Al_Khums_from_space (auteurAsybaris01)

Filippo_Grandi_April_2016 (auteur:author Bundesministerium für Europa, Integration und Äußeres)

Ce jeudi 25 juillet 2019 a eu lieu « la pire tragédie en Méditerranée cette année », selon les termes d'un tweet du Haut-Commissaire de l'ONU pour les Réfugiés Filippo Grandi. Partis depuis une heure de Khoms, 110 migrants qui rêvaient d'atteindre l'Italie sont morts noyés dans le nauvrage de leur embarcation. Parmi eux, beaucoup d'Erythréens, des Soudanais, des Palestiniens. Les 145 survivants ont du nager sept heures avant d'être repêchés grâce à un pêcheur lybien. Tombant de Charybde en Scylla, ils ont été ramenés en Lybie et placés dans des centres de détention, où les conditions de vie sont décriées depuis plusieurs mois par les ONG. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 5.200 personnes sont actuellement détenues dans ces centres lybiens.

« L’équipe de Médecins sans Frontières en Libye a prodigué des soins à 135 migrants rescapés », a indiqué son chef Julien Raickman ajoutant, d’après les récits recueillis auprès des survivants, que près de 400 personnes se trouvaient à bord. Julien Raickman a déclaré à l'AFP que les naufragés étaient partis mercredi « possiblement à bord de trois bateaux arrimés les uns aux autres, ce qui expliquerait leur désintégration » et que « Les gens étaient extrêmement choqués, un homme tiré de l’eau alors qu’il se noyait a vu disparaître toute sa famille ».

Des chiffres contestés par le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine libyenne, qui a affirmé que « 134 migrants ont été secourus et un corps repêché, alors que 115 migrants sont portés disparus ».  Le général parle d'« Une embarcation en bois transportant environ 250 migrants clandestins, dont des femmes et des enfants, […] 

Le 23 janvier, MSF dénonçait « une nette augmentation du nombre de personnes dans les centres de détention de Misrata et Khoms. Réfugiés, migrants et demandeurs d’asile ont été interceptés ou secourus en mer et ramenés en Libye en violation du droit international », et estimait les faits comme « démontrant clairement la politique délibérée de non-assistance à personnes en danger poursuivie par les autorités européennes en mer Méditerranée centrale ». « Ces personnes récemment débarquées en Libye sont désormais enfermées dans des centres surpeuplés. Les conditions de détention déjà difficiles sont aggravées par l’arrivée de nouveaux migrants. Les détenus n’ont quasiment pas accès aux espaces extérieurs. La nourriture est insuffisante et ne répond pas aux besoins nutritionnels des personnes gravement malades, des enfants et des femmes enceintes. Parmi les personnes récemment débarquées, certaines souffrent de malnutrition, d'hypothermie ou de diarrhée sévère »..

Filippo Grandi appelle désormais à « La reprise des opérations de sauvetage en mer, la fin de la détention des réfugiés et des migrants en Libye, la multiplication des voies de sortie sûres hors de la Libye sont nécessaires maintenant ».

De notre côté nous défendons : 1. l'idée d'une ouverture totale et sans restriction des frontières aux migrants, seule façon de mettre un terme définitif à l'existence des passeurs et de rétablir la sécurité des migrants en Méditerranée ; 2. le respect du droit maritime international et des droits des réfugiés, constament violés par Malte et l'Italie, et globalement très peu respectés par l'Union Européenne et ses partenaires. L'ONU s'attend à l'horizon 2050 à 250 millions de "migrants climatiques", chassés de chez eux par le réchauffement. Combien de morts faudra-t-il encore avant que les Etats européens se décident à prendre la mesure d'un problème qui ne va faire que s'aggraver de plus en plus avec l'accélération du réchauffement climatique ?

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This Thursday, July 25, 2019 was "the worst tragedy in the Mediterranean this year," according to a tweet from UN High Commissioner for Refugees Filippo Grandi. An hour away from Khoms, 110 migrants who dreamed of reaching Italy are drowned in the wretchedness of their boat. Among them, many Eritreans, Sudanese, Palestinians. The 145 survivors had to swim seven hours before being rescued by a Libyan fisherman. Falling from Charybdis to Sylla, they were brought back to Libya and placed in detention centers, where living conditions have been criticized for several months by NGOs. According to the International Organization for Migration (IOM), 5,200 people are currently detained in these centers in Libya.

"The Médecins sans Frontières team in Libya has treated 135 migrant survivors", said chief Julien Raickman, adding that according to reports from survivors, nearly 400 people were on board. Julien Raickman told AFP that the castaways had left Wednesday "possibly aboard three boats stowed to each other, which would explain their disintegration" and that "people were extremely shocked, a man pulled from the water then that he was drowning saw his whole family disappear ". Numbers disputed by General Ayoub Kacem, spokesman for the Libyan navy, who said that "134 migrants were rescued and a body recovered, while 115 migrants are missing." The general speaks of "A wooden boat carrying about 250 illegal migrants, including women and children, [...]

On 23 January, MSF denounced "a clear increase in the number of people in detention centers in Misrata and Khoms. Refugees, migrants and asylum seekers were intercepted or rescued at sea and brought back to Libya in violation of international law ", and found the facts to be " clearly demonstrating the deliberate policy of non-assistance to persons at risk pursued by the European authorities in the central Mediterranean Sea ". "These people recently landed in Libya are now locked in overcrowded centers. Already difficult prison conditions are aggravated by the arrival of new migrants. Prisoners have virtually no access to outdoor spaces. Food is inadequate and does not meet the nutritional needs of critically ill people, children and pregnant women. Some of those recently landed are suffering from malnutrition, hypothermia or severe diarrhea."

Filippo Grandi is now calling for "The resumption of rescue operations at sea, the end of the detention of refugees and migrants in Libya, the multiplication of safe escape routes out of Libya are needed now".

On our side we defend: 1. the idea of full and unrestricted opening of borders to migrants, the only way to put a definitive end to the existence of smugglers and restore the security of migrants in the Mediterranean; 2. Respect for international maritime law and refugee rights, which are constantly violated by Malta and Italy, and globally very little respected by the European Union and its partners. The UN expects by 2050 to 250 million "climate migrants", driven from their homes by the warming. How many more deaths will it take before the European states decide to take the measure of a problem that will only worsen more and more with the acceleration of global warming?

Photos : Al_Khums_from_space (auteur/author Asybaris01) ; Filippo_Grandi_April_2016 (auteur/author Bundesministerium für Europa, Integration und Äußeres).