon.

26 novembre 2020

Cycle de conférences : Regards sur l'écologie - Océan et climat : votre avenir en dépend - conference : Ocean and climate

Capture d’écran 2020-11-26 à 20

Antoine Molin et d'autres étudiants du DEUST Médiation citoyenne : Environnement, Culture, Education à la Faculté des Sciences sociales de Strasbourg organisent un cycle de conférences intitulé "Regards sur l'écologie". Une conférence de notre cycle "Océan et climat : votre avenir en dépend" a été incluse dans ce cycle. Elle débutera ce samedi à 14 heures par une intervention d'environ une heure et demie, suivie d'une demi-heure de questions-réponses avec le public.

Calendrier

Samedi 28 novembre 2020
10:00 - 11:00
"Le rapport sensible à la nature" avec Guillaume Christen, sociologue, enseignant-chercheur au laboratoire Sage de l'université de Strasbourg, co-auteur du livre "Transition énergétique et inégalités environnementales : énergies renouvelables et implications citoyennes en Alsace".
14:00 - 16:00
"Océan et Climat : votre avenir en dépend" avec Philippe Bensimon, responsable de l'expédition scientifique et pédagogique Tour des deux Amériques, membre de la plate-forme Océan & Climat et du Comité France Océan.
Dimanche 29 novembre 2020
11:00 - 12:00
"Transition écologique : entre capitalisme et décroissance" avec Maurice Wintz, maître de conférences en sociologie, directeur de l'Institut d'urbanisme et d'aménagement régional (Faculté des sciences sociales de Strasbourg, vice-président d'Alsace nature.
Lien Zoom de toutes les conférences : 
https://us02web.zoom.us/j/7358864898
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Antoine Molin, member of the Tour des Deux Amériques expedition, and other students of the DEUST "Citizen mediation: Environment, Culture, Education" at the Faculty of Social Sciences of Strasbourg are organizing a series of conferences entitled "Regards sur écologie ". A conference of our cycle "Ocean and climate: your future depends on it" has been included in this cycle. It will begin this Saturday at 2 pm with an intervention of about an hour and a half, will be followed by half an hour of questions and answers with the public.

25 novembre 2020

Un ministre "choqué" - Violences, migrants et lois liberticides - Violence, migrants and freedom-killing laws

Philippe Bensimon devant Santorin 25 décembre 2017

Lundi 23 novembre au soir, près de 500 migrants ont installé leurs tentes pour un camp éphémère Place de la République à Paris, à l'appel d'ONG telles qu'Utopia 56, Médecins sans frontières (MSF), et Solidarité migrants Wilson. L'opération visait à réclamer au gouvernement une solution d'hébergement pour des centaines de migrants. Selon Le Parisien, l'opération de police qui a suivi a vu des migrants éjectés avec violence de leurs tentes, des élus et des journalistes malmenés dans un nuage de gaz lacrymogène. Selon une journaliste d'Antenne 2, la police a traîné certains migrants et leurs tentes sur plusieurs mètres pour les déloger, et on voit sur des vidéos des policiers frappant à coups de matraques des migrants n'offrant pourtant aucune résistance. Tous ces gens se sont retrouvés lundi soir dehors, sans solution de logement, dans une nuit glaciale. Le ministre de l'intérieur Gerard Darmanin a déclaré : « Certaines images (…) sont choquantes ». (source : A2, JT, 24/11/2020, 13h05). La loi sur la sécurité globale a été votée après-midi par l'Assemblée nationale (cf infra), de manière à décourager les journalistes et les vidéastes amateurs de révéler les violences policières. Ce type de loi aurait été particulièrement utile aux USA, où elle aurait mis ces dernières années à l'abri de nombreux policiers auteurs de meurtres sur des manifestants, ou sur des personnes simplement interpellées. En France, elle donnera encore plus de liberté aux policiers, qui n'auront plus la crainte d'être filmés dans leurs actions et de voir leur identité révélée. 

Durcissement de la politique

Par 388 voix pour, 104 voix contre et 66 abstentions. L’Assemblée nationale a approuvé ce mardi 24 novembre la proposition de loi relative à la sécurité globale. La chambre basse du Parlement valide donc le très controversé article 24 du texte, qui punit la diffusion malveillante d’images des forces de l’ordre. Diverses autres dispositions ont aussi été validées, dont l’usage des drones à des fins d’observation, l’assouplissement de l’emploi des caméras piéton et de la vidéo surveillance, ou bien le port d’arme hors service (source : https://www.numerama.com/politique/671086-lassemblee-nationale-adopte-la-loi-sur-la-securite-globale-et-son-article-24-et-maintenant.html). Orwell n'aurait pas dit mieux.

Pour revenir aux migrants, la phrase du ministre de l'intérieur est révélatrice : ce sont les images des violences faites aux migrants qui le choquent, pas les faits. Que ce soit en Italie, dont le gouvernement bloque depuis quatre mois l'action de SOS Méditerranée (« Depuis le 22 juillet, nos équipes travaillent sans relâche pour libérer l’Ocean Viking, animées par la volonté de continuer à sauver des vies en Méditerranée centrale où l’urgence demeure. La semaine dernière, au moins 100 personnes sont mortes noyées en moins de 72 heures au cours de quatre naufrages distincts, loin des regards. » (communiqué de SOS Méditerranée, 11 novembre 2020) ou en France, où le président Macron s'est déplacé jusqu'à la frontière espagnole pour annoncer un durcissement de sa politique en faisant un lien inapproprié et dangereux entre migrants et terrorisme.

Migration/terrorisme : un lien inapproprié et dangereux

« Mardi 10 novembre, un mini-sommet européen virtuel s’est tenu pour muscler la réponse au terrorisme, après les récents attentats en France et en Autriche. Il a notamment été question de renforcer les contrôles aux frontières. « Il est urgent et crucial de savoir qui entre et qui sort », a défendu la chancelière allemande, Angela Merkel. « Nous avons des milliers de combattants terroristes étrangers qui ont soit survécu aux combats en Syrie, en Irak (…) et sont revenus, soit qui n’ont pas pu partir parce qu’ils ont été arrêtés. (…) Ce sont des bombes à retardement », a averti le chancelier autrichien, Sebastian Kurz. Emmanuel Macron a, quant à lui, dénoncé « le dévoiement du droit d’asile »(source :https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/12/le-lien-entre-terrorisme-et-immigration-a-l-epreuve-des-faits_6059461_3224.html). Un peu plus loin, le journaliste du Monde cite : « « Le problème de l’immigration et son contrôle doit être posé », a réagi sur RTL, le 30 octobre, le président du parti Les Républicains, Christian Jacob. « Le lien entre terrorisme et immigration est évident », avait aussi affirmé, le 17 octobre, Thierry Mariani, député européen du Rassemblement national (RN). Une idée largement rebattue par la présidente du RN, Marine Le Pen, depuis plusieurs années. Au sein du gouvernement, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a multiplié ces dernières semaines les visites en Tunisie, au Maroc ou en Algérie, pour obtenir des autorités de ces pays qu’elles reprennent certains de leurs ressortissants en situation irrégulière et soupçonnés de radicalisation. Tandis que M. Macron, en déplacement le 5 novembre à la frontière franco-espagnole, a annoncé un renforcement des contrôles. « Il ne faut en rien confondre la lutte contre l’immigration clandestine et le terrorisme, mais il nous faut regarder lucidement les liens qui existent entre ces deux phénomènes », a dit de nouveau le chef de l’Etat mardi. ».

Or, ces discours ne reposent sur rien, et les statistiques montrent que ce lien n'existe pas. « De fait, les terroristes islamistes en France et en Belgique ne sont généralement pas des migrants. C’est un fait très vite établi, une fois connue leur identité. Ils sont essentiellement de nationalité française ou belge. Le seul migrant intervenant dans les attentats de janvier 2015, par exemple, est au contraire un héros : c’est l’employé qui a sauvé des clients enfermés dans l’Hyper Cacher rappelle Philippe Fargues. Plus tard, des individus venus de Syrie se sont glissés parmi les réfugiés – propres victimes de leurs violences en amont – transitant par la Grèce et l’Europe centrale, mais avec des passeports trafiqués. Par ailleurs, une étude statistique est mobilisée, avec toute la rigueur nécessaire. Elle souligne une corrélation entre les pays receveurs de migrants provenant de zones sensibles et les occurrences de terrorisme chez leurs hôtes. Mais la migration s’avère aussi, de la même façon, être un facteur de réduction proportionnelle de telles violences, par sa propagation d’effets bénéfiques, naturellement pacificateurs. » (source : Jean-Baptiste Meyer, directeur de recherche, laboratoire Population environnement développement (LPED), Aix-Marseille Université et Institut de recherche pour le développement (IRD), « Le lien entre migration et terrorisme », Hommes & migrations, 1315 | 2016, 49-57.).

