Aquarius, 17 juin 2018

17.000 migrants ont péri en mer depuis 2014, en tentant de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune. Le dernier bateau à tenter de les sauver du naufrage, l'Aquarius, se trouve définivement immobilisé au port de Marseille. La nouvelle st tombée ce vendredi matin : SOS Méditerranée et Médecins sans frontière (MSF), les deux ONG qui affrètent le bateau depuis deux ans et demi, baissent les bras. Selon l''association SOS Méditerranée "tout à été fait pour l'empêcher de repartir en mer". Pour Michel Neumann (MSF), "Cette péripétie, elle est révélatrice de quelque chose de braucup plus grave, de beaucoup plus sérieux, qui est que le sacrifice de milliers de personnes, on parle de milliers de personnes, est finalement aujourd'hui avalisé par des logiques d'Etat contre les quelles ont ne peut malheureusement paq faire grand chose". 

Après avoir en juin refusé l'accès aux côtes italiennes à l'Aquarius, le gouvernement italien a fait pression sur le gouvernement panaméen pour qu'il retire son pavillon au bateau sauveteur. Le gouvernement du Panama ayant obéi à l'Italie, l'Aquarius en octobre perd son pavillon. la mise sous séquestre est réclamée, et le les comptes de MSF en Italie sont bloqués. Depuis deux mois l'Aquarius est à quai à Marseille sans pouvoir reprendre la mer : la fin d'une belle aventure, et la mort assurée pour de très nombreuses personnes.

Cependant SOS Méditerranée n'abandonne pas : l'ONG recherche actuellement un autre armateur et un autre bateau avec lequel poursuivre sa mission.

Disons le franchement, l'attitude des gouvernements européens vis à vis de l'Aquarius et des deux ONG SOS Méditerranée et MSF a été honteuse, et déshonore à la fois l'Italie, Malte et le Panama, et l'ensemble des pays qui ont refusé leur pavillon à l'Aquarius et l'ont empêché de poursuivre sa mission humanitaire. Ces pays ont en effet signé la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui stipule : « Toute personne a le droit de quitter son pays ». Soutenir qu'on peut ratifier cela et en même temps refuser l'accès aux migrants est une position plus que douteuse, pour ne pas dire intenable. Enfin, refuser à des naufragés l'accès aux côtes est contraire à toutes les conventions maritimes signées par ces Etats. 

Patrick Chaumette, du CDMO de Nantes, note dans un article du 30 avril 2018 en marge du Colloque d'Angers : " De nos jours, l’obligation de secours en mer est prévue par la Convention SOLAS de l’Organisation Maritime Internationale (OMI), la Convention SAR Search and Rescue de Hambourg de 1979, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 (CNUDM, art. 98) ".  Le droit à la vie complète ces dispositions pour assurer normalement à tout naufragé l'accueil dans le pays qu'il aborde. L’article 9 du règlement 656/2014 du Parlement européen du Conseil du 15 mai 2014, établissant des règles pour la surveillance des frontières maritimes extérieures dans le cadre de la coopération opérationnelle coordonnée par Frontex, rappelle l’obligation d’assistance en mer à toute personne en détresse.

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17,000 migrants have died at sea since 2014, trying to cross the Mediterranean on makeshift boats. The last boat to try to save them from sinking, the Aquarius, is finally immobilized at the port of Marseille. The new st fell this Friday morning: SOS Mediterranean and Doctors Without Borders (MSF), the two NGOs that have chartered the boat for two and a half years, give up. According to the association SOS Mediterranean "everything has been done to prevent it from going back to sea". For Michel Neumann (MSF), "This event, it is revealing something braque more serious, much more serious, which is that the sacrifice of thousands of people, we speak of thousands of people, is finally endorsed today. by state logic against which unfortunately can not do much ".

After having denied access to the Italian coast at Aquarius in June, the Italian government put pressure on the Panamanian government to withdraw its flag from the lifeguard. The government of Panama having obeyed Italy, the Aquarius in October loses its flag. the receivership is claimed, and the accounts of MSF in Italy are blocked. For two months the Aquarius is docked in Marseille without being able to go back to sea: the end of a great adventure.

However SOS Méditerranée does not give up: the NGO is currently looking for another shipowner and another boat with which to pursue its mission.

To put it bluntly, the attitude of the European governments towards Aquarius and the two NGOs SOS Mediterranean and MSF has been shameful, and dishonor both Italy, Malta and Panama, and all the countries that refused their flag to Aquarius and prevented him from continuing his humanitarian mission. These countries have indeed signed the Universal Declaration of Human Rights, which states: "Everyone has the right to leave his country". To argue that we can ratify this and at the same time deny access to migrants is a more than doubtful, if not untenable, position. Finally, refusing shipwrecked access to the coast is contrary to all maritime conventions signed by these states.

Patrick Chaumette, of the CDMO of Nantes, notes in an article of April 30, 2018 on the sidelines of the Colloquium of Angers: "Today, the obligation of rescue at sea is provided for by the SOLAS Convention of the International Maritime Organization (IMO). ), the 1979 SAR Convention Search and Rescue of Hamburg, the 1982 United Nations Convention on the Law of the Sea (UNCLOS, article 98) ". The right to life supplements these provisions to ensure that every shipwrecked person is welcomed in the country he or she approaches. Article 9 of Regulation 656/2014 of the European Parliament of the Council of 15 May 2014 laying down rules for the surveillance of the external maritime borders in the context of operational cooperation coordinated by Frontex, recalls the obligation to provide assistance at sea at sea. anyone in distress.