El_paso_city

Quatre jours après la tuerie xénophobe qui a eu lieu aux Etats-Unis à El Paso le 3 août (« Vingt-deux personnes sont tuées, au moins vingt-quatre autres blessées. Le tueur, arrêté après s'être rendu à la police, déclare avoir voulu tuer le plus de Mexicains possibles », source : Wikipédia), le président Donald Trump est allé rendre visite aux habitants. Quoi qu'en dise le président qui s'est déclaré ravi de sa visite (« on a passé une journée fantastique depuis qu'on est partis d'Ohio. Tout l'amour, tout le respect pour la présidence, j'aurais aimé que vous soyez là pour voir ça »), le couple présidentiel a été hué par une partie de la population brandissant des banderoles « Trump not welcome ». Nul doute que les victimes, leurs familles, leurs amis ne s'attendaient pas à ce que les voir morts ou en deuil procure un « amazing day » à Donald Trump.

Donald_Trump_New_Hampshire_Town_Hall_(cropped), 19 août 2015 (auteur:author Michael Vadon)

Deux phrases très fortes ont été prononcées par des femmes dans la foule à l'occasion de cette visite. La première, d'origine latino, à dit en parlant de Donald Trump : « Il a mis une cible dans notre dos » (source : JT 20h A2, 7 août 2019).

La deuxième a dit, toujours parlant de Trump : « il a dit des choses horribles, sur tellement de gens différents, ces mots ont eu un impact sur notre communauté. Il a motivé les gens à mener des actions pleines de haine ". Propos confirmés par une troisième femme : « ce traumatisme est lié aux propos qu'il a tenus » (source : JT 13h A2, 8 août 2019).

Donald Trump par ses propos a armé la main des tueurs aussi sûrement que s'il leur avait donné lui-même l'ordre de tirer. Ce type d'attitude anti-migrants est d'autant plus grave que le réchauffement climatique qui va en s'accélérant va nous obliger – je dis bien nous obliger, il ne va plus exister de choix possible – à accueillir des centaines de millions de migrants climatiques. Rien qu'en Europe, on peut s'attendre à devoir accueillir quatre-vingt à quatre-vingt dix millions de migrant africains d'ici une trentaine d'années. 

Le Mexique a transmis à la Maison-Blanche une note diplomatique diffusée mercredi selon laquelle "Les discours de haine n'ont pas leur place dans nos sociétés. Le concept de +suprématie blanche+ (...) va à l'encontre d'une cohabitation pacifique (...). Ces idées n'entraînent que des clivages dangereux et de la violence," ajoute le document (source : LCI, https://www.lci.fr/international/en-direct-tueries-de-masse-aux-etats-unis-dayton-el-paso-la-nra-lobby-s-oppose-a-des-reformes-sur-les-ventes-d-armes-ar-15-ak-47-2128751.html).

Certains pays ont créé des lois concernant l'incitation à la haine raciale (« L'incitation à la haine raciale est le fait, par des discours, des écrits ou par tout autre moyen, de pousser des tiers à manifester de la haine, de la violence ou de la discrimination à l'encontre de certaines personnes, en raison de leur religion, de leur origine nationale ou ethnique. Elle est considérée comme un crime dans plusieurs pays dont l'Australie, la Finlande et le Royaume-Uni. Elle est considérée comme un délit en France », source : Wikipédia).

Leur application est cependant tout à fait insuffisante, et, en Europe comme ailleurs, des gouvernements et des hommes politiques continuent à lutter ouvertement contre les migrants et à les présenter comme une menace pour leur pays. De façon inéluctable, ce type de discours obsolète et inefficace dans le contexte du réchauffement climatique va engendrer des scènes de violence et de tueries comme les USA en ont connu ce week-end. Nous n'en sommes qu'au tout début du réchauffement climatique et des crises migratoires. Si l'on explique aux gens que les migrants sont une force pour l'économie (cf l'exemple de l'Allemagne) et qu'il n'y a que des avantages à les accueillir dignement, ces crises pourront être évitées. Si on tolère des propos d'hommes politiques populistes qui jouent avec la vie des gens dans le seul but de gagner les élections ou conserver leur pouvoir, comme on le voit aujourd'hui en Italie, à Malte, en Suisse, dans le nord de l'Europe, en France et ailleurs dans le monde, on va vers un monde de violence extrême et de luttes entre les communautés dans lesquel les tueries du week-end dernier aux USA seront notre lot quotidien.