Discours populiste et perte des libertés individuelles

Le discours actuel des politiciens cités plus haut est donc un discours volontairement biaisé, tronqué et trompeur. Il est destiné à établir dans la population un sentiment d'insécurité vis à vis des migrants, et ce dans une optique purement électorale visant à rallier à leur cause des électeurs d'extrême droite.

L'assimilation migration/terrorisme, que Meyer qualifie de « lien dangereux », sert aussi de support à un véritable « coup de bélier » porté aux libertés publiques et à la liberté de penser, par le biais des lois « sécurité globale » portant atteinte à la liberté de la presse et de façon plus générale à la libre circulation de l'information, et surtout de la loi sur le séparatisme, rebaptisée « projet de loi confortant les principes républicains ». Loin de conforter les principes républicains, ses 57 articles servent à renforcer le contrôle des associations, des cultes, des établissements scolaires et réformer, à la marge, la loi de 1905.

Il porte notamment atteinte à liberté de penser, à la séparation de l'Eglise de de l'Etat, et à la liberté de l'enseignement. Il vise notamment l'enseignement à domicile : « Le texte prévoit le basculement d’une obligation d’instruction – qui jusqu’ici pouvait se faire dans la famille – vers une obligation de scolarisation, de 3 à 16 ans, dans un établissement scolaire, public ou privé. Le gouvernement part du constat que « l’école à la maison » cache parfois la participation à des cours collectifs, plus ou moins formels, au sein de structures non déclarées. Des écoles « clandestines » qui ne séparent pas toujours clairement enseignement religieux et enseignement scolaire. Plus largement, il estime que ce mode d’instruction risque d’exposer l’enfant aux valeurs exclusives de la famille, potentiellement en rupture avec celles de la République. » (source : https://www.la-croix.com/France/Separatisme-changer-loi-2020-11-18-1201125366). Ceci remet en question les possibilités de voyage en mer de longue durée des familles dont les enfants sont enseignés à bord avec l'appui du Cned, et de façon plus générale la liberté de recevoir un enseignement autre que le formatage de masse mis en place et contrôlé par l'Etat. Plus de 50.000 familles françaises se trouvent ainsi dans le collimateur du gouvernement français, alors même que les résultats obtenus par l'enseignement familial avec l'appui du Cned sont supérieurs à ceux obtenus dans les cursus scolaires classiques.

Incitation à la méfiance vis à vis des migrants : le gouvernement met en place les conditions d'un avenir de violences urbaines dans un contexte de réchauffement climatique

Le problème se pose aujourd'hui de savoir jusqu'où peut aller un gouvernement dressant une partie de la population contre une autre dans le but d'assurer sa réélection, et quelles seront les conséquences sur le long terme de ce type de politique. Il est clair que dans une optique de réchauffement climatique et de vagues migratoires très importantes à venir allant dans notre hémisphère du sud vers le nord, les discours trompeurs et xénophobes des dirigeants français vont être pris comme une incitation à la méfiance vis-à-vis des migrants, voire à la violence et à la haine raciale. Sur le long terme, le gouvernement français est en train de créer les conditions d'un repli communautariste inévitable, considéré comme la seule échappatoire pour des populations rejetées d'une part par un gouvernement ne respectant pas leurs droits constitutionnels, et d'autre part par des populations auxquelles on aura appris à se méfier des « étrangers ». Ce repli s'accompagnera inéluctablement de violences urbaines. Ces violences seront la fois civiles et policières, lorsque les policiers, se sentant investis de tous les droits face à des populations de migrants n'en n'ayant plus aucun, n'auront plus aucune retenue à faire usage de la force. Je forme des vœux pour que nous n'en arrivions pas là, mais la situation semble se dégrader de jour en jour. Force est de constater que nous nous éloignons chaque jour un peu plus d'une libre circulation des migrants aux frontières – condition indispensable à la disparition du massacre qui a lieu actuellement en Méditerranée – et d'une valorisation de l'accueil des migrants.

Philippe Bensimon

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Monday evening, nearly 500 migrants set up their tents for an ephemeral camp Place de la République in Paris, at the call of NGOs such as Utopia 56, Médecins sans frontières (MSF), and Solidarité migrants Wilson. The operation aimed to demand from the government a housing solution for hundreds of migrants. According to Le Parisien, the police operation that followed saw migrants violently ejected from their tents, elected officials and journalists manhandled in a cloud of tear gas. According to a journalist from Antenne 2, the police dragged some migrants and their tents for several meters to dislodge them, and we see on videos of the police beating with batons migrants yet offering no resistance. All these people found themselves outside on Monday evening, without a housing solution, on a freezing night. Interior Minister Gerard Darmanin said: “Some images (…) are shocking”. (source: A2, JT, 24/11/2020, 1:05 p.m.). The law on comprehensive security was voted in the afternoon by the National Assembly (see below), so as to discourage journalists and amateur videographers from revealing police violence. This type of law would have been particularly useful in the United States, where it would have sheltered in recent years many police officers responsible for murders on demonstrators, or on people simply arrested. In France, it will give even more freedom to the police, who will no longer have the fear of being filmed in their actions and of seeing their identity revealed.

Policy toughening

By 388 votes in favor, 104 against and 66 abstentions. The National Assembly on Tuesday 24 November approved the bill on comprehensive security. The lower house of Parliament therefore validates the controversial article 24 of the text, which punishes the malicious dissemination of images of law enforcement agencies. Various other provisions have also been validated, including the use of drones for observation purposes, the relaxation of the use of pedestrian cameras and video surveillance, or the carrying of a weapon out of service (source: https : //www.numerama.com/politique/671086-lassemblee-nationale-adopte-la-loi-sur-la-securite-globale-et-son-article-24-et-maintenant.html). Orwell couldn't have said it better.

To come back to migrants, the Minister of the Interior's sentence is revealing: it is the images of violence against migrants that shock him, not the facts. Whether in Italy, where the government has been blocking the action of SOS Méditerranée for four months (“Since July 22, our teams have been working tirelessly to liberate the Ocean Viking, driven by the desire to continue saving lives in the Mediterranean plant where the emergency remains. Last week, at least 100 people drowned in less than 72 hours during four separate shipwrecks, out of sight. ”(SOS Méditerranée press release, November 11, 2020) or in France, where President Macron traveled to the Spanish border to announce a hardening of his policy by making an inappropriate and dangerous link between migrants and terrorism.

Migration / terrorism: an inappropriate and dangerous link

“On Tuesday 10 November, a virtual European mini-summit was held to beef up the response to terrorism, after the recent attacks in France and Austria. In particular, it was a question of strengthening border controls. "It is urgent and crucial to know who comes in and who leaves", defended German Chancellor Angela Merkel. “We have thousands of foreign terrorist fighters who either survived the fighting in Syria, Iraq (…) and came back, or who couldn't leave because they were arrested. (…) These are time bombs ”, warned Austrian Chancellor Sebastian Kurz. Emmanuel Macron, for his part, denounced "the misuse of the right of asylum". (source: https: //www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/12/le-lien-entre-terrorisme-et-immigration-a-l-eeuve-des-faits_6059461_3224.html). A little further, the journalist from Le Monde quotes: "" The problem of immigration and its control must be posed ", reacted on RTL, on October 30, the president of the party Les Républicains, Christian Jacob. "The link between terrorism and immigration is obvious", also affirmed, on October 17, Thierry Mariani, MEP of the National Assembly (RN). An idea widely rebutted by the president of the RN, Marine Le Pen, for several years. Within the government, the Minister of the Interior, Gérald Darmanin, in recent weeks has increased visits to Tunisia, Morocco and Algeria, to get the authorities of these countries to take back some of their nationals in an irregular situation and suspected of radicalization. While Mr. Macron, traveling on November 5 at the Franco-Spanish border, announced a strengthening of controls. "We must in no way confuse the fight against illegal immigration and terrorism, but we must look lucidly at the links that exist between these two phenomena," the head of state said again on Tuesday. ".

