Panorama du Massif du Mont-Blanc de l'Aiguille Verte à gauche à l'Aiguille de Blaitière à droite, 28 août 2011 (auteur:author Philippe Bensimon)

« Le massif du Mont-Blanc, un paradis pour les grimpeurs aujourd'hui menacé par le réchauffement climatique. Les Alpes berceau de l'alpinisme, mais pour combien de temps encore ? » « Depuis quinze ans la montagne s'écroule par pans entiers ». Antenne 2 a consacré quelques minutes ce soir à ce sujet dans le JT de 20 h, rappelant que l'an dernier 2.300 m3 de roche se sont éboulés dans l'Arête des Cosmiques, une jolie voie facile très fréquentée qui permet d'accéder à l'Aiguille du Midi. Le guide Jean-Christophe Bèche avoue : « Sur certaines montagnes, on n'y va plus ». C'est le cas du secteur de la Tour Ronde, qui ne se pratique plus aujourd'hui qu'en hiver – lorsque j'en ai fait la face nord en été il y a 40 ans, elle faisait alors partie des « Cent plus belles courses du massif du Mont-Blanc ».

La face ouest des Drus en août 2005, après l'éboulement de juin qui a emporté le pilier Bonatti (16 août 2005 auteur:author Rokus Cornelis)

La face ouest des Drus en mai 2006

Le sujet a passé sous silence les éboulements qui a partir de 1997 ont ravagé les Drus et notamment le gigantesque éboulement de 2005 qui a emporté toute la partie droite de la face Ouest et le Pilier Bonati. Le réchauffement climatique est clairement en cause. Ludovic Ravanel, chercheur au CNRS et descendant d'une longue lignée de guides, pose aujourd'hui des capteurs de température à 10 m de profondeur pour étudier l'évolution de la température au sein de la roche et l'évoution du pergélisol (permafrost) qui cimente celle-ci. Le constat est dramatique : « ce qu'on voit depuis une dizaine d'années grâce à des forages à dix mètres de profondeur, c'est que les temépratures au cœur de la montagne se réchauffent de l'ordre de 0,15°C par an. Ca fait quand même un degré et demi par décennie ce qui est absolument énorme. Ce qui va forcément générer plus d'instabilités de versants dans le futur, plus d'éboulements, plus d'écroulements rocheux ».

Imprévisibles pour le moment, ces éboulements n'en sont pas moins inéluctables.

« On voit une montagne qui est complètement différente de ce qu'on a connu dans les années 80-90. Maintenant, quand on se projette dans l'avenir on a du mal à imaginer quel sera l'état de la haute montagne dans vingt ou trente ans », conclut le chercheur.

Certains guides estiment qu'« il va falloir qu'on comprenne que certains endroits ne seront plus fréquentables, ou qu'à des moments extrêmement ephémères, et peut-être à une autre saison que la saison habituelle où l'on faisait précédemment ces choses-là ». Le sujet se termine sur une note pessimiste : « Une page de l'alpinisme est en train de se tourner ».

Panorama du Massif du Mont-Blanc, des Drus à gauche au col des Jorasses à droite, 28 août 2011 (auteur:author Philippe Bensimon)

"The Mont-Blanc massif, a paradise for climbers now threatened by global warming. The alpine cradle of mountaineering, but for how much longer? "For fifteen years the mountain has been falling apart." Antenna 2 dedicated a few minutes tonight on this subject in the JT ee 20h, recalling that last year 2,300 m3 of rock crashed into the Ridge of Cosmic, a nice easy way very frequented which allows access to the Aiguille du Midi. A guide Jean-Christophe Besch admits: "On some mountains, we go more". This is the case of the Round Tower sector, which is only used in winter - when I made the north face in summer 40 years ago, it was part of the "hundred most beautiful races of the massif of Mont Blanc ". The subject ignored the landslides that began in 1997 devastated the Drus and including the huge landslide of 2005 that took away the entire right side of the west face and Pillar Bonati. Global warming is clearly at stake. Ludovic Ravanel, a CNRS researcher and descendant of a long line of guides, is now installing temperature sensors at 10m depth to study the evolution of the temperature within the rock and the evaporation of the permafrost which cements that -this. The report is dramatic: "what we have seen over the past ten years thanks to drilling at a depth of ten meters is that the tepitures in the heart of the mountain are warming by around 0.15 ° per year. . It is still a degree and a half per decade which is absolutely huge. Which will inevitably generate more instabilities of slopes in the future, more landslide, more rockfalls ". Unpredictable for the moment, these landslides are nonetheless unavoidable. "We see a mountain that is completely different from what we had in the 80s and 90s. Now when we look into the future we can not imagine what the state of the high mountains will be in twenty or thirty years "concludes the researcher. Some guides believe that "we will have to understand that some places will be more frequent, or that at extremely ephemeral times, and perhaps in another season than the usual season where we did previously these things ". The subject ends on a pessimistic note: "A page of mountaineering is turning."

Photos : Panorama du Massif du Mont-Blanc de l'Aiguille Verte à gauche à l'Aiguille de Blaitière à droite, 28 août 2011 (auteur/author Philippe Bensimon) ; La face ouest des Drus en août 2005, après l'éboulement de juin qui a emporté le pilier Bonatti (16 août 2005 auteur/author Rokus Cornelis) ; La face ouest des Drus en mai 2006. La zone plus claire à droite est celle de l'éboulement de 2005 (3 mai 2006, auteur/author Eltouristo) ; Panorama du Massif du Mont-Blanc, des Drus à gauche au col des Jorasses à droite, 28 août 2011 (auteur/author Philippe Bensimon).