Besant_Nagar_aerial

Selon une étude du Ministère de la Transition écologique et solidaire, 1,4 million de résidents, 850.000 emplois, 165.000 bâtiments et 864 communes sont menacés aujourd’hui par la submersion marine, tandis qu’un quart des côtes métropolitaines est affecté par l’érosion. Reprenant ces chiffres, la journaliste Lilya Melkonian déclarait au micro de A2 le 16 juillet 2019 « Selon plusieurs rapports depuis la tempête Xynthia de 2010 où 47 personnes avaient perdu la vie, seuls 60% des territoires se sont dotés d'un plan de prévention des risques littoraux qui interdisent ou contrôlent les constructions ». « Pourtant la France fait partie des pays européens les plus exposés à la submersion marine avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas », ajoute la journaliste.

165.000 bâtiments particulièrement vulnérables

"165.000 bâtiments sont particulièrement vulnérables, dont des hôpitaux et des installations nucléaires. Au-delà des lenteurs administratives, les élus locaux ont peur que leurs territoires perdent en attractivité (et cela ralentit la mise en place des plans de prévention. Il y a aussi les habitants qui appréhendent la baisse de la valeur de leur bien. Difficile de convaincre tout le monde alors qu'on l'a vu, il y a urgence" (Source : A2, JT 13h, 17 juillet 2019)Or, On sait que le niveau de l'océan grimpera sans doute d'au moins un mètre d'ici 2100. Un rapport du « think tank » La Fabrique écologique publié le 15 juillet confirme l'importance du risque de submersion : « Sous l’effet, notamment, de l’élévation du niveau de la mer, ces chiffres devraient encore gonfler dans les décennies à venir"

L’élévation du niveau de la mer s’accélère en effet : elle est désormais de 3,2 millimètres par an en moyenne (pour la période 1994-2014), contre 0,5 mm par an à l'époque de la révolution industrielle. En mai 2019, l’Académie nationale des sciences aux Etats-Unis (PNAS) a réactualisé les chiffres du Giec et agrandi la fourchette, pour estimer la hausse entre 62 et 238 centimètres d’ici la fin du siècle. La Fabrique écologique ajoute que « l’augmentation de la température, l’acidification et la désoxygénation des océans altèrent quant à elles les habitats de certaines espèces marines ».

La température moyenne de surface de l'océan a déjà augmenté d'environ un degré celsius. Les données locales ne sont pas complètes. Néanmoins, le groupement régional d’experts sur le climat Acclimaterra a estimé en 2018 que la température de surface devrait augmenter de 2,2°C à 3,5°C d’ici 2100 en Nouvelle-Aquitaine. Le réchauffement climatique est également responsable d’une acidification et d’une désoxygénétion des océans, renforcée par la présence trop importante de nutriments provenant d’engrais agricoles qui intensifient le développement des algues.

Risques de submersion

En Europe, 10.000 personnes sont confrontées chaque année au risque de submersion marine ; un chiffre qui va passer à 55.000 à l'horizon 2050. Des solutions de protection existent (digues), mais ces ouvrages ont un coût élevé et sont aujourd'hui remis en question. Certains estiment qu'ils ne font que déplacer le problème d'une plage à une autre, et qu'ils ne devraient être utilisés qu'à titre provisoire quand aucune autre solution n'est en vue.

En France, le gouvernement a décidé en 2012 que l'Etat n'avait pas vocation à maintenir le trait de côte. Il en découle que lorsque les gens décident de construire près les côtes ils le font à leurs risques et périls : nos plages reculent actuellement de 1 à 3 mètres par an (3 mètres en Aquitaine, source A2 JT 13h, 15 août 2019). Pour limiter les risques, le journal Libération conseille d'éviter les maisons de plain-pied, notant que lors de la tempête Xynthia, « sur 41 personnes décédées, 32 vivaient dans des maisons de plain-pied ». Le journal note que « l’érosion rend parfois la relocalisation inévitable : au bout d’un moment, si la plage recule, le bâtiment tombe à l’eau… Selon le Cerema, entre 5 000 et 50 000 logements seront menacés par l’érosion d’ici 2100 ». (source : « En Europe, la France fait partie des pays les plus menacés par la submersion marine », Sophie Kloetzli pour Libération 31 juillet 2019).