However, these speeches are based on nothing, and statistics show that this link does not exist. “In fact, Islamist terrorists in France and Belgium are generally not migrants. This is very quickly established, once their identity is known. They are mainly of French or Belgian nationality. The only migrant involved in the January 2015 attacks, for example, is on the contrary a hero: it is the employee who saved clients locked up in the Hyper Cacher recalls Philippe Fargues. Later, individuals from Syria crept among the refugees - their own victims of their violence upstream - passing through Greece and central Europe, but with doctored passports. In addition, a statistical study is mobilized, with all the necessary rigor. It underlines a correlation between the countries receiving migrants from sensitive areas and the occurrences of terrorism among their hosts. But migration also turns out to be a factor in the proportional reduction of such violence, by its propagation of beneficial, naturally pacifying effects. "(Source: Jean-Baptiste Meyer, research director, Population environment development laboratory (LPED), Aix-Marseille University and Research Institute for Development (IRD)," The link between migration and terrorism ", Hommes & migrations, 1315 | 2016, 49-57.).

Populist discourse and loss of individual freedoms

The current speech of the politicians quoted above is a deliberately biased, truncated and misleading speech. It is intended to establish in the population a feeling of insecurity vis-à-vis migrants, and this with a purely electoral perspective aimed at rallying far-right voters to their cause.

Migration / terrorism assimilation, which Meyer qualifies as a “dangerous link”, also serves as a support for a real “water hammer” to public freedoms and freedom of thought, through “global security” laws that undermine to the freedom of the press and more generally to the free flow of information, and especially the law on separatism, renamed “bill consolidating republican principles”. Far from reinforcing the republican principles, its 57 articles serve to reinforce the control of associations, cults, schools and to reform, at the margin, the law of 1905.

In particular, it violates freedom of thought, the separation of Church from State, and freedom of education. It targets in particular home education: "The text provides for the shift from an obligation of education - which until now could be done in the family - to an obligation of schooling, from 3 to 16 years, in a school establishment. , public or private. The government starts from the observation that "home schooling" sometimes hides participation in group lessons, more or less formal, within undeclared structures. “Clandestine” schools which do not always clearly separate religious education and school education. More broadly, he believes that this mode of instruction risks exposing the child to the exclusive values ​​of the family, potentially at odds with those of the Republic. "(Source: https://www.la-croix.com/France/Separatisme-changer-loi-2020-11-18-1201125366). This calls into question the possibilities of long-term sea travel for families whose children are taught on board with the support of the Cned, and more generally the freedom to receive instruction other than the mass formatting implemented and state controlled. More than 50,000 French families are thus in the crosshairs of the French government, even though the results obtained by family education with the support of the Cned are superior to those obtained in traditional school courses.

Incitement to mistrust of migrants: the government is putting in place the conditions for a future of urban violence in a global warming context

The problem now arises of knowing how far a government can go by pitting one part of the population against another in order to ensure its re-election, and what the long-term consequences of this type of policy will be. It is clear that with a view to global warming and very significant migratory waves going in our hemisphere from the south to the north, the deceptive and xenophobic speeches of the French leaders will be taken as an incitement to mistrust vis-à-vis migrants. , even violence and racial hatred. In the long term, the French government is creating the conditions for an inevitable communitarian withdrawal, considered the only way out for populations rejected on the one hand by a government that does not respect their constitutional rights, and on the other hand by populations which we have learned to be wary of "foreigners". This decline will inevitably be accompanied by urban violence. This violence will be both civil and police, when the police, feeling vested with all rights in the face of populations of migrants who no longer have any, will no longer have any restraint in using force. I wish we don't come to this, but the situation seems to be deteriorating day by day. It is clear that we are moving a little further away each day from the free movement of migrants at borders - an essential condition for the disappearance of the massacre currently taking place in the Mediterranean - and from enhancing the reception of migrants.

Philippe Bensimon


22 novembre 2020

De Kotor (Monténégro) à Dubrovnik (Croatie) - Jeudi 22 octobre 2020 - From Kotor (Montenegro) to Dubrovnik

Kotor, on va chercher les croissants, jeudi 22 octobre 2020

Kotor (Monténégro), jeudi 22 octobre 2020. Réveil à 6h45. Christine et Philippe partent acheter le pain et les croissants. Au retour, nous avons la surprise de découvrir que Pierre et Michel achèvent de préparer le bateau pour le départ et ont fait le plein d'eau. 

Kotor, Christine à la barre quitte la marina, jeudi 22 octobre 2020

Kotor, départ, on rentre les pare-battages, jeudi 22 octobre 2020

Le bassin de Kotor au petit jour, jeudi 22 octobre 2020

A 7h30 nous quittons Kotor, L'objectif de cette journée est de rallier Dubrovnik ("La perle de l'Adriatique"), faire les formalités d'entrée en Croatie et aller passer la soirée dans la cité médiévale. Christine est à la barre du Sun Odyssey 509 Rock Point. Il n'y a pas un souffle de vent, le temps est splendide. Nous envoyons la grand-voile par principe, et gardons le génois roulé : le seul vent aujourd'hui est celui créé par notre vitesse. A l'autre bout des bassins supérieurs des Bouches de Kotor, une bande de brume au ras de l'eau masque en partie Perast et les îlots Gospa od Skrpjela. 

Kotor, le bassin supérieur des Bouches de Kotor au lever du soleil, jeudi 22 octobre 2020

Brumes matinales devant Kotor, jeudi 22 octobre 2020 (2)

Perast, jeudi 22 octobre 2020 (3)

Michel sert le thé, jeudi 22 octobre 2020

A 8h20, nous prenons le petit déjeuner. A 8h30 nous passons devant Perast, et embouquons la passe qui rejoint le second bassin des Bouches de Kotor. A 8h45 nous entrons dans celui-ci, laissant à tribord la jolie chapelle caractéristique au sommet d'une colline boisée. Ici, les vagues se sont un peu levées, et doivent atteindre dix à quinze centimètres de haut.

La chapelle qui marque l'entrée du deuxième bassin des Bouches de Kotor, jeudi 22 octobre 2020

Le quai des douanes de Zelenika, jeudi 22 octobre 2020

Une heure plus tard nous arrivons au quai des douanes de Zelenika pour faire les formalités de sortie du Montenegro. Nous quittons le bateau pour aller à la capitainerie dont je commence à avoir l'habitude. L'informatique marche mieux aujourd'hui qu'hier, et, que ce soit à la capitainerie ou à la douane, tout se fait très rapidement. 

Petites déchirures dans le génois, jeudi 22 octobre 2020

A 11h nous avons repris la mer. Mes équipiers ont remarqué des déchirures le long des coutures horizontales du génois. A 11h20, je suis en train de les photographier. Il semble que par endroits le tissu lui-même ait cédé. Usure ? Il faudra réparer/consolider cela dès que nous serons au port de Dubrovnik, et en attendant éviter de tirer trop sur le génois.

Rt Ostra, jeudi 22 octobre 2020

Les falaises de Rt Lokvica, Laurence à la barre, jeudi 22 octobre 2020 (1)

A 11h45, nous sommes à la sortie des Bouches de Kotor, au pied de la forteresse de Rt Ostra. A 13h10 nous longeons les falaises de Rl Lokvica et la côte qui mène vers le nord-ouest à Dubrovnik. Nous avançons contre les vagues, que j'estime faire une vingtaine de centimètres environ. A 17h20 nous voyons les remparts de Dubrovnik, qui défilent devant nous, et à 17h48 nous laissons à tribord la cardinale ouest de Grebeni, après avoir vérifié les profondeurs de la passe. Le coucher de soleil pare les îlots Grebeni de teintes orangées éclatantes.

