Scott Morrison et President_Donald_J

Sur le front du réchauffement climatique, les mauvaises nouvelles s'enchaînent. Ce week-end on apprenait qu'il faisait 0°C à Mourmansk, ville de Russie située au nord du cercle arctique où les températures en janvier oscillent normalement entre des moyennes minimales de -13,8°C et un maximales de -7,4°C. En Australie, le réchauffement climatique qui fait flamber la brousse et les forêts depuis plusieurs mois a fait plus d'un milliard de victimes parmi les animaux. Les rescapés ont souvent de graves brûlures aux pattes, et vont devoir encore survivre dans un environnement carbonisé où toute trace de nourriture a disparu. 

Pire encore, on s'attend à voir se multiplier en Australie des « orages de feu » : la chaleur et la fumée des incendies créent au contact de l'humidité de l'air des nuages (pyrocumulus) qui montent jusqu’à quinze kilomètres d'altitude. Là, « les chocs des particules de glace situées dans les parties supérieures très froides de ces nuages provoquent une accumulation de charge électrique, qui est libérée par des éclairs géants. » (source : Bureau météorologique australien, repris par Ouest-France, 8 janvier 2020).Cela donne des éclairs très violents, sans pluie, qui en frappant des sols desséchés provoquent encore plus d'incendies, parfois à plus de cent kilomètres de l'incendie initial. 18 pyrocumulonimbus se sont formés en six semaines en 2019 dans le seul Etat de Victoria, dans le Sud-est de l'Australie. Certains scientifiques estiment que ces phénomènes, observés aux États-Unis, au Canada, en Russie et en Mongolie – principalement dans des zones forestières - devraient se multiplier d'ici 2060.

Les fumées des incendies ont été repérées depuis le Chili, à 12.000 kilomètres de là. A Sydney, envahie par la fumée, une femme enceinte déclare : « c'est une ambiance de fin du monde » , « Respirer dehors c'est comme fumer 30 cigarettes par jour ». Un homme ajoute : « Nous faisons disparaître les mammifères plus vite que dans n'importe quel autre endroit sur terre. Tout ça à cause de leur foutue politique gouvernementale » (JT A2 12 janvier 2020, 13h52).

Comme toutes les crises économiques majeures, la crise australienne est en train de virer à la crise politique. La population victime des incendies, dont une grande partie n'est pas assurée et a tout perdu dans les flammes, s'en prend aujourd'hui au Premier ministre Scott Morrison. On a vu des pompiers, en première ligne dans la lutte contre les gigantesques brasiers qui ont menacé Canberra et Sydney, partager la même vindicte.

Scott Morrison est aujourd'hui violemment pris à partie par les Australiens qui manifestent dans les rues en exigeant son départ. Climato-négationniste, il a toujours privilégié l'emploi dans les mines de charbon à la lutte contre le réchauffement climatique et à la prise de mesures préventives pour protéger ses concitoyens de celui-ci. Il porte aujourd'hui la responsabilité – même partielle – du désastre écologique et humain qui se produit aujourd'hui en Australie.

Pyrocumulonimbus déclaché par un feu de forêt près de Los Angeles, 29 août 2009 (auteur Michael Castillo)

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On the global warming front, bad news is linked. This weekend we learned that it was 0 ° C in Murmansk, a city in Russia located north of the Arctic Circle where temperatures in January normally range between minimum averages of -13.8 ° C and maximums of -7, 4 ° C. In Australia, the global warming that has been burning the bush and the forests for several months has claimed more than a billion lives among animals. The survivors often have severe burns on their legs, and will have to survive again in a charred environment where all traces of food have disappeared. Worse still, we expect to see an increase in “fire storms” in Australia: the heat and smoke of fires create on contact with the humidity of the air clouds (pyrocumulus clouds) which rise up to fifteen kilometers altitude. There, "the shocks of the ice particles located in the very cold upper parts of these clouds cause an accumulation of electric charge, which is released by giant lightnings." (source: Australian Meteorological Bureau, taken up by Ouest-France, January 8, 2020) .This gives very violent lightning, without rain, which by hitting desiccated soil causes even more fires, sometimes more than a hundred kilometers from the initial fire. 18 pyrocumulonimbus formed in six weeks in 2019 in the only state of Victoria, in the south-east of Australia. Some scientists believe that these phenomena, observed in the United States, Canada, Russia and Mongolia - mainly in forest areas - should increase by 2060. The smoke from the fires was spotted from Chile, 12,000 kilometers away. In Sydney, invaded by smoke, a pregnant woman declares: "it's an end of the world atmosphere", "Breathing outside is like smoking 30 cigarettes a day". One man adds, "We are killing mammals faster than anywhere else on earth. All because of their damn government policy ”(JT A2 January 12, 2020, 1:52 pm). Like all major economic crises, the Australian crisis is turning into a political crisis. The victims of the fire, many of whom are uninsured and have lost everything in the flames, today attacks Prime Minister Scott Morrison. We saw firefighters, on the front line in the fight against the gigantic blazes that threatened Canberra and Sydney, sharing the same vindictiveness. Scott Morrison is today violently attacked by the Australians who demonstrate in the streets demanding his departure. As a climate-negationist, he has always favored employment in coal mines to the fight against global warming and to take preventive measures to protect his fellow citizens from it. He now bears responsibility - even partial - for the ecological and human disaster that is happening today in Australia.

Photo : Scott Morrison et le president Donald J. Trump au sommet du G20 (30 novembre 2018, auteur/author The White House) ; Pyrocumulonimbus déclaché par un feu de forêt près de Los Angeles, 29 août 2009 (auteur/author Michael Castillo).