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Le gouvernement français, pris à la gorge par des dépenses somptuaires, une incapacité à sortir de la crise et une dette dont le poids va croissant, cherche à récupérer de l'argent par tous les moyens. Sa dernière trouvaille nous touche directement : taxer les bateaux de plaisance qui mouillent sur son littoral. Présentée au début comme une contribution écologique destinée à protéger des sites particulièrement fragiles, cette taxe est en réalité un véritable impôt sans autre but que financier, puisque 61 % du littoral métropolitain vont être concernés : toutes les communes susceptibles d'abriter un mouillage forain sautent sur ce qui apparaît à première vue comme une véritable aubaine. Sauf qu'à 20 euros par mètre de bateau et par jour, un 36 pieds, qui est loin d'être un gros bateau, va déjà payer 200 euros par nuit son mouillage forain. Jeter l'ancre à ce prix devient prohibitif. Un véritable racket, lorsqu'on sait que des ports comme Porquerolles sont vite pleins en été, et que la seule solution consiste à mouiller à Port Man à l'Est de Port Crau ou dans la baie des Langoustiers, pas forcément très abritée.

Contrairement aux idées reçues, la plaisance n'est pas que le fait de gens très fortunés, et ceux qui se sont saignés à blanc pour acheter leur bateau n'ont pas envie de devenir les vaches à traire du gouvernement. Outre la tranquillité, beaucoup choisissent le mouillage pour des raisons économiques, pour n'avoir pas à payer les tarifs des nuits au port. Quand à ceux qui, comme moi, n'ont pas encore trouvé leur bateau et louent des voiliers, leur calcul sera vite fait : les locations de bateau en France sont très chères, les côtes françaises ne sont pas très intéressantes par rapport aux côtes croates, grecques ou turques, et quand on rajoutera au budget 600 ou 700 euros de frais de mouillage, on arrivera à des montants prohibitifs même en tenant compte des coûts d'avion (l'aller-retour vers chacun des pays que je viens de citer coûte moins de deux nuits de mouillage). Bref, les plaisanciers iront vers d'autres eaux plus clémentes, et feront leur avitaillement, leurs pleins de diesel, leurs dépenses de location, de restaurant, de bars, d'entrées de monuments et autres dans des pays plus accueillants pour les touristes ; privant ainsi les collectivités locales et l'Etat d'une partie de leurs ressources.

Un manque à gagner d'autant plus important pour les communes du littoral que la collecte de cette taxe de mouillage ne va pas être évidente et va engendrer des coûts importants à la charge des collectivités territoriales et des établissements publics bénéficiaires. Bref, le texte de M. Jacobbi est un non-sens économique contre lequel il faut s'élever à tout prix.

Outre l'aspect économique, cette taxe induit aussi une discrimination par l'argent inacceptable au plan de l'éthique, entre ceux qui auront de quoi mouiller l'ancre et ceux qui ne l'auront pas. J'ai vu au fil des décennies la montagne être polluée par le mercantilisme, et les refuges devenir inaccessibles aux plus défavorisés. Je ne souhaite pas que la mer subisse le même sort.

C'est pourquoi je vous invite, comme l'ensemble des fédérations concernées par le monde de la mer unies dans la lutte contre cet amendement, à signer la pétition ci-dessous sur le site : "http://merlibre.fr". De nombreux députés, choqués par la stupidité du texte de loi, ont déjà signé cette pétition. Mais la discipline de parti est telle que, si nous ne nous mobilisons pas, le gouvernement finira par faire passer cette taxe.

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Appel pour que la mer reste libre

Au moment où une taxation inacceptable menace la liberté de mouillage dans les aires marines protégées,

Nous, organisations signataires, affirmons notre volonté d'agir ensemble pour promouvoir et défendre la Communauté maritime et du littoral. 

Ensemble, nous réaffirmons les valeurs essentielles, qui lient les femmes et les hommes de mer : liberté, solidarité et humilité. 

Notre intime conviction est que la mer est, et doit demeurer, cet espace ouvert aux initiatives individuelles et collectives, dont les seules limites sont celles du civisme et du respect de l'environnement.

Nous nous opposons à toute autre restriction et tout particulièrement à la discrimination par l'argent. 

Le mercantilisme ignore nos traditions, bafoue nos valeurs et met en péril les équilibres et le développement de nos territoires métropolitains et ultramarins. 

Acteurs engagés dans le développement durable de nos régions littorales, nous réaffirmons notre participation comme essentielle et incontournable à la prospérité économique et au rayonnement culturel de la France maritime. 

Nous demandons que notre voix soit entendue et désormais mieux respectée au sein des instances nationales et locales, où se font les choix essentiels qui touchent la mer et le littoral. 

Nous demandons aux décideurs nationaux comme locaux d’entendre cet appel des femmes et hommes de mer avec le sens des responsabilités qu’exige l’exercice du pouvoir.

 

 Les promoteurs de l’Appel :

Fédération des industries nautiques — Fédération française des ports de plaisance — Union nationale des associations de navigateurs —Fédération nationale des pêcheurs plaisanciers et sportifs de France — Fédération française motonautique — Fédération française des pêcheurs en mer — Fédération française de voile — Fédération française d'études et de sports sous-marins — Fédération chasse sous-marine passion

Ils ont signé !

19058 
personnes dont 

Signez l'appel !

Votre voix compte pour que cet Appel soit entendu des décideurs nationaux et locaux.