 

En route vers Dubrovnik, jeudi 22 octobre 2020

La cardinale Ouest de Grebeni, jeudi 22 octobre 2020

Dubrovnik, mise en place des pare-battages, jeudi 22 octobre 2020

18h09 : nous faisons un tour d'honneur dans le port de Dubrovnik (Gruz), dans l'idée de nous garer juste à la poupe de la caraque en bois qui stationne le long du quai. C'est Christine qui est à la barre. A peine y sommes nous garés qu'un policier nous en déloge : avant de nous mettre ici il faudra d'abord garer le bateau au quai des douanes et faire les formalités d'entrée dans le pays. Le policier nous indique où se trouve le quai des douanes, juste derrière la capitainerie dont dépend notre quai. Nous larguons les amarres et dix minutes plus tard le bateau est amarré au quai des douanes. Je récupère l'ensemble des passeports de l'équipage ; Christine m'accompagne pour faire les formalités. Nous rentrons ensemble dans les locaux de la police, qui nous indique qu'il faut d'abord passer par la capitainerie avant de revenir les voir. Il faut traverser le bâtiment. Le bureau des formalités de passage du bateau se trouve en haut d'un escalier, une porte mal indiquée dans un couloir étroit. Une fois munis du certificat ad hoc, nous redescendons, retraversons le bâtiment pour arriver dans le hall de la police, où l'on nous fait asseoir en attendant que quelqu'un s'occupe de nous. L'attente va durer un certain temps ; nous voyons des policiers et des policières traverser le hall en riant, dans un sens et dans l'autre, sans que notre présence ait l'air de leur paraître incongrue. Au bout d'un certain temps, une douanière décide de nous faire entrer dans un bureau, on nous rend nos passeports, et nous repartons au bateau. Quelques minutes plus tard nous sommes de retour au quai initial, où nous amarrons le Rock Point entre la caraque et une vedette de la police. Il est 19h45. Nous avons prévu de passer la soirée dans la cité médiévale. Nous bouclons le bateau, et nous nous dirigeons vers l'arrêt des bus n°1, situé sur le quai presque à hauteur du bateau. L'un des bus qui vont à la vieille ville vient sans doute de passer, et nous avons un peu d'attente.

Dubrovnik, jeudi 22 octobre 2020 (2)

Dubrovnik, balade nocturne, jeudi 22 octobre 2020

Ruelle de Dubrovnik, jeudi 22 octobre 2020

A 20h40 nous sommes à la fontaine d'Onofrio, à l'entrée de la ville historique. Il y a beaucoup de choses à voir ici : le Stradun ou Placa, l'artère principale toute revêtue de marbre, la statue du chevalier Roland, remise à sa place après sans doute des travaux de restauration, la cathédrale et le vieux port médiéval, les remparts qui donnent sur la mer, etc. Une quarantaine de minutes plus tard nous longeons les remparts qui défendaient le haut de la cité. Des ouvertures percées dans les murs laissent voir la mer, lac noir sur lequel se reflète une lune d'argent. A 21h20 nous entamons la descente ; les ruelles/escaliers sont raides, entrecoupées d'arcades qui relient entre eux les bâtiments. Nous sommes à la recherche d'un restaurant au cadre sympathique. A 21h55 nous avons trouvé, dans une rue très bruyante, un restaurant/pizzeria où l'on peut dîner dehors, qui a fait l'unanimité. En mettant plusieurs tables bout à bout, l'équipage a réussi à s'installer dans la ruelle étroite, que les tables bloquent pratiquement désormais. Le temps est doux, et malgré l'heure tardive il fait bon dîner dehors en cette saison. 

Dîner à Dubrovnik, jeudi 22 octobre 2020

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Kotor (Montenegro), Thursday October 22, 2020. Wake up at 6:45 am. Christine and Philippe go to buy bread and croissants. On the way back, we were surprised to discover that Pierre and Michel finished preparing the boat for departure and had filled up with water.

Kotor, on quitte la marina, jeudi 22 octobre 2020

Brumes matinales devant Kotor, jeudi 22 octobre 2020

At 7:30 am we leave Kotor. The objective of this day is to reach Dubrovnik ("The Pearl of the Adriatic"), go through the entry formalities in Croatia and spend the evening in the medieval city. Christine is at the helm of the Sun Odyssey 509 Rock Point. There is not a breath of wind, the weather is splendid. We send the mainsail on principle, and keep the genoa rolled up: the only wind today is that created by our speed. At the other end of the upper basins of the Mouths of Kotor, a band of mist at the level of the water partly obscures Perast and the Gospa od Skrpjela islets.

Perast, jeudi 22 octobre 2020 (2)

At 8:20 am, we have breakfast. At 8:30 am we pass in front of Perast, and take the pass that joins the second basin of the Bouches de Kotor. At 8.45 am we enter it, leaving to starboard the pretty characteristic chapel at the top of a wooded hill. Here, the waves have risen a little, and must reach ten to fifteen centimeters high. An hour later we arrive at the customs quay of Zelenika to do the formalities for leaving Montenegro. We leave the boat to go to the harbor master's office which I am starting to get used to. Computing works better today than yesterday, and, whether at the harbor master's office or at customs, everything is done very quickly. At 11 am we set out again. My crew noticed tears along the horizontal seams of the genoa. At 11:20 am, I am photographing them. It seems that in places the fabric itself has given way. Wear? We will have to repair / consolidate this as soon as we are at the port of Dubrovnik, and in the meantime avoid pulling too much on the genoa. At 11:45 am, we are at the exit of the Bouches de Kotor, at the foot of the fortress of Rt Ostra. 

Les falaises de Rt Lokvica, jeudi 22 octobre 2020

At 1:10 pm we walk along the cliffs of Rl Lokvica and the coast which leads northwest to Dubrovnik. We advance against the waves, which I estimate to be about twenty centimeters. At 5:20 pm we see the ramparts of Dubrovnik, which parade in front of us, and at 5:48 pm we leave the west cardinal of Grebeni to starboard, after having checked the depths of the pass. The sunset adorns the Grebeni islets with dazzling orange hues.

Remparts de Dubrovnik, jeudi 22 octobre 2020

Récifs Grebeni au coucher du soleil, jeudi 22 octobre 2020

6:09 pm: we make a lap of honor in the port of Dubrovnik (Gruz), with the idea of ​​parking just at the stern of the wooden carrack parked along the quay. Christine is at the helm. No sooner are we parked there than a police officer dislodges us: before getting here we will first have to park the boat at the customs quay and go through the formalities for entering the country. The policeman tells us where the customs quay is, just behind the harbor master's office on which our quay depends. We cast off and ten minutes later the boat is moored at the customs quay. I get all the crew's passports; Christine accompanies me to do the formalities. We go back together to the police, who tells us that we must first go through the harbor master's office before coming back to see them. You have to go through the building. The boat's transit office is at the top of a flight of stairs, a badly signposted door in a narrow hallway. Once provided with the ad hoc certificate, we go back down, cross the building again to arrive in the police hall, where we are made to sit while waiting for someone to take care of us. The wait will go on for a while; we see police officers crossing the hall laughing, back and forth, without our presence seeming to them to be incongruous. After a while, a customs officer decides to take us into an office, we get our passports back, and we leave for the boat. A few minutes later we are back at the original wharf, where we moor the Rock Point between the carrack and a police boat. It is 7:45 p.m. We have planned to spend the evening in the medieval city. We buckle the boat, and we head for the bus stop n ° 1, located on the quay almost at the height of the boat. One of the buses going to the old town has probably just passed, and we have a bit of a wait.

Dubrovnik, le Stradun, jeudi 22 octobre 2020

At 8:40 p.m. we are at the Onofrio's fountain, at the entrance to the historic town. There are many things to see here: the Stradun or Placa, the main artery all covered in marble, the statue of the knight Roland, put back in its place after undoubtedly restoration work, the cathedral and the old medieval port, the ramparts overlooking the sea, etc. Forty minutes later we walk along the ramparts which defended the top of the city. Openings pierced in the walls reveal the sea, a black lake on which a silver moon is reflected. At 9:20 pm: we start the descent; the alleys / stairs are steep, interspersed with arcades that connect the buildings. We are looking for a restaurant with a nice setting. At 9.55 p.m. we found, in a very noisy street, a restaurant / pizzeria where you can dine out, which was unanimous. By putting several tables end to end, the crew managed to settle into the narrow alley, which the tables now practically block. The weather is mild, and despite the late hour it is good to dine outside this season.