Il existe cependant des solutions plus naturelles que construire des digues : par exemple, les herbiers de posidonies ralentissent les courants et freinent l'érosion des côtes. Certains particuliers plantent leurs sapins de Noël dans les dunes pour les stabiliser, et de façon générale la végétalisation contribue au maintien des dunes. Enfin, une solution consiste à accepter l'inévitable : le recul du trait de côte, même si la situation est souvent mal vécue par les habitants.

______________________

According to a study by the Ministry of Ecological and Solidarity Transition, 1.4 million residents, 850,000 jobs, 165,000 buildings and 864 municipalities are threatened today by marine submersion, while a quarter of the metropolitan coast is affected by erosion. Using these numbers, journalist Lilya Melkonian said at the microphone of A2 July 16, 2019 "According to several reports since the storm Xynthia of 2010 where 47 people had lost their lives, only 60% of the territories have a plan of prevention of littoral risks which prohibit or control constructions. "Yet France is one of the European countries most exposed to marine submersion with the United Kingdom and the Netherlands," adds the journalist. "165,000 buildings are particularly vulnerable, including hospitals and nuclear facilities.In addition to administrative delays, local officials are afraid that their territories lose attractiveness (and this slows down the implementation of prevention plans. also the inhabitants who apprehend the fall of the value of their good. Difficult to convince everyone while we saw it, there is emergency ", Source: A2, JT 13h, July 17, 2019. Now, We know that the level of the ocean will probably rise by at least one meter by 2100. A report from the think tank The Ecological Factory published on July 15 confirms the importance of the risk of submersion: "In the effect, especially , from the rise in sea level, these figures should still swell in the decades to come. " The rise in sea level is indeed accelerating: it is now 3.2 millimeters per year on average (for the period 1994-2014), against 0.5 mm per year at the time of the industrial revolution . In May 2019, the National Academy of Sciences in the United States (PNAS) updated the figures of the Giec and expanded the range, to estimate the increase between 62 and 238 centimeters by the end of the century. The Ecological Factory adds that "the increase in temperature, the acidification and the oxygen deoxygenation of the oceans alter the habitats of certain marine species". The average surface temperature of the ocean has already increased by about one degree Celsius. Local data is not complete. Nevertheless, the regional group of experts on climate Acclimaterra estimated in 2018 that the surface temperature should increase from 2,2 ° C to 3,5 ° C by 2100 in New Aquitaine. Global warming is also responsible for acidification and deoxygenation of the oceans, reinforced by the excessive presence of nutrients from agricultural fertilizers that intensify the development of algae.

Risks of submersion

In Europe, 10,000 people are confronted each year with the risk of marine submersion; a figure that will increase to 55,000 by 2050. Protection solutions exist (dikes), but these works are expensive and are now being questioned. Some believe that they only move the problem from one beach to another, and that they should only be used temporarily when no other solution is in sight. In France, the government decided in 2012 that the state was not meant to maintain the coastline. It follows that when people decide to build near the coast they do it at their own risk: our beaches are currently retreating from 1 to 3 meters per year (3 meters in Aquitaine, source A2 JT 13h, August 15, 2019). To limit the risks, the newspaper Libération advises to avoid houses on one level, noting that during the storm Xynthia, "out of 41 dead, 32 lived in houses on one level." The newspaper notes that "erosion sometimes makes relocation inevitable: after a while, if the beach recedes, the building falls into the water ... According to Cerema, between 5,000 and 50,000 homes will be threatened by the erosion by 2100 ". (source: "In Europe, France is one of the countries most threatened by marine submersion", Sophie Kloetzli for Libération 31 July 2019). There are more natural solutions than building dykes: for example, Posidonia meadows slow currents and slow erosion. Some individuals plant their Christmas trees in the dunes to stabilize them, and generally the vegetation contributes to the maintenance of the dunes. Finally, one solution is to accept the inevitable: the decline of the coastline, even if the situation is often badly experienced by the inhabitants.

Photo : Sur toute la planète, les littoraux tendent à s'artificialiser, et ils sont souvent menacés par la montée des océans (ici : Besant Nagar, Inde), auteur/author PlaneMad, 22 juin 2005.