Rappelons que le réchauffement climatique n'est pas une hypothèse, une fiction, « un coup des Démocrates » comme cela a été dit, et que la science ne va pas l'arrêter d'un coup de baguette magique. De nombreux pays vont devenir entièrement ou partiellement inhabitables (le Bengladesh par exemple), et la cohabitation avec les migrants, Mexicains ou autres, ne sera plus une option, mais une nécessité. Plus tôt les gouvernements s'y prépareront, et y prépareront leurs populations, et mieux cela se passera. Plus ils tarderont, et plus les pertes en vies humaines et en biens seront élevées.

Juste avant de venir à El Paso, le couple Trump était passé à Dayton. Treize heures après la tuerie d'El Paso, une autre fusillade y avait coûté la vie à neuf autres personnes. Le Président Trump n'envisage ni de changer sa politique xénophobe et anti-migrants, ni d'interdire la vente des fusils d'assauts.

Ned_Peppers_Bar_after_2019_Dayton_shooting (5 août 2019 auteur:author Becker1999

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Four days after the xenophobic killing that took place in the United States in El Paso on August 3 ("Twenty-two people are killed, at least twenty-four wounded." The killer, arrested after going to the police, says he wanted to kill as many Mexicans as possible ", source: Wikipedia), President Donald Trump went to visit the locals. Whatever may be said of the president who declared himself delighted with his visit ("we had a fantastic day since we left Ohio, all the love, all the respect for the presidency, I would have liked that you are here to see that "), the presidential couple was booed by a section of the population holding up" Trump not welcome "banners. There is no doubt that the victims, their families, their friends did not expect them to mourn for an "amazing day" to Donald Trump. Two very strong sentences were uttered by women in the crowd on the occasion of this visit. The first, of Latino origin, said in speaking of Donald Trump: "He put a target behind our backs" (source: JT 20h A2, August 7, 2019). The second said, still talking about Trump: "He said horrible things, about so many different people, these words had an impact on our community. He motivated people to carry out actions full of hate. "Remarks confirmed by a third woman:" this trauma is related to what he said "(source: JT 13h A2, August 8, 2019). Donald Trump by his words armed the hand of the killers as surely as if he had himself given the order to shoot. This type of anti-migrant attitude is all the more serious as the accelerating global warming is going to force us - I say we force ourselves, there will be no more choice - to accommodate hundreds of millions of people. climatic migrants. In Europe alone, one can expect to have to welcome eighty to ninety million African migrants within thirty years. Mexico sent the White House a diplomatic note on Wednesday that "hate speech has no place in our societies, the concept of + white supremacy + (...) goes against a peaceful cohabitation (...) These ideas only lead to dangerous cleavages and violence, "the document added (source: LCI, https://www.lci.fr/international/en-direct-tueries-de -mass aux usa-dayton el paso la nra lobby-s-opposed-to-the-reforms-on-the-sale-of-arms-ar-15-ak-47-2128751 .html). Some countries have created laws on incitement to racial hatred ("Incitement to racial hatred is by speech, writing or any other means to induce others to display hatred, violence or discrimination against certain persons because of their religion, national or ethnic origin, and is considered a crime in several countries including Australia, Finland and the United Kingdom. is considered a crime in France ", source: Wikipedia). 

Their application is, however, quite inadequate, and in Europe as elsewhere, governments and politicians continue to fight openly against migrants and present them as a threat to their country. Inescapably, this type of obsolete and ineffective speech in the context of global warming will generate scenes of violence and killings as the USA have experienced this weekend. We are only at the beginning of global warming and migration crises. If people are told that migrants are a force for the economy (as in the example of Germany) and that there are only advantages to receiving them with dignity, these crises can be avoided. If we tolerate the words of populist politicians who play with people's lives for the sole purpose of winning the elections or keeping their power, as we see today in Italy, Malta, Switzerland, the north of Europe, in France and elsewhere in the world, we are heading towards a world of extreme violence and struggles between the communities in which the killings of the last weekend in the USA will be our daily lot.
Recall that global warming is not a hypothesis, a fiction, "a coup of the Democrats" as it has been said, and that science will not stop it with a magic wand. Many countries will become fully or partially uninhabitable (eg Bangladesh), and cohabitation with migrants, Mexicans or others, will no longer be an option, but a necessity. The sooner governments prepare for it, prepare their people for it, and the better. The longer they wait, the greater the loss of property and human life.

Just before coming to El Paso, the Trump couple had moved to Dayton. Thirteen hours after the killing of El Paso, another shooting killed nine other people. President Trump has neither plans to change his xenophobic and anti-migrant policies, nor to ban the sale of assault rifles.

Photos : El Paso City 19 septembre 2006 (auteur/author en:Usher:Talshiarr) ; Donald_Trump_New_Hampshire_Town_Hall_(cropped), 19 août 2015 (auteur/author Michael Vadon) ; Ned_Peppers_Bar_after_2019_Dayton_shooting (5 août 2019 auteur/author Becker1999).