Perast, jeudi 22 octobre 2020

Dubrovnik, détail d'un restaurant, jeudi 22 octobre 2020

Photos : Kotor au petit jour, jeudi 22 octobre 2020 ; Kotor, départ de la marina, Christine à la barre, jeudi 22 octobre 2020 ; Kotor, départ de la marina, Pierre range les pare-battages, jeudi 22 octobre 2020 ; Bouches de Kotor, les bassins supérieurs, jeudi 22 octobre 2020 (1 et 2) ; Brumes devant Kotor, jeudi 22 octobre 2020 ; Perast dans une légère brume matinale, jeudi 22 octobre 2020 ; La chapelle à l'entrée du second bassin des Bouches de Kotor, jeudi 22 octobre 2020 ; Zelenika, le Sun Odyssey 51 Rock Point au quai des douanes, jeudi 22 octobre 2021 ; Débuts de déchirures dans le génois, jeudi 22 octobre 2020 ; Rt Ostra, jeudi 22 octobre 2020 ; En route vers Dubrovnik, jeudi 22 octobre 2020 ; Les falaises de Lokvica, jeudi 22 octobre 2020 (1) ; La cardinale Ouest de Grebeni, jeudi 22 octobre 2020 ; Dubrovnik, entrée dans le port de Gruz, jeudi 22 octobre 2020 ; Dubrovnik, la Placa vue de la fontaine d'Onofrio, jeudi 22 octobre 2020 ; Dubrovnik, montée vers les remparts, jeudi 22 octobre 2021 ; Dubrovnik, descente par les ruelles, jeudi 22 octobre 2021 ; Dubrovnik, dîner pour l'équipage, jeudi 22 octobre 2020 ; Départ de Kotor, jeudi 22 octobre 2020 ; Les bassins supérieurs des Bouches de Kotor dans la brume, jeudi 22 octobre 2020 ; Perast, jeudi 22 octobre 2020 (1) ; Les falaises de Lokvica, jeudi 22 octobre 2020 (2) ; Dubrovnik, les remparts au coucher du soleil ; jeudi 22 octobre 2020 ; les îlots Grebeni au coucher du soleil, jeudi 22 octobre 2020 (1) ; Dubrovnik, le Stradun, jeudi 22 octobre 2020 ; Perast, jeudi 22 octobre 2020 (2) ; Sculpture dans un restaurant de Dubrovnik, jeudi 22 octobre 2020. Les îlots Grebeni au coucher du soleil, jeudi 22 octobre 2020 (2). Auteur/author : Kotor au petit jour, jeudi 22 octobre 2020 ; Bouches de Kotor, les bassins supérieurs, jeudi 22 octobre 2020 (1 et 2) ; Dubrovnik, la Placa vue de la fontaine d'Onofrio, jeudi 22 octobre 2020 ; Dubrovnik, montée vers les remparts, jeudi 22 octobre 2021 ; Dubrovnik, les remparts au coucher du soleil ; jeudi 22 octobre 2020 ; les îlots Grebeni au coucher du soleil, jeudi 22 octobre 2020 (1) ; Sculpture dans un restaurant de Dubrovnik, jeudi 22 octobre 2020 : Christine Marpot. Autres photos : Philippe Bensimon.

Grebeni, jeudi 22 octobre 2020 (1)

20 novembre 2020

Indicateur du climat, le vin nouveau anglais vient de sortir - Climate indicator, the English "new wine" has just been released

Vins_anglais (auteur author imcountingufoz, 4 octobre 2009)

Le vin est un excellent indicateur du réchauffement climatique. Wikipédia débute ainsi son article sur le vin anglais : ""Il y a eu une véritable viticulture en Grande-Bretagne il y a quelques centaines d'années mais il n'en reste que peu de choses actuellement. Néanmoins, les Britanniques sont en général très intéressés, voire passionnés, par tout ce qui concerne le vin, et ce depuis des siècles (...) Les zones géographiques et climatiques de la Grande-Bretagne ne sont pas les meilleures pour la culture de la vigne (étés doux et humides). Il a cependant été suggéré que, du fait du réchauffement climatique, ceci change à l'avenir et que la culture de la vigne devienne plus aisée dans le pays". Wikipedia se réfère en cela à l'article de Elizabeth Weise, Study: Climate change to impact where wine grapes can grow [archive] dans USA Today, consulté le 31 janvier 2020.

Alors que traditionnellement les vendanges se font tardivement en Angleterre du fait du climat (jusqu'en 2009, jamais avant fin octobre ou novembre), cette année des viticulteurs anglais viennent de sortir un "vin anglais nouveau", à l'instar du beaujolais nouveau. Il faut dire que l'Angleterre a connu un réchauffement de 1,6°C au cours des vingt dernières années (source : Antenne 2, JT 13h, vendredi 20 novembre 2020).

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Wine is an excellent indicator of climate warming. Wikipedia begins its article on English wine thus: "" There was a real viticulture in Great Britain a few hundred years ago, but very little remains today. Nevertheless, the British are in general very interested, even passionate, in all things wine-related, and have done so for centuries (...) The geographical and climatic areas of Great Britain are not the best for the cultivation of the vineyard (mild and humid summers). However, it has been suggested that, due to global warming, this will change in the future and that the cultivation of vines will become easier in the country. " Wikipedia refers to the article by Elizabeth Weise, Study: Climate. change to impact where wine grapes can grow [archive] in Usa today [archive], accessed January 31, 2020.

While traditionally the harvest is done late in England due to the climate (until 2009, never before the end of October or November), this year british winegrowers have just released a "new English wine", like Beaujolais Nouveau. . It must be said that England has experienced a warming of 1.6 ° C over the past twenty years (source: Antenne 2, JT 13h, Friday 20 November 2020).

Photo : Vins_anglais (auteur/author : imcountingufoz, 4 octobre 2009)

19 novembre 2020

Triste anniversaire : le Prestige sombre le 19 novembre 2002 - Sad anniversary: ​​the Prestige sank on November 19, 2002

PrestigeVolunteersInGaliciaCoast (auteur author Viajiero 3 mars 2003)

Triste anniversaire : le 19 novembre 2002, le pétrolier Prestige (243,5 m de long, construit en 1976) coulait par 3 500 mètres de fond à 270 km des côtes de la Galice (pointe nord-ouest de l'Espagne) au cours d'une opération de remorquage. Il était chargé de 77.000 tonnes d'un fioul extrêmement visqueux, voisin de celui transporté par l'Erika en décembre 1999. Il est vraisemblable que 5.000 à 10.000 tonnes s'étaient déjà répandue dans la mer depuis l'apparition d'une brèche de 50 m de long dans son flanc droit le 13 novembre. Les causes du sinistre cont encore inconnues, mais il est possible que le choc avec un conteneur, un autre ofni ou même une déferlante en soit la raison.

Je vous conseille vivement d'aller voir sur Wikipédia l'histoire de ce sinistre (problèmes matériels, problèmes humains, problèmes économiques et politiques, tout cela enchevêtré sur fond de tempête), dans lequel le gouvernement espagnol de José Maria Aznar a joué un rôle non négligeable.  Les dégâts ont été considérables, des dizaines de kilomètres de côtes souillées en Espagne (ci-dessus), mais aussi en France, dans le bassin d'Arcachon et jusqu'en Vendée et Bretagne. Je gouvernement espagnol a demandé 4,3 milliards d'euros, et le gouvernement français 67,5 millions d'euros en réparation des préjudices subis. A ce jour, l'armateur et l'assureur du Prestige ont été les seuls condamnés, et les versements sont de l'ordre du milliard d'euros. 

A l'époque, le président français Jacques Chirac s'était insurgé contre les armateurs de ces pétroliers anciens, construits avec des simples coques et proches de la réforme, en les qualifiant lors d'une conférence de "voyous des mers". Suite au naufrage du Prestige, la construction en double coque s'est généralisée, et les inspections ont été renforcées, tant concernant les structures du bateau que les compétences et l'entraînement des équipages. Ce qui n'empêche pas les accidents de survenir, par exemple le naufrage du vraquier Wakashio (ci-dessous), échaué le 25 juillet 2020 au sud-est de l'île Maurice. 

Le Prestige gît toujours au fond de l'eau. Ses cuves contiennent encore environ 3.000 tonnes de fioul lourd, et sont surveillées par des drones sous-marins. 

