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La pêche électrique consiste à envoyer à partir d'un chalutier des décharges électriques dans les sédiments du fond de la mer pour déloger et capturer les poissons plats et les crevettes qui vivent sur ces fonds. Paralysés et remontés ensuite dans les filets, les poissons présentent des ecchymoses, des déformations du squelette, etc. Les pêcheurs néerlandais insistent sur le gain en carburant réalisé lors de ces types de pêche, tandis que beaucoup d'associations - dont Bloom qui a mené une campagne efficace - s'inquiètent de cette nouvelle atteinte aux écosystèmes marins et des impacts des décharges électriques sur les juvéniles et les pontes enfouies dans les sédiments.

A force de tuer tout ce qui vit dans les mers et les océans avec des moyens de plus en plus efficaces et de plus en plus perfectionnés, on finira bien par arriver par les vider complètement. C'est peut-être ce qui a décidé ce mardi 16 janvier les eurodéputés du Parlement européen à dire non à la pêche électrique et a demander son interdiction, avec une majorité de 402 voix pour, 232 voix contre et 40 abstentions. Et ce alors que la Commission européenne était partisane de l'élargissement de ce type de pêche. Cette pêche inventée en 1992 par un néerlandais avait déjà été déclarée illégale en Europe en 1998, mais les Pays-Bas bénéficiaient depuis 2007 d'une autorisation dérogatoire à titre expérimental limitée à 15 chalutiers. En fait, d'après les journalistes d'Europe 1, ce ne sont pas 15 mais sont 84 chalutiers qui ont été équipés de filets électrifiés (avec 3,8 millions d'euros de subventions de l'UE), auxquels se sont joints "12 chalutiers allemands et 10 britanniques, tous à capitaux néerlandais". 

Les Pays-Bas, principaux défenseurs de la pêche électrique n'ont pas fait le poids ce mardi contre les Français, les Belges et les Britanniques. Reste au Conseil européen à avaliser cette décision ; mais on voit mal comment il pourrait en être autrement. L'UE rejoint ainsi les USA, la Chine et le Brésil qui ont déjà interdit ce type de pêche.

Electrofishing involves sending electric traps from a trawler in the bottom sediments of the sea to dislodge and catch flatfish living on these bottoms. Paralyzed and then put back in the nets, the fish show bruises, deformations of the skeleton, etc. Dutch fishermen insist on the fuel gain achieved in these types of fishing, while many associations - including Bloom, which has been running an effective campaign - are worried about this new attack on marine ecosystems. By dint of killing all that lives in the seas and oceans with more and more efficient and more and more sophisticated means, we will end up by emptying them completely. This is perhaps what decided this Tuesday, January 16 MEPs from the European Parliament to say no to electrofishing and ask for its prohibition, with a majority of 402 votes for, 232 votes against and 40 abstentions. And while the European Commission was in favor of expanding this type of fishing. This fishery, invented in 1992 by a Dutchman, had already been declared illegal in Europe in 1998, but since 2007 the Netherlands had been granted a derogatory authorization on an experimental basis limited to 15 trawlers. In fact, according to Europe 1 journalists, it is not 15 but are 84 trawlers that have been equipped with electrified nets (with 3.8 million euros of EU subsidies), to which have joined "12 German and 10 British trawlers, all Dutch owned". The Netherlands, the main defenders of the electrofishing did not make the weight this Tuesday against the French, the Belgians and the British. It remains for the European Council to endorse this decision; but it is difficult to see how it could be otherwise. The EU joins the USA, China and Brazil, which have already banned this type of fishing.

Photo : l'association Bloom a lancé une pétition électronique et déposé à l'automne une plainte accusant les Pays-Bas d'avoir illégalement autorisé des navires à pratiquer la pêche électrique.