Pour ou contre l'électricité nucléaire ? C'est une question qui fait encore débat, alors que la réponse est évidente : entre deux maux il faut choisir le moindre. Je m'explique : l'électricité nucléaire émet peu de gaz à effet de serre (moins que l'énergie photocoltaïque et sensiblement autant que l'énergie éolienne), alors que les centrales thermiques à charbon, en brûlant des énergies fossiles, rejettent énormément de CO2 dans l'atmosphère. En termes de risque, on a vu les accidents de Tchernobyl et de Fukushima, pour ne citer qu'eux (il y en a eu d'autres moins médiatisés). Cependant, à Tchernobyl il s'agissait d'un réacteur mal conçu, mal exploité et mal contrôlé, et à Fukushima les causes étaient essentiellement humaines (le risque de dysfonctionnement en cas de tsunami était identifié depuis 2006 et rien n'avait été mis en place, source : Wikipédia). Si on exploite ces centrales avec des normes de sécurité correctes, le risque d'accident est très limité. Au demeurant, l'exploitation minière n'est pas sans risque non plus. Le vrai problème du nucléaire est donc celui du stockage des déchets. L'enfouissement, meilleure des solutions actuellement proposées, posera à terme des problèmes - mais ce terme est à plusieurs siècles, alors que le réchauffement climatique a déjà commencé à nous tuer. 

Bref, entre des centrales à charbon qui nous tuent immédiatement et des centrales nucléaires qui poseront un problème que nous avons encore un peu de temps pour résoudre, le choix devrait être vite fait.

François-Marie Bréon 24 septembre 2018

François-Marie Bréon, chercheur en climatologie et directeur adjoint du laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), confirmait le 29 juillet 2018 dans un interview accordé au journal Libération " Il ne faut pas fermer les centrales que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a considérées comme «sûres». La lutte contre le changement climatique doit se concentrer, en France, sur les transports et le chauffage qui sont de gros émetteurs de dioxyde de carbone. Non sur l’électricité." Répondant à une question portant sur l'utilisation des climatiseurs, accusés d'être gourmands en énergie, il enfonçait le clou : "La climatisation utilise surtout beaucoup d’énergie qui elle-même émet des gaz à effet de serre. En France, cet usage n’est pas vraiment un gros problème écologique, car notre électricité est décarbonée, c’est-à-dire que sa production n’émet pas de CO2 ou très peu. Le problème vient des énergies fossiles, comme en Allemagne où l’électricité est majoritairement produite par des centrales à charbon ou au gaz."

Vous trouverez avec cet article deux vidéos du climatologue François-Marie Bréon, ci-dessus au micro de l'émission de la 5 "C'est à dire" le 24 septembre 2018, et interviewé ci-dessous par un jeune ambassadeur de l'ONG Little Citizens for Climate.

For or against nuclear electricity? This is a question that is still debated, while the answer is obvious: between two evils we must choose the least. Let me explain: nuclear power emits little greenhouse gas (less than photocoltaic energy and substantially as much as wind energy), while coal-fired power plants, by burning fossil fuels, reject enormously of CO2 in the atmosphere. In terms of risk, we have seen the Chernobyl and Fukushima accidents, to name but a few (there were others less publicized). However, at Chernobyl it was a poorly designed, poorly operated and poorly controlled reactor, and in Fukushima the causes were mostly human (the risk of tsunami dysfunction was identified since 2006 and nothing had been done. place, source: Wikipedia). If these plants are operated with the correct safety standards, the risk of accidents is very limited. Moreover, mining is not without risk either. The real problem of nuclear power is that of waste storage. Burial, the best of the solutions currently proposed, will eventually pose problems - but this term is several centuries, while global warming has already begun to kill us. In short, between coal plants that kill us immediately and nuclear plants that will pose a problem that we still have a little time to solve, the choice should be made quickly. François-Marie Bréon, researcher in climatology and deputy director of the laboratory for climate and environmental sciences (LSCE), confirmed on 29 July 2018 in an interview with the newspaper Libération "Do not shut down the power plants that the Authority nuclear safety (ASN) considered "safe." The fight against climate change must focus, in France, on transport and heating, which are major emitters of carbon dioxide, not on electricity. " Responding to a question about the use of air conditioners, accused of being energy hungry, he broke the nail: "Air conditioning uses a lot of energy, which itself emits greenhouse gases. use is not really a big ecological problem, because our electricity is decarbonised, that is to say that its production does not emit CO2 or very little.The problem comes from fossil energies, as in Germany where the Electricity is mainly produced by coal or gas plants. "

Vidéos : "le réchauffement climatique : l'urgence d'agir", émission "C'est à dire" le 24 septembre 2018 ; Présentation : Mélanie Taravant Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele et Jacques Wehrlin Production : France Télévisions/Maximal Productions ; "Le Changement Climatique - Episode 1 - Le GIEC". Vidéo tournée pour Little Citizens for Climate : https://www.littlecitizensforclimate.org/ambassadeur/vipulan/