IMO_helping_to_mitigate_the_impacts_of_MV_Wakashio_oil_spill_in_Mauritius_-_50236896003 (auteur author imo

Sad anniversary: ​​on November 19, 2002, the Prestige oil tanker (243.5 m long, built in 1976) sank at a depth of 3,500 meters, 270 km from the coast of Galicia (north-western tip of Spain) at during a towing operation. It was loaded with 77,000 tons of an extremely viscous fuel oil, similar to that transported by the Erika in December 1999. It is likely that 5,000 to 10,000 tons had already spilled into the sea since the appearance of a breach 50 m long in his right flank on November 13. The causes of the incident are still unknown, but it is possible that the shock with a container, another object or even a breaking wave is the reason.

I strongly advise you to go see on Wikipedia the history of this disaster (material problems, human problems, economic and political problems, all tangled up against the backdrop of a storm), in which the Spanish government of José Maria Aznar played a role not insignificant. The damage was considerable, tens of kilometers of soiled coasts in Spain, but also in France, in the Arcachon basin and as far as Vendée and Brittany. The Spanish government asked for 4.3 billion euros, and the French government 67.5 million euros for compensation for the damage suffered. To date, the owner and the insurer of the Prestige have been the only ones condemned, and payments are in the order of one billion euros.

At the time, French President Jacques Chirac rebelled against the owners of these old oil tankers, built with simple hulls and close to reform, calling them at a conference "thugs of the seas". Following the sinking of the Prestige, double hull construction became widespread, and inspections were stepped up, both regarding the structures of the boat and the skills and training of the crews. This does not prevent accidents from occurring, for example the sinking of the bulk carrier Wakashio (above), which was hoisted on July 25, 2020 in the south-east of Mauritius.

The Prestige always lies at the bottom of the water. Its tanks still contain around 3,000 tonnes of heavy fuel oil, and are monitored by underwater drones.

Photos : PrestigeVolunteersInGaliciaCoast (auteur author Viajiero 3 mars 2003)  IMO_helping_to_mitigate_the_impacts_of_MV_Wakashio_oil_spill_in_Mauritius_-_50236896003 (auteur author imo.un, 17 août 2020) ; 

 

16 novembre 2020

Montenegro - De Zelenika à Kotor via Otok Gospa od Skrpjela - Mercredi 21 octobre 2020 - From Zelenika to Kotor

Zelenika, Réveil au quai des douanes, mercredi 21 octobre 2020

Zelenika, mercredi 21 octobre 2020 (2)

Zelenika, 21 octobre 2020

Zelenika, mercredi 21 octobre 2020. Reveil à 8h15. Zelenika est l'un des ports d'entrée du Montenegro. Nous y sommes arrivés durant la nuit, et nous avons passé celle-ci amarrés au quai des douanes. Avec Christine, nous quittons le bord à 8h40 pour aller faire à la capitainerie les formalités d'entrée du bateau. Nous commençons par aller voir les gendarmes dans leur guérite à l'entrée du quai, en leur demandant s'il est possible d'avoir le tampon du Montenegro sur nos passeports. Ils nous informent qu'ils ont des problèmes d'informatique, et qu'il y a des coupures d'électricité en ce moment. Ils nous indiquent également l'emplacement de la capitainerie. Celle-ci est installée dans une maison en pierre qui donne sur un jardinet et la plage ; un écu métallique en orne l'entrée. Le harbour master prend nos documents et nous prie de nous asseoir. Les formalités vont aussi vite que possible – des pannes de courant affectant l'informatique de la capitainerie - et les prix ont baissé. L'an passé la vignette (séjour d'une semaine) coûtait une quarantaine d'euros, et le pavillon de courtoisie du Monténégro était fourni avec. Cette année on ne paye plus qu'une trentaine d'euros de droits, mais le pavillon n'est plus fourni. Par chance, j'ai emporté avec moi un pavillon de courtoisie utilisé lors de mes précédents voyages. A 9h05 les formalités sont achevées à la capitainerie.

Je vais profiter de cette courte escale pour acheter des croissants pour l'équipage et trouver un bar équipé de sanitaires – j'ai des chaussettes et des slips à laver. Le premier café dans lequel je rentre ne peut pas me servir un expresso : coupure de courant. Le second dans lequel je pénètre a le même problème – qui doit affecter toute la ville en ce moment. En attendant que le problème soit résolu, j'entame ma lessive dans les toilettes de l'établissement. Quelques minutes plus tard, l'électricité revient. J'avale rapidement mon expresso, je retrouve Christine et nous rentrons au bureau des douanes sur le quai. Là, on nous apprend qu'il y a « un problème », et on nous demande de rentrer à bord et de patienter un peu. 

Zelenika, petit déjeuner au quai des douanes, mercredi 21 octobre 2020

9h30 : petit déjeuner à bord. Des douaniers viennent nous demander à nouveau de patienter, et reviennent procéder à une inspection minutieuse des cales du bateau. Curieusement, ils n'iront pas inspecter les cabines, et se borneront aux coffres – nombreux – du cockpit. J'ai eu l'impression qu'ils cherchaient une plaque signalétique du bateau – sans pouvoir l'affirmer. A 10h20, Michel et moi allons coller sur le mât les vignettes garantissant que nous avons bien payé les taxes d'entrée et de séjour au Monténégro. Nous en profitons pour hisser à tribord le pavillon de courtoisie monténégrin. En l'absence de drisse de dans les barres de flèche côté tribord, nous hissons le pavillon avec la drisse de spi. Quelques minutes après, les policiers reviennent et nous souhaitent bonne route.

Zelenika, goélette en bois, mercredi 21 octobre 2020 (1)

Bouches de Kotor, second bassin, Faty à la barre, mercredi 21 octobre 2020 (1)

Bouches de Kotor, second bassin, la marina en construction, mercredi 21 octobre 2020 (1)

Bouches de Kotor, l'entrée du troisième bassin, , mercredi 21 octobre 2020

10h45, départ de Zelenika. Le temps est superbe, même si le vent fait complètement défaut. Nous remontons vers l'est le second bassin, avec pour objectif de passer la nuit à Kotor, tout au fond du bassin nord-est des Bouches de Kotor. Dix minutes après notre départ, nous croisons une jolie goélette en bois, ancrée le long du rivage. Vers 11h15, nous laissons à tribord un grand complexe associant marina et immeubles résidentiels. Les travaux progressent semble-t-il, mais ne sont pas encore achevés, et des ouvriers travaillent sur les toitures. Ce matin, c'est Faty qui est à la barre. A midi, nous sommes à l'entrée du chenal qui fait communiquer le deuxième bassin avec les deux derniers bassins situés plus au nord. Un ferry assure la liaison d'une rive à l'autre ; nous ralentissons pour le laisser passer.

Bouches de Kotor, troisième bassin, mercredi 21 octobre 2020 (2)

A 12h20 nous sommes sortis du chenal. Nous laissons à bâbord une première église construite sur un petit îlot. Elle fait face à Otok Gospa od Skrpjela, un second îlot à peine plus grand, sur lequel a été construite une petite abbaye médiévale. Les fonds étant peu profonds aux abords de l'îlot, un quai a par la suite été construit pour permettre à des embarcations dotées d'un fort tirant d'eau de pouvoir accoster. C'est ce quai que nous allons utiliser. De mémoire, je pense qu'il doit il y avoir trois à quatre mètres de profondeur au droit du quai. Les barques à fond plat perpétuent la tradition médiévale, et amènent les touristes directement aux bollards qui ceinturent l'abbaye.

Otok Gospa od Skrpjela, arrivée à l'abbaye, mercredi 21 octobre 2020 (2)

Le Sun Odyssey 509 Rok Point à Otok Gospa od Skrpjela, mercredi 21 octobre 2020 (3)

Le Sun Odyssey 509 Rok Point à Otok Gospa od Skrpjela, mercredi 21 octobre 2020 (2)

Otok Gospa od Skrpjela, l'abbaye, détail, mercredi 21 octobre 2020

 A 12h30, le bateau est rangé le long du quai qu'il occupe dans son intégralité, côté bâbord. Nous nous égayons sur l'îlot et prenons notre temps pour visiter l'abbaye et ses abords – le cadre est magnifique. La légende veut que l'îlot soit artificiel, construit avec les épaves des pillards vaincus par les habitants du village situé un peu au nord sur la côte. A 14h, je me suis un peu éloigné du bateau où certains ont mis la musique trop fort pour mon goût – j'aime écouter le silence, le bruit du vent, le clapotis des vagues, le bruissement des insectes. Je me suis allongé au soleil sur le marbre du quai, adossé à un muret. L'endroit est paisible, serein. Je découvre que Pierre s'est mis à l'eau. Il a perdu des lunettes, et plonge pour les récupérer.

