Dans les canaux de Port-Grimaud, 191215

Les courses au leclerc de Cogolin, 191215

Samedi 19 décembre. Réveil à 7h30, direction les croissants. La boulangerie de Port-Grimaud est en face de l’endroit où vont rester nos voitures – il n’y a que la route à traverser. Le petit déjeuner à bord est très cool, avec une confiture de figues délicieuse apportée – encore ! – par Benjamin. Vers neuf heures nous prenons la direction du Leclerc où nous arrivons vingt minutes plus tard. Daniel nous a laissé à bord du sel, du poivre, du papier toilette ; à 10h27 nous passons la caisse avec un gros caddy plein de bonnes choses qui trouveront facilement leur place à bord. Le bateau, plein de rangements, est doté d’un filet dans le carré, impeccable pour conserver les fruits. 

En route pour St-Tropez 191215 1

A 10h55, tandis que mes équipiers finissent de ranger les courses, je lance le moteur du bateau, propre comme un sou neuf. Je viens de contrôler l’huile. Très claire, elle arrive au sommet de la jauge. Mes équipiers ont eu le temps durant la nuit de signer les feuilles d’embarquement modèle STW que je leur ai remises hier soir, et tout paraît en ordre. A 11h25 nous larguons les amarres et, plan de Port-Grimaud en main, nous gagnons la sortie du labyrinthe des canaux. Vingt minutes après nous sommes dans le golfe, direction Saint-Tropez. Le ciel est couvert, et il n’y a pas de vent : la mer est lisse comme un miroir. Je décide de laisser les voiles ferlées, et de continuer au moteur.

Entrée au port de Saint-Tropez 191205

A midi vingt nous sommes dans l’entrée du port de Saint-Tropez. La capitainerie ne répond pas à la VHF ; en s’approchant, la petite tour qui l’abrite paraît déserte, tout est fermé. Je gare le Choucas le long du quai des visiteurs, pratiquement désert en cette période de l’année, et à 12h36, bateau fermé, nous prenons la direction du déjeuner. J’ai prévu d’emmener mes amis prendre le dessert (une tarte tropézienne !) chez Sénéquier, mais avant, nous cherchons un endroit où prendre le plat de résistance. Enzo a envie d’une pizza. Les couleurs du port sont tristes sous le ciel gris ; un galériste encore ouvert et un chanteur qui s’accompagne à la guitare devant une terrasse tentent de mettre un peu de soleil dans le décor. Beaucoup de restaurants et de magasins sont fermées ; deux jeunes femmes devant le magasin Hermès nous conseillent d’aller chez Bruno, dans une rue transversale proche de l’église. Quelques minutes après, nous découvrons que Bruno est lui aussi fermé. Nous décidons de retourner au bateau ; à 13h39 nous sommes de retour à bord, occupés à faire un sort au poulet rôti du Leclerc et à la fin des tagliatelles au sanglier d’hier soir.

Sénéquier, le décor, 191215

L'équipage chez Sénéquier 191215

A 14h40 nous sommes assis chez Sénéquier, où nous dégusterons de délicieuses tropéziennes ; j’en profite pour faire découvrir à Benjamin le spritz au Saint-Germain et à la purée de pêche de la maison, que j’ai découvert en août 2014. Autre souvenir de croisière… La terrasse de Sénéquier est très quelconque, mais j’adore le cadre et les parquets de l’intérieur. Les meilleures choses ayant une fin, à 16h le Choucas quitte le port de Saint-Tropez pour gagner la haute mer. Vers 17 h on laisse à tribord la cardinale est de La Moutte à la sortie du golfe de Saint-Tropez, et on a pris le cap 115°. Nous avons environ 4 nœuds de vent réel, et le Choucas navigue à quatre ou cinq degrés du lit du vent. La nuit tombe, et ça ne me paraît pas très intéressant de mettre les voiles. La carène est propre, et les 1800 tours du moteur nous procurent 5,6 nœuds en Vs. Le cockpit n’est pas immense, mais sa position centrale permet de s’asseoir confortablement sur le roof arrière. La mer ne dépasse pas dix centimètres. Le sondeur déconne un peu, affichant 135m dans des fonds ne dépassant pas 25 à 35m ; quand au compas de route et au compas de relèvement, il ne faut pas trop compter sur eux. Affolés par les masses métalliques omniprésentes sur le bateau, ils nécessiteraient l’utilisation d’une abaque des déviations pour être totalement fiables. Celle-ci existe au-dessus de la table à cartes d’après Daniel, mais elle est ancienne et des modifications sont apparues ces dernières années. On se contentera lire le cap sur le GPS du bord ; et en cas de panne de batterie on naviguera aux étoiles, en faisant de temps en temps un point avec le sextant Davis Mark 15 que j’ai emporté avec moi pour vérifier notre route. De son côté le compas de relèvement Plastimo donne des lectures variant en fonction de la hauteur auquel on le tient et va être difficilement utilisable.

Saint-Tropez 191215

Le ciel est resté couvert, démentant les prévisions de la météo. La nuit est en train de tomber, on a mis en route le pilote automatique. Celui-ci ne dispose pas d’un affichage du cap programmé ; on lit simplement sur le GPS du bord le résultat obtenu. Je vérifierai dans trois heures l’exactitude de son travail en faisant un point. A 18h02 on voit le phare (4)15s de Cap Camarat au 230°, sous réserve de la déviation lié au compas de relèvement. Visible à 26 M, sa lueur nous accompagnera une grande partie de la soirée. Le compas de route et le Garmin portable de Benjamin indiquent tous deux un cap 120° pour le bateau. Le compas de relèvement indique de son côté 100° dans la meilleure position (20° de déviation !) ; je vais le ranger – je crois que personne ne l'utilisera plus durant la croisière, les relèvements d’amers se faisant en gros avec le compas de route. On va dîner et attaquer notre première nuit de quart. Je prends mon oreiller. 

Première nuit de quart, 191215

Comme d’habitude, je vais passer la nuit plus ou moins allongé dans le cockpit. La nuit est douce, et ça me permet d’être immédiatement disponible en cas de besoin. Entre deux micro-siestes je peux aussi bavarder avec l’équipier de quart, regarder le ciel et surveiller les bateaux et les feux à l’horizon. A 21h35 je descends faire le point sur la carte ; nous sommes toujours sur la route, et nous avons parcouru 21,5 milles depuis la tourelle de La Moutte, à la moyenne raisonnable de 4,7 kt sur le fond. Evelyne a choisi de prendre le premier quart « officiel », de 22h à 1h du matin. En attendant, Benjamin est avec moi dans le cockpit. Comme il est en forme, il propose de laisser dormir Evelyne un peu plus longtemps, et je vais la réveiller à 22h40. 

Photos : Dans les canaux de Port-Grimaud, 191215 ; Les courses au Leclerc de Cogolin, 191215 ; En route pour St-Tropez 191215 1 : Entrée au port de Saint-Tropez 191205 ; Sénéquier, le décor, 191215 ; L'équipage chez Sénéquier 191215 ; Saint-Tropez 191215 ; Première nuit de quart, 191215 ; Le Choucas au quai des visiteurs de Saint-Tropez 191215. Auteur : Evelyne Chadaigne (En route pour St-Tropez 191215 1) ; Philippe Bensimon (autres photos).

Le Choucas au quai des visiteurs de Saint-Tropez 191215