Otok Gospa od Skrpjela, l'abbaye, mercredi 21 octobre 2020 (3)

Otok Gospa od Skrpjela, l'autel de l'abbaye, mercredi 21 octobre 2020

Baignade à l'abbaye, mercredi 21 octobre 2020

En route vers Kotor, Léa à la barre, mercredi 21 octobre 2020

A 15h10, après avoir déjeuné, nous quittons le quai de Gospa od Skrpjela. La manœuvre se fait contre une garde, c'est Léa qui est à la barre. Peu de temps après, elle aura pour mission de récupérer un déchet plastique qui flotte dans le fjord. Jusqu'ici, nous n'avons pas encore eu assez de vent pour faire des récupérations d'homme à la mer à la voile. J'espère que nous pourrons voir ce type de manœuvre dans les jours qui viennent. Nous prenons la direction de Kotor, au cap 108°, moteur réglé à 1.800 trs/mn pour avoir une vitesse moyenne de cinq nœuds.

En route pour Kotor, mercredi 21 octobre 2020

En route vers Kotor depuis l'abbaye, mercredi 21 octobre 2020 (2)

La cité face à Otok Gospa od Skrpjela, mercredi 21 octobre 2020 (5)

Le Sun Odyssey 509 Rock Point à Kotor, mercredi 21 octobre 2020

A 16h55, Léa arrive à la marina de Kotor et gare le bateau, amarré sur pendille. L'employé de la marina nous informe que les sanitaires sont fermés – il y a quelques années on utilisait des sanitaires situés dans l'épaisseur des remparts, à l'entrée de la ville.

Je donne quartier libre à l'équipage pour visiter Kotor jusqu'à 19h30 ; on se retrouvera au bateau pour l'apéritif et le repas du soir. Nous dînerons tard – c'était prévu : à 23 h je sers un couscous au poulet, aux oignons confits et aux raisins.

Kotor, l'entrée de la ville, mercredi 21 octobre 2020

Kotor, l'église, mercredi 21 octobre 2020 Kotor, intérieur de l'église, mercredi 21 octobre 2020 (2) Kotor, les remparts, mercredi 21 octobre 2020 (1)

Kotor, les remparts, mercredi 21 octobre 2020 (3)

Couscous aux raisins et oignons confits, Kotor, mercredi 21 octobre 2020

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Zelenika. Wake up at 8:15 am. Zelenika is a port of entry to Montenegro. We got there during the night, and we spent it moored at the customs wharf. With Christine, we leave the board at 8:40 am to go to the harbor master's office for the formalities of entering the boat. We start by going to see the gendarmes in their booth at the entrance to the quay, asking them if it is possible to have the Montenegro stamp on our passports. They inform us that they have computer problems, and that there are power cuts at the moment. They also tell us the location of the harbor master's office. This one is installed in a stone house which gives on a small garden and the beach; a metallic shield adorns the entrance. The harbor master takes our documents and asks us to be seated. The formalities are going as quickly as possible - blackouts affecting the IT in the harbor master's office - and prices have fallen. Last year the vignette (one week stay) cost around forty euros, and the Montenegro courtesy pavilion was provided with it. This year we only pay around thirty euros in rights, but the flag is no longer provided. Luckily, I took with me a courtesy pavilion used on my previous trips. At 9:05 am the formalities are completed at the harbor master's office.

Zelenika, le pavillon de courtoisie du Montenegro hissé avant le départ

I will take advantage of this short stopover to buy croissants for the crew and find a bar with sanitary facilities - I have socks and briefs to wash. The first cafe I go into can't serve me an espresso: power cut. The second one I'm getting into has the same problem - which must be affecting the whole city right now. While waiting for the problem to be resolved, I start my laundry in the toilets of the establishment. A few minutes later, the electricity returns. I quickly swallow my espresso, I find Christine and we go back to the customs office on the quay. There, we are told there is "a problem", and we are asked to go back on board and wait a bit.

9:30 am: breakfast on board. Customs officers come to ask us again to wait, and come back to carry out a meticulous inspection of the ship's holds. Curiously, they will not go to inspect the cabins, and will limit themselves to the - numerous - cockpit lockers. I got the impression that they were looking for a boat nameplate - without being able to tell. At 10:20 am, Michel and I will stick the stickers on the mast guaranteeing that we have paid the entrance and tourist taxes in Montenegro. We take the opportunity to hoist the Montenegrin courtesy flag to starboard. In the absence of a halyard in the spreaders on the starboard side, we hoisted the flag with the spinnaker halyard. A few minutes later, the police come back and wish us a safe journey.

Bouches de Kotor, second bassin, farniente, mercredi 21 octobre 2020 (1)

Bouches de Kotor, l'accès au troisième bassin, mercredi 21 octobre 2020 (1)

Bouches de Kotor, Adriatica, mercredi 21 octobre 2020 (1)

10:45 am, departure from Zelenika. The weather is superb, although the wind is completely lacking. We go up to the east the second basin, with the aim of spending the night in Kotor, at the bottom of the northeast basin of the Bouches de Kotor. Ten minutes after our departure, we pass a pretty wooden schooner, anchored along the shore. At around 11:15 am, we left a large complex on starboard side, combining the marina and residential buildings. The work is apparently progressing, but is not yet complete, and workers are working on the roofs. This morning, Faty is at the helm. At noon, we are at the entrance to the channel which connects the second basin with the last two basins located further north. A ferry ensures the connection from one bank to the other; we slow down to let it pass.

Bouches de Kotor, en entrant dans le troisième bassin, mercredi 21 octobre 2020 (1)

Otok Gospa od Skrpjela, mercredi 21 octobre 2020 (2)

At 12:20 we left the channel. We leave on the port side a first church built on a small islet. It faces Otok Gospa od Skrpjela, a second, barely larger islet, on which a small medieval abbey was built. The funds being shallow near the islet, a wharf was subsequently built to allow boats with a strong draft to be able to dock. This is what we are going to use. From memory, I think it must be three to four meters deep to the right of the wharf. The flat-bottomed boats perpetuate the medieval tradition, and bring tourists directly to the bollards that surround the abbey.

En route vers Kotor depuis l'abbaye, mercredi 21 octobre 2020

At 12:30 p.m., the boat is parked alongside the quay which it occupies in its entirety, on the port side. We cheer up on the islet and take our time to visit the abbey and its surroundings - the setting is magnificent. Legend has it that the islet is artificial, built with the wrecks of looters defeated by the inhabitants of the village located a little north on the coast. At 2 p.m., I stepped away from the boat where some people turned on the music a bit too loud for my taste - I like to listen to the silence, the sound of the wind, the lapping of the waves, the rustling of the insects, and I am am lying in the sun on the marble platform, leaning against a low wall. I discover that Pierre has taken to the water. He lost glasses, and dives to get them back.

Otok Gospa od Skrpjela, l'abbaye, détail, mercredi 21 octobre 2020 (2)

Otok Gospa od Skrpjela, intérieur de l'abbaye, mercredi 21 octobre 2020 (1)

Otok Gospa od Skrpjela, terrasse de l'abbaye, mercredi 21 octobre 2020 (3)

At 3.10 p.m., after having lunch, we leave the quay of Gospa od Skrpjela. The maneuver is against a guard, it is Leah who is at the helm. Shortly after, her mission will be to recover plastic waste that floats in the fjord. So far, we haven't had enough wind yet to do any man overboard sail recoveries. I hope we can see this type of maneuver in the coming days. We take the direction of Kotor, heading 108 °, engine set at 1,800 rpm to have an average speed of five knots.

Récupération d'un plastique en mer, Léa à la barre, mercredi 21 octobre 2020 (2)

En route vers Kotor depuis l'abbaye, mercredi 21 octobre 2020 (4)

Bouches de Kotor, troisième bassin, mercredi 21 octobre 2020 (3)

At 4:55 p.m., Léa arrives at the Kotor marina and parks the boat, moored on a mooring line. The marina employee informs us that the toilets are closed - a few years ago we used the toilets located in the thickness of the ramparts, at the entrance of the city.
I give the crew free time to visit Kotor until 19:30; we will meet at the boat for the aperitif and the evening meal. We will have dinner late - that was planned: at 11 p.m. I serve couscous with chicken, candied onions and raisins.

Otok Gospa od Skrpjela, l'équipage au complet, mercredi 21 octobre 2020

 Vidéo : Monténégro, de Zelenika à Kotor via Otok Gospa od Skrpjela, mercredi 21 octobre 2020. Réalisation : Philippe Bensimon, Christine Marpot.  Photos : Le Sun Odyssey 509 Rock Point au quai des douanes de Zelenika, mercredi 21 octobre 2020 ; Zelenika, la plage, mercredi 21 octobre 2020 ; Zelenika, mercredi 21 octobre 2020 ; Zelenika, déjeuner au quai des douanes, mercredi 21 octobre 2020 ; Goélette au mouillage, à dix minutes de Zelenika, mercredi 21 octobre 2020 ; Faty à la barre dans le second bassin des bouches de Kotor, mercredi 21 octobre 2020 ; La marina en construction, Bouches de Kotor, mercredi 21 octobre 2020 ; Le chenal d'entrée dans le troisième bassin des Bouches de Kotor, mercredi 21 octobre 2020 ; L'îlot proche de Otok Gospa od Skrpjela, mercredi 21 octobre 2020 ; Otok Gospa od Skrpjela, arrivée, mercredi 21 octobre 2020 ; Otok Gospa od Skrpjela, le Sun Odyssey 509 Rock Point au quai, mercredi 21 octobre 2020 (1 et 2) ; Otok Gospa od Skrpjela, l'abbaye, détail, mercredi 21 octobre 2020 (1) ; Otok Gospa od Skrpjela, l'abbaye, mercredi 21 octobre 2020 ; Otok Gospa od Skrpjela, l'intérieur de l'église, mercredi 21 octobre 2020 ; Otok Gospa od Skrpjela, Pierre plonge à la recherche des lunettes  mercredi 21 octobre 2020 ;  Départ d'Otok Gospa od Skrpjela, Lena à la barre  mercredi 21 octobre 2020 ;  Départ d'Otok Gospa od Skrpjela, Alexia love les aussières, mercredi 21 octobre 2020 ; En route pour Kotor depuis Otok Gospa od Skrpjela, mercredi 21 octobre 2020 ; La ville de Perast, mercredi 21 octobre 2020 ; Kotor, le Sun Odyssey 509 Rock Point à la marina,  mercredi 21 octobre 2020 ; Kotor, l'entrée de la cité médiévale,  mercredi 21 octobre 2020 ; Kotor, l'église,  mercredi 21 octobre 2020 (1 et 2) ; Kotor, les remparts de la cité médiévale,  mercredi 21 octobre 2020 (1 et 2) ; Kotor, le couscous fazli servi à bord du Sun Odyssey 509 Rock Point,  mercredi 21 octobre 2020 ; Zelenika, le pavillon monténégrin flotte dans les barres de flèche, mercredi 21 octobre 2020 ; Bouches de Kotor, second bassin, farniente pour ceux qui ne sont pas de quart, mercredi 21 octobre 2020 ; Bouches de Kotor, le chenal de sortie au nord du second bassin, mercredi 21 octobre 2020 ; Bouches de Kotor, le chenal de sortie au nord du second bassin, Adriatica, mercredi 21 octobre 2020 ; Bouches de Kotor, arrivée dans les bassins nord, mercredi 21 octobre 2020 ; L'îlot devant Otok Gospa od Skrpjela,  mercredi 21 octobre 2020 (1 et 2) ; Otok Gospa od Skrpjela, l'abbaye, détail, mercredi 21 octobre 2020 (2) ; Otok Gospa od Skrpjela, l'abbaye, pièce intérieurel, mercredi 21 octobre 2020 ; Otok Gospa od Skrpjela, l'abbaye, détail, mercredi 21 octobre 2020 (3) ; Récupération de plastique en mer, Léa à la barre, mercredi 21 octobre 2020 ; Entre Otok Gospa od Skrpjela et Kotor, quart de repos, mercredi 21 octobre 2020 ; Entre Otok Gospa od Skrpjela et Kotor, détail de la côte, mercredi 21 octobre 2020 ; Otok Gospa od Skrpjela, l'équipage au complet devant le Sun Odyssey 509 Rock Point, mercredi 21 octobre 2020. Auteurs/authors : Zelenika, la plage, mercredi 21 octobre 2020 ; Zelenika, mercredi 21 octobre 2020 ; Goélette au mouillage, à dix minutes de Zelenika, mercredi 21 octobre 2020 ; Faty à la barre dans le second bassin des bouches de Kotor, mercredi 21 octobre 2020 ; La marina en construction, Bouches de Kotor, mercredi 21 octobre 2020 ; Otok Gospa od Skrpjela, l'abbaye, mercredi 21 octobre 2020 ; Départ d'Otok Gospa od Skrpjela, Lena à la barre  mercredi 21 octobre 2020 ; Bouches de Kotor, second bassin, farniente pour ceux qui ne sont pas de quart, mercredi 21 octobre 2020 ; Bouches de Kotor, le chenal de sortie au nord du second bassin, Adriatica, mercredi 21 octobre 2020 ; Bouches de Kotor, arrivée dans les bassins nord, mercredi 21 octobre 2020 ; Otok Gospa od Skrpjela, arrivée, mercredi 21 octobre 2020 ; Départ d'Otok Gospa od Skrpjela, Alexia love les aussières, mercredi 21 octobre 2020 ; La ville de Perast, mercredi 21 octobre 2020 ; Récupération de plastique en mer, Léa à la barre, mercredi 21 octobre 2020 ; Entre Otok Gospa od Skrpjela et Kotor, détail de la côte, mercredi 21 octobre 2020 : Christine Marpot. Autres photos : Philippe Bensimon.

Venise, le défi technologique - à voir en replay sur Antenne 2 - Venice, the technological challenge - watch replay on Antenne 2

Capture d’écran 2020-11-16 à 05

"Venise est une prouesse de technologie : une ville de pierre qui semble posée sur l'eau. Mais aujourd'hui, la cité est menacée de disparition. Ces cinquante dernières années, tout s'est accéléré. Le niveau de l'eau est monté de trente centimètres et le phénomène des «aqua alta» - les grandes marées qui inondent la ville - s'est intensifié. Pour la communauté scientifique, sauver Venise est désormais une priorité. Une véritable course contre la montre est engagée. Grâce aux expériences menées par les scientifiques et à des reconstitutions en 3D, Venise se dévoile sous des angles inédits. Ce documentaire donne la parole à des chimistes, biologistes, ingénieurs météorologues, mais aussi un maçon plongeur."

C'est dans ces termes que la chaîne Antenne 2 présente ce documentaire disponible en replay jusqu'au 21 novembre. Nous l'avons visionné le samedi 14 novembre. Passionnant de bout en bout, il intéressera tout particulièrement ceux d'entre vous qui seront présents à bord de nos croisières d'entraînement de décembre. Si la pandémie de covid-19 le permet, nous devrions passer les journées des 25 et 26 décembre à Venise, et voir la cité des Doges sous un angle différent après avoir regardé ce documentaire.

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"Venice is a feat of technology: a city of stone that seems to rest on the water. But today, the city is threatened with disappearance. In the last fifty years, everything has accelerated. The water level is rose thirty centimeters and the phenomenon of "aqua alta" - the high tides that flood the city - has intensified. For the scientific community, saving Venice is now a priority. A real race against time has begun. Thanks to experiments carried out by scientists and in 3D reconstructions, Venice is revealed from new angles. This documentary gives voice to chemists, biologists, meteorological engineers, but also a diving mason. "

It is in these terms that the Antenne 2 channel presents this documentary available in replay until November 21. We watched it on Saturday November 14th. Exciting from start to finish, it will be of particular interest to those of you who will be on board our December training cruises. If the covid-19 pandemic allows it, we should spend the days of December 25 and 26 in Venice, and see the City of the Doges from a different perspective after watching